1967-2017 – Guédiawaye, hors des clichés : Omar Laye Ly, le handicapé qui fait marcher le sport

Personnage atypique, Omar Laye Ly a autant de centres d’intérêt que de dread locks sur la tête. Il est président du centre pour handicapés de la ville, de l’équipe de handball, d’une association de parents d’élèves, entre autres. Ses différentes activités se retrouvent au sein d’un seul objectif : avancer et faire avancer la jeunesse par le sport et la citoyenneté.

On ne peut pas le louper. Dread Locks au vent, une gouaille qui en a vu d’autres et une bonhomie appréciée par les jeunes filles en fleur qui sont sous sa tutelle. Pour chacune d’elles, il garde une posture paternelle stricte. En ce milieu de l’après-midi, son programme se résume en conseils, horaires de regroupements, questions sur le nombre de balles disponibles. A peine son attention tournée vers nous, qu’une sonnerie retentit. « Don’t worry about a think » tiré de “Three little birds » de Bob Marley, nous le perd. Il décroche son téléphone, promet de rappeler son interlocuteur avant de s’excuser poliment et de raccrocher. « A nous maintenant », dit-il. « A lui », serait-on tenté de dire. Véritable personnage, Omar Laye Ly a tellement de facettes que quand on lui demande de se présenter, il hésite avant de commencer par dire : « Je suis handicapé ». Puis il reprend : « handicapé et membre actif de l’encadrement de l’ASC Diisoo de Guédiawaye avec ses trois sections Basket, Foot et Handball dont il est le président».

Success-story
La section Handball de Diisoo, sacrée championne du Sénégal l’année dernière fera dire à Oumar Ly que « c’était historique car nous avons eu 14 victoires en autant de matchs ». Dans sa philosophie, il y a une hiérarchie : assumer et avancer. « Etre handicapé ne doit pas être rédhibitoire, je suis un dirigeant comme les autres. Nous avons plus de 100 licenciés entre les cadettes, les séniors, les juniors et les minimes ». Une belle vitrine qui cache mal l’arrière-boutique. Le terrain d’entrainement de l’ASC Diisoo Handball manque de tout et est indigne d’une équipe championne sortante. Entre la vétusté, des nids de poule partout, le défaut d’éclairage et de clôture…, la coupe déborde.

« Nous ne pouvons pas recevoir sur notre propre terrain. Nous sommes obligés d’aller à celui de Golf. Le stade Amadou Barry ne peut pas encore recevoir les matches. En plus, il se pose un problème de sécurité. Il n’y a pas de barrière pour empêcher les ballons de sortir, par exemple. On s’est adapté pour avancer ».

Engagement sportif
Omar LyC’est le crédo de ce père de deux petites filles (4 et 8 ans), marié et arrivé à Guédiawaye à l’âge de 7 ans en 1976. Une véritable célébrité locale pour son engagement citoyen et sportif. Avec le basket, qui occupe une partie du terrain, Oumar s’occupe de 150 jeunes, chaque après-midi, assistés de ses compères Mass Bâ et Cheikh Ba dit Lalas. Ce dernier, ancien joueur de football de la JA, du Casa Sport, de la Sidec ou encore de la CSS, voit Omar Laye « comme un frère ». Pas seulement par la coiffure en locks qu’ils partagent. « S’occuper de l’éducation des jeunes et de leur encadrement sportif et citoyen permet de ne pas les perdre dans les turpitudes de la vie », ajoute Lalas qui est viscéralement lié à Guédiawaye au point de souhaiter y être enterré à sa mort, même s’il est un Baye Fall convaincu. En Europe, chaque enfant aurait pu participer financièrement. Ici c’est une autre réalité. On ne cotise pas, on ne paie pas la licence, tout est gratuit. « Je m’occupe du transport des moniteurs. Chaque année, nous recevons 350 000 F Cfa de la mairie de la ville. Divisée par mois, la somme devient dérisoire, s’indigne Omar Laye. Je lance un appel pour que la mairie augmente ses subventions. Celle de Wakhinane – Nimzatt donnait 100 000 F Cfa en 2014. Nous allons discuter avec eux pour voir ce qui est possible de faire ».

