Situation épidémiologique de l’infection à Vih/Sida: la prévalence 2 à 3 fois plus élevée chez les personnes vivant avec un handicap.

Les personnes vivant avec un handicap sont très vulnérables au Vih. La prévalence est 2 à 3 fois plus élevée dans ce groupe. Pour y remédier, Handicap International a lancé une plateforme dans le cadre du projet régional Vih-handicap financé pr le fonds mondial. Ce projet, qui va se dérouler sur 3 ans, devrait contribuer à réduire les nouvelles infections dans ce groupe.

La situation épidémiologique de l’infection à Vih est très préoccupante chez les personnes en situation de handicap. En attestent les résultats d’une récente étude nationale sur cette cible. L’étude révèle que le taux de prévalence du Vih/Sida est de 1,9%.  » Cette prévalence est 2 à 3 fois fois plus élevée dans ce groupe comparée à la prévalence observée dans la population générale (0.7%). Ce chiffre  conforte les études déjà faites en 2010 à Dakar et à Ziguinchor en 2013. Des études qui montrent respectivement des prévalantes de 1,3% pour la région de Dakar et de 2,8% pour Ziguinchor toujours chez la population vivant avec un handicap. »

Mais, qu’est-ce qui explique ce fort taux observé chez cette cible. Dr Papa Amadou Niang Diallo a une petite idée. Selon le responsable de l’Unité suivi évaluation et recherche du Conseil National de lutte contre le Sida (Cnls) généralement, explique-t-il « l’infection à Vih en Afrique de l’Ouest et du Centre est principalement liée aux pratiques sexuelles. On imagine que les facteurs qui peuvent expliquer cette prévalence assez élevée au niveau de cette catégorie de populations sont liés certainement à des pratiques sexuelles. Et on peux comprendre qu’il y’a des comportements à risque à cause de leur situation de handicap ».
Cette prévalence assez élevée avait amené le Conseil National de lutte contre le Sida dès 2011 a considéré les personnes handicapées comme un cible prioritaire du plan Stratégique. En plus de la réponse du Cnls, il y’a Handicap International, qui intervient au Sénégal depuis 1996, qui a beaucoup fait dans la lutte contre la Vih dans les régions de Dakar et Ziguinchor. Pour accroître la lutte contre le Vih/Sida surtout chez la cible handicap, l’ong Handicap international lance une plateforme  »Vih handicap » dans le cadre de son projet régional qui va se dérouler sur trois ans et qui est financé par le fonds mondial. Ce projet concerne 6 pays d’Afrique de l’Ouest (Le Sénégal, la Guinée-Bissau, le Cap-Vert, le Mali, le Burkina Faso et le Niger pour une période de 3 ans (Janvier 2017 à décembre 2019). La plateforme va fédérer touts les acteurs de la lutte, la Fédération nationale des associations de personne handicapées, le Réseau National des personnes vivant avec le Vih, (Rcp+), l’Onusida, le Cnls entre autres.
Le projet devrait contribuer  à la réduction des nouvelles infections dans le groupe des personnes handicapées. Il promet de soutenir la promotion des droits humains en s’attaquant  » aux obstacles juridiques en améliorant l’accès aux services de prévention, de soins et de soutien relatifs au Vih via un plaidoyer régional », souligne Sabina Déparde, coordonnatrice santé programme Afrique Cap Ouest à Handicap International.
Il faut dire que l’Onusida a placé les personnes handicapées parmi l’un des 12 groupes de population oubliés à cibler en priorité pour stopper l’épidémie du Sida. Malgré cette attention particulière, cette cible retient rarement l’attention des programmes de lutte contre le Sida en raison du peu de données régionales est nationales.

