10 ème édition des Abilympics en Metz (France), le Sénégal participe pour la première fois

Pour sa première participation aux Abilympics qui est à sa 10 ème édition,
le Sénégal sera représenté par ces 5 lauréats suite aux sélections du Jury national sur les cinquantaines dossiers reçus lors de l’appel à candidature lancé en janvier 2023.
Ces lauréats de chaque métier représenteront le Sénégal du 24 au 25 mars 2023 à Metz (France) pour compétir sur les métiers suivants :
La conception d’affiches ;
La photo reportage ;
La broderie ;
La pâtisserie et la poterie.

Bakary DIAKITÉ – Conception d’affiche

Né à Dakar, l’artiste Bakary Diakité est handicapé moteur depuis huit mois
après sa naissance à cause de la poliomyélite.
En 2006 il obtient son BFEM puis suit une formation en dessin de bâtiment qui se solde par l’obtention d’un BEP en 2009. Bakary a également été à l’école de musique, il est pianiste et guitariste.
Surnommé « l’art dans le sang », Bakary Diakité est un artiste polyvalent. Tout
de même, il a opté pour faire éclore son talent dans la peinture pour plus de
liberté dans sa création artistique.
Avec un solide mental et le goût du travail bien fait, Bakary lutte pour faire parler de lui à travers ses œuvres. Persistant, motivé et déterminé à vivre de l’art,
pour Bakary, le handicap n’est pas un frein pour sa passion. Il compte ainsi parmis les cinq(5) personnes qui porteront haut les couleurs du Sénégal aux Abilympics Internationaux qui se tiendront très prochainement en France.
Souhaitons bonne chance à notre champion ✨✨

Saliou MBAYE – Poterie

Saliou est un jeune intelligent, dynamique, respectueux et très serviable. Il est en mesure d’entretenir une conversation soutenue avec ses camarades d’allier et ses éducateurs.
Saliou a des problèmes de motricité fine et globale, mais reste un garçon très motivé et engagé. Dans son atelier, il fait partie des éléments moteurs. Il maîtrise la préparation et la manipulation de l’argile et arrive à fabriquer des pots et faire la peinture en suivant les différents motifs.
C’est un jeune talentueux et créatif, dont le Sénégal est fier de compter parmi ses représentants aux Abilympics Internationaux qui se tiendront du 23 et 25 Mars 2023 en France.
Souhaitons bonne chance à notre champion 🎉🎉

PENDA SECK – Broderie

C’est à l’âge d’un an et demi qu’elle est atteinte par la Poliomyélite.
Après une longue durée de traitement, elle commence à fréquenter l’école française.
Mais cette aventure n’ira pas à son terme car elle a arrêté en classe de CM2 du fait des conditions d’apprentissage inadaptées de l’époque à son handicap.
Malgré cette situation, elle décide de ne pas baisser les bras, elle se lance ainsi dans une formation de 5 ans en couture et broderie sanctionnée par un diplôme.
A cela s’ajoute son émérite passage de Septembre 2003 à Février 2012 au musée des Femmes Henriette BATHILY en tant que prestataire.
PENDA SECK est un véritable modèle de résilience et surtout une dame au talent inouï en broderie, un talent dont elle fera montre aux Abilympics Internationaux qui se tiendront du 23 au 25 Mars en France. 🇨🇵
Souhaitons bonne chance à notre championne

Boun Oumar NDIAYE – Photo-reportage

Boun Oumar NDIAYE est un artiste photographe 📸 et entrepreneur culturel passionné de musique 🎼. Il évolue dans le secteur des arts urbains et contemporains.
Formé en management des organisations à l’Université Catholique de l’Afrique de l’Ouest (UCAO), il a fondé Handicap Voice Production (HVP), une structure d’événementiel et de formation des personnes en situation de handicap dans le secteur des arts.
Aussi, Oumar est un artiste au talent reconnu et confirmé. En témoignent ses interventions au cours de nombreuses expositions ou au sein de galeries d’art contemporain de renom dont LOMAN’ART, le Musée HENRIETTE BATHILY, le Musée du C.R.D.S (Centre de Recherches et de Documentation du Sénégal)
Boun Oumar NDIAYE portera haut les couleurs du Sénégal aux Abilympics Internationaux qui se tiendront du 23 au 25 Mars 2023 en France🇨🇵.
Souhaitons bonne chance à notre champion 🎉✨

Rosalie Binetou DIATTA – Patisserie


Rosalie Binetou Diatta, est une sénégalaise en situation de handicap et membre de l’Association Handicap.sn .
Elle est passionnée et spécialisée en pâtisserie, mode et décoration intérieure.
En 2018; elle ouvre la pâtisserie «Les saveurs de Mossane», une pâtisserie faite maison pour tous les évènements, ce qui lui a valu le surnom de «Rosy saveur de Mossane».
Rosalie, est une femme pétrie de talents aussi divers que variés, des talents qu’elle fera valoir aux Abilympics Internationaux qui se tiendront du 23 au 25 Mars 2023 en France.
Souhaitons bonne chance à notre championne ✨✨🎉
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Les Abilympics sont des compétitions de métiers réservées aux personnes en situation de handicap au niveau international après des sélections nationales. Ils visent à renforcer la visibilité positive des personnes en situation de handicap en mettant en exergue leurs compétences professionnelles et leur autonomie.

Conférence de presse : Abilympics Sénégal

Nous avons l’honneur de vous informer de la tenue d’une conférence de presse qui aura lieu ce mercredi 25 janvier 2023 à 11h précises à l’Immeuble GIABA au niveau de l’avenue Cheikh Anta DIOP de Dakar portant sur l’organisation des internationaux Abilympics, une compétition mondiale des métiers des personnes handicapées qui vise à promouvoir leur capacité à travailler et à valoriser leur contribution à la société.
Cet événement met en avant les compétences professionnelles et autodidactes des personnes handicapées dans les domaines tels que l’informatique, la couture, la cuisine, la coiffure, entre autres. Pour sa première participation, le Sénégal à travers ces lauréats devra compétir pour les métiers : la conception d’affiches, la photo reportage, la broderie, la pâtisserie et la poterie.
Ces lauréats de chaque métier représenteront le Sénégal du 24 au 25 mars 2023 à Metz (France) à des compétitions qui simuleront des situations professionnelles réelles, montrant ainsi leur habileté à exercer des métiers malgré leur handicap.
Cette initiative est la première étape d’une longue campagne de sensibilisation et de valorisation des personnes en situation de handicap. Elle vise à briser les stéréotypes négatifs qui entourent les personnes handicapées et à les inclure pleinement dans la société. Les internationaux Abilympics permettent de montrer que les personnes en situation de handicap peuvent être des employés compétents et productifs, et sont donc des atouts pour les entreprises.
Voudriez-vous bien prendre les dispositions nécessaires afin d’assurer une excellente couverture médiatique ?
Pour toutes informations complémentaires, veuillez joindre :
M. Khadim TALLA, Président de Handicap.sn – Tél. : 77 446 09 66
M. Cheikh Ahmed Tidiane DIOUF, Secrétaire Général des Abilympics – ADA – Tél. : 77 478 57 39

