Au Sénégal, une catéchèse pour les personnes vivant avec un handicap

Conscients de la situation des personnes « nées avec un handicap » très souvent « cachées » à la maison, les catéchistes des sept diocèses du Sénégal leur proposent désormais une formation catéchétique.

La Commission nationale des catéchistes du Sénégal a décidé de prendre en charge l’instruction chrétienne des personnes nées « avec un handicap » et de les aider à mieux comprendre la Parole de Dieu. Cette décision a été prise au cours de sa rencontre annuelle tenue au Centre de promotion religieuse et sociale (CPRS) de Ngaring, dans le diocèse de Thiès, du 9 au 13 juillet dernier.

« Il y a des sourds-muets, des aveugles, des paralytiques, des gens qui souffrent d’hydrocéphalie qu’on cache à la maison, alors qu’ils ont besoin de la parole de Dieu », explique Raphaël Faye, catéchiste à la paroisse Notre Dame des Anges de Ouakam, dans le diocèse de Dakar.
La commission s’est notamment engagée dans cette voie parce que très souvent, ces personnes « meurent sans presque jamais avoir reçu un sacrement, avec un enterrement qui cause parfois des problèmes ».

Spécialisation

Mais l’Église du Sénégal n’est pas forcément outillée pour concrétiser cette initiative. Pour pallier ce manque, les catéchistes ont pris contact avec des structures spécialisées dans la prise en charge des handicaps. C’est le cas du Centre verbo-tonal de Dakar, un établissement qui accueille enfants sourds ou malentendants. L’objectif est de voir dans quelle mesure des catéchistes peuvent y être envoyés pour une formation. Les sœurs hospitalières de la Congrégation Saint Thomas de Villeneuve, spécialisées dans la prise en charge de personnes avec handicap, figurent également parmi les structures capables de former les catéchistes.
Toujours dans le désir de bien faire leur travail, les membres de la commission dirigée par le père François Ousmane Diouf tiennent à la « crédibilité » des personnes qui seront choisies pour dispenser la catéchèse à cette catégorie de catéchumènes.

Sensibilisation

Les catéchistes qui estiment qu’il y a forcément un langage pour instruire ces personnes de la Parole de Dieu, misent sur la sensibilisation. Elle se fera, à travers « les parents, les paroissiens, autour des notables et les prêtres ». Car, « sans une bonne compréhension » des objectifs, ce sera difficile, croient les catéchistes.

Pour ces catéchistes, l’Évangile porteur d’espérance peut améliorer la vie des personnes handicapées car dans la Bible de nombreuses personnes vivant avec un handicap ont été guéries en raison de leur foi en Jésus-Christ. C’est le cas de l’aveugle-né dont la guérison à Siloé a été rapportée dans Jean 9.1-41, et celle de la guérison du paralytique contée dans Marc 2 : 1-12.

Charles Senghor (à Dakar)

Les personnes handicapées marchent sur Dakar

Le Collectif pour la défense des droits des handicapés entend manifester, ce mercredi. Ce, pour réclamer la publication des décrets d’application de la loi d’orientation sociale et la mise à disposition des cartes d’égalité de chance. Autre revendication: c’est l’instauration d’une haute autorité du fond d’appui pour lutter contre la mendicité.

Mais, pour le moment, la marche n’est pas encore autorisée. « On a informé le Préfet depuis le vendredi dernier mais jusqu’à présent (l’autorité) ne nous a pas encore donné d’autorisation. Mais, dans tous les cas, nous allons organiser la marche. On a choisi l’itinéraire de la Place de la Nation au Rond-point de la Rts », prévient Khadim Talla, membre du Collectif, au micro de Radio Sénégal.

Selon lui, rien n’a été fait après le vote de la loi d’orientation sociale en 2010.

« La loi d’orientation sociale est votée depuis 2010. Il y a dix décrets et quatre arrêtés. On n’a signé que deux décrets d’application, dénonce Talla. L’État du Sénégal avait organisé le Conseil interministériel sur le handicap le 13 février 2018. Le Premier ministre qui l’avait présidé, avait demandé l’application du décret avant le 30 juin. Aujourd’hui, nous sommes le 11 juillet 2018 ».

En face, le Directeur de la promotion et de la protection des personnes handicapées, Mamadou Lamine Faty, se veut rassurant.

« L’État du Sénégal a atteint l’objectif de production des 50 mille cartes d’égalité des chances annoncées (par le président Macky Sall). Dont 17 mille 192 personnes handicapées enrôlées dans les mutuelles de santé, 25 mille 507 bénéficiaires de la bourse de sécurité familiale conformément à la directive présidentielle de 2015. Et, 652 personnes handicapées ont accès aujourd’hui gratuitement au réseau Dakar Dem Dikk », informe-t-il.

Avant de poursuivre : « Le ministère de la Santé et de l’Action sociale a invité toutes ces associations autour d’un atelier pour faire valider et partager ces textes. Aujourd’hui, tous ces textes ont été soumis à l’appréciation du ministre. Certains ont été transmis au Secrétariat général du gouvernement. Les dispositions sont prises pour la transmission du décret relatif au fond d’appui aux personnes handicapées. Mais également du projet de décret relatif au haut conseil à l’égalité des chances des personnes handicapées. »

« Au courant de ce mois de juillet, promet Faty, interrogé par Radio Sénégal, tous ces textes parviendront au Premier ministre conformément à la directive ».

Lettre d’une handicapée niée dans sa dignité au Président de la République

Monsieur le Président de la République du Sénégal

Le pasteur Martin Luther KING a dit un jour, que l’injustice quelque part, est une menace pour la justice partout… Et il est vrai qu’au Sénégal, nous, sommes blasés par moult injustices auxquelles la pauvreté et la déstructuration nous a habitué.
Mais tout de même, me semble t’il qu’existe une limite dans le supportable ; l’image de ces pauvres dames, Adama NDOUR, Rougui THIAM et Awa GAYE, sans défense, malmenées par ce triste sieur, ASP de son état, devant ses collègues affables, est une limite pour moi.
Moi atteint de handicap comme elles, et qui éprouve par indentification les affres de leur martyr. Je vous somme d’en faire vôtre ; de cette limite et d’user de votre puissance pour protéger mon intégrité; moi et tous les gens qui me ressemblent.