Journée internationale du fauteuil roulant : Appel à la promotion de l’appareillage orthopédique

En présence de l’adjoint au gouverneur de Saint-Louis chargé du développement, Sahite Fall, de la directrice générale de l’Action sociale, Mme Khadissatou Gaye Alainchar, l’association Handicap Form Educ a célébré, le 4 mai 2017, dans la capitale du Nord, la Journée internationale du fauteuil roulant. Même si cette date n’est pas encore inscrite dans l’agenda des Nations unies, elle est célébrée depuis 2008 par plusieurs pays. Le thème choisi par le Comité de pilotage porte sur « La promotion des industries locales de fabrication de fauteuils roulants et d’aides techniques ».

M. Fall s’est réjoui de l’organisation de cette journée qui a permis d’évaluer les capacités productives de cette structure, en vue de la redynamiser. Il a rappelé que sur le plan juridique, la loi d’orientation sociale 2010-15 sur le handicap, en son article 10, stipule que l’État doit prendre en charge les frais des appareils orthopédiques et des aides techniques nécessaires aux personnes handicapées titulaires de la carte d’égalité des chances qui ne bénéficient pas de couverture sociale. Aussi, l’État et les organismes publics doivent-ils favoriser la création d’industries de fabrication d’appareils orthopédiques et d’aides techniques.

Pour Yatma Fall, malgré tous les efforts déployés par le gouvernement, les Ong et autres partenaires, la couverture nationale des besoins en appareillage est insuffisante et on note une absence de maîtrise des statistiques sur les véritables besoins en appareillage sur le plan national.

L’adjoint au gouverneur, Sahite Fall, la directrice générale de l’Action sociale, Dr Khadissatou Gaye Alainchar, et le chef du Service régional de l’Action sociale, Gora Sèye, ont insisté sur la nécessité de contribuer à une meilleure prise de conscience des populations sur l’impact des fauteuils roulants et de l’appareillage dans la vie des personnes handicapées.

Lèpre : de nouveaux cas détectés chez les enfants

De nouveaux cas de malades atteints de lèpre ont été recensés notamment chez les enfants alors que le Sénégal avait depuis des années atteint le seuil d’élimination, a annoncé, mercredi à Sowane (Fatick), Khadissatou Gaye Alainchar, directrice de l’Action sociale au ministère de la Santé et de l’Action sociale.

Le Sénégal est en deçà du seuil d’élimination fixé par l’OMS mais « on a vu de nouveaux cas qu’on retrouve notamment chez les enfants », a-t-elle dit lors d’une recherche participative sur le village de reclassement social (VRS) de Sowane, dans le département de Fatick.

Les enquêtes se sont faites dans deux villages seulement (Koutal à Kaolack et Mbaling à Mbour) mais en même temps il y a des gens, hors de ses villages qui sont pris en charge par le Centre hospitalier de l’Ordre de Malte (CHOM) de Fann, a-t-elle précisé.

Selon Mme Alainchar, « si on dit que ce ne sont que les VRS, on va encore augmenter la stigmatisation et ce n’est pas ça le but. Et à Sowane, on parle d’un cas qui date de 3 ans déjà ».

Cette activité de deux jours de recherches initiée par l’association allemande de lutte contre la lèpre (DAHW) et le PNDL entre dans le cadre d’une série de visites qui a commencé depuis le mois passé.

« L’objectif c’est de pouvoir faire le point sur les réalisations que les différents partenaires ont eu à faire dans les villages mais aussi de recueillir les besoins des populations pour avoir une approche partenariale, consensuelle avec toutes les parties prenantes de la lèpre », a-t-elle indiqué.

A en croire la directrice de l’Action sociale, « il y a des déterminants sociaux et des déterminants médicaux qui font que la lèpre peut recommencer ».

S’agissant des facteurs médicaux, a-t-elle expliqué, « on avait une mono thérapie c’est-à-dire que les anciens malades étaient traités par un seul médicament et avec le temps, ils peuvent être contagieux ».

A cela s’ajoute les nouvelles formes d’approche par rapport au traitement à savoir « la poly-chimiothérapie qui fait que 48 heures après [la prise], le malade n’est plus contagieux », a souligné Khadissatou Gaye Alainchar.

