CHEIKH SADIBOU BÂ, UN HANDICAPÉ VISUEL À L’AASAUT DE L’HÉMICYCLE

Malvoyant depuis une dizaine d’années, Cheikh Sadibou Ba (51 ans), candidat malheureux aux dernières Locales, et tête de liste départementale majoritaire à Nioro, veut être porté à l’Assemblée nationale, le 31 juillet prochain

Son profil est assez particulier. Malvoyant depuis une dizaine d’années, Cheikh Sadibou Ba (51 ans), candidat malheureux aux dernières Locales, et tête de liste départementale majoritaire à Nioro, veut être porté à l’Assemblée nationale, le 31 juillet prochain.

Teint noir, taille imposante, lunettes claires bien ajustées avec une écharpe floquée à l’effigie de sa coalition autour du cou, rien n’indique que Cheikh Sadibou Ba alias ‘’Dibeuz’’ traîne un handicap. Très souriant, entouré de ses proches qui lui servent de guide avec ou sans l’aide d’une canne, l’homme de 51 ans a la particularité d’être un malvoyant, qui ambitionne d’être élu député au soir du 31 juillet prochain.

Né le 26 mai 1971 à Médina Sabah, au cœur du Saloum, il excellait dans l’enseignement, métier qu’il a d’ailleurs exercé pendant plusieurs années. Mais, il sera frappé par une cécité qui le conduira à une perte totale de la vue, 10 ans plus tard.

Sur les causes de cette maladie inattendue, l’ancien soldat de la craie et pur produit du mouvement ‘’navetaan’’ évoque des croyances mystiques. Toutefois, il refuse toujours d’y croire. « Certains l’avaient assimilé à une école que j’avais décidé de diriger au moment où personne n’en voulait parce que des croyances mystiques avaient, trente ans auparavant, fait de sorte qu’elle a été fermée. Alors que moi j’ai la foi. Je sais que ce qui m’est arrivé, c’est la volonté divine », se rappelle-t-il.

Reconversion professionnelle

Véritable « cartésien », Cheikh Sadibou Ba rassure que cet état est loin de marquer la fin de sa vie active au sein de la communauté. Ce handicap, il le prend avec philosophie. D’ailleurs, il a fait une reconversion professionnelle pour devenir assistant de direction.
« J’ai été évacué en France pour un traitement, j’ai eu des interventions chirurgicales poussées mais quand je suis devenu complètement aveugle, j’ai été formé pour devenir assistant de direction. Je maîtrise l’outil informatique et les techniques de communication par rapport à l’écriture », confie-t-il, jurant qu’il sait tenir le calendrier et le planning de n’importe quel directeur de société, de n’importe quel ministre.

Candidat malheureux (sorti deuxième) lors des dernières élections locales dans la commune de Médina Sabah, le leader du mouvement ‘’sam sa momeel’’ ne compte jamais abdiquer, même s’ il regrette le choix de ses concitoyens.
« Ma commune a raté véritablement l’histoire parce qu’avec moi, ils pouvaient étonner le monde, ils pouvaient attirer les servies des Nations unies, de l’Unesco, et de tous les organismes qui s’occupent d’inclusion, parce que ce n’est pas fréquent de voir un maire aveugle », confie « Dibeuz », qui soutient, qu’il pouvait être parmi les meilleurs maires du Sénégal malgré la cécité.

Aujourd’hui, il a affûté ses armes politiques sous la bannière de la coalition « Bunt bi ». Son objectif : être un député modèle. « Je veux représenter dignement le département de Nioro et tous les Sénégalais au sein de l’Hémicycle, j’ai passé ma vie à défendre l’être humain », dit-il au « Soleil ».

« Ne pas se cacher derrière le handicap » 

Aux handicapés du pays, il lance un appel : « Il faut qu’ils se battent, qu’ils sachent que ce n’est pas facile, c’est à eux de prouver qu’il ne faut pas se cacher derrière le handicap pour, soit se victimiser, soit essayer d’attirer la pitié des populations. Mais, il faut être à la hauteur ». Il pense, tout de même, que la discrimination positive est nécessaire et l’Etat doit en prendre la responsabilité. « Il faut que les partis politiques arrêtent la théorie par rapport à l’inclusion et foncent vers le factuel, la pratique, en mettant en avant ceux qui vivent avec un handicap », plaide-t-il, rappelant qu’il y a, dans la société, des handicapés talentueux qui méritent d’être soutenus pour mettre en œuvre leur talent.

Marié et père de 6 enfants. Parmi eux, les trois dont il n’a jamais vu le visage. Mais Ba ne se plaint pas. « Je pourrais vous décrire physiquement comment ils sont », dit-il, le sourire aux lèvres.