Rwanda : Mise en circulation de bus adaptés aux handicapés

Les autorités rwandaises ont mis en place de nouveaux autobus jugés plus pratiques pour les personnes handicapées qui peuvent monter à bord et débarquer sans se faire aider, a appris APA, mardi à Kigali, auprès du ministère des Infrastructures.

Le communiqué ministériel publié à Kigali a indiqué que la Fédération rwandaise des coopératives de transport (RFTC) a acheté 11 bus en provenance de la Chine et qui ont été conçus pour permettre aux personnes handicapées de monter à bord.

La RFTC a investi environ 1,1 million de dollars pour piloter ce projet, dont l’objectif ultime est d’allouer plus de ressources et de desservir l’ensemble du pays.

« Nous voulons que les personnes handicapées commencent à bénéficier de transports en commun conviviaux et accessibles dans l’ensemble du système de transports en commun », a déclaré Louis Dodo Twahirwa, président du conseil d’administration de Jali Holdings Ltd, promoteur du projet.

Le ministre rwandais des Infrastructures, Claver Gatete a expliqué que la politique et la stratégie de transport public sont conçues pour assurer des services de transport public universels à tous les citoyens, sans distinction d’âge, de sexe, de caste, de croyance et de capacité à exercer des activités dans la société.

« Ces efforts devraient également garantir l’accès à tous les modes de transport pour les personnes infirmes, handicapées et âgées », a déclaré le ministre rwandais.

Actuellement, le secteur des transports représente environ 7% du PIB rwandais et 15% de la prestation totale de services, selon les estimations officielles.

Des rapports indiquent que la plupart des infrastructures de transport dans l’économie du pays ont connu une croissance continue depuis 1995 et que leur développement devrait se poursuivre avec la mise en place de programmes et de projets stratégiques.

Politique de protection sociale du Sénégal : Le Sénégal inspire le Congo

La Direction générale de l’action sociale (Dgas) a reçu une délégation venue de la République du Congo. Celle-ci entre dans le cadre d’un partage d’expériences dans le domaine de la politique de protection sociale.

Le Sénégal a répondu favorablement à la sollicitation du gouvernement de la République du Congo pour un partage d’expériences dans le domaine de la protection sociale. L’Etat du Sénégal, par le biais du ministère de la Santé et de l’action sociale, va accompagner le Congo dans la prise en compte du handicap dans les politiques de développement. La politique de protection sociale, le traitement des personnes handicapées dans la politique du régime avec notamment leur représentation dans toutes les structures de décision ont poussé la République du Congo à venir s’inspirer du Sénégal.
Ainsi, une délégation du secrétariat exécutif permanent du Conseil consultatif des personnes handicapées de la République du Congo a souhaité, dans le cadre de la coopération technique relative au domaine du handicap, avoir un échange d’expériences sur le processus de production de la carte d’égalité des chances en faveur des personnes handicapées du Sénégal. Ce jeudi, un atelier d’échanges, présidé par la directrice de l’Action sociale, a réuni autour d’une table la Fédération sénégalaise des personnes handicapées et la délégation du Congo. Selon Jean Dedieu Ngoma, qui a dirigé la délégation congolaise, le choix du Sénégal se justifie par l’existence d’importantes politiques telles que la loi d’orientation sociale, la carte d’égalité des chances. M. Ngoma explique : «Nous avons pensé que le Sénégal était le premier pays africain que nous pouvons visiter étant donné qu’il a mis en place un système de carte d’égalité des chances, et qu’il fallait qu’on s’en inspire.»
La directrice de l’Action sociale s’est quant à elle félicitée de cette visite de travail, qui entre dans le cadre de la «coopération Sud-Sud». Selon Arame Top Sène, «c’est un grand honneur pour la Direction générale de l’action sociale d’accueillir des partenaires d’un autre pays qui viennent s’inspirer d’une expérience que nous avons développée au Sénégal et qui apparait chez eux comme innovation».
En plus de cette «innovation sociale», qui pousse les autres pays à venir s’inspirer de l’expertise sénégalaise dans ce domaine de la protection sociale, la Dgas n’a pas manqué d’annoncer que l’objectif de son service est d’accéder à l’autonomisation des personnes vivant avec un handicap. Dans cette optique, elle souligne : «Nous visons l’autonomisation, nous voulons que les personnes appuyées aillent vers l’autonomisation.»
Le Sénégal et la République du Congo mettront à profit cette visite pour passer en revue l’expérience de la carte d’égalité des chances, notamment dans ses aspects d’articulation avec les programmes Bourses de sécurité familiale, la Couverture maladie universelle, entre autres programmes.

Drissa Konaté, un albinos handicapé touche-à-tout, se débrouille à Abidjan

Drissa Konaté dit « Le blanc », un jeune albinos Ivoirien de 37 ans, résident à Abobo, une commune populaire dans le Nord d’Abidjan, est un véritable touche-à-tout qui s’adonne à toute sorte de petits-métiers de la débrouille pour s’occuper de son épouse et de ses quatre enfants. Chaque jour est un défi pour « Le Blanc ». Ce jeune homme qui n’émarge pas dans une entreprise de la place, ne manque pas de saisir des opportunités pour trouver sa pitance quotidienne et mettre sa famille à l’abri du besoin.

 Le Blanc qui dit ne pas considérer l’albinisme comme un véritable handicap, a su, au fil des ans, décomplexer ses relations avec son entourage et sa famille où il est le seul albinos. « Je fais un peu de tout, la plomberie, l’électricité et je suis souvent aide-maçon», confie-t-il.   