Les autres aspects qui peuvent déclencher la maladie sont, du point de vue social, la promiscuité et la pauvreté. « C’est important de pouvoir avoir une vision sur les deux volets et amener les solutions adéquates permettant d’éradiquer la lèpre », a indiqué Mme Alainchar.

La directrice de l’Action sociale a signalé que « le traitement est très bien maîtrisé et que si les cas sont détectés tôt, les gens qu’on traite n’ont même pas de séquelles ».

« Le fait que la lèpre soit éliminée jusqu’à un certain niveau a fait qu’on est moins vigilant. C’est le moment de reprendre la sensibilisation et la formation sur la lèpre », a-t-elle fait remarquer.

Journée internationale de l’autisme: Ker Xaleyi et les parents au front, l’Etat attendu davantage dans la prise en charge

La journée internationale de l’autisme est prévue pour demain, dimanche 2 avril. Occasion saisie par le collectif de parents et amis des enfants de Ker Xaléyi (copekx) d’anticiper cette journée, en organisant une randonnée pédestre. Senego y a fait un petit tour afin de recueillir les avis des parents et participants.

Lamine Fall, pédopsychiatre, considère que c’est un événement important qui nécessite l’implication de tout le monde. « La prise en charge dans le système éducatif est un aspect très important pour ces enfants qui ont la capacité à développer des connaissances. Des connaissances qui dépassent même, quelque fois, les nôtres dans certains domaines. Je trouve qu’il est important qu’ils puissent les valoriser« , précise M. Fall, dirigeant de l’unité de pédopsychiatrie « Keur xaléyi » de l’hôpital Fann.

Il n’a pas manqué de lancer un appel. « Si on les aide à mieux s’adapter, ils peuvent montrer beaucoup de compétences, parfois même supérieures à la moyenne des populations. Je pense que l’effort se trouve sur le fait de leur permettre de participer au développement du pays, mais aussi, au développement personnel. Ces enfants savent faire beaucoup de choses, mais les parents ne savent pas à qui s’adresser pour leur permettre d’exposer leur potentiel« , confie-t-il.

De son côté, Birahim Ndiaye, parent d’un enfant atteint d’autisme, et membre du Copekx, de revenir sur la motivation de cette journée.

« Ces enfants ne sont pas fous, comme le pensent certains. Certes, ils ont des difficultés, mais, ce sont des gens normaux, comme nous. Il faut que nous, en tant que parents, aidions ces enfants. Et je lance un appel à l’Etat afin qu’il puisse ériger des centres qui peuvent lès accueillir pour une bonne prise en charge. L’Etat doit assister ces jeunes. Le président Roosevelt des Usa se déplaçait en chaise roulante et il a beaucoup fait pour les personnes à mobilité réduite. C’est ce que j’appelle le leadership, c’est ce qu’on attend du président Macky Sall« , précise l’interlocuteur de Senego.

« Je ne parlerais pas de maladie, mais plutôt de handicap. Ils sont différents des autres enfants. Raison pour laquelle ils sont marginalisés par les autres, de leur âge, dans le milieu scolaire. D’où la nécessité de centres spéciaux, spécialisés. Les autres écoles où vont nos enfants, ne sont pas aptes à accueillir ces enfant autistes« , c’est l’avis de Khadijatou Thiam, présidente de Copekx.

Ker Xaléyi dépend du ministère de la santé, mais, Khadijatou trouve que l’Etat n’en fait pas assez, et demande à ce que les autorités en fassent plus pour accompagner ces enfants. Leur combat de tous les jours.