Monsieur le Président, je gage que Luther KING, à la vue de ces horribles images de ces dames en fauteuil, molestées par ce (s) sinistre(s) individu(s) en tenue, censé(s) les protéger, dirait aujourd’hui que : Partout où la dignité est piétinée comme ça, c’est l’humanité qui est niée.

Monsieur le Président, ces images sont à vomir; j’en suis meurtri ; et je veux croire que vous aussi… Et elles en disent beaucoup sur notre Sénégal. Comment ces actes aussi ignobles ont ils pu être commis par cet homme qui se croit autorisé par son uniforme ? Pire, comment ses collègues présents, peuvent-ils cautionner ces actes sans nom de par leur passivité, de par leur agressivité, qu’on devine à l’image, sur ces personnes fragiles. Ces personnes qui, toutes les civilités du monde surprotègent. Ces personnes fragiles dont toutes les religions du livre consacrées au Sénégal, rappellent l’égard particulier qui leur est dû;

Monsieur le Président, beaucoup trop souvent dans mon Sénégal, est omis cet égard. Cet égard, que Allah subhanahu wa ta’ala lui même consacre dans son Saint Coran, descendu dans ce mois béni du ramadan, où, à la sourate 80 versets 1 à 16, il rappela à son prophète MOHAMAD (SAW) le manquement de cet égard vis à vis de l’aveugle Ibn Um Maktum qui sembla l’importuner, dans cette assemblée de noble où il était en prêche.
Notre prophète, depuis ce jour, toujours, accueilli cet aveugle Ibn Um Maktum par cette formule consacrée depuis : « Bienvenue à celui pour lequel mon Seigneur m’a réprimandé ».

Monsieur le Président, parce que je le vis dans ma chair, je veux vous indiquer deux choses que vous ignorez du fait d’être handicapé ;
1°)- Etre atteint de handicap est un rappel de tout instant pour le « frappé » de la conscience d’être vivant. Les rapports au temps et à l’espace sont aussi transformés quand vous êtes handicapé. Le temps fractionné de la montre cède le pas au « temps psychique » qui est celui des représentations intérieures. L’espace lui-même n’est pas seulement fait pour la mobilité, il est d’abord menaçant ou impossible à vivre pour de multiples raisons. Ce sont les « affects » qui prennent ici le pas sur les possibilités de l’espace. L’espace et le temps d’une personne handicapée emportent toujours plus loin.
Humainement parlant, la personne handicapée nous (vous) met dans l’épreuve de la différence. Chaque instant de la vie de son corps et de son esprit manifeste cette différence. L’entourage lui-même y est affronté. Oser vivre différent est un combat avec soi-même et avec les autres. C’est un combat qui nous (vous) porte souvent très loin.

2°)- Comme chacun de nous (vous), la personne handicapée est un être de désir, de parole et de liberté, mais ces trois mots, qui définissent l’existence humaine, s’inscrivent pour elle dans des limites qui ne sont pas temporaires, mais structurelles. Du coup, les moments les plus simples de la vie sont inévitablement marqués par le manque ; le désir trébuche, la parole est courte ou absente, la liberté fort réduite. Et pourtant, du fait même de ces manques, le désir, la parole et la liberté n’en sont pas moins forts et souvent extrêmes.
Essayer de faire comprendre ces notions à la fois simples et complexes au Sénégal, s’apparente aux travaux de Sisyphe, tant nous avons fini de ne consacrer que de la pitié, et son revers le mépris pour ces personnes handicapées. Ce mépris auquel toute la société soumet dans la banalité quotidiennement, ces personnes ; et qui ont finit d’intégrer qu’elles n’auraient droit qu’à cette pitié. Ecoutez-les, vous entendrez  ça de leur bouche.
Monsieur le Président, quid de la compassion ; est-ce que le sénégalais ne mérite pas pour son propre salut d’être guidé dans cette voie qui dictera le respect ; cette voie qui appelle à une projection du sort de la personne en face, sur son propre possible. Cette voie qui fait prendre en charge une partie de la douleur de la personne en face pour l’en décharger un peu; cela en conformité avec nos croyances aux saintes écritures ; ou alors à cette culture de l’universel, dont il est vrai que le bas niveau d’instruction chez nous, a cessé depuis fort longtemps d’alimenter.
C’est pourquoi je veux croire que la question qui s’ouvrira pour vous, sera ce rappel fort à votre devoir de protection envers plus de 20% de la population ; un rappel à cette impérieuse nécessité de vous inspirer des enseignements du prophète, pour le, aussi musulman que vous êtes, ou à défaut, de cette culture dont vous ne manquez pas et qu’on vous sait gré, eu égard à votre rang et votre instruction.

Monsieur le président ; Serions-nous frappés de malédiction ? Pourquoi faudrait-il toujours que nous trainions avec ténacité ces affres et maux de toutes les sociétés, avec les jalons que nous posons chaque jour ; sans que jamais une once de lumière ou et de lucidité ne nous fasse nous corriger.

Monsieur le Président, que faire de ce mal qui touche autant l’intime que le social ?