Auparavant commerçant au marché d’Adjamé, une cité dans le Nord d’Abidjan, abritant le plus grand centre commercial du pays, Le Blanc, continue de composer avec ses anciens clients qui sont pour la plupart dans son quartier. 

En dépit de son handicap, il assure ses charges familiales avec déférence. Fier de tenir le pavé haut, ce trentenaire épie les occasions pour s’attirer la manne financière. « Tout se passe bien avec mon épouse, mes enfants et mes frères et sœurs », lance-t-il. 

Poursuivant son histoire, il fait savoir, qu’au départ, il peinait à avoir des clients pour démontrer son savoir-faire. « Certains me sous-estimaient alors que d’autres m’encourageaient. Mais malgré tout ceci, je n’ai pas cédé au découragement. Ils ont fini par me faire confiance», rapporte-t-il, d’un air jovial.   

« Je suis membre d’une association de personnes handicapées. Mais depuis lors, les possibilités d’insertion offertes sont en faveur de ceux qui ont des diplômes. Or, moi mon cursus scolaire s’est achevé à l’école primaire (CP2) et après j’ai suivi des cours à l’enseignement islamique », dit-il.   

Drissa Konaté invite les albinos et autres handicapés à « ne pas écouter ceux qui les sous-estiment »  et à se « se battre car dans la vie on ne sait jamais ». Ses multiples activités lui permettent aujourd’hui de diversifier ses revenus.    

Environ 453.000 personnes en situation de handicap ont été dénombrées en Côte d’Ivoire avec 90% d’handicapés physiques et 10% d’handicapés psychiques selon le recensement général de la population et de l’habitat de 2014. A l’instar de Le Blanc, plusieurs personnes handicapées exercent à leur propre compte et gagnent leur vie.

Environ 453 000 personnes handicapées dénombrées en Côte d’Ivoire

Environ 453 000 personnes en situation de handicap ont été dénombrées en Côte d’Ivoire avec 90% d’handicapés physiques et 10% d’handicapés psychiques, a appris APA sur place dans la capitale économique ivoirienne.

L’information a été donnée vendredi par Victorien Koné, le directeur de la protection des personnes handicapées  au ministère de l’emploi et de la protection sociale qui s’exprimait sur le thème de la protection des handicapés dans un panel de la première édition des Journées de la prévoyance et des actions sociales (JPAS).

« Si nous nous référons au Recensement général de la population et de l’habitat de 2014 (RGPH 2014), on a dénombré environ 453 000 personnes handicapées en Côte d’Ivoire. Environ 90% sont des handicapés physiques et 10% des handicapés psychiques. Dans cette population, nous avons 58% d’hommes et 42% de femmes et environ 70% de ces personnes handicapées vivent en milieu rural », a révélé M. Koné parlant de la représentation statistique des handicapés en Côte d’Ivoire.

Par ailleurs, il a indiqué qu’une enquête effectuée en 2013, a dénombré 517 personnes en situation de handicap inscrites dans les grandes écoles et universités en Côte d’Ivoire dont 130 handicapés sensoriels.

«Les personnes handicapées sont classées en deux grands groupes que sont les handicapés physiques et les handicapés psychiques. En Côte d’Ivoire, nous avons adjoint d’autres catégories de personnes que sont les personnes de petites tailles ( nains, moins de 1m40), les personnes bègues et les personnes vivant avec l’albinisme », a-t-il, fait savoir, soulignant que cela est une « exception ivoirienne ».

Poursuivant, il a égrené une série de difficultés auxquelles sont  confrontées ces personnes dites handicapées dans le pays. Il a cité  entre autres, des problèmes d’état-civil, l’accès difficile au transport  et le difficile accès à la formation et à l’emploi.

Malgré ces  difficultés, M. Koné a salué les réponses  du gouvernement ivoirien face  aux problèmes des personnes handicapées. Selon lui, cette réponse de  l’État se situe à quatre niveaux.

« En matière d’éducation, la Côte d’Ivoire a mis l’accent sur l’éducation des handicapés… 1165 personnes handicapées ont fait leurs entrée à la fonction publique depuis 1997 à ce jour. L’État de Côte d’Ivoire a aussi ratifié toutes les conventions relatives aux droits des personnes handicapées », s’est-il félicité, estimant que « les perspectives sont bonnes, mais beaucoup reste à faire ».

Plusieurs autres panels ont été animés au cours de cette deuxième journée des JPAS dont celui de Madelaine Oka-Balima, la responsable des programmes à ONU Femmes sur le thème de la protection des femmes. De son avis, l’égalité des droits entre homme et femme est une « grosse contrainte à l’atteinte de l’émergence » qu’ambitionne la Côte d’Ivoire.

La première édition des Journées de la prévoyance et des actions sociales (JPAS) s’est ouverte jeudi à Abidjan autour du thème : « quelle politique de prévention pour la protection des personnes ? ».

Ces assises qui s’achèvent ce vendredi ont pour objectif général de réunir tous les acteurs du secteur de la prévoyance sociale (Caisse générale de retraite des agents de l’État, CGRAE), Caisse nationale de prévoyance sociale (CNPS), Office national de la protection civile (ONPC), experts en assurances…afin d’échanger et sensibiliser les personnes et les entreprises sur les risques auxquels elles sont exposées et leur présenter les différentes offres de service proposées.

Plusieurs communications ont également meublé la première journée de ce conclave dont celle sur la protection sociale des travailleurs du secteur public faite par l’institution de prévoyance sociale- Caisse générale de retraite des agents de l’État ( IPS-CGRAE) dirigée par  Abdrahamane Berthé.

LB/ls/APA

Le Comité des Droits des Personnes Handicapées examine le Rapport du Sénégal

Le Comité des droits des personnes handicapées a examiné, hier après-midi et ce matin, le rapport du Sénégal sur la mise en œuvre des dispositions de la Convention relative aux droits des personnes handicapées.