Amoureux de Guédiawaye
Quand on l’interroge sur son lien avec le sport, Omar Laye évoque un manque de choix. « Quand j’étais jeune, il n’y avait que le sport comme principale activité dans toute la ville. Ainsi, des anciens comme Fallou Ndiaye et Mactar Sokhna m’ont mis le pied à l’étrier de l’encadrement des jeunes ». Il balaie d’un revers de la main la pseudo-image négative de Guédiawaye : « C’est une ville qui regorge de personnes positives : d’intellectuels, de sportifs, d’éducateurs. La mauvaise image véhiculée n’est pas conforme à la réalité. Par exemple, nous avons le plus prestigieux lycée du Sénégal avec Limamoulaye ». Amoureux de Guédiawaye au point qu’en 2005, après un voyage en Europe, il fait le choix de rentrer au Sénégal. « Ma famille ne comprenait pas que je revienne pour vivre à Guédiawaye au lieu de rester là-bas. Je devais poursuivre un projet pour les handicapés ». En tant que handicapé, il confie être plus au fait des problématiques des personnes en situation de handicap. « J’ai créé un centre de formation et d’insertion pour les handicapés pour la ville de Guédiawaye. Je m’occupe de leurs matériels orthopédiques. C’est une activité initiée à Guédiawaye mais qui a fini par faire le tour du Sénégal ».

Sacrifices
Son idée était de faire du centre un outil capable de faire sortir de la rue (la mendicité) des personnes en situation de handicap. « Il s’agissait de trouver une alternative au fait de tendre la main pour disposer d’une formation afin de gagner sa vie honnêtement ». Depuis sa création en 1997, le centre a une fréquentation d’une centaine de personnes par an. Il accueille aussi des valides comme les jeunes filles qui ont quitté très tôt l’école afin de leur offrir des formations. Il y a cinq métiers : coupe-couture, cordonnerie, l’aspect culturel, handisport.

Malgré un caractère éducatif et citoyen évident, son initiative ne reçoit pas encore le soutien financier des autorités municipales. « Il n’y a pas de subvention annuelle… sauf une fois du temps du maire Bocar Sédikh Kane. Nous nous en sortons grâce à la cotisation des membres et la participation des jeunes filles formées ». L’art de la débrouille et du système D, Omar Laye maîtrise. « Le local est notre propriété. Nous avions, dans un premier temps, acheté le terrain, par la suite, j’ai eu des partenaires qui sont en Europe qui m’ont aidé pour la construction du centre avec l’appui du quartier. C’est ce que nous appelons des chantiers de jeunes. Ce sont des Allemands qui ont financé la construction du centre. Cela m’a valu un voyage pour expliquer comment un handicapé a pu réussir là où des valides ont échoué ».

Par Moussa DIOP (Le soleil)

Finale championnat handibasket : Plateau Handibasket Club s’offre un deuxième titre d’affilée

Plateau Handibasket Club a encore dicté sa loi à la formation de Pikine Handibasket Club au terme d’une rencontre palpitante, hier, au stadium Marius Ndiaye. En plus d’être le premier champion sous l’ère de la Fédération sénégalaise paralympique handisport, l’équipe de Plateau s’adjuge le trophée du chef de l’Etat.

Le championnat national handibasket a connu son épilogue à travers la finale dotée du trophée du chef de l’Etat. Au coup de sifflet de l’arbitre, les deux équipes se ruent à l’attaque. Pikine handibasket Club ouvre les hostilités. Mais la réponse de Plateau handibasket Club ne se fera pas attendre. Le tempo du match est ainsi donné dans un rythme effréné. Les deux équipes se rendent coup pour coup mais la fin du premier quart temps est à l’avantage du champion en titre (10-7). Au début du second, l’équipe de Pikine remet le pied sur l’accélérateur afin de recoller au score. Elle parvient même à reprendre l’avantage après un enchainement de paniers de son ailier fort Mouhamed Gaye.