« LA PROTECTION SOCIALE DANS LE CADRE DE LA CARTE D’EGALITE DES CHANCES »

« LA PROTECTION SOCIALE DANS LE CADRE DE LA CARTE D’EGALITE DES CHANCES »

A l’occasion de la célébration de la Journée Mondiale de la Justice Sociale, Special Olympics Sénégal, en partenariat avec la Direction Générale de l’Action Sociale (DGAS) et l’Ecole Nationale des Travailleurs Sociaux Spécialisés (ENTSS) a organisé une conférence sur le thème de « La protection sociale dans le cadre de la Carte d’Egalité des Chances ».

La conférence a été ouverte par le mot de bienvenue, d’Assane Ngom, Président du Conseil des Athlètes de Special Olympics Sénégal, suivi de l’introduction de Rajah Sy, Directrice Nationale. Cette dernière a informé l’assistance que la Journée Mondiale de la Justice Sociale est fêtée depuis 2009, sous l’impulsion des NationsUnies qui l’a fixée au 20 Février. Les Nations-Unis définissent la justice sociale comme étant « fondée sur l’égalité des droits pour tous les peuples et la possibilité pour tous les êtres humains sans discrimination de bénéficier du progrès économique et social partout dans le monde. Promouvoir la justice sociale ne consiste pas simplement à augmenter les revenus et à créer des emplois. C’est aussi une question de droits, de dignité et de liberté d’expression…, ainsi que d’autonomie économique, sociale et politique. » En faisant une synthèse des activités offertes par Special Olympics, la Directrice Nationale a rappelé que Special Olympics œuvre au quotidien pour la Justice Sociale.

Le conférencier, Souleymane Diop, Directeur de la Division de l’Intégration et le Modérateur, Mamadou Lamine Faty, Directeur de la Promotion et de la Protection des Personnes Handicapées, tous deux de la Direction Générale de l’Action Sociale (DGAS) ont éclairé le public sur les modalités de la mise en œuvre de la CEC. Souleymane Diop a tout d’abord informé l’assistance de la mission et des différents services qui composent la Direction Générale de l’Action Sociale ainsi que des actes importants et souverains posés par l’Etat du Sénégal envers les personnes handicapées. II a notamment cité, la ratification en 2010 de la Convention relative aux Droits des Personnes Handicapées (CDHP), le vote en 2010 de la Loi d’Orientation Sociale (LOS), la signature en 2012 du 1er Décret d’Application de LOS relative à la Carte d’Egalité des Chances et à l’Education Spécialisée et la rédaction en 2014 du Rapport Initial sur le Handicap.

La Carte d’Egalité des Chances, nominative et expressément réservée aux personnes porteuses de handicap, est obtenu après dépôt d’un dossier auprès de la Commission de délivrance. Les pièces à fournir sont les suivantes : lettre manuscrite adressée à Madame le Ministre de la Santé et de l’Action Sociale, copie légalisée de la Carte Nationale d’Identité, Certificat de Résidence, 2 photos d’identité, Certificat d’Invalidité délivré par un médecin agréé (ce certificat permet d’obtenir le Certificat d’handicap). Pour les enfants mineurs, le dossier comprendra également un extrait de naissance ainsi que la copie légalisée de la Carte Nationale d’Identité d’un des parents.

Les détenteurs de la CEC peuvent bénéficier des sept avantages suivants : santé, réadaptation (appareillage), éducation, formation, emploi, transports et finances. Cependant, pour le moment, la santé et les finances sont les seuls avantages disponibles. Pour cela, le détenteur de la CEC doit se faire enrôler auprès de la Mutuelle de Santé de sa commune, avant de pouvoir bénéficier des soins de santé gratuits. Certains détenteurs de la CEC bénéficient également, sous certaines conditions, de l’avantage Finances grâce à la Bourse Familiale.

Le Service Départemental de l’Action Sociale de Dakar a profité de cette tribune pour annoncer qu’une journée d’enrôlement pour la CEC sera organisée dans les prochaines semaines.

Le public venu nombreux a fait par des dysfonctionnements relevés dans la production et la distribution des CEC, mais a également salué les progrès accomplis et les actions positives menées par la DGAS.