Le rapport a été présenté par le Directeur des affaires juridiques et consulaires au Ministère des affaires étrangères et des Sénégalais de l’extérieur, M. Martin Pascal Tine, qui a déclaré qu’au lendemain de la ratification de la Convention, le Sénégal a adopté la loi d’orientation sociale en 2010 relative à la promotion et la protection des personnes handicapées.  Le Sénégal a par ailleurs mis en place différents mécanismes de promotion et de protection des droits de l’homme.  Le chef de la délégation a souligné que la prise en charge du handicap était une question étroitement liée au développement en raison de sa connexité avec la lutte contre la pauvreté.  Le Sénégal a adopté en 2016 un instrument de mesure du handicap aligné sur les normes internationales.  La participation des personnes handicapées est prise en compte dans le processus d’évaluation du handicap et dans l’octroi d’une carte d’égalité des chances qui est un véritable système de protection sociale favorisant l’accès des personnes handicapées à des avantages multiples relatifs à la santé, la réadaptation fonctionnelle, l’éducation, la formation, les transports et les finances.

La délégation était également composée, notamment, du Directeur des droits humains au Ministère de la justice, M. Moustapha Ka; du Conseiller du Premier ministre chargé des questions de droits de l’homme, M. Mamadou Khouma; du Directeur des personnes handicapées au Ministère de la santé et de l’action sociale, M. Mamadou Lamine Faty; ainsi que de représentants de la Cellule d’appui à l’enfance et d’autres fonctionnaires du Ministère de la santé et de l’action sociale et du Ministère des affaires étrangères et des Sénégalais de l’extérieur.  La délégation a répondu aux questions des membres du Comité s’agissant notamment de l’appui aux associations de personnes handicapées; de la formation des enseignants et de l’inclusion des enfants handicapés dans le système éducatif; de la protection des femmes et des filles handicapées contre la violence; de l’accès des personnes handicapées aux soins de santé; de leur accès à la justice; des efforts menés pour favoriser l’autonomisation; de lutte contre la mendicité; de la protection de l’intégrité physique; de l’accès au marché du travail; de la situation des personnes atteintes d’albinisme.

Le rapporteur pour l’examen du rapport du Sénégal, M. Danlami Umaru Basharu, qui est également le Président du Comité, a exprimé des préoccupations concernant les formes multiples de discrimination, notamment le harcèlement sexuel à l’encontre des femmes et des filles handicapées, le manque d’accès à l’école, aux divertissements, et aux soins de santé pour les personnes handicapées.  Il a par ailleurs regretté l’absence de mention des personnes handicapées dans la Stratégie nationale pour l’équité et l’égalité des sexes ainsi que dans la loi d’orientation sociale.  Le Comité estime qu’il est nécessaire que le Gouvernement prenne des mesures immédiates et concrètes pour lutter contre les graves violences et les abus commis à l’encontre des femmes et des enfants handicapés et à adopter des mesures pour lutter contre la stigmatisation.

Le Comité adoptera, dans le cadre de séances privés, des observations finales sur le rapport du Sénégal qui seront rendues publiques après la clôture de la session, qui se termine le 5 avril prochain.

Le Comité entamera cet après-midi, à 15 heures, l’examen du rapport initial de l’Arabie saoudite (CRPD/C/SAU/1).

Présentation du rapport du Sénégal

Le Comité est saisi du rapport initial du Sénégal (CRPD/C/SEN/1), ainsi que de ses réponses (CRPD/C/SEN/Q/1/Add.1) à une liste de points à traiter que lui avait adressée le Comité.

M. MARTIN PASCAL TINE, Directeur des affaires juridiques et consulaires au Ministère des affaires étrangères et des Sénégalais de l’extérieur, a déclaré qu’au lendemain de la ratification de la Convention, le Sénégal a adopté la loi d’orientation sociale en 2010 relative à la promotion et la protection des personnes handicapées.  Le Sénégal a par ailleurs mis en place différents mécanismes de promotion et de protection des droits de l’homme.  La prise en charge du handicap devient, dès lors, une question étroitement liée au développement en raison de sa connexité avec la lutte contre la pauvreté.  Par ailleurs, le Sénégal a adopté en 2016 un instrument de mesure du handicap aligné sur les normes internationales.  La participation des personnes handicapées est prise en compte dans le processus d’évaluation du handicap et dans l’octroi d’une carte d’égalité des chances.  La « carte d’égalité » est un véritable système de protection sociale favorisant l’accès des personnes handicapées à des avantages multiples relatifs à la santé, la réadaptation fonctionnelle, l’éducation, la formation, les transports et les finances.  La Fédération départementale des associations des personnes handicapées est membre de jure de la Commission technique habilitée à apprécier les demandes individuelles d’octroi de ladite carte.

M. Tine a par ailleurs fait valoir que le Chef de l’État avait nommé des personnes handicapées à des postes de conseillers dans les institutions de haut niveau du pays.

Les mécanismes juridiques d’enregistrement des plaintes pour discrimination tiennent compte des droits des plaignants handicapés, a poursuivi le représentant.  Il a aussi souligné que la situation de handicap de la victime était considérée comme une circonstance aggravante en matière de sanctions prononcées contre les auteurs de violations des droits de l’homme.

Le chef de la délégation a par ailleurs attiré l’attention sur la création du Comité des femmes handicapées au sein de la Fédération sénégalaise des Associations des femmes handicapées qui est le principal mécanisme de promotion des droits et de participation des femmes handicapées à la conception et à la mise en œuvre des politiques publiques.  Par ailleurs, les femmes handicapées reçoivent une subvention de la Direction générale de l’action sociale et célèbrent chaque année la Journée internationale de la femme.

S’agissant des enfants handicapées, le recensement général de la population de 2013 manque de précision en ce qui concerne les données désagrégées sur la scolarisation des enfants handicapées, a reconnu M. Tine.  Les difficultés liées au recueil de statistiques sont en train d’être résorbées par la base de données générée par la production de la carte de l’égalité des chances.  Le chef de la délégation a par ailleurs reconnu l’absence de mesures spécifiques relatives à la participation des enfants handicapés aux processus décisionnels et aux politiques publiques qui s’inscrivent dans une approche globale.

Le Gouvernement déploie des efforts considérables dans la sensibilisation au handicap et plusieurs journées sont dédiées aux personnes handicapées, a poursuivi M. Tine.  La sensibilisation est accompagnée de mesures d’accessibilité applicables au cadre bâti, aux transports et aux technologies de l’information et de la communication.

