Politique de protection sociale du Sénégal : Le Sénégal inspire le Congo

La Direction générale de l’action sociale (Dgas) a reçu une délégation venue de la République du Congo. Celle-ci entre dans le cadre d’un partage d’expériences dans le domaine de la politique de protection sociale.

Le Sénégal a répondu favorablement à la sollicitation du gouvernement de la République du Congo pour un partage d’expériences dans le domaine de la protection sociale. L’Etat du Sénégal, par le biais du ministère de la Santé et de l’action sociale, va accompagner le Congo dans la prise en compte du handicap dans les politiques de développement. La politique de protection sociale, le traitement des personnes handicapées dans la politique du régime avec notamment leur représentation dans toutes les structures de décision ont poussé la République du Congo à venir s’inspirer du Sénégal.
Ainsi, une délégation du secrétariat exécutif permanent du Conseil consultatif des personnes handicapées de la République du Congo a souhaité, dans le cadre de la coopération technique relative au domaine du handicap, avoir un échange d’expériences sur le processus de production de la carte d’égalité des chances en faveur des personnes handicapées du Sénégal. Ce jeudi, un atelier d’échanges, présidé par la directrice de l’Action sociale, a réuni autour d’une table la Fédération sénégalaise des personnes handicapées et la délégation du Congo. Selon Jean Dedieu Ngoma, qui a dirigé la délégation congolaise, le choix du Sénégal se justifie par l’existence d’importantes politiques telles que la loi d’orientation sociale, la carte d’égalité des chances. M. Ngoma explique : «Nous avons pensé que le Sénégal était le premier pays africain que nous pouvons visiter étant donné qu’il a mis en place un système de carte d’égalité des chances, et qu’il fallait qu’on s’en inspire.»
La directrice de l’Action sociale s’est quant à elle félicitée de cette visite de travail, qui entre dans le cadre de la «coopération Sud-Sud». Selon Arame Top Sène, «c’est un