Les banlieusards rejoignent les vestiaires avec un avantage de cinq points (18-23). Toutefois, l’équipe championne en titre a fait le dos rond laissant passer l’orage. Elle tient le match à son compte multipliant les offensives tout en étant plus costaud défensivement. Le dispositif tactique mis en place par son coach, Khadim Gaye, a complètement gêné l’organisation de l’équipe adverse qui multiplie les fautes et les pertes de balle. Elle reprend logiquement l’avantage à la fin du troisième quart temps (34-30). Pikine, qui est revenu avec de meilleures intentions, essaie de sonner la révolte. Néanmoins, elle se heurte à une bonne formation de Dakar Plateau bien en place. Mieux, le très remuant Samba Diop continue de donner du fil à retordre à la défense adverse lors des dix dernières minutes.

Malgré un dernier sursaut d’orgueil, le finaliste de l’année dernière s’incline de nouveau face à la même équipe sur le score final de 54-40. En plus de conserver son bien, Plateau Handibasket Club est devenue, par la même occasion, le premier champion sous l’ère de la Fédération sénégalaise paralympique handisport

Khadim Gaye, coach Plateau Handibasket Club
Nous rendons grâce à Dieu de nous avoir permis de remporter cette finale pour la deuxième année de suite. Cette victoire a une saveur particulière parce qu’elle intervient à l’année de la mise en place de la nouvelle fédération sénégalaise paralympique handisport. Nous encourageons également Pikine Handibasket Club. Je félicite mon équipe parce qu’ils s’entrainent durement tous les jours de 15h à 18h. Ce résultat est un mérite car seul le travail paie.

Yoro Niang, coach Pikine Handibasket Club
Nous avons perdu la finale, c’est la loi du sport car il faut toujours un vainqueur et un vaincu. Nous avons préparé la finale de la meilleure des manières et les gosses se sont donnés à fond. Nous voulions remporter cette coupe mais avec les pertes de balle et le relâchement des joueurs, il était difficile de remonter la pente. Plateau a amplement mérité sa victoire parce qu’elle est plus expérimentée. Nous allons travailler davantage pour revenir plus forts l’année prochain

La fédération sénégalaise paralympique portée sur les fonts baptismaux

Santi Sène Agne a été porté à la tête de la nouvelle fédération sénégalaise paralympique handisport à l’issue de l’assemblée générale extraordinaire du comité national provisoire tenue samedi dans les locaux du stade Léopold Sédar Senghor. Un statut qui vient comme une consécration pour une structure qui existe depuis plus de trente ans.

Le comité national provisoire handisport s’est mis dans de nouveaux habits. En effet, à l’issue de son assemblée générale extraordinaire tenue samedi au stade L.S. Senghor, ce comité a changé de statut pour se muer en une fédération à part entière. Cette consécration est l’aboutissement d’un long processus entamé au milieu des années 1980. Elle entre dans le cadre de la normalisation sur le plan administratif des comités nationaux, consécutive à la politique entreprise depuis près de deux ans par le ministère des Sports. Ce prétexte a aussi servi d’occasion aux acteurs de cette discipline pour rendre un vibrant hommage à Santi Sène Agne pour le travail accompli durant ces années. Ce dernier a, d’ailleurs, été porté par acclamation à la tête de la nouvelle fédération sénégalaise paralympique handisport par l’ensemble des délégués issus des dix clubs affiliés au comité pour un mandat de quatre ans. Un sentiment mitigé entre la satisfaction et la mesure des responsabilités qui sont les siennes ; mais c’est un défi immense que M. Agne compte bien relever avec le soutien et la cohésion de tous les acteurs. La massification et le développement de la pratique constituent, d’ailleurs, son cheval de bataille. « Nous nous donnons comme objectif d’aller dans toutes les ligues, toutes les régions afin de massifier la discipline, en plus d’accentuer notre présence à l’international », fait-il savoir. Le nouveau président compte mener à bien sa mission avec, dit-il, « une équipe dosée d’anciens expérimentés et de jeunes enthousiastes et fougueux qui en veulent ».

Venu représenter le ministre des Sports, le directeur des Activités physiques et sportives s’est quant à lui réjoui de cette rencontre et assuré du soutien du ministère à la nouvelle fédération. « Cette assemblée générale extraordinaire qui consacre la Fédération sénégalaise paralympique handisport est une avancée significative dans le cadre de la gouvernance sportive.