Enfin, M. Tine a rappelé que le Sénégal restait ouvert à toute forme de coopération dans le domaine de la promotion des droits des personnes handicapées, en particulier avec les détenteurs de mandats dans le cadre des procédures spéciales, dont les demandes de visites recevront, incontestablement, une réponse favorable du Gouvernement, a conclu le chef de la délégation.

Examen du rapport

Questions et observations des membres du Comité

M. DANLAMI UMARU BASHARU, rapporteur du Comité pour l’examen du rapport du Sénégal, a félicité le Sénégal pour avoir répondu à la liste de points que le Comité lui avait présentée et a exprimé ses remerciements à toutes les organisations représentant les personnes handicapées et les organisations de la société civile sénégalais pour leur contribution aux rapports alternatifs.

Le rapporteur a exprimé des préoccupations concernant les formes multiples de discrimination, notamment le harcèlement sexuel à l’encontre des femmes et des filles handicapées, ainsi que les difficultés d’accès à l’école, aux divertissements, et aux soins de santé pour les personnes handicapées.  Il a par ailleurs regretté l’absence de toute mention des personnes handicapées dans la Stratégie nationale pour l’équité et l’égalité de genre et dans la loi d’orientation sociale.  Le Comité estime qu’il est nécessaire que le Gouvernement prenne des mesures immédiates et concrètes pour lutter contre les graves violences et les abus commis à l’encontre des femmes et des enfants handicapés alors qu’il s’est engagé à respecter l’objectif 5.2 (éliminer toutes les formes de violence faite aux femmes et aux filles, y compris la traite et l’exploitation sexuelle) du Programme de développement durable à l’horizon 2030 et à adopter des mesures pour lutter contre la stigmatisation.

Le rapporteur chargé du rapport du Sénégal a enfin souligné que le suivi et la mise en œuvre des dispositions de la Convention étaient des obligations de l’État partie et qu’un mécanisme de suivi indépendant, répondant aux exigences des principes de Paris, devrait, dans ce contexte, être mis en place.  M. Basharu a aussi invité le Sénégal à ratifier le Protocole à la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples, relatif aux droits des personnes handicapées en Afrique, qui prévoit la protection des personnes handicapées, y compris des personnes atteintes d’albinisme.

D’autres membres du Comité ont demandé si la Constitution du Sénégal reprenait tous les droits inscrits dans la Convention.  Une question a aussi été posée sur les mécanismes de suivi des recommandations des organes de traité et notamment du suivi des recommandations du Conseil des droits de l’homme.  Quelles mesures sont-elles prises pour sensibiliser la population et les fonctionnaires aux dispositions de la Convention ?

Les experts ont demandé des informations sur l’accès à la justice pour les personnes handicapées, ainsi que sur les mécanismes de plainte en cas de violations des droits des personnes handicapées.  Des membres du Comité se sont enquis de la mise en œuvre d’une approche axée sur les droits de l’homme dans le domaine du handicap.

Des experts ont voulu savoir si les personnes ayant un handicap mental avait leurs propres organisations.  Ils ont aussi demandé si le pays avait engagé un processus de désinstitutionalisation pour les personnes atteintes de handicap psychosocial.

Des membres du Comité ont demandé quelles étaient les obligations du Sénégal vis-à-vis des personnes handicapées en matière d’accessibilité, plusieurs questions ont été posées en particulier sur l’accessibilité des différents lieux publics, notamment les bâtiments scolaires, les attractions touristiques, les centres sportifs et culturels.

Qu’en est-il de la mise en œuvre d’aménagements raisonnables dans le pays, ont voulu savoir les experts, qui ont demandé si le refus de ces aménagements est considéré comme une forme de discrimination.

Quelles mesures sont prises pour lutter contre les formes multiples de discrimination à l’encontre des femmes et des filles ? Il a aussi été demandé à la délégation quelles dispositions étaient en place afin de protéger les femmes handicapées contre la maltraitance et à la violence et, lorsque ces violences ont lieu, quels sont les appuis ou les structures d’urgences qui peuvent accueillir les victimes.  Il a aussi été demandé au Sénégal quelles mesures étaient prises pour lutter contre les châtiments corporels à l’encontre des personnes handicapées.

Des experts ont demandé des informations sur les mesures visant à améliorer l’accès au marché du travail et à la formation technique et professionnelle des personnes handicapées, ainsi que sur le respect des quotas de personnes handicapées au sein du secteur public et privé.  Les personnes handicapées ont-elles accès à une aide personnelle afin d’avoir accès au marché du travail, aux transports ou à d’autres services notamment en zone rurale.

Des membres du Comité ont demandé des informations sur la promotion de la langue des signes dans le pays.  Ils ont aussi demandé si des mesures avaient été prises pour permettre aux personnes handicapées d’avoir accès à des documents administratifs en braille.

Les membres du Comité ont voulu savoir si le Sénégal avait une stratégie pour la mise au point d’un protocole pour la protection de la vie des personnes, dans le cas de crises humanitaires par exemple, qui soit approprié pour les personnes handicapées et décidé avec leur participation.

Les experts ont demandé quelles mesures avait pris le Sénégal pour permettre l’intégration des enfants handicapés.  Ils ont voulu savoir si les enfants handicapés bénéficiaient de services adaptés pour leur permettre de suivre les cours dans les écoles avec les élèves non handicapés.  Des informations ont été demandées sur les budgets et les programmes qui doivent permettre l’inclusion des enfants handicapés dans les écoles classiques et des informations sur les aménagements raisonnables dans les écoles.  Certains experts ont demandé d’autres informations s’agissant de la formation des maîtres dans le contexte de l’école inclusive.

Un expert a demandé quelles mesures avaient été prises pour offrir une offre large de services d’appui de qualité aux personnes handicapées, notamment les enfants, au sein de leur foyer.  Des experts ont demandé quelles mesures avaient été adoptées pour offrir une aide financière aux familles des personnes handicapées.  Des experts ont souhaité savoir si les personnes handicapées pouvaient choisir leur lieu de vie et avec qui elles voulaient vivre.

Quelles mesures avaient prises pour permettre l’accès à la santé sexuelle et reproductive ? Des experts ont demandé des informations sur les mesures mises en œuvre s’agissant de l’assentiment préalable et éclairé des femmes handicapées à l’occasion d’une césarienne.  Plusieurs membres du Comité se sont inquiétés de la prévalence très élevée du VIH/sida chez les personnes handicapées au Sénégal, notamment chez les femmes handicapées.  Ils ont demandé quelles mesures étaient prises dans le domaine de la prévention du VIH/sida chez les personnes handicapées.  Davantage d’informations ont été demandés sur le programme de santé communautaire et si ce programme vise à l’autonomisation des personnes handicapées.

Réponses de la délégation

En réponse aux questions des membres du Comité s’agissant du cadre général d’application, la délégation a notamment indiqué que le Sénégal avait mis en œuvre, dans le recensement des personnes handicapées, les principes du Groupe de Washington sur les statistiques du handicap, le pays étant l’un des rares pays africains ayant mis en œuvre cette méthodologie dans le cadre du dernier recensement.  De plus, le système de la carte de l’égalité permet d’avoir une idée bien précise de la situation des personnes handicapées au Sénégal.  Au Sénégal, il y a deux programmes spécifiques pour les personnes handicapées, le Programme national de réadaptation à base communautaire et le Programme de la carte de l’égalité des chances.  Ces programmes fournissent un appui au niveau individuel et collectif à l’ensemble des personnes handicapées.  Ils prévoient aussi des bourses et des aides financières pour les enfants et les étudiants handicapés afin qu’ils puissent continuer leur scolarité et obtenir leur diplôme.

Le Sénégal a adopté un plan national pour le handicap à l’horizon 2021 qui est évalué chaque année et qui prévoit des actions au sein de tous les Ministères pour les personnes handicapées avec la consultation des organisations de personnes handicapées.  La délégation a aussi fait valoir qu’à l’occasion de chaque journée nationale sur un thème lié au handicap, les associations de personnes handicapées participent à l’organisation des activités.  Elle a par la suite indiqué que le projet de loi sur la haute-autorité chargée du handicap faisait partie des 14 textes qui devaient encore être adoptés dans le domaine du handicap.

La délégation a déclaré que la protection de l’intégrité physique de la personne est assurée par plusieurs textes législatifs et que les plaintes déposées par les personnes handicapées pour des cas de violence, de discrimination ou de violation de leurs droits, sont recevables devant toutes les juridictions et sont traitées avec une diligence particulière.  Toutes les personnes handicapées ont le droit de jouir de leur personnalité juridique.  Le législateur sénégalais tient compte de la vulnérabilité des personnes handicapées, ce qui a pour conséquence que la peine peut être doublée pour les auteurs de violations à l’encontre de personnes handicapées.

Le Sénégal met en œuvre un plan innovant de participation citoyenne des personnes handicapées handicapés en partenariat avec la Fédération sénégalaise des organisations des personnes handicapées.  Ce plan doit favoriser permettre l’accessibilité de toutes les personnes handicapées au vote.   Elle a par la suite ajouté que les personnes handicapées, quel que soit leur handicap, ont le droit de participer aux élections, de manière assistée si nécessaire.

La délégation a déclaré que certains textes imposent la sensibilisation dans toute une série de domaines liés au handicap, notamment la loi d’orientation sociale du Sénégal.

Deux associations de la société civile ont en charge la protection des personnes atteintes d’albinisme, a indiqué la délégation.  Elle a ajouté que les autorités soutenaient les actions des associations qui visent à la protection et la promotion des droits des personnes atteintes d’albinisme.  Des campagnes de distribution de crèmes solaires sont régulièrement organisées dans le pays, a-t-elle fait valoir.

La délégation a dit qu’il y avait trois types d’écoles: les écoles ordinaires, les écoles spéciales et les écoles inclusives.  Les écoles spéciales se trouvent principalement dans la capitale.  Dans les écoles ordinaires en zone rurale se retrouvent aussi des élèves avec différents handicaps, comme des enfants atteints d’albinisme.  Les familles de ces enfants reçoivent une aide sous forme de kit scolaire qui contient une enveloppe financière.

La délégation a reconnu qu’il manquait des formations spécialisées pour les enseignants qui encadrent l’enseignement des élèves handicapés.  Elle a néanmoins souligné que les enseignants n’attendaient pas d’être formés spécifiquement à cette question pour qu’ils obtiennent de très bons résultats dans l’accompagnement des enfants handicapés.

La délégation a expliqué qu’actuellement, un processus de codification de la langue des signes était en cours afin qu’elle soit reconnue dans tout le pays.  Elle a précisé que certains enseignants ont été formés au braille et à la langue des signes.

La délégation a indiqué que plusieurs programmes soutiennent les personnes handicapées, notamment le programme de réadaptation à base communautaire pour les personnes handicapées et d’autres programmes qui visent l’autonomisation.  La délégation a par ailleurs expliqué que le Gouvernement était passé au paradigme de l’autonomisation plutôt que de l’assistanat dans le domaine du soutien aux personnes handicapées, ce que vise par exemple la carte de l’égalité.

La délégation a déclaré que le Ministère chargé des femmes, des familles et du genre est en charge notamment de la protection des femmes handicapées.  Il n’y a pas de femmes handicapées parlementaires mais elles sont présentes dans différentes fonctions de haut rang dans l’administration.

La délégation a expliqué qu’il y avait plusieurs mécanismes pour protéger les femmes et les filles victimes de violences et prévenir ce type de violences.  Des centres communautaires informent les femmes et les filles sur leurs droits et sur la manière de porter plainte en cas de violation ou d’abus.  De même, des employés dans ces centres sont spécialement formés pour accompagner les victimes de violence, notamment les filles et les femmes handicapées.

La délégation a déclaré que, par le passé, on pouvait établir un lien entre handicap et mendicité.  Depuis, les autorités ont « bataillé ferme pour mettre fin à ce paradigme » et ont créé un centre à Dakar pour former les enfants avec un handicap physique.

La délégation a indiqué que la Protection civile était en charge de la protection de toutes les personnes en cas d’urgence ou de catastrophe naturelle, précisant qu’une diligence particulière est apportée dans ses interventions aux personnes handicapées.

Répondant à des questions sur l’accès à la santé, la délégation a expliqué que la carte de l’égalité était accessible facilement pour les personnes handicapées une fois qu’elles ont été diagnostiquées par un médecin avec un certificat médical de déficience.  La délégation a expliqué que la césarienne était gratuite pour les personnes handicapées et que le consentement éclairé était pris en compte en fonction de l’urgence médical compte tenu des risques pour la mère ou pour l’enfant.  Le Sénégal a un projet de distribuer des autotests dans le cadre de la prévention du VIH/Sida qui permettra aux personnes handicapées de faire ce test et de prévoir un plan d’accompagnement dans le cas où le résultat serait positif.  La délégation a déclaré que les associations des personnes handicapées bénéficient des fonds des programmes de lutte contre le VIH/sida.  Une plateforme VIH/sida-Handicap a par ailleurs été créée pour apporter un soutien aux personnes handicapées touchées par le virus.

Au Sénégal, il n’existe aucune procédure permettant de pratiquer une stérilisation sur une personne handicapée ou non handicapée.  Cette pratique est un crime reconnu dans le code pénal.  Le droit à l’intégrité physique des personnes handicapées est largement protégé dans le droit sénégalais.

La délégation a déclaré qu’il existait des centres psychiatriques au Sénégal mais leur capacité d’accueil est limitée et la priorité est donnée à l’accueil communautaire des personnes avec un handicap psychosocial.

La délégation a déclaré que le Premier ministre avait donné des instructions pour que l’État adopte le décret qui prévoit les quotas des personnes handicapées pour l’emploi dans la fonction publique.  Les personnes handicapées ont été consultées sur ce projet de décret.

Parmi les autres questions abordées par la délégation en réponse aux questions des membres du Comité, la délégation sénégalaise a notamment attiré l’attention sur une organisation membres de la Fédération sénégalaise des organisations des personnes handicapées qui veille à l’accès au sport pour les personnes handicapées; sur un atelier de fabrication de matériel orthopédique et de prothèses; sur l’absence dans le pays de toute discrimination à l’encontre des migrants.

Distribué par APO Group pour United Nations Office at Geneva (UNOG).United Nations Office at Geneva (UNOG)

Afrique: le cri de détresse des personnes handicapées, abandonnées à leur sort

Des diplômés maliens en situation de handicap manifestent à Bamako pour leur intégration dans la fonction publique.© Capture d’écran du site maliactu

Ils veulent être considérés comme des citoyens à part entière et dénoncent leur exclusion. Dans plusieurs capitales africaines, les personnes handicapées manifestent pour réclamer leurs droits. Pour ne plus faire figure de parias, stigmatisés par le reste de la population.

«Nous sommes des handicapés et non des incapables.» C’est le cri de détresse des diplômés maliens en situation de handicap. Ils étaient des centaines le 12 juin à observer un sit-in devant le ministère du Travail à Bamako. Ils réclament une meilleure intégration dans la fonction publique, conformément à une décision prise par le gouvernement depuis 2012 et qui n’a pas été appliquée.

Les manifestants accusent les pouvoirs publics de les avoir totalement abandonnés: «On n’a pas de travail, on n’a rien dans ce pays. Et puis on nous dit de ne pas mendier»… «Ce n’est pas parce que tu es boiteux, parce que tu es manchot. Ce n’est pas parce que tu es aveugle que tu dois être considéré comme un morceau de malien», lancent-ils au micro de la BBC.

Des avancées technologiques au service des handicapés
Le Mali compte deux millions de handicapés, soit 15% de la population. Une loi destinée à les protéger et à leur accorder une assistance adaptée vient d’être adoptée par l’Assemblée nationale le 10 mai 2018. Le président de la Fédération malienne des personnes handicapées, Moktar Bah, espère que cette loi ne restera pas qu’un chiffon de papier.

«Les avancées technologiques récentes représentent un atout. Elles pourraient faciliter l’aménagement des lieux de travail accessibles et faciliter la communication pour les personnes ayant une incapacité auditive liée à la parole ou au langage, à réduire l’incapacité intellectuelle, à faciliter la lecture ou l’utilisation d’un ordinateur pour les personnes ayant une incapacité visuelle», plaide-t-il.

Stop aux actes de maltraitance contre les handicapés
Au Sénégal, une vidéo mise en ligne le week-end du 9 juin a provoqué de nombreuses réactions de colère sur la toile sénégalaise. On y voit une dame handicapée malmenée par un agent de sécurité. Cette affaire a suscité l’indignation jusqu’à la présidence du Sénégal. Le président Macky Sall a demandé à son gouvernement de déployer un plan spécial de lutte contre la maltraitance des personnes vivant avec un handicap.

Les handicapés de Conakry: des «porte-malheurs»
En Guinée, ils sont considérés comme une malédiction. Condamnées à mendier pour subvenir à leurs besoins, les personnes handicapées sont obligées de vivre dans la rue, en marge de la société.

«En Guinée, l’image de la personne handicapée est systématiquement associée à celle du mendiant. Par manque de trottoirs appropriés, ils sont obligés d’emprunter les mêmes voies que les véhicules avec tous les risques. Aucun système n’est mis en place pour leur permettre de se déplacer»,témoigne Fatoumata Chérif sur le site des Observateurs de France 24.

Pour elle, les sourds-muets sont parmi les plus vulnérables face aux problèmes de sécurité qui les guettent, confie-t-elle à l’AFP.

«Avec toutes les histoires de vols et de kidnapping que l’on connaît, les sourds-muets sont d’autant plus vulnérables qu’ils peuvent difficilement décrire ce qui leur est arrivé, puisque beaucoup de personnes handicapées sont analphabètes et peu de gens connaissent la langue des signes en Guinée», déplore Fatoumata Chérif. Elle espère qu’un projet de loi soumis à l’Assemblée nationale permettra aux personnes handicapées d’être identifiées et d’être enfin prises en charge.

«Il y a aussi le regard des autres. C’est compliqué»
Qu’ils soient Maliens, Guinéens, Ivoiriens… les handicapés redoutent une chose: le regard d’autrui.

«Le regard des autres, c’est compliqué, même dans nos familles. Certains nous rejettent parce que nous sommes handicapés», se désole Victoire Yao, une étudiante ivoirienne à l’université de Yamoussoukro. Handicapée gravement à la colonne vertébrale depuis sa naissance, elle vit toujours la tête penchée.

«C’est vraiment difficile en Afrique. Par exemple dans nos universités, les infrastructures ne sont pas construites en fonction de nous», explique-t-elle. Mais Victoire Yao est très enthousiaste ce jeudi 24 mai 2018. Pour la première fois, elle a assisté à un spectacle formidable: le concours de Miss Handicap Côte d’Ivoire. Une première.

Premier concours concours Miss Handicap Côte d'Ivoire à Abidjan en mai 2018
Accompagnée par un guide, une candidate malvoyante défile sur le podium lors du premier concours Miss handicap Côte d’Ivoire en mai 2018. © Photo AFP/Sia Kambou

Dix jeunes femmes, handicapées, défilent sur le podium. L’une, malvoyante, est accompagnée par un guide. Une autre marche avec une béquille. Une autre encore se déhanche avec des chaussures orthopédiques et une semelle compensée de 15 cm. Leur courage suscite l’admiration des spectateurs qui les acclament.

«La beauté du monde, c’est la différence. On fait partie d’une minorité et on doit se faire entendre de la majorité… Beaucoup de handicapés ne sont pas scolarisés. Ils restent enfermés à la maison. On laisse ces gens sans formation, sans études», déplore la chanteuse Nuela, l’organisatrice de cet événement. Née avec une malformation congénitale aux jambes, elle a été opérée 36 fois et marche toujours avec douleur.

La Côte d’Ivoire est le deuxième pays africain à organiser le concours après le Cameroun qui en est à sa troisième édition. Les organisateurs ont promis d’initier un concours Miss Handicap Afrique. Il s’agit, espèrent-ils, de lutter contre «une double discrimination», contre les femmes et contre le handicap.

Me Sidiki Kaba, ministre des Affaires étrangères : « Rester dans le peloton de tête des pays les plus respectueux des droits de l’homme »

En 7 minutes, Sidiki Kaba, ministre des Affaires étrangères et des Sénégalais de l’extérieur, a tenu, en haleine, hier, la grande salle des droits de l’Homme et des civilisations, à l’occasion de sa participation à la 37ème session du Conseil des droits de l’Homme des Nations-Unies, à Genève.

GENEVE-(Suisse) – «Le Sénégal, fidèle à une longue tradition puisée dans sa culture de tolérance, de respect de la différence, continuera de rester dans le peloton de tête des pays les plus respectueux des droits de l’homme. C’est dans ce cadre d’ailleurs que notre pays soumettra son rapport à la 31ème session de l’Epu (Ndlr Examen périodique universel), en novembre 2018»,  a martelé   le ministre des Affaires étrangères et des Sénégalais de l’extérieur, Maître Sidiki Kaba. Il a ainsi réaffirmé l’ancrage du Sénégal dans le concert des nations respectueuses des droits de tous les humains. C’est, dit-il, l’esprit de la politique menée par le chef de l’Etat Macky Sall et son gouvernement avec le concept d’un Sénégal pour tous, un Sénégal de tous» qui a pour ambition d’améliorer, chaque jour, davantage, les conditions de vie des concitoyens.

Me Kaba a assuré que le Sénégal continuera d’accorder une attention particulière aux droits de l’enfant, des femmes et des personnes âgées, des personnes handicapées mais aussi à l’élargissement des espaces de libertés et la promotion des droits économiques et sociaux.

S’agissant des enfants, le Sénégal est alarmé par le dernier rapport de l’Unicef qui indique que plus de 250.000 enfants sont impliqués dans les conflits armés. « La place de ces enfants est dans les écoles ou dans les centres de formation. Il nous faut donc trouver des solutions pour mettre un terme à l’enrôlement des enfants dans les conflits », a plaidé Maître Kaba. La question des enfants dans les conflits armés, sera abordée d’ailleurs par la présente session.

Concernant les personnes handicapées, le Sénégal, en tant qu’Etat partie à la Convention sur les droits des personnes handicapées, a pris d’importantes mesures pour renforcer les droits de cette couche vulnérable, a souligné le ministre.

A côté de la loi d’orientation sociale, n° 2010-15 du 6 juillet 2010, cadre de référence du dispositif institutionnel en matière de prise en charge et d’intégration des personnes handicapées, le gouvernement du Sénégal a aussi institué la Carte d’égalité des chances qui est une mesure à fort impact social. «Elle consiste en un système de protection sociale qui leur offre des avantages multiformes dans les domaines de la santé, de l’appareillage, du transport, de l’éducation, de la formation, des financements, de l’emploi, entre autres.  A ce jour, 50.000 cartes ont été établies au profit des personnes handicapées», a précisé Maître Kaba.

Protéger les migrants et les refugiés
S’agissant des migrants et autres réfugiés, «notre devoir est de protéger ces personnes confrontées à de nombreuses difficultés qui ont pour nom xénophobie, négation de leurs droits, discrimination, bref toutes sortes de pratiques jugées inhumaines et dégradantes qui contribuent à les fragiliser et à les rendre vulnérables», a -t-il martelé. En vue de mettre un terme à ces difficultés, le Sénégal encourage l’ensemble des parties prenantes à finaliser, courant 2018, les deux Pactes en cours de négociation portant sur la migration et les réfugiés. Ceux-ci viendront renforcer les instruments internationaux déjà en place sur ces deux problématiques.

La coïncidence entre la 37ème session du Conseil des droits de l’homme et le 70ème anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’homme (Dudh) ainsi que le 25ème anniversaire de la Déclaration de Vienne et du Programme d’action (Vdpa), constate Sidiki Kaba «interpelle la conscience de la Communauté internationale sur les engagements pris à l’occasion de l’adoption de ces deux grands instruments, qui sont des références de portée universelle en droits de l’homme». Ainsi, a-t- il appelé la communauté internationale à «travailler ensemble pour préserver le caractère indivisible, universel et interdépendants des droits de l’homme». Il avait fait état de l’importance de l’éducation qui «libère» et du multilatéralisme. «Continuons de refuser le repli identitaire, les discours populistes, xénophobes et extrémistes», pour ne pas éteindre l’espoir né de la création, en juin 2006, du Conseil des droits de l’Homme sur les cendres de la Commission. Rappelons par ailleurs que le Conseil des droits de l’homme incarne le 3ème pilier fondamental des Nations unies, aux côtés de la paix et de la sécurité internationales et du développement.

Notons que le Sénégal, par la voix de Me Kaba, a eu le privilège de s’adresser, dans la matinée, au Segment de haut niveau du Conseil des droits de l’Homme de l’Onu. Une place de choix bien mérité au vu de la brillante élection de ce pays, en octobre dernier, pour la période 2018-2020.

El Hadji Gorgui Wade NDOYE