Au cours de cette conférence, Special Olympics Sénégal a pu remettre une quarantaine de Cartes d’Egalité des Chances, dont les dossiers avaient été déposés par son intermédiaire.

Journée internationale du handicap : la Sonatel et Jokko Santé au secours des albinos

Journée internationale du handicap : la Sonatel et Jokko Santé au secours des albinos
De droite à gauche: Mouhamadou Bamba Diop, président de l’Association nationale des albinos du Sénégal, Amsatou Sow Sidibé, marraine de ladite Association, Rokhaya Solanje Ndir, responsable RSE Sonatel, Adama Kane, fondateur Jokko Santé et Dr Abdoul Aziz Kassé, cancérologue.

(CIO Mag) – L’Association nationale des albinos du Sénégal a reçu ce lundi, à l’occasion de la journée internationale dédiée au handicap, un soutien de la part d’Orange via les responsables de Jokko Santé, une application qui se veut une pharmacie virtuelle. La remise du don d’une valeur de 2 millions CFA et composé de crème solaire, de crème anti-soleil, de crème pour les lèvres entre autres, a eu lieu au siège de l’association PREVENIR dirigée par le cancérologue Docteur Abdoul Aziz Kassé. La cérémonie a enregistré la participation de plusieurs autorités dont l’ancienne conseillère à la présidence de la République, Amsatou Sow Sidibé, Rokhaya Solanje Ndir, chef du service RSE à la Sonatel, le docteur Abdoul Aziz Kassé, cité plus haut et le président de l’Association nationale des handicapés du Sénégal. Mouhamadou Bamba Ndiaye tout en saluant le geste, a estimé qu’il est loin de pouvoir couvrir tous les besoins des albinos au Sénégal. « Ces albinos sont en train de mourir pas à pas à cause du cancer de la peau », a t-il fait savoir. Il a invité les autorités à l’action, et en premier, le Chef de l’Etat « qu’on n’a jamais cessé d’appeler et qui n’a jamais répondu ».

Le docteur Abdoul Aziz Kassé, a de son côté, annoncé un plan stratégique dès le mois de janvier pour servir de « modèle de prise en charge des albinos » avec des partenaires. D’après le très réputé cancérologue, le plan en question pourrait s’étendre sur trois, quatre à cinq ans et va privilégier tout un système d’enregistrement des albinos, une éducation, une formation professionnelle en vue de les aider à mieux se prendre en charge. Monsieur Kassé y travaille avec la Sonatel et Adama Kane, le fondateur de Jokko Santé, une application qui a fait de l’échange de médicaments, sa spécialité. Elle a remporté beaucoup de distinctions depuis son lancement. La dernière : La nomination par l’ONG américaine Ashoka de son fondateur comme membre de l’organisation qui est l’une des structures au monde qui rassemble le plus d’entrepreneurs sociaux. Cette distinction vaut à Adama Kane une bourse mensuelle de trois ans et qui est destinée à financer l’initiateur de Jokko Santé pour qu’il se consacre entièrement à son projet.

BAMBA DIOP TIRE LA SONNETTE D’ALARME

BAMBA DIOP TIRE LA SONNETTE D’ALARME

Ils dénoncent plusieurs agressions dont la marginalisation, la discrimination et la stigmatisation au sein de la société Sénégalaise.

En prélude de la journée mondiale dédiée aux albinos, prévue le 13 de ce mois, une conférence de presse a été organisée hier à Dakar par l’Association nationale des albinos du Sénégal (Anas). Elle dénonce plusieurs agressions dont la marginalisation, la discrimination et la stigmatisation au sein de la société Sénégalaise.

Ils ne sont certes pas tués et donnés en sacrifice comme ailleurs sur le continent africain, mais les albinos du Sénégal n’en dénoncent pas moins plusieurs maux. Ils se disent victimes de marginalisation, discrimination et exclusion. ‘’Nos droits sont bafoués’’, fulmine d’ailleurs Mouhamadou Bamba Diop, président de l’Association nationale des albinos du Sénégal. L’expert international en albinisme explique que, dans certaines familles au Sénégal, les membres isolent l’albinos malade de cancer ou qui a des plaies sur son corps.

Que dire de certaines croyances qui les exposent ? ’’Au Sénégal, on commercialise les cheveux d’albinos. Quand je me coiffe, je récupère tous mes cheveux, car je ne veux pas qu’on l’utilise à d’autres fins. Aussi nous sommes agressés.

Des jeunes subissent des tentatives d’enlèvement. D’autres sont victimes de meurtre’’, dénonce-t-il. Certains  guérisseurs, poursuit-il, recommandent à leurs clients de trouver des organes (langue, tête, doigt) d’albinos pour devenir riches.

Le président souligne aussi la question de l’insertion dans le milieu du travail et leur intégration dans la société. ‘’Dans notre association, on me signale que des membres, qui ont fini leur formation et ont déposé dans certaines sociétés ou entreprises, voient leurs dossiers rejetés ; ou même, ils ne sont pas reçus en entretien. Les gens ne veulent pas recruter des albinos’’, se désole-t-il. Trouver un stage leur est difficile. Aussi, Mouhamadou Bamba Diop remet-il en cause ’’la téranga sénégalaise’’.

‘’Très rare de voir un albinos vivre plus de 50 ans’’

Selon les chiffres livrés, 98% des enfants albinos font face à des obstacles liés à l’accès à l’éducation et à la santé. Ils sont souvent confrontés à des problèmes de vision et ont des taches sur la peau. ‘’On ne peut laisser mourir les albinos sans soins. C’est très rare de voir un albinos vivre plus de 50 ans, car ils ont des maladies comme le cancer de la peau et des infections. Une prise en charge couteuse fait qu’ils décèdent très tôt’’, dit-il.

Bamba Diop signale qu’il traine des séquelles du cancer, mais, grâce à des ONG étrangères, il se soigne gratuitement. Ses ordonnances peuvent aller de 150 000 F Cfa à 200 000 Cfa. Ainsi, il déplore un manque de médecins spécialisés du cancer de la peau. Il en appelle à la responsabilité de l’Etat pour leur venir en aide, pour au moins subventionner certains médicaments.

‘’Sur 10 catégories d’albinisme, 8 sont présentes au Sénégal’’

Au cours d’un voyage aux Etats-Unis, en 2000, Mouhamadou Bamba Diop dit avoir mené des recherches avec des scientifiques. Il a découvert qu’il y a dix catégories d’albinisme, dont les huit sont présentes au Sénégal. ‘’Cela nous a permis de contredire ceux qui disent que l’albinisme est une malédiction. Que les albinos sont porteurs de pouvoir surnaturel. Tout cela n’est pas fondé. La transmission de cette maladie se fait par gène’’, renseigne-t-il.

Selon ses révélations, le gène peut sauter 4 à 5 générations dans une famille.  ‘’Quand deux sujets se rencontrent et que chacun est porteur de gène de l’albinisme, c’est fort probable qu’ils aient un enfant albinos’’, révèle Bamba Diop. Selon lui, 30% de la population albinos sont analphabètes. Il demande un soutien favorable pour le financement d’activités génératrices de revenus.

Carte d’égalité des chances : des mendiants détenteurs crient leur ras-le-bol

«Une vie de misérables». C’est le titre qui barre la «Une» du journal EnQuête. Dans un dossier paru ce mercredi, nos confrères donnent la parole aux mendiants vivant avec un handicap.

Estimés à plus de 15% de la population, ces laissés pour comptes assis sur des fauteuils roulant pour les «mieux» lotis, sur des béquilles ou trainant sur les trottoirs de la capitale, mènent une vie de misère.

Et ce n’est pas la carte pour l’égalité des chances qui démentira nos confrères. En effet, si le président de la Fédération sénégalaise des associations des personnes vivant avec un handicap (Fsap), Yatma Fall pense que la cause des personnes vivant avec un handicap est en train de connaitre des avancées importantes», Mamoune Dia dit tout à fait le contraire.

Bénéficiaire de la carte d’égalité des chances, ce cinquantenaire habitant Rufisque, crie son ras-le-bol. «Je ne tire pas profit de ma carte d’égalité des chances», a-t-il alerté nos confrères sur la loi d’orientation sociale mise en place par le président Macky Sall. Pour lui, les personnes vivant avec un handicap ne sont véritablement prises en comptes par la nouvelle politique sanitaire de l’Etat.

«On ne s’y retrouve pas à 100% notamment dans la construction des infrastructures sanitaires», regrette Mamoune Dia, père de famille.

TOUBA – Les 274 handicapés de la Grande Mosquée dotés en chaises roulantes

Sous la conduite de Sokhna Binetou Ndao Seck, coordinatrice de «  Gnoun Marième Lagnou » du  nom de cette structure qui soutient Marième Faye Sall à Touba, une cérémonie solennelle de dotation en chaises roulantes a été déroulée dans la concession de Serigne Abdou Lahad Mbacké, vendredi. Une rencontre mise à profit par l’association pour rappeler leurs vieilles doléances relatives au retard accusé dans la généralisation de la carte d’égalité des chances. « Nous avons beau attendre. Les promesses qui nous avaient été faites dans ce sens n’ont pas été encore réalisées et nous souhaitons, par le canal de ce mouvement, inviter la première dame à nous apporter son aide », dira le porte-parole des femmes à mobilité réduites. Dans sa réponse, Sokhna Binetou Ndao Seck assurera de sa diligence. « Considérez ce matériel comme un début de collaboration entre Sokhna Marième Faye Sall et vous.  Nous avons pour ambition de répercuter ses actions de solidarité au niveau des associations qui regroupent les personnes handicapées mais aussi au niveau des couches défavorisées.  Vos doléances ne sont pas tombées dans l’oreille de sourds ».

La responsable politique de l’Apr de les inviter à aller s’inscrire massivement sur les listes électorales pour réélire le Président Macky Sall en 2019.

Carte d’égalité des chances

La directrice de la promotion et de la protection des groupes vulnérables, Coumba Wade, a remis lundi 202 cartes d’égalité des chances à la Fédération régionale des associations de personnes handicapées de Kaolack (centre).

Elle a évoqué les ’’difficultés’’ liées à la ’’collecte’’ des pièces constitutives des demandes de cartes d’égalité des chances.

Mme Wade estime que le nombre de demandes déposées par les personnes handicapées de la région de Kaolack est ’’acceptable’’ par rapport à ceux d’autres régions. ’’Et c’est pourquoi nous remettons à la région de Kaolack 202 cartes’’, a assuré Coumba Wade lors d’une réunion d’évaluation du Programme de la carte d’égalité des chances.

Les ’’difficultés’’ sont relatives au manque de pièces d’état civil pour certaines personnes handicapées, qui ne peuvent se déplacer vers les lieux de dépôt des dossiers, selon elle.

Le greffier Daouda Barro, président de la Fédération régionale des associations de personnes handicapées de Kaolack, s’est réjoui de la volonté du gouvernement d’aider cette catégorie sociale.

’’Les cartes mises à la disposition de la région de Kaolack seront distribuées aux ayants droit dans les plus brefs délais’’, a-t-il assuré.

La carte d’égalité des chances permet à son titulaire de bénéficier, selon le niveau de son handicap, d’une gratuité totale ou partielle de soins de santé, dans les structures sanitaires relevant de l’Etat.

Le gouvernement a prévu d’en distribuer 7.663 à des personnes handicapées. Pour le moment, 4.418 cartes sont déjà imprimées, selon Coumba Wade.