Compte tenu des activités qu’elle a eu à mener et de la popularité de certaines disciplines, nous allons accompagner cette fédération, à travers les conventions d’objectifs, lors des compétitions internationales, d’organisation de formations et de stages de mise à niveau au bénéfice des encadreurs et des pratiquants », renseigne Léopold Germain Diouf. La nouvelle fédération sénégalaise paralympique handisport s’est assignée, entre autres, pour missions d’encourager, de superviser, de développer la pratique du handisport sous toutes ses formes et dans toutes les catégories d’âge sur toute l’étendue du territoire nationale. Une nouvelle ère s’ouvre donc pour cette discipline qui marque un tournant décisif dans la vie du sport en général.

Le Cnp Handisport va se muer en fédération

A partir du 1er avril prochain, le Comité national provisoire de handisport se muera en fédération, selon son président Santi Hagne. Ainsi, après plus d’une vingtaine d’années sous le magistère d’une structure d’exception, les sportifs atteints d’un handicap vont désormais évoluer sous une bannière fédérale. L’assemblée générale constitutive qui se tiendra le 1er avril va ainsi permettre à Santi Hagne et ses hommes de mieux évoluer en ayant toutes les cartes en mains. Ce qui pourrait leur permettre aussi de mieux préparer la prochaine coupe d’Afrique des nations, car l’équipe nationale peut se prévaloir d’une quinzaine d’expatriés qui peuvent valablement défendre les couleurs nationales. Toujours sur le plan international se profile à l’horizon le tournoi d’athlétisme qualificatif à la coupe du monde qui aura lieu à Londres en juillet. Ce tournoi qualificatif, précise Santi Hagne, se disputera à Rabat au Maroc en juin-juillet.

Handisports : championnat national Plateau et Pikine au coude à coude

Le championnat national han- disport est parti pour être très disputé entre les deux finalistes de l’année dernière : l’équipe du Plateau et celle de Pikine.

Deux formations qui, après quatre journées, totalisent respectivement 6 et 8 points ; avec cependant un match en moins pour les joueurs du Plateau qui avaient vu leur match contre Ziguinchor ajourné. Néanmoins, Plateau et Pikine semblent avoir délimité leur terri- toire en attendant leur confrontation directe program- mée pour la dernière journée. Ce championnat de 10 équipes se joue en poule unique avant les demi-finales et la finale.

Rappelons que l’année der- nière, Plateau et Pikine s’étaient rencontrés en finale avec la vic- toire du premier nommé. L’équipe du Plateau déjà vain- queur du tournoi des quatre grands, affiche ses ambitions, mais devra compter sur Pikine, Handistar et Talibou Dabo.

Avec cependant les équipes des régions comme Mbour et Thiès sans oublier Ziguinchor qui est revenu cette année, cette com- pétition promet du suspense. Car Mbourois et Thiessois qui avaient joué les demi-finales l’année dernière, comptent bien refaire le coup cette année sinon plus. Ce week-end se disputera la 5e journée et l’on pourra se faire une idée de la situation dans ce parcours unique qui débouchera sur les demi-finales.

 

Deux athlètes sénégalais aux Jeux paralympiques de Rio

Deux athlètes sénégalais aux Jeux paralympiques de Rio

Le Sénégal sera représenté par deux athlètes (un homme et une femme) aux Jeux paralympiques qui s’ouvrent ce mercredi à Rio de Janeiro, au Brésil.

Il s’agit de la spécialiste du lancer de javelot et du poids Ndack Diop, qui a bénéficié d’une wild card (invitation) en raison de ses bonnes performances aux Jeux africains de Brazzaville (Congo) de l’année dernière, et de Youssoupha Diouf.

Ce dernier, établi en Italie et spécialiste du lancer de javelot, a obtenu sa qualification sur le terrain. Ce qui constitue une première pour un athlète paralympique sénégalais.

Médaillé d’or aux Jeux africains de Brazzaville, recordman d’Afrique et 4ème mondial, Diouf constitue une véritable chance de médaille dans la catégorie F57 en lancer de javelot.

Les Jeux paralympiques regroupent, dans le sillage des Jeux olympiques ayant pris fin le 21 août dernier, des athlètes vivant avec un handicap. Ils seront 4 300 athlètes en provenance de 159 pays à prendre part aux joutes qui prennent fin le 18 septembre prochain.