Sénégal : un Mauritanien rallie Nouakchott à Dakar en fauteuil roulant

ALAKHBAR (Nouakchott) – Paris réussi pour le handicapé moteur mauritanien. En fauteuil roulant, Sidaty Aidara (Photo), 45 ans, a parcouru les 585 Km entre Nouakchott, la capitale mauritanienne et Dakar, la capitale sénégalaise.

Le champion d’Afrique en Hadi-basket et joueur de tennis de table n’est pas à son premier exploit. En fauteuil roulant, il a parcouru, deux fois, Rosso-Nouakchott (205 Km) en équipe et en solitaire.

Neuf (9) jours c’est le temps qu’il a fallu pour que Sidati – qui avait quitté Nouakchott lundi 4 décembre 2017 –  arrive à Dakar. « J’ai bravé le soleil, le vent, la fraîcheur, etc. mais je suis ravi d’avoir réalisé mon objectif« , a-t-il affirmé à Alakhbar.

Sidati Aïdara s’était équipé d’un casque de moto, des lunettes de soleil, d’un turban, des roues de secours « et surtout des drapeaux mauritanien et sénégalais. Pour moi, indique-t-il, la Mauritanie et le Sénégal sont deux pays mais un seul peuple, lié par la parenté, l’histoire et par la géographie», 

« Ce qui m’a plus marqué durant toutes les étapes, ce sont ces handicapés et d’autres personnes qui venaient m’accueillir et m’encourager. J’ai rencontré aussi plusieurs journalistes. Je remercie d’ailleurs mon doyen: le célèbre journaliste et comédien sénégalais Golbert Diagne »

Cette fois, Sidaty Aidara a pris la destination de Dakar pour « rendre hommage à la vedette de la musique sénégalaise et leader du groupe « Super étoile de Dakar ». Avec Youssou Ndour j’ai beaucoup de similitudes. C’est un self made man qui aime son pays mais en même temps un panafricaniste engagé qui œuvre pour le développement du continent africain»

Le handicapé affirme être inspiré par  Youssou Ndour depuis les années 80 : « Le leader de Super étoile avait un danseur très doué : feu Alla Seck. Il m’a beaucoup inspiré. Il dansait avec ses pieds et je l’imitais avec mes mains, ce qui m’en rendu célèbre dans mon pays, la Mauritanie.

Pour son message aux handicapés, Sidati Aïdar dira : «Le handicape ne doit pas nous empêcher de vivre comme les autres. Depuis longtemps, j’ai appris à faire les choses par moi-même. Et jamais je ne l’ai regretté ».

France : un haut fonctionnaire « handicap » dans chaque ministère

Parce que le gouvernement réaffirme que le handicap est l’une des priorités de son quinquennat, il organisait dès le 20 septembre 2017 son premier Comité interministériel du handicap (article en lien ci-dessous). Edouard Philippe lançait à l’occasion un travail approfondi qui doit déboucher sur des plans d’action ministériels d’ici le début de l’année 2018. Il affirme vouloir en assurer le suivi en « réunissant le CIH chaque année et en évaluant l’impact des actions sur les indicateurs d’inclusion des personnes en situation de handicap ». Il a demandé à Sophie Cluzel, secrétaire d’État chargée des Personnes handicapées, de coordonner la préparation du plan d’action interministériel pour 2018-2022.

Un haut fonctionnaire dans chaque ministère

Pour ce faire, le Premier ministre, via une circulaire datée du 23 octobre 2017 (en lien ci-dessous), demande à chaque ministre de désigner au sein de son secrétariat général un« haut fonctionnaire en charge du handicap et de l’inclusion », qui aura pour responsabilité de définir et de mettre en œuvre la politique en matière d’accessibilité universelle et de handicap. Il « doit être en mesure d’animer des échanges au sein du comité des directeurs de votre ministère et de vous rendre compte personnellement », précise Édouard Philippe à l’intention de Sophie Cluzel. Pour l’exercice de cette mission, « doivent être privilégiés les fonctionnaires dont l’autorité et la compétence seront reconnues, et notamment les membres relevant des corps d’inspection ».