Monsieur le Président, n’avons nous pas collectivement le besoin de ce message, que les personnes atteintes de handicap sont avant tout des personnes ; et qu’à ce titre, la promotion de représentants visibles à des postes d’honneur, comme Ministre et Député, auraient la double vertu de permettre l’identification de ces personnes en des modèles, tout en distillant dans les esprits que cette dignité due à tous, est indivisible pour tous. Traduire du vécu dans les dispositifs qui organisent notre vivre ensemble ne se délègue pas toujours.
Monsieur le président, où sont les ministres ou les députés issus de ces 20% de cette population handicapée ?
Me semble t’il là est votre chantier que vous nous devez.
En attendant des actes forts pour corriger ce gros déficit, je requiers votre protection de ces personnes immondes, en tenues, qui face à nos corps complétement à leur merci avec un fauteuil roulant pour seul support; cause de ce destin sans appel qui nous oblige à une tète de moins par rapport à eux ; à vous, à tous … Ces hommes et ces femmes atteints de handicap que nous sommes qui ont été niés dans leur dignité par ceux là en tenue qui ont agi en votre nom. Je veux dire mon horreur devant ces images qui m’ont fait mal comme rarement…. Je suis cette femme handicapée Adama NDOUR, Rougui THIAM, Awa GAYE et toutes les autres, frappées par cet ASP devant ses collègues qui le couvrent par leur passivité ; et qui en appelle à vous Monsieur le Président de la République pour que vous me restituez cette dignité qui m’a été niée par ces hommes en tenue que l’Etat a missionné.
Oui Monsieur le Président, rendez ma dignité en proclamant haut et fort que j’ai droit aussi à la protection de l’Etat et à son respect.

Une personne atteinte de handicap qui prête sa plume à Adama NDOUR, Rougui THIAM, Awa GAYE etc…

Bastonnade d’une handicapée par un Asp: Handicap.sn interpelle Macky Sall

Les réactions fusent de partout après l’agression d’un Agent de Sécurité de Proximité (ASP) sur des femmes en situation de handicap en fauteuil roulant (handicap lourd) des noms de Rougui Thiam, Adama Ndour avec son bébé, Awa Gaye, Ndoura Ndiaye etc. Les membres de l’association handicap.sn condamnent « fermement » et jusqu’à la dernière énergie l’acte « ignoble » de cet agent qui « atteint à l’intégrité physique, la dignité humaine de ces personnes handicapées ».

Dans un communiqué parvenu à Senego et signé par son président Khadim  Talla, handicap.sn précise que cette protestation n’a rien contre le corps des ASP « qui est un service de soutien de l’ordre », mais plutôt contre les agissements d’un de leurs éléments « qui le souille de la façon la plus détestable qui soit car aucun comportement de la sorte n’est tolérable dans les autres corps tels que la police et la gendarmerie ».

Par ailleurs, l’association handicap.sn demande au président Macky Sall, « qui est un fervent défenseur des droits des personnes handicapées et vulnérables » de suivre ce dossier afin que justice soit rendue.

Violence faite aux femmes handicapées, le Président de handicap.sn réprouve cet acte ignoble

C’est avec une grande tristesse et un coeur plein de mépris que nous avons appris,  ce vendredi 09 juin 2018 en plein centre ville de Dakar à la rue carnot, le comportement irresponsable, une attitude indigène d’un Agent de Sécurité de Proximité (ASP) sur des femmes en situation de handicap en fauteuil roulant (handicap lourd) des noms de Rougui THIAM, Adama NDOUR avec son bébé, Awa GAYE, Ndoura NDIAYE etc.

En effet , au travers d’une courte séance, nous avons eu connaissance de la gravité des faits qui démontrent la virulence et la bestialité avec laquelle cet ASP a agréssé et violenté Mme Awa GAYE à coups de pieds, lui arrachant et l’empêchant même de remoneter sur son fauteuil roulant qu’il éloigna d’elle, cette vidéo a fait le tour de la toile et n’honore en rien le Sénégal de par cet acte de sauvagerie et de barbarie qui consiste à s’en prendre à plus faible que soi et de surcroît sur une personne handicapée.

Les membres de l’association handicap.sn condamnent fermement et jusqu’à la dernière énergie l’acte ignoble de ce agent qui atteint à l’intégrité physique, la dignité humaine de ces personnes handicapées que nous allons accompagnées en vue d’avoir recours en lieu et place à une procédure de poursuite judiciaire. Cette protestation n’a rien contre le corps des ASP qui est un service de soutien de l’ordre, mais plutôt contre les agissements d’un de leur élément qui le souille de la façon la plus détestable qui soit car aucun comportement de la sorte n’est tolerable dans les autres corps tels que la police et la gendarmerie.

Nous demandons aussi la libération immédiate et sans condition de Madame Rougui THIAM qui est actuellement au commissariat Centrale de Dakar.

Nous demandons respectueusement à Son Excellence Macky SALL, Président de la République du Sénégal qui est un fervent défensseur des droits personnes handicapées et vulnérables. Que justice soit rendue.

Veiller à ce que nous ne soyons pas malmené !

Cela ne doit plus se reproduire !

Nous sommes de surcroît des humains, handicapés et fier de l’être !

 

 

Khadim  TALLA

Président de l’ association Handicap.sn

NDIAREME LIMAMOULAYE : Le maire Mamadou Baidy Séye injecte 40 millions de Fca pour une maison inclusive

L’histoire retiendra que le Maire Mamadou Baydi Séye est le premier maire en banlieue Dakaroise à être investit pour l’indépendance totale des personnes en situation de handicap.

Le Mardi 03 Avril sera une date historique pour la Fédération  départementale des personnes handicapées de la commune de Ndiaréme Limamoulaye. Cette date enregistrera la pose de première pierre d’un nouveau bâtiment dénommer ‘’ maison inclusive Ker Mamadou Baydi Seydi’’ pour rendre hommage au maire de la localité. Selon  Djiby Pam président de la fédération. Le cout global total du projet est de quarante millions de francs Cfa (40.000.000) : « 25 millions pour la construction et 15 millions estimation du terrain 15/12. » soutien M.Pam. Ainsi cette maison aura pour mission d’appeler au développement, : « d’œuvrer aussi à la promotion inclusive pour une meilleur prise en charge en compte et prise en charge des personnes en situation de handicap de la commune. Elle est construite pour les personnes à mobilité réduite mais va servir à toute la population pour justifier sa raison d’être  l’inclusion. » D’après toujours notre interlocuteur cette structure sera aussi un centre de formation, de rencontre ; de ressource et de plaidoyer : «  A travers cette maison, la commune met en place en place une politique inclusive dont le point focal sera coordonner et dérouler par cet espace. A ce titre, elle (la maison) est chargée de promouvoir l’insertion socio-sanitaire et économique des groupes sociaux défavorisés de veiller à la protection des droits des personnes handicapées mais aussi de veiller à la promotion et à la protection des enfants en situation de handicap d’impulser et de coordonner les programmes de recherche en matière d’action sociale de veiller au survie et à l’accompagnement psycho-social des inadaptés sociaux. » Laisse entendre le président de la Fédération. Face à la presse ce dernier à fait savoir que cette maison va travailler en parfaite collaboration avec la commune et avec toutes les organisations communautaires de base en concert avec le service départementale de l’action social : « la direction de la promotion et de la protection des groupes vulnérables et de la direction de la protection des personnes handicapées. Sera le bras droit de la commune et se chargera de mettre en œuvre le programme communale de réadaptions des personnes handicapées de contribuer à l’amélioration du cadre de vie des populations en situation de handicap, de coordonner les activités avec les partenaires. » Promet M.Pam.