Politique sociale : Les personnes handicapées « déchirent » la RAC 2019 et parlent de diffusion de fausses données

En marge de l’atelier technique de validation de la revue annuelle conjointe pour l’année 2019, l’évolution de la politique économique et sociale du Sénégal a été à l’ordre du jour. Toutes les parties prenantes ont formulé, chacune en ce qui la concerne, des observations sur l’exercice de l’année civile 2018.  Ledit rapport a tout aussi reçu des amendements par les représentants des personnes handicapées. Yatma Fall qui est le président de la fédération sénégalaise des associations de personnes handicapées, ne cache pas du tout sa déception en jetant un coup d’œil à cette revue périodique.  « Il y a eu beaucoup de confusions et de fausses données. Cela fausse le jeu dans ce sens que  le  rapport devrait  aider les décideurs à avoir les bonnes informations pour pouvoir intervenir », se désole-t-il. 

À l’en croire, on ne peut envisager l’émergence du Sénégal tout en ignorant les personnes souffrant de handicaps. « On doit mener une politique inclusive », martèle le président de la Fsaph. 

Dans le même registre, Yatma Fall marque toute sa désolation de constater qu’au Sénégal seul 50.000 cartes d’égalité des chances ont été produites sur une cible estimée à 5,9%, soit un million de personnes au moins, conformément aux données de l’Agence nationale de la statistique et de la démographie.   

« Quand est-ce qu’on va résorber ce gab ? En 2019, aucune carte n’a été produite », fustige-t-il. 

S’agissant de l’éducation, le même constat qui a été fait sur le volet social  ressurgit. Yatma Fall regrette que  l’exclusion sociale continue de prévaloir au niveau du système scolaire. 

« Nos écoles, nos centres de formation n’ont pas été préparés à prendre en charge des apprenants handicapés. Les enseignants n‘ont pas aussi été préparés dans leur curricula de formation. Le matériel didactique utilisé à l’école également n’est pas toujours adapté aux handicapés ». 

Autant de manquements graves qui, selon le président de la Fsaph, ne seront pas prises en compte dans les mesures correctives. « Les mesures de correction vont occulter nos recommandations comme celle relatives  à la mise en œuvre effective de la loi d’orientation sociale. Pour que les décideurs puissent savoir où orienter leurs actions, il faut partager les bonnes informations ». 

Inclusion, Etat et RépubliqueInclusion, Etat et République

Evidemment, l’inclusion est un ensemble de pragmatiques méthodes actives et un performant réseau dynamique de bonnes pratiques exemplaires qui, malgré toutes leurs particularités et spécificités, rassemblent des personnes autour d’une cause noble à défendre appelée cause commune. Tout de même, l’inclusion est aussi une perpétuelle animation institutionnelle et organisationnelle de procédures techniques ainsi qu’une éternelle harmonisation constructive et productive de processus scientifiques qui, malgré toutes leurs différences et divergences, réunissent des gens autour d’un but essentiel à atteindre appelé but commun.
Par conséquent, au Sénégal, relativement à la valorisation socioprofessionnelle et à la promotion humaine du handicap ainsi qu’à la prise en charge socioéconomique et médicaux-psychologique de la vulnérabilité, se distinguent très facilement quatre axes ou domaines d’inclusion que sont : l’inclusion scolaire, l’inclusion sociale, l’inclusion universitaire et l’inclusion professionnelle.
Naturellement, en se référant à l’histoire et à la véracité des faits contemporains, la seule solution réelle efficacement pertinente à tout problème de toute personne en situation de handicap et/ou en situation de vulnérabilité demeure l’inclusion à laquelle le leadership de la personne handicapée elle-même reste toujours encore bien précieusement très indispensable. En conséquence, désormais au Sénégal, pour rétablir tous les handicapés du pays dans leurs droits sociaux et professionnels, pour éradiquer toute forme d’injustice et de discrimination négative dont subissent les agents handicapés en milieu public socioprofessionnel du fait de leurs types de handicap, il est obligatoirement urgent que l’Etat et la République fassent de l’inclusion qui prend en compte et en charge aussi bien le handicap que le vulnérabilité, un véritable fait politique et administratif qui, systématiquement, se met en œuvre de manière sérieusement permanente.
Scientifiquement, la République du Sénégal est le gouvernement du Peuple sénégalais, par le Peuple sénégalais, pour le Peuple sénégalais. Or, étant donné que les personnes en situation de handicap et/ou en situation de vulnérabilité font bien partie du Peuple sénégalais, la République ne doit désormais plus tolérer que tout ce qui est relatif à l’inclusion, au handicap ou à la vulnérabilité se coordonne et se gère en Service publique sans y associer les handicapés experts ou spécialistes, car tout ce qui se fait en service public pour les handicapés et sans les handicapés, surtout visuels titulaires de diplômes et de compétences, se fait non seulement contre toutes les personnes handicapées et contre l’inclusion, mais également contre l’équité en anéantissant tout principe d’intérêt général et d’utilité publique, régissant le mythe ou la sacralité de l’Administration publique sénégalaise. C’est pourquoi désormais, la République qui se veut très juste et très équitable, ensuite qui a en même temps le sacré devoir institutionnel de responsabiliser les handicapés visuels dans les projets d’inclusion, puis qui a simultanément la sérieuse obligation morale de valoriser tout agent handicapé dans les programmes d’inclusion et de promouvoir les agents handicapés dans les services gérant l’inclusion ou la vulnérabilité, reste encore urgemment bien priée d’opérationnaliser ce sacré devoir et cette sérieuse obligation parce que les agents handicapés visuels en ont vitalement besoin dans l’Administration publique sénégalaise.
Techniquement, l’Etat sénégalais est la rigoureuse expression de la réelle volonté générale des populations sénégalaises. En fait, la réelle volonté toujours exprimée avec abnégation par les personnes handicapées est la pleine jouissance de leurs droits socioprofessionnels, tout en bénéficiant humainement d’une considération sociale en société sénégalaise, d’une considération politique en milieu politique ou d’une considération professionnelle en service public. Raison pour laquelle l’Etat, qui se veut très républicain et qui a la pleine responsabilité de valoriser toute personne handicapée, est urgemment demandé de matérialiser cette valorisation, car jusque-là au Sénégal, les handicapés visuels, malgré leur profit et leur engagement, n’ont jamais eu une promotion en service public, une valorisation au sein de l’Etat ou un poste de responsabilité au sein de la République.
Pratiquement, les ennemies de l’inclusion du handicap en milieu professionnel et de l’inclusion de la vulnérabilité en milieu social deviennent soit ceux qui conçoivent pour les handicapés sans les handicapés experts, demeurent soit ceux qui planifient pour les handicapés sans les handicapés spécialistes, restent soit ceux qui réfléchissent au nom ou à la place des handicapés sans les handicapés connaisseurs, semblent surtout ceux qui, pour légitimer leurs actions ou leurs activités, invitent les handicapés afin de vouloir les réduire à des simples figurants. Alors ceux-là, d’une manière ou d’une autre, à travers leurs actes, se servent regrettablement des handicapés, mais ne servent malheureusement jamais les handicapés.
Concrètement, afin qu’il ne puisse y avoir aucun ennemie de l’inclusion en société sénégalaise et surtout en service public utilisateur, l’Etat et la République doivent désormais rendre obligatoirement l’inclusion à n’importe quel agent handicapé ayant de l’expertise ou de la spécialité, ou bien tout simplement la confier impérativement aux handicapés visuels titulaires de diplômes et de compétences.

Madiagne FALL 
Handicapé visuel en service 
au ministère de l’Education nationale

Lettre ouverte à son excellence Monsieur Macky Sall président de la République du Sénégal

Monsieur le Président de la République , je vous adresse cette  lettre pour vous assurer de l’intérêt tout particulier que nous, personnes vivant avec un handicap accordons au dialogue national.

Le dernier recensement général de la population et de l’habitat nous crédite de 6% environ de la population. En effet ,nous sommes  900 mille atteints par le handicap, avec nos parents et descendants obligatoirement affectés par ce handicap. 

Derrière chacun d’entre nous une histoire de vie, plus tragique que rayonnante du fait des multiples problèmes auxquels nous sommes confrontés. 

Et pourtant notre lutte pour les Droits Economiques Sociaux et Culturels remonte à des décennies mais hélas les solutions arrivent en mode   «  Very Slow Track. » Jugez-en  

1992 les associations de personnes handicapées posaient la nécessité d’une loi d’orientation sociale pour la promotion et la protection de leurs Droits Economiques, Sociaux et Culturels. C’était lors de  rencontres avec la Direction de l’Action Sociale, autour de Madame Sèye et de ses collaborateurs dont Monsieurr Coly, chef de la division des handicapés. La division qui avait en charge la solution à nos problèmes était alors logée en centre-ville, au deuxième étage d’un immeuble vétuste et sans ascenseur, qui a valu à plusieurs d’entre nous des chutes mémorables,  en tentant vaille que vaille de gravir les escaliers extrêmement raides. 

2001  Tenue d’un conseil interministériel sur le handicap et la nécessité d’élaboration et d’adoption d’une loi d’orientation sociale que tous les acteurs de la lutte pour la transformation qualitative des conditions des personnes vivant avec un handicap attendaient de tous leurs vœux et l’avaient exprimé lors de différentes rencontres. 

2010 Adoption de la loi d’orientation 2010 -15 du 6 juillet 2010 relative à la promotion des droits des personnes handicapées.

2012 Annonce de la signature du premier décret d’application de la loi d’orientation sociale, sur une dizaine attendue.

2014 Mise en place des commissions départementales chargées d’instruire les demandes de cartes d’égalité des chances 

Février 2018    Tenue d’un Conseil Interministériel  portant entre autres sur l’urgence à adopter un programme de réadaptation à base communautaire.

1992 /2018  soit plus de vingt-cinq années pour arriver à mettre en place une architecture institutionnelle pour la prise en charge des besoins essentiels des personnes handicapées. Ce n’est certainement pas ce qu’on peut considérer comme du « fast track »

Et pourtant des drames individuels sont vécus dans l’anonymat ou le dénuement complet. Combien de valeureux acteurs de la lutte s’en sont allés ? Bamba N’Diaye, Mamadou Wane, Youssou Diallo, Gatta Ba, Khady Guèye de Mbour, pour ne citer que ceux là. Mais certains de leurs amis sont encore debout pour continuer le combat et d’autres plus jeunes les ont rejoints car les problèmes sont loin d’être réglés et les défis toujours exaltants à relever. 

Toutes ces dates étaient supposées induire un mieux-être dans la vie des personnes handicapées, étape par étape. 

Comme le disait fort justement Madame Awa Marie Coll Seck ministre de la santé, « la loi d’orientation sociale constitue un cadre de référence de notre dispositif institutionnel en matière de prise en charge et d’intégration des personnes handicapées dans notre société » 

Dès l’article premier le législateur donne le ton en affirmant sans ambages que « la présente loi vise à garantir l’égalité des chances des personnes handicapées ainsi que la promotion et la protection de leurs droits contre toutes formes de discrimination »

Dès lors, tous les espoirs étaient permis pour les personnes vivant avec un handicap surtout au vu des domaines visités par la loi. Hélas depuis, l’euphorie commence à céder la place au désenchantement tant la mise en œuvre des programmes qui sous tendent la loi est d’une lenteur désespérante.

Pour s’en convaincre il suffit de passer en revue les domaines visités par la loi et de faire l’inventaire des réalisations. 

         Le droit d’accès aux soins de santé, les actions sociales et la prévention 

Les associations de personnes handicapées, toutes catégories confondues, ont fait de ce point la porte d’entrée de  toute politique visant à promouvoir l’égalité des chances. Dès qu’apparaît le handicap se pose la redoutable question de la prise en charge sanitaire, de l’appareillage entre autres. S’il est vrai que des maladies sont éradiquées ou en voie de l’être comme la polio ou la lèpre, d’autres tout aussi handicapantes font des ravages dans notre pays.il suffit de voir les séquelles de maladies cardiovasculaires, neurologiques du diabète par exemple. Les accidents du travail, de la circulation voire domestiques constituent des causes de handicap souvent très lourds. Ceci engendre des coûts de prise en charge élevés sans compter la perte de productivité qui en découle. De quoi initier des politiques agressives en matière de prévention. Or sur ce plan, comme sur le Droit d’accès aux soins, nul changement majeur n’est noté depuis l’adoption de la loi. La preuve la plus palpable réside dans les coûts toujours exorbitants des appareils, orthèses ou prothèses, l’indisponibilité des crèmes solaires pour les albinos, point n’est besoin d’être exhaustif. Les accidents de la circulation se multiplient, mais avec toujours une insuffisance notoire  de suivi et de permanence dans les politiques de prévention. 

La carte d’égalité des chances devait être un moyen de lutte contre les inégalités. Elle doit surtout permettre l’amélioration de  l’accès des personnes handicapées aux services sociaux de base comme la C.M.U.  La lenteur de distribution de telles cartes est exaspérante et va surtout à l’encontre de votre  volonté,  Mr le Président de la République, vous qui avez   tenu à présider personnellement la cérémonie de lancement. Toute personne bénéficiaire de la carte devrait automatiquement avoir la bourse de sécurité  familiale. C’était votre souhait, vous l’avez dit avec toute la solennité requise.  A ce jour, des milliers de personnes handicapées détentrices de la carte d’égalité n’y ont pas droit.  Alors,  négligence dans l’application des directives du Chef de l’Etat, ignorance ou mépris des dispositions de la loi ou alors sabotage pur et simple ? A moins que ce ne soit le « slow track » qui continue inexorablement.

L’éducation, la formation professionnelle et l’emploi

L’éducation est un droit garanti par la Constitution. Elle est gratuite, dans les textes, assurément. Mais la réalité révèle,  au quotidien,  que les mesures d’ordre public ne règlent pas toujours les problèmes spécifiques. Où va étudier le jeune handicapé visuel né à Kolda ou Bandafassy si l’on sait que le centre d’éducation qui lui est accessible se trouve à Thiès ? Les enfants déficients intellectuels, en dehors du CIFDI de grand Yoff doivent débourser des montants dissuasifs pour la plupart pour avoir le droit d’étudier. Une belle entorse au principe de gratuité et surtout d’égalité des chances. Aucune bourse, aucune allocation n’est offerte à ces enfants et pourtant comme le disait notre regrettée sœur Maitre Aminata M’Baye fondatrice de ASSEDEM « Dom Domla »

L’éducation inclusive qui fixe l’enfant handicapé en milieu ordinaire, dans les écoles de son quartier ou de son village est toujours en phase expérimentale, malgré toutes les études menées et l’incroyable ressource que constituent les enseignants déjà formés à cet effet. 

Faute d’accès à l’éducation, l’enfant handicapé peut difficilement faire valoir son droit  à la formation professionnelle. Le niveau d’instruction requis pour entrer dans les centres de formation de l’Etat exclut de fait bien des personnes atteintes de déficience. Il s’y ajoute les barrières architecturales, sans parler des préjugés. 

Sans diplôme, sans métier, comment le jeune sénégalais handicapé peut il prétendre à un emploi  décent? 

Il est vrai que 15% des emplois dans la Fonction Publique nous sont réservés, mais quid de la réalité ? Quelles sont les mesures pratiques et concrètes prises dans ce sens ? Quel est l’organe qui pilote ce dossier pour en faire une réalité ? 

l’accessibilité, l’habitat, le cadre de vie et l’accès à la terre

Les barrières architecturales constituent un cauchemar pour les personnes à mobilité réduite. C’était le cas en 1992 et avant, c’est encore d’actualité de nos jours. Rares sont les bâtiments publics qui respectent les normes en matière d’accessibilité. 

En matière d’habitat et d’accès à la terre, les personnes vivant avec un handicap sont, pour l’écrasante majorité dans une précarité endémique. Comment s’en étonner lorsqu’on sait qu’elles sont sous scolarisées, très peu qualifiées et plus atteintes par le chômage que le sénégalais lambda ? Ainsi le droit au logement est pour le moment presque chimérique si toutes choses restent égales. Comment constituer un apport, faire face à des mensualités si l’on n’a pour dénominateur commun que  l’absence de revenus fixes ?  

Droit aux sports, loisirs, art et culture

Les personnes handicapées du Sénégal ont fini de montrer leurs capacités en ces matières. Le Sénégal, en la personne de Youssoupha Diouf, a remporté  la médaille d’or de lancer de javelot aux Jeux Africains de Brazzaville, record d’Afrique à la clef. Des efforts importants ont été faits pour faire du droit au sport une réalité. Néanmoins les politiques publiques ne tiennent pas compte de la spécificité du sport pour personnes handicapées. Les centres d’éducation spécialisés n’ont pas d’infrastructures sportives, encore moins de professeurs d’éducation physique. Le matériel du sportif handicapé est d’un coût prohibitif. La pratique, bien évidemment, s’en ressent. 

Il n’y a pas de politique culturelle  visant spécifiquement les personnes handicapées. 

L’écrasante majorité des lieux de loisirs est inaccessible, ce qui veut dire en langage clair que les handicapés n’y sont pas attendus.   

Qui peut oser dire que les handicapés ont des chances égales à celles des valides dans le Sénégal d’aujourd’hui ? Qui peut oser dire que l’Etat, les Sociétés du secteur privé, la Société Civile, les Mécènes ont fait leur part du job pour que l’objectif soit atteint ? Il nous faut admettre que seule l’implication de tous les secteurs de la Nation peut garantir l’efficacité des politiques publiques en matière de handicap. Au-delà des Droits, l’Egalité des Chances ressortit de la Solidarité Nationale. 

 Mais l’efficience nécessite une prise en charge spécifique. 

La tutelle des personnes handicapées change au gré des remaniements ministériels sans que les problèmes rencontrés ne trouvent de solutions durables.  Il ne saurait en être autrement vu leur caractère transversal. Les domaines touchant le handicap sont multiples et variés, leur solution dépendant de plusieurs ministères sans aucune structure de contrôle et de coordination. 

C’est la raison pour laquelle l’article 48 de la loi d’orientation sociale   dispose « Il est créé à la Présidence de la République une Haute Autorité chargée de la promotion et de la protection des Droits des Personnes Handicapées, ayant pour objectif d’appuyer les efforts de l’Etat dans l’élaboration des politiques nationales et les stratégies sectorielles dans tous les domaines touchant le handicap. » 

La Haute Autorité n’est pas un luxe, ce n’est pas une structure de plus ni une structure parmi tant d’autres. Elle ne dépouille pas le ministère en charge du handicap de ses prérogatives régaliennes. Elle peut faire avancer la politique de promotion et de protection des personnes handicapées car ce sera sa seule raison d’exister. En tous lieux et tous temps la Haute Autorité aura une force d’interpellation de tout acteur ayant la moindre responsabilité dans ce domaine. Elle tirera surtout sa légitimité et ses prérogatives de vous-mêmes Mr le Président. Elle vous rendra compte directement. L’enjeu vaut bien que vous l’installiez pour juger des résultats et de l’avancée de la cause. 

A l’examen des problèmes prioritaires déclinés depuis longtemps par les associations de personnes handicapées, force est de reconnaitre que nous sommes très loin  du fast trak dans la réalisation des D.E.S.C. des personnes vivant avec un handicap. Le dialogue national, auquel il vous plaira certainement nous convier, permettra de marquer une étape nouvelle dans la matérialisation des mesures pratiques qui feront bouger les lignes. Nous remettons notre sort entre vos mains. Avec beaucoup d’espoir !

Santi Sène HAGNE

Député Maire

Président de la Fédération Nationale Paralympique Handisports

Membre du Bureau de la F.S.A.P.H.

Coordinateur du Mouvement « FORCES EN ROUTE »

Dakar le 13 /05/2019

Accessibilité des centres de vote, manque d’information: Les personnes handicapées listent les impairs de la Présidentielle

La fédération sénégalaise des personnes handicapés (Fsaph) a fait le point sur la mission d’observation pour l’inclusion sociale lors de l’élection présidentielle du 24 février 2019. Elle a relevé beaucoup d’obstacles physiques, un manque d’information et une absence de logistique, empêchant certaines personnes handicapées d’accomplir leur droit de vote.

Les personnes handicapées ont encore éprouvé des difficultés pour accéder aux alentours, dans les centres de vote est même à l’intérieur des bureaux de vote. « Essentiellement, ce sont des écoles abritent les centre de vote et la majeure partie est sablonneuse. Ce qui ne qui ne facilite pas la mobilité des personnes handicapées » , déplore Yatma FALL, Président de la Fédération Sénégalaise des Associations de Personnes Handicapées.
Il souligne aussi que lors des de la campagne électorale, il n’y pas eu d’interprètes en langue de signes. Une situation regrettable qui ne favorise pas le choix de l’offre politique, surtout chez les malentendants. Il en est de même pour les malvoyants qui n’avaient pas eu la chance d’avoir des bulletins en braille. Il est vrai que l’article 80 du code électorale permet à ces personnes de se faire assister par un accompagnant, « mais ce même article viole le secret de vote », constate M. Fall. Pis, relève-t-il, le vote de la personne aveugle «peut être trahi par l’accompagnant» . Autant d’entraves qui, selon Yatma FALL, portent atteinte aux droits de la personne handicapée.

Pourtant, ce n’est pas la première fois que la Fsaph organise une mission d’observation d’inclusion sociale pour une élection. Lors des élections législatives passées, elle avait soulevé les mêmes complaintes. Mieux, elle avait formulé des recommandations qui, selon Yatma FALL, sont restées sans suite. C’est comme si nous sommes en train de regresser, s’étonne-t-il.

Mais la Fsaph ne désespère pas . Elle compte déposer encore un rapport d’ici un mois.
Cette fois-ci, elle préfère le remettre en main propre au ministre de l’intérieur avec toutes les difficultés rencontrées et les recommandations.

La Fsaph pense déjà aux élections locales et envisage d’expérimenter  des bureaux-test, accessible dans les 6000 bureaux de votre que compte notre pays. Ces bureaux seront équipés de lunettes intelligentes pour les malvoyants. « Une astuce qui va permettre aux personnes aveugles de voter pour le candidat de leur choix sans se faire assister », indique le président de la Fsaph. Et Khady Ba de l’Ong Signtsavers de demander à l’autorité déjà présente de prendre toutes les mesures nécessaires  pour la réalisation de ce dispositif.

La Fsaph déroule ces activités dans le cadre du projet participation politique et citoyenne des personnes handicapées qui est dans la troisième année. La mission a sillonné  tout le territoire qu’elle a divisé en 4 pôles avec les régions de l’Ouest, du Nord, du Centre, de l’Est et du Sud. Elle a interrogé 150 personnes handicapées.

’’IDY2019’’ S’ENGAGE À PRENDRE EN COMPTE LES PRÉOCCUPATIONS DES PERSONNES VIVANT AVEC UN HANDICAP

Le porte-parole du candidat Idrissa Seck à la présidentielle du 24 février, Abdourahmane Diouf, assure de l’engagement des partis de la coalition ’’Idy2019’’ à prendre en compte, une fois au pouvoir, les préoccupations de la Fédération sénégalaise des associations de personnes handicapées (FSAPH) relativement à une meilleure prise en charge du handicap.
« Notre leader Idrissa Seck a clairement écrit dans son programme que lorsque les Sénégalais nous ferons confiance, il s’engage à prendre en compte » les préoccupations des personnes vivant avec un handicap, a-t-il déclaré.
Abdourahmane Diouf, au nom de son candidat Idrissa Seck, a signé mercredi le document d’engagement de la Fédération sénégalaise des associations de personnes handicapées « pour une meilleure prise en compte du handicap dans les différents programmes proposés » par les candidats à la présidentielle.
Abdourahmane Diouf rappelle que les personnes vivant avec un handicap « sont éligibles aux différents concours nationaux et peuvent travailler dans la fonction publique’’.
Dans ce cadre, le leader de la coalition ’’Idy2019’’ veut promouvoir une « inégalité juste, parce que les personnes en situation de handicap ce sont des individus normaux qui ont le droit de vivre comme tout le monde ».
« Si le droit de beaucoup de personnes handicapées est bafoué, c’est parce que la partie concernant la politique du droit des handicapés n’est pas prise en compte », a de son côté fait observer Yatma Fall, président de la Fédération sénégalaise des associations de personnes handicapées, structure regroupant 29 organisations.
Il réclame donc des « programmes inclusifs » prenant en compte les préoccupations des handicapés, estimant que tout un chacun a un rôle à jouer dans l’amélioration des conditions d’existence des personnes handicapées.
« Nous voulons que tous les acteurs de la vie politique et de la société civile soient impliqués dans le processus qui garantit aux personnes handicapées une accessibilité dans les lieux de vote », a-t-il par ailleurs fait valoir.
Or, selon des statistiques officielles, les personnes handicapées représentent 15,5% des quelque 15 millions de Sénégalais, a indiqué M. Fall.
« Nous avons déjà reçu 7 des candidats déclarés à la candidature avant le parrainage, et sur les 5 candidats en lice, 2 ont déjà signé’’ avant Idrissa Seck, à savoir le président sortant et le candidat du Parti de l’unité et du rassemblement (PUR), El Hadj Sall dit El Hadj Issa Sall, en attendant Madické Niang et Ousmane Sonko, a-t-il fait savoir.
Le président de la Fédération sénégalaise des associations de personnes handicapées affirme que le parti Rewmi du candidat Idrissa Seck est la seule formation ayant inclu dans ses propositions « un programme spécifique et un engagement clair à appuyer la FSAPH ».

Prise en compte du handicap : Mimi signe le document d’engagement du FSAPH

Dans le cadre de l’accueil des candidats à l’élection présidentielle du 24 février prochain, la Fédération sénégalaise des associations de personnes handicapées (FSAPH), en vue d’une meilleure prise en compte du handicap dans les différents programmes proposés, reçoit l’ancienne Première Aminata Touré. L’envoyée spéciale du président de la République va procéder à la signature officielle du document d’engagement de la FSAPH, pour le compte de la coalition Benno Bokk Yakaar, ce mercredi 30 janvier 2019 à partir de 15 h 30 à la Maison de la Presse, en présence de l’ensemble des organisations de personnes handicapées du Sénégal, renseigne un document de presse reçu à Seneweb.

Cette signature, indique le texte, intervient après le passage de Abdoul Mbaye, Issa Sall, Pape Diop, Pierre Goudiaby Atepa et des représentants de Khalifa Sall et de Karim Wade.

SMIC, retraites, handicapés, corps de métiers, … : Madické Niang au coeur des préoccupations pour son dernier meeting

Madické termine en apothéose sa campagne électorale pour ces élections présidentielles de 2019. Rendez-vous était donné aujourd’hui, dans le mythique stade Alassane Djigo, le candidat de la coalition Madické 2019 aura marqué cette fin de campagne par une préoccupation certaine aux conditions de vies des sénégalais.

C’est un Madické Niang des grands jours qui s’est présenté aujourd’hui au stade Alassane Djigo de Pikine. Au terme de son dernier Meeting pour la campagne présidentielle, le candidat rassure sur sa victoire :« ce n’est pas la peine de continuer, donnez moi la présidence car je serai le président au soir du 24 inchalah», avant de rentrer dans le fond de ses propositions.

Dans sa déclaration, le candidat a parcouru son programme en passant par l’éducation, la santé, l’emploi des jeunes, les usines de transformations entre autres. Le candidat de la coalition Madické 2019 décide de prendre en charge les familles des militaires retraités, blessés ou disparus, mais aussi, sans oublier la nécessaire prise en charges des handicapés, les oubliés de plusieurs régimes.

Madické Niang n’a pas pour autant oublié la banlieue dakaroise, lieu qu’il a choisi pour clôturer sa campagne. Une dotation de 500 Millions est promise : « Une fois à la tête du pays je vais moderniser la banlieue en terme d’infrastructures, en construisant des écoles, des universités de métier. La jeunesse sera aussi prise en considération en leur permettant d’avoir une bonne formation et aussi un emploi pour les faire sortir de la pauvreté », promet t-il. Dans ce cadre, l’augmentation du SMIC -salaire minimum- était au coeur de son discours de ce jour, « un coup de pousse est nécessaire et s’impose pour améliorer le niveau de vie des sénégalais« , finira t-il.

Jeunes, enfants, mères et handicapés : Les ambitions de Sonko pour les couches vulnérables

Après Tamba et Kédougou les  vendredi et samedi derniers,  Ousmane Sonko et sa délégation ont fait cap sur Koumpentoum, hier. Arrivés tard dans la nuit du samedi au dimanche, ils ont fait une caravane avant d’effectuer un long déplacement vers le nord du Sénégal.

Le candidat du Pastef,Ousmane Sonko cible d’abord les jeunes, les enfants et les personnes handicapées dans le cadre de son programme de campagne. Pour les jeunes, le patriote en chef estime qu’il faut s’attaquer au système éducatif. Si les Sénégalais lui accordent leur confiance, il promet d’améliorer la qualité de l’enseignement par trois leviers : la revalorisation de la condition des enseignants, le renforcement des langues nationales, l’introduction de l’anglais dès le primaire, la prise en charge des enfants de la rue…Ousmane Sonko ne s’en limite pas là. Il promet, en outre, de revoir la carte universitaire. Jugeant l’inacceptable qu’en ce XXIe siècle, la majeur partie des régions n’aient pas d’universités publiques ».Pour Sonko, il s’agit de mettre en adéquation l’offre  de formation et le monde de l’emploi. En ce qui concerne la femme et l’enfant, le leader de Pastef regrette l’injustice contre ces couches vulnérables, rapporte le journal Enquête. Il propose l’allongement du congé de maternité à 6 mois ainsi que la construction de crèches modernes pour leur permettre de s’accomplir, aussi bien d’un point de vue maternel que d’un point de vue professionnel. Dans la même veine, il a suggéré que les enfants des femmes décédées bénéficient de pensions…

Consultations avec les potentiels candidats à la présidentielle de 2019 : Les personnes handicapées veulent être au cœur des programmes électoraux.

Les personnes handicapées veulent une prise en compte de leur préoccupations et besoin spécifiques dans les programmes électoraux. Pour ce faire, elles ont organisé des séances d’audition avec les candidats à la présidentielle.
Il n’est pas question d’oublier les handicapées dans les programmes des potentiels candidats à la prochaine présidentielle. La fédération Sénégalaise des associations de personnes handicapées du Sénégal ( FSAPH) organise à cet effet des consultations avec leaders politiques. Après avoir reçu Omar SARR du PDS, les plénipotentiaires du candidat Khalifa SALL, Abdoul MBAYE, entre autres, samedi, l’association a exposé ses doléances à Pierre GOUDIABY Atépa. Son président, Yatma FALL, soutient que très souvent les politiques oublient les préoccupations et besoins spécifiques des personnes handicapées dans les politiques et programmes publics. « Nous saluons le train express régional, mais est ce q que le handicap a été pris en compte dans la réalisation de ces infrastructures que les personnes handicapées utilisent », s’interroge M. FALL.
Astou SARR, directrice des programmes à Sightsavers, partenaire de la FSAPH dans ce projet, évoque le caractère non inclusif des bureaux de vote. « Comment est-ce qu’on peut aménager des bureaux de vote en hauteur, alors qu’on a 15% de handicapés dans sa population », se demande-t-elle. Elle estime également que pour plus d’inclusion, l’Etat devrait solliciter les services d’un interprète pour la diffusion des programmes de campagne. Une façon pour elle de ne laisser personne en rade et de permettre à tout le monde, quel que soit son handicap, de pouvoir participer à l’élection de 2019.

Le candidat Sénégal REK, se dit très concerné par ces questions «  je suis architecte et nous manquons de vigilance dans la conception de nos infrastructures et oublions souvent le handicap. Ce n’est pas normal », admet Pierre Goudiaby Atépa. Pour lui, les « villes intelligents » n’excluent personne. Il a ainsi promis des emplois aux jeunes handicapés, soulignant qu’« avec les technologies de l’information et de la communication, on peut créer des milliers d’emploi pour ces personnes, car ce genre d’emplois ne nécessite pas des capacités physiques »