Avant le 10 novembre 2017

Ce haut fonctionnaire coordonnera les travaux permettant de dresser l’état des lieux en matière de prise en compte du handicap dans l’ensemble des politiques, et, au sein de son propre ministère, la préparation et le suivi des décisions des comités interministériels du handicap. Il sera également chargé, pour chaque projet de loi, de réaliser de manière systématique la fiche « diagnostic-handicap » prévue en 2012 par Jean-Marc Ayrault mais jamais mise en oeuvre. Le Premier ministre fixe un délai pour cette désignation : avant le vendredi 10 novembre 2017. La liste des fonctionnaires sera rendue publique.

Les élus se mobilisent

Il répond ainsi en partie à la demande de l’Association nationale pour la prise en compte du handicap dans les politiques publiques et privées (APHPP) qui réclamait, entre autres, pour assurer l’inter ministérialité effective sur cette question, de nommer un référent handicap-accessibilité dans chaque ministère mais également dans chaque  collectivité territoriale (article en lien ci-dessous). Créée en septembre 2017, elle réunit élus et membres de la société civile sensibilisés à cette question avec l’objectif de faire bouger les lignes…

Lire la circulaire du 23 octobre :   circulaire du 23 octobre 2017

USA. La police tue un homme sourd qui n’entend pas les ordres

Des policiers d’Oklahoma City, dans le sud des Etats-Unis, étaient à la recherche d’un homme en fuite lorsqu’ils se sont retrouvés face au fils de celui-ci, atteint de surdité. Incapable d’entendre les ordres, Magdiel Sanchez, âgé de 35 ans, a été abattu.

La police d’Oklahoma City, dans le sud des Etats-Unis, faisait l’objet jeudi de vives critiques après avoir tué un homme de 35 ans qui ne pouvait pas entendre ses ordres… car sourd, et malgré le fait que ses voisins avaient prévenu les agents de son handicap.

Des policiers, à la recherche d’un homme ayant pris la fuite après un accident de la circulation, se sont rendus mardi à son domicile. Là, ils se sont retrouvés face au fils de ce dernier, sourd et muet, selon des témoins, qui ont raconté avoir tenté de prévenir les policiers en leur criant: « il ne peut pas vous entendre! » 

« Il ne peut pas vous entendre! »

Les agents n’ont cependant pas tenu compte de cette mise en garde et, se sentant menacés, ont pris l’homme pour cible. Un policier lui a tiré dessus avec un taser, tandis qu’un autre faisait usage de son arme le tuant sur le coup.

Lorsqu’il a été tué, Magdiel Sanchez tenait dans une main une tige métallique de 60 centimètres de long avec à l’une de ses extrémités une boucle en cuir. La police a assuré avoir cru qu’il s’agissait d’une arme, sans pouvoir cependant expliquer pourquoi les deux policiers lui avaient tiré dessus avec deux armes différentes.

La communauté des mal-entendants d’Oklahoma City et la très influente association américaine de défense des libertés civiques (ACLU) sont montées au créneau après le drame.

« Magdiel Sanchez a été tué à son propre domicile, alors qu’il n’avait commis le moindre crime », s’est insurgée une responsable de l’ACLU, Allie Shinn. « Le simple fait de ne pas répondre à des instructions n’est pas une raison acceptable pour l’usage d’une force létale ».

« Je ne sais pas pourquoi la situation a dégénéré aussi rapidement? » s’est demandé de son côté un responsable de la communauté des mal-entendants de la ville, JR Reininger, interrogé par la chaîne KWTV, estimant que la police devait sûrement être mieux formée.

Val-de-Marne : malade et handicapé, il risque d’être expulsé vers le Sénégal

Arrivé en France il y a trois ans, Diadié Ba est atteint de poliomyélite et se déplace en fauteuil roulant. Depuis le début du mois de juillet, il fait l’objet d’une obligation de quitter le territoire français. Il est défendu par l’APF.

Claude Boulanger en est certain : «Les gens qui ont pris cette décision n’ont jamais posé leurs fesses dans un fauteuil». Pour le responsable régional de l’Association des Paralysés de France, l’obligation de quitter le territoire français (OQTF) dont fait l’objet Diadié Ba, sénégalais de 46 ans et membre associé du conseil départemental de la même association, n’a pas lieu d’être.