Un agent du Ministère de la Santé et de l’Action Sociale peut-il dire tout le mal qu’il pense de la politique sanitaire et sociale de l’Etat ?

Monsieur le ministre,
Cela fait cinq mois que vous avez été nommé à ce poste. Quelle est la durée de votre période de grâce ?
Un ministre de la santé d’un régime qui est là depuis six ans a-t-il droit à un délai de grâce ?
Les syndicats y ont répondu en déterrant la hache de la lutte. Si les syndicats éternuent c’est que leurs membres, les travailleurs du secteur de la santé et de l’action sociale pris individuellement sont enrhumés depuis longtemps. Tel est mon cas. Monsieur le ministre, la politique de santé et de l’action sociale au Sénégal est malade. Conséquence, les structures sanitaires et sociales sont malades.

Carence importante en structures et travailleurs

Le Sénégal compte 35 hôpitaux, 98 centres de santé, 1.257 postes de santé. L’OMS recommande un (01) hôpital pour 150.000 habitants. Autrement dit, les 35 hôpitaux couvrent 5.250.000 habitants sur les 15 millions d’habitants que compte notre pays. Que deviennent alors les 9.750000 habitants ? Ils vont dans ces structures de santé et du coup la charge de travail est trop importante pour les sages-femmes sénégalaises dont chacune s’occupent de 2500 à 2684 femmes en âge de procréer au lieu des 300 recommandées par l’OMS. Ainsi au 19 février 2017, la région de Tambacounda, avait besoin de 70 sages-femmes, 72 infirmiers et des médecins dans toutes les spécialités médicales. Au samedi 6 janvier 2018, il n’y avait ni chirurgien, ni pédiatre, ni anesthésiste ni gynécologue à l’hôpital régional de Tambacounda.
Au 04 Octobre 2017, l’hôpital de Matam était sans cardiologue, pédiatre, réanimateur et pharmacien. Au 04 Août 2017, Kaffrine, Fatick, Foundiougne et Passy évacuaient leurs cas pédiatriques à Kaolack qui est la seule à avoir un pédiatre. La situation est la même dans la majeure partie des régions et départements. Au 14 Octobre 2016, le Sénégal était resté 5 ans sans recruter de médecins ophtalmologues. Au Sénégal le ratio est d’un (01) médecin dentiste pour 100.000 habitants ce qui est loin de la norme OMS de 1 médecin pour 10.000 habitants.
Comment ne pas imputer les 361 décès néonataux sur les 694 enregistrés à Kaolack en 2015 et en provenance de Passy, Foundiougne, Kaffrine et Fatick à cette absence de pédiatre ? Comment accabler Dieu des 48 décès maternels enregistrés dans les structures sanitaires en 2017 à Kolda, du taux de mortalité de 89 pour 1000 naissances à Sédhiou, des 80 décès maternels recensés à Thiès en 2016, des 4 femmes qui décèdent chaque jour en donnant la vie et des 30 autres qui souffrent d’affections handicapantes, des plus de 25.000 enfants (je dis bien vingt cinq mille ) qui meurent chaque année avant leur 5e anniversaire ?
Monsieur le Ministre, pourquoi au lieu de 1500 à 3000 médecins n’avons-nous que 789 médecins soit un déficit de 711 à 2.211 médecins?

Cartes d’insuffisance des chances

Monsieur le ministre, récemment vos services ont crié victoire pour avoir « distribué » 50.006 cartes d’égalité des chances sur un objectif de 50.000 cartes. Pouvez-vous rassurez que la délivrance au faciès que l’on a noté au niveau des cartes d’identité biométrique n’a pas cours au niveau des cartes d’égalité des chances ? Avec 10.500 albinos au Sénégal, 165.000 aveugles…885.000 de nos concitoyens atteints de handicap, pourquoi le Sénégal ne peut faire que 50.000 cartes ? Pourquoi, avec un nombre si réduit, ces cartes sont données indistinctement aux plus vulnérables des personnes atteintes de handicap comme aux personnes handicapées qui sont moins vulnérables que des personnes dites valides ?

Gestion anti démocratique des structures de santé

Monsieur le ministre, le 27 mars 2013, se tient à partir de 10 heures 25 minutes, une réunion du conseil d’administration (CA) de l’hôpital régional de Sédhiou. Le Président du Conseil d’Administration donne la parole au nouveau directeur (le deuxième de l’hôpital régional de Sédhiou) qui n’est là que depuis le 19 février 2013. Celui-ci pétrifie les administrateurs de l’établissement public de santé hospitalier de Sédhiou présents avec les révélations qu’il fait sur la gestion du deuxième directeur de l’hôpital. Aucune comptabilité matière pour la gestion du carburant trouvée sur place. Une dette de carburant de 999.506F CFA (le prix de 20 kits de césarienne qui à l’époque coûtaient 45.000F CFA l’unité ; c’est l’équivalent de 666 consultations en médecine

découverte et contractée de manière nébuleuse alors que l’ancien directeur disait n’avoir laissé aucune dette en partant. L’ancien et premier directeur et le Chef de Service Administratif et Financier (CSAF) auraient eu chacun un carnet qui leur permettait de prendre du carburant comme bon leur semblait. Du matériel de l’hôpital n’a pas été trouvé sur place. Par exemple, du matériel médical de l’EPS1 de Sédhiou a été trouvé à Dakar dans une entreprise dénommée DRP. Patrimonialisation par l’ancien directeur de l’ordinateur portable de la direction. Il a même fallu que le nouveau directeur aille le reprendre chez l’ancien directeur à Dakar. Deux rapports des ventes de la pharmacie sont produits pour une même situation. Un premier rapport faisant état de 18 millions de francs CFA de chiffres d’affaires avec des prix de l’ancien directeur. Un second rapport, remettant en cause le premier, de 8 millions de francs CFA de chiffres d’affaires. Entre les deux, un fossé de 125% ! Existence d’une dette sociale (IPRES et CSS) d’un montant de 2.700.000F CFA. « Même le discours dur de l’ordinateur avait été vidé ! » Rien n’avait été budgétisé ! Qu’a-t-on découvert d’autre ? Que nous a-t-on caché ?
Après avoir dénoncé cela, le deuxième directeur, durant le premier trimestre de l’an 2014, restera pendant plus de 10 jours sans verser les recettes de l’hôpital au compte de la Caisse Nationale de Crédit Agricole (CNCAS). Soit un montant compris entre 2 et 4 millions de francs CFA. Ce deuxième directeur, pendant 16 mois ne présentera aucun rapport financier trimestriel (art 23 décret n° 98-702 du 26 août 1998 portant organisation administrative et financière des établissements publics de santé) aux travailleurs dans un contexte de polémique sur l’utilisation du carburant de l’hôpital.
Ce deuxième directeur lancera le « Projet : Travaux de réhabilitation des bâtiments de l’EPS de Sédhiou pour le compte de la direction ». Le budget de la réhabilitation de trois bâtiments de l’hôpital régional de Sédhiou (d’un (01) bâtiment Administratif et soins bucco-dentaires ; d’un (01) bâtiment Hospitalisation et d’un (01) bâtiment Maternité) s’élève à 9 521 002 FCFATTC.
L’ordre de service « prend effet à partir du 03 juin 2013 ». Les travaux démarrent par une fausse note. Un déjeuner et des prières payés par l’hôpital sont organisés. Certains diront que cet argent dépensé c’est des vétilles et en parler c’est pinailler. Mais il y a un hic. Quelques mois après, en novembre 2013, on vient demander un avenant de plus de 5 millions. En lieu et place d’une réception définitive ou provisoire.
Le plus gros problème est que le Code des marchés publics n’a pas été respecté en matière d’avenant. Ce code, à son 5e chapitre et en son article 24 stipule que : « « -1. L’augmentation ou la réduction des fournitures, services ou travaux résultant d’un ou plusieurs avenants ne doit en aucun cas dépasser 30% du montant du marché initial après application des éventuelles clauses d’actualisation et de révision. 2. Lorsque la modification envisagée porte sur des quantités de travaux, fournitures ou services supérieures à celles fixées au paragraphe 1 du présent article, il doit être passé un nouveau marché. Il en est de même lorsqu’en cas d’avenants successifs, le montant du dernier avenant à conclure doit porter le total cumulé des avenants au-delà desdites limites. ».
Dans le cas de la réhabilitation de l’hôpital de Sédhiou, nous avons à faire à plus de 50% (beaucoup plus que les 30% prévus) du montant du marché initial. Pourquoi le directeur de l’hôpital de Sédhiou n’a pas passé un nouveau marché ?
Qu’en est-il dans les autres structures hospitalières ?
Après avoir interpellé, alerté et dénoncé à l’interne en vain, j’ai informé l’opinion publique nationale de ces faits de gestion anti démocratique. Mon salaire ? Le ministère de la santé, par votre prédécesseur, m’a affecté 3 fois en un mois. Depuis je suis dans un service sans eau, ni électricité, ni toilette salubre dans un bâtiment déclaré « menaçant de ruine » par les services de l’Etat. Et au même moment, le premier directeur de l’hôpital de Sédhiou est directeur de l’hôpital de Saint-Louis et le deuxième directeur de l’hôpital de Sédhiou est directeur de l’hôpital de Kolda où ils peuvent continuer leur besogne. Comment s’étonner alors de la grave crise qui prévaut dans nos hôpitaux ? Monsieur le ministre vous devez dire si mon rapport sur la gestion de l’hôpital de Sédhiou est conforme à la vérité ou non.

Une action sociale politicienne

Monsieur le ministre, l’actuelle directrice de la direction générale de l’action sociale (DGAS) et son prédécesseur sont des médecins. Ceci est la cerise sur le gâteau du mépris gouvernemental en direction du travail social et de ses travailleurs sur lequel je reviendrai. Le gouvernement du Sénégal veut-il nous faire croire que depuis 1960 il n’a pas formé de travailleurs sociaux ayant les compétences pour diriger cette direction ? De la même manière que cela ferait désordre de voir des gendarmes dirigés par un douanier et des policiers par un agent des eaux et forêts de la même manière cette injustice dont sont victimes les travailleurs sociaux heurte à tout point de vue.

Que faire : gestion démocratique en lieu et place de la « bonne gouvernance » du FMI et de la Banque mondiale

Monsieur le ministre, tant qu’il n’y aura pas de gestion démocratique de nos structures de santé avec les travailleurs et les populations comme premier rempart en tant que vigies, sentinelles, sonnettes d’alarme…le Sénégal ne sortira pas de ce système sanitaire et social profondément malade. Le peuple, celui qui n’a ni double nationalité, ni passeport diplomatique doit être au cœur – d’amont en aval – du système par un contrôle populaire.
La gestion démocratique c’est aussi celle du personnel. Au nom de quoi tel ou tel autre agent est affecté ou nommé à telle station ? Les enseignants ont leur miroir, les magistrats se battent légitimement pour l’indépendance de la justice avec des critères objectifs pour pouvoir affecter les magistrats. Le président de la république a dit être prêt à aller le plus loin possible dans la prise en charge des préoccupations des magistrats. Il est inacceptable que cette gestion anti démocratique des travailleurs de la santé et de l’action sociale qui ne bénéficient qu’aux politiciens et aux syndicalistes affairistes et carriéristes perdure.
Monsieur le ministre, quand on donne 9 milliards de fonds politiques chaque année au président de la république, au président de l’assemblée nationale, au président du haut conseil des collectivités locales, qu’on attribue des salaires aux conjoint(e)s des diplomates, qu’on laisse l’impérialisme piller nos ressources…il n’en restera pas suffisamment pour avoir suffisamment de structures et de travailleurs de la santé et de l’action sociale, de cartes d’égalité des chances, de budgets pour les différents programmes de votre ministère… Voilà pourquoi il y’aura toujours très peu de ressources pour financer la santé. Et à partir de là on peut dire que les 27.740 enfants de moins de 5 ans et les 1460 femmes qui meurent chaque année au Sénégal d’infection respiratoire aigue, de diarrhée, de grossesse ou de suite de grossesse ne meurent pas de la volonté divine. Ils meurent assassinés !

Dans l’espoir d’une prise en compte de mes avis et suggestions, veuillez agréer Monsieur le Ministre de la Santé et de l’Action Sociale l’expression de mes encouragements patriotiques.

En savoir plus sur https://www.senegaldirect.net/agent-ministere-de-sante-de-laction-sociale-dire-mal-quil-pense-de-politique-sanitaire-sociale-de-letat/

ZIGUINCHOR : L’ACEEC RÉCLAME UN CENTRE D’ACCUEIL SPÉCIALISÉ POUR LES ENFANTS HANDICAPÉS

Le mouvement Action commune pour l’émergence économique et citoyenne du Sénégal (ACEEC, Femme en Diola) réclame la construction d’un centre d’accueil spécialisé pour une meilleure prise en charge scolaire des enfants handicapés et des personnes vulnérables, a plaidé sa présidente Fatou Kiné Badji.
’’Ce n’est pas normal. Dans tout le Sénégal nous n’avons que le centre d’accueil spécialisé Talibou Dabo (Dakar). Nous voulons un centre de ce genre à Ziguinchor pour une prise en charge correcte des enfants vivant avec un handicap. Ce sera notre combat’’, a notamment dit Mme Badji, dimanche à Ziguinchor.
Elle s’exprimait au cours d’une cérémonie de lancement officiel du mouvement Action commune pour l’émergence économique citoyenne qui vise à ‘’travailler à l’amélioration des conditions de vie et d’existence des couches vulnérables que sont les enfants, les femmes et les personnes du troisième âge’’.
‘’Les enfants handicapés ne sont pas à l’aise à l’école. Ils souffrent aussi d’absence d’infrastructures conformes à leur handicap au niveau de leur famille et au niveau de leurs quartiers. Il leur faut un centre spécialisé pour une meilleure prise en charge de leurs préoccupations’’, a poursuivi Fatou Kiné Badji.
Le mouvement ACEEC qui se veut ‘’sans coloration politique’’ compter travailler avec des partenaires pour améliorer les conditions de vie et d’existence des enfants dans le cadre d’une série d’actions et d’activités pour le compte des couches vulnérables.
Créée depuis un an et lancée officiellement ce dimanche à Ziguinchor l’Action commune pour l’émergence économique et citoyenne ambitionne aussi de créer plusieurs points focaux dans les autres régions du Sénégal en vue d’être ‘’présente sur tout le territoire national’’.
‘’Nous ciblons surtout les couches les plus démunies. Les femmes qui sont dans le monde rural constituent aussi une priorité. Nous allons trouver les moyens nécessaires pour un meilleur accompagnement et encadrement de ces femmes rurales’’, a promis la présidente de l’ACEEC.

Célébration de la Journée internationale des personnes handicapées ce 3 décembre : Les efforts sont immenses, mais il reste toujours des chantiers à ouvrir

« Vers une société durable et résiliente pour tous », tel est le thème choisi, cette année, par les Nations unies pour célébrer la Journée internationale des personnes handicapées. Cette journée, pour rappel, est célébrée le 03 décembre de chaque année, et ce, depuis 1992. Elle vise à promouvoir les droits et le bien-être des personnes handicapées dans toutes les sphères de la société et du développement et à accroitre la sensibilisation à leur situation particulièrement dans les aspects de la vie économique, sociale, politique et culturelle. Une telle journée qui mérite une attention particulière commande de pointer le curseur sur les grandes réalisations faites en matière de leur prise en charge et d’interpeller encore les différents segments de notre société sur leurs difficultés.

Par définition, le handicap désigne la limitation des possibilités d’interaction d’un individu avec son environnement, causée par une déficience qui provoque une incapacité, permanente ou non, et qui mène à des difficultés morales, intellectuelles, sociales et physiques.

Au Sénégal, la loi d’orientation sociale n°2010-15 du 6 juillet 2010, relative à la promotion et à la protection des droits des personnes handicapées, va dans le même sens et retient comme définition toutes les personnes qui présentent des incapacités physiques, mentales, intellectuelles ou sensibles durables dont l’interaction avec diverses barrières peut porter atteinte à leur pleine et effective participation à la société sur la base de l’égalité.

Cette couche vulnérable représente 5,9 % de la population de notre pays d’après les résultats du recensement général de 2014. C’est pourquoi l’Etat du Sénégal s’est, sans doute, dotée d’une volonté marquante pour appuyer les personnes handicapées. Le thème national, qui porte sur « L’évaluation des politiques publiques relatives au domaine du handicap : éléments et perspectives », permettra surement de faire un point.

Du côté des réalisations, l’adoption de la loi d’orientation sociale susmentionnée a permis la mise en place, dans les quarante cinq départements du pays, d’organes de gestion du handicap et accéléré la production de la Carte d’égalité des chances qui permet aux personnes handicapées de bénéficier de droits et avantages divers. Cette carte, que le chef de l’Etat a lancée lui-même en 2015, se matérialise de plus en plus grâce à la Direction générale de l’Action sociale par la production et la distribution de 35 921 cartes, l’enrôlement de 25 927 personnes handicapées dans le Programme national de Bourse de sécurité familiale et l’inscription de 17 192 bénéficiaires dans les mutuelles de santé.

Par ailleurs, on pourrait égrener, sur ce chapitre, les réalisations du Programme national de réadaptation à base communautaire qui, dans ses différents volets de formation professionnelle, financement de projet individuel, compte à son actif le financement de plus 1200 projets de 2012 à 2016 sur fonds propres de l’Etat. Les subventions aux organisations de personnes handicapées, l’appui en matériels techniques et orthopédiques et l’appui médical sont également constants dans la prise en charge. Prise en charge prise aussi à bras-le-corps par certaines collectivités locales qui en ont fait un sacerdoce. Il convient de citer le travail colossal que font les organisations des personnes handicapées dans le soutien de leurs membres par des renforcements de capacités, des appuis divers mais aussi de nombreuses organisations non gouvernementales. Côté insertion, il faut saluer les programmes comme le projet « Emphase » exécuté dans la région de Dakar, le recrutement de jeunes handicapés à Dakar Dem Dikk ou dans d’autres sociétés.

Ces différents succès ne doivent pas cacher certaines difficultés. La limite des financements et la faiblesse des partenaires dans le domaine du handicap freinent la satisfaction de nombreuses demandes de réalisation de projets des personnes handicapées. En outre, la prise en charge de l’appareillage de certaines catégories comme les sourds ou les albinos reste encore mesurée.
Quant aux organes de prise en charge du handicap, les Commissions d’éducation spéciale n’ont pas encore produit les fleurs escomptées.

Aujourd’hui encore, elles sont nombreuses les personnes handicapées qui continuent d’être victimes de stigmatisation ou qui continuent de mendier dans nos villes à cause des affres de la pauvreté.

La faiblesse du budget du sous-secteur de l’Action sociale et la dynamique organisationnelle des organisations des personnes handicapées ne sont pas pour régler tous les goulots d’étranglement. Sans compter les besoins de plus en plus croissants dans les domaines de la formation professionnelle, d’inclusion scolaire et d’insertion et réinsertion.

En tout cas, l’espoir est plus que permis pour plusieurs raisons : l’engagement sans faille des travailleurs sociaux, le nouveau souffle qui s’injecte dans plusieurs associations de personnes handicapées à travers le pays, la nomination de personnes handicapées à des postes (Présidence, Conseil économique, social et environnemental, Haut conseil des collectivités territoriales, Assemblée nationale, ministères, pour ne citer que ceux-là) .Cet espoir, le nouveau ministre de la Santé et de l’Action sociale l’a entretenu lors d’une réunion spéciale sur l’Action sociale, tenue le 30 Octobre dernier, en souhaitant soutenir le sous-secteur de l’Action sociale.

Enfin, last but not the least, l’espoir sera fondé sur l’année 2018, une année sociale. Cette dernière offrira certainement plus d’opportunités et de moyens à tous les acteurs pour doper la prise en charge des personnes handicapées dans tous les domaines vecteurs d’une autonomisation tous azimuts qui constitue le maitre mot de l’Action sociale.

Par Abdoulaye Mamadou MBOW
Conseiller en Travail
social/Dakar

Troubles du langage : Une appli pour vous exprimer

CommunicoTool lance un nouvel outil de communication intuitif pour défier les troubles du langage : Advanced

Après avoir conçu les applications mobiles « CommunicoTool » versions 1 et 2, la société CommunicoTool s’est lancée un nouveau défi et vient de mettre en ligne « Advanced », une nouvelle application cette fois-ci dédiée aux personnes sans difficultés cognitives qui ont des troubles du langage, et qui ne peuvent pas, ou plus, s’exprimer par la voix. Nous sommes allés à la rencontre de Nathalie Duchastel, responsable commerciale de CommunicoTool.

Pouvez-vous nous rappeler en quelques mots en quoi consiste CommunicoTool ?
CommunicoTool est une application qui a pour but de faciliter le quotidien des personnes ayant des troubles du langage et de les aider dans leurs apprentissages. Nous sommes sur une seconde version de cet outil de communication, qui s’appelle désormais CommunicoTool 2.
Avec CommunicoTool 2, on travaille sur un son avec une image représentative ou un pictogramme, et on va associer des pictogrammes pour former des phrases. Cette application peut être utilisée par des personnes ayant des problèmes cognitifs, et donc ne vise pas le même public que l’application Advanced, qui elle est destinée à des personnes ne pouvant pas parler mais ayant toutes leurs facultés cognitives.

CommunicoTool 2 qui s’adresse aux personnes ayant des troubles du langage et plus particulièrement :

– Aux personnes aphasiques : Des personnes qui ont su parler et qui certaines raisons ne savent plus parler ou ont des difficultés pour le faire. Par exemple suite à un AVC (Accident vasculaire cérébral), des lésions cérébrales, des tumeurs cérébrales, des opérations du cerveau…

– Aux personnes dysphasiques : Des personnes qui n’ont jamais pu parler et qui vont pouvoir apprendre plus facilement à utiliser le langage grâce à l’application. Cela peut concernant des enfants ou adultes avec autisme, des personnes déficientes intellectuelles ou avec une trisomie 21, et de nombreuses autres pathologies.

CommunicoTool 2 est accessible sur App Store et Android, sur tablette ou sur un grand téléphone car il faut suffisamment de surface pour l’aspect tactile de l’application. Elle est téléchargeable pour le prix de 99 euros, avec la possibilité de l’essayer gratuitement pendant un mois, sans obligation d’achat.

Advanced est donc votre toute nouvelle application. De quoi s’agit-il plus précisément ?
Advanced est une application destinée aux personnes souffrant de syndrome d’enfermement dans leur corps ou locked-in syndrome, de sclérose latérale amyotrophique également appelée maladie de Charcot en phase débutante. Advanced peut aussi convenir à certaines personnes ayant fait des AVC (Accident Vasculaire Cérébrale).
Cette application s’adresse donc à des personnes qui ont d’importantes difficultés pour s’exprimer avec leur voix, des troubles du langage, mais qui ont toutes leurs facultés cognitives. Ce sont des gens qui savent lire et écrire, et qui comprennent les choses tout à fait normalement.

Comment ça marche concrètement ?
Nous proposons deux modes à travers cette application : un mode parlé et un mode écrit.

– Un mode parlé pour communiquer en direct. Vous choisissez des mots et l’application les prononce. C’est un moteur de prédiction intelligent qui va, en fonction de ce que vous écrivez, apprendre de vos habitudes de langage. Il va aussi apprendre des mots que vous utilisez le plus fréquemment. Au fil de l’utilisation de l’application, il va ainsi devenir de plus en plus intelligent – c’est ce qu’on appelle du Learning-machine – pour être au plus près de ce que vous avez l’habitude de dire et de votre façon de vous exprimer, dans le langage et le vocabulaire choisi. C’est un plus par rapport à ce que l’on peut avoir aujourd’hui sur les Smartphones : un système qui s’adapte à la majorité des gens. Advanced s’adapte à chaque personne individuellement à partir de ses habitudes observées. Si par exemple j’écris plusieurs fois à l’aide de l’appareil : « Bonjour Monsieur Paul », le moteur de prédiction a appris cette expression et va par la suite me proposer automatiquement « Monsieur Paul » dans les choix de mots. Après vous avez la possibilité, pour minimiser les gestes que vous allez faire pour taper sur l’écran, d’utiliser l’historique et de retrouver les phrases que vous avez déjà émises et de les réémettre en un clic. Vous pouvez aussi de choisir des phrases favorites. Par exemple on emploie souvent l’expression : « Comment allez-vous ? ». Il suffit d’aller dans les réglages pour l’inscrire en phrase favorite.

L’application comporte aussi un mode « Urgence » qui permet d’émettre un son pour signaler qu’il y a un souci aux gens qui vous entourent. Il est également possible d’écrire des phrases d’urgence. Par exemple : « Attention, je suis allergique à l’arachide » lorsqu’on vous apporte quelque chose à manger.

– Un mode écrit : Vous pouvez écrire un texte, qu’il vous est ensuite possible soit de copier dans un presse-papier pour pouvoir l’ajouter à un autre que vous avez écrit par ailleurs ; soit d’envoyer par email ; soit d’envoyer par sms. Ou éventuellement simplement lire à voix haute le texte qui a été écrit.

Comment les mots « anticipés » par le moteur de prédiction arrivent-ils sur l’écran ?
Vous pouvez « feuilleter » le contenu de l’application en glissant de droite à gauche sur la tablette. Si c’est un mot courant vous le trouverez en principe rapidement, de même si c’est un mot que vous utilisez souvent. Si c’est un mot moins courant, vous pourrez le trouver en tapant sa première lettre, puis les lettres suivantes si besoin. Si le mot n’existe pas ou n’existe pas encore dans la base de données, vous pourrez le taper directement dans la barre créée à cet effet.
Concernant les verbes, ils vont se conjuguer automatiquement, donc il prononcera bien « j’arrive ».

Peut-on choisir la voix utilisée ?
Bien sûr. Vous pouvez choisir la voix utilisée parmi des voix de femmes et des voix d’hommes, et régler la vitesse de diction de ces voix.

Beaucoup d’autres paramètres de réglages sont disponibles : l’apparition des mots par ordre de pertinence ou par ordre alphabétique. Vous pouvez leur donner un fond coloré pour que ce soit plus visible, changer la taille de la police, afficher plus ou moins de nombres sur la grille en fonction de vos capacités de vision notamment. Vous pouvez aussi changer de langue : l’application propose le français, l’anglais et l’allemand.

Comment peut-on se procurer cette application ?
Pour le moment cette application est disponible uniquement sur App Store (pas sur Android). Vous pouvez la télécharger gratuitement pour un mois, le temps de l’essayer, et au terme de ce délai, vous pourrez l’acquérir définitivement pour le prix de 99 euros. Actuellement nous sommes en prix de lancement à 59,99 euros.

Souhaitez-vous ajouter quelque chose ?
L’intérêt d’Advanced, c’est qu’elle va vraiment être le reflet de vous-même à partir de votre vocabulaire et ce de manière intuitive. Derrière ce travail-là, c’est un docteur en traitement automatique des langues (Docteur TAL) qui a mis au point cette application par le biais d’algorithmes : il s’agit de Charlotte Rose.

Stephen Hawking, professeur mondialement connu, aujourd’hui presque totalement paralysé à cause d’une sclérose latérale amyotrophique (SLA), a développé avec Intel un système lui permettant de communiquer grâce à la détection des mouvements de son visage, transmis ensuite à un ordinateur d’assistance. Cela lui a longtemps permis de continuer à donner des conférences sur des sujets scientifiques très pointus. Or ce système, qui est en cours de développement, vaut environ un million d’euros. À notre échelle, nous avons réfléchi à une manière de créer un système approchant mais qui reste très abordable.

Nous pourrions peut-être approcher un peu plus de ce qu’a fait Stephen Hawking, dans le sens où Advanced peut apprendre votre vocabulaire. Donc si vous avez été médecin autrefois, vous rencontrez beaucoup d’amis et confrères médecins, vous utilisez des mots de médecine… le moteur de prédiction va progressivement apprendre tous ces mots-là. Et cela peut s’appliquer à n’importe quel autre domaine spécifique, scientifique ou non.

Plus d’infos sur : http://communicotool.com/fr/advanced/

En photo : Nathalie Duchastel, responsable commerciale de CommunicoTool – Troubles du langage.