«Il l’a reçue le même jour que l’autorisation de suivre une formation financée par l’Agefiph*, s’indigne-t-il. C’est-à-dire que nous nous trouvons face à un pays, la France, qui accepte de le laisser se construire un avenir sur place tout en lui demandant de partir.» Atteint de poliomyélite et se déplaçant en fauteuil roulant électrique, Diadié Ba est arrivé en France il y a trois ans, «pour raisons médicales». Le non-renouvellement de son titre de séjour, au début de l’été, a entraîné la suspension du versement de l’allocation adulte handicapé qu’il percevait jusque-là. Sans revenu, il loge actuellement dans un hôtel situé à Ivry.

«Mes frères sont en France, mes cousins sont en France»

«L’OQTF que j’ai reçue stipule que les soins médicaux dont j’ai besoin existent dans mon pays d’origine, et qu’il n’y a donc pas de raisons de me faire rester, explique-t-il. Mais au Sénégal, les bâtiments ne sont pas accessibles aux personnes handicapées. Et puis mes frères sont en France, mes cousins sont en France… Là-bas, il ne me reste que mon père, malade, et ma mère, très âgée. Ils ne pourront pas s’occuper de moi.»

Espérant voir l’état français réviser son jugement, Diadié Ba a demandé à bénéficier de l’aide juridictionnelle. «Dès qu’il l’aura obtenue, je déposerai deux recours, annonce son avocat, maître Arnaud Adélise. L’un, contentieux, auprès du tribunal administratif de Melun (Seine-et-Marne, NDLR). L’autre, gracieux, auprès de la préfecture.»

Cette dernière n’est, pour l’heure, pas encline à revoir sa position. «C’est l’avis médical qui prévaut, déclare l’un de ses représentants. Les médecins connaissent l’accessibilité des différents pays. S’ils disent que la maladie de ce monsieur est traitable au Sénégal, c’est qu’elle est traitable au Sénégal.»

*Association de gestion du fonds pour l’insertion professionnelle des personnes handicapées.

 

France : Sophie Cluzel, secrétaire d’État chargée des Personnes handicapées du gouvernement Macron

Pour Sophie Cluzel, présidente de la fédération nationale des associations au service des élèves présentant une situation de handicap (FNASEPH), l’équipe d’Emmanuel Macron a bien saisi les enjeux. Elle espère des avancées sur la scolarisation en milieu ordinaire.

Âgée de 56 ans et mère de 4 enfants, dont une jeune femme trisomique prénommée Julia, Sophie Cluzel a été nommée secrétaire d’État chargée des Personnes handicapées, mercredi 17 mai 2017. Fortement engagée sur la question de la scolarisation des enfants handicapées, Sophie Cluzel a fondé plusieurs associations, dont « Grandir à l’École », dont elle est la présidente.

Son parcours


Elle est la fondatrice de différentes associations de scolarisation d’enfants handicapés, dont le collectif SAIS 92 et l’association Grandir à l’école, qu’elle préside et qui s’occupe plus spécifiquement de la trisomie 21. Depuis juin 2011, elle est présidente de la FNASEPH et administratrice de l’UNAPEI de 2011 à 2013.

À ce titre, elle participe régulièrement à des débats télévisés, comme « Les 100 Français qui font bouger la France » de Béatrice Schönberg en octobre 2007, ou les journaux télévisés de France 2 et de LCI. Elle a participé à l’élaboration et au suivi de la loi 2005 pour l’égalité des droits et des chances, pour la participation et pour la citoyenneté des personnes handicapées.

En janvier 2012, elle organise le premier Grenelle de l’intégration des jeunes handicapés dans la société, où près de 50 associations locales ou nationales rédigent une plateforme de mesures qui sont transmises aux candidats à l’élection présidentielle.

Gambie : Ndey Yassin Sallah, une malvoyante au Parlement

Le nouveau Président gambien, Adama Barrow, a nommé 5 députés à l’Assemblée nationale. Parmi ces derniers, il y a Ndey Yassin Secka Sallah, la première femme handicapée visuelle au parlement gambien. Un malvoyant, Abdoulaie Saine, l’y avait précédée sous Yaya Jammeh.

Ndey Yassin Secka Sallah a été nommée en même temps que deux autres femmes, les avocates Mariam Jack Denton et Kumba Jaiteh, pour renforcer la présence féminine au sein du nouvel hémicycle gambien, qui ne compte qu’une femme élue, Fatoumata Jawara.

Les législatives post-Yaya Jammeh ont été remportées par le parti d’Adama Barrow, l’UDP. Lequel a remporté 31 sièges sur 53.

France : élection présidentielle  » l’allocation aux adultes handicapés  »

L’allocation aux adultes handicapés (AAH) s’élève jusqu’à 808,46 euros par mois (selon les conditions de ressources). Elle est versée à un million de personnes en situation d’incapacité supérieure à 50 %.

LE DÉTAIL DES PROPOSITIONS

Nicolas Dupont-Aignan

Nicolas Dupont-Aignan

Nous proposons d’investir 5 milliards d’euros pour la cause du handicap, notamment pour améliorer l’accessibilité, augmenter l’AAH, inclure les enfants dans le système scolaire et soutenir les aidants. Revaloriser l’AAH de 200 € pour atteindre 1 008,46 € afin que plus aucune personne en situation de handicap ne vive sous le seuil de pauvreté, et indexer à l’inflation cette allocation.

Voir son programme détaillé

Trump signe la loi réautorisant certains malades mentaux à acheter des armes

Trump signe la loi réautorisant certains malades mentaux à acheter des armes

L’opération de détricotage du bilan de Barack Obama se poursuit. Mardi, juste avant son discours devant le Congrès, Donald Trump a signé en toute discrétion la loi qui annule les restrictions imposées par son prédécesseur sur les ventes d’armes à certaines personnes souffrant de maladies mentales.

La mesure, mise en place par Obama en décembre dernier sans passer par le Congrès, contraignait la sécurité sociale à transmettre les noms de toutes les personnes recevant des indemnités d’invalidité pour maladie mentale à l’organisme fédéral qui vérifie les antécédents des potentiels acheteurs.

Une définition vague

Selon les républicains, le filet était trop vaste car il incluait notamment les personnes jugées inaptes à gérer leurs finances personnelles et placées sous tutelle. Obama, qui avait notamment donné en exemple la tuerie de Sandy Hookpour durcir la législation, avait chiffré à 75.000 le nombre de personnes concernées par la nouvelle mesure.

Fait plutôt rare, l’initiative du président démocrate était combattue à la fois par le lobby des armes, la NRA, mais aussi par l’association de défense des droits civiques, l’ACLU, au motif qu’elle stigmatisait les malades mentaux sans discrimination.

Des garde-fous fédéraux inefficaces

Ce retour en arrière ne signifie pas que n’importe qui peut acheter une arme à feu. La loi fédérale interdit déjà la vente aux personnes ayant été jugées incompétentes par un tribunal et à celles ayant été internées en hôpital psychiatrique. Le problème, c’est que chaque Etat n’est pas tenu de transmettre l’information au FBI. Il existe également de nombreuses portes dérobées, notamment lors des ventes privées sur les salons et en ligne. Résultat : chaque année, plusieurs milliers de personnesachètent une arme légalement alors qu’elles n’auraient pas dû y être autorisées, comme l’auteur de la tuerie de Virginia Tech, en 2007.

9 ème congrès mondial des personnes handicapées : Yatma Fall intègre le Comité Afrique

9 ème congrès mondial des personnes handicapées : Yatma Fall intègre le Comité Afrique

Le Sénégal vient d’être honoré en la personne de Yatma Fall. L’actuel président de la Fédération sénégalaise des associations de personnes handicapées intègre le Comité Afrique de l’Organisation mondiale handicapées pour l’Afrique (Omph Afrique). Cette nomination est intervenue, selon le quotidien national «Le Soleil», à l’occasion du neuvième Congrès de cette structure qui s’est tenu du 8 au 15 avril 2016 à New Delhi, en Inde. Selon le communiqué transmis au journal, chaque continent est dirigé par un comité de cinq membres choisis pour leur expertise et leur engagement au service des personnes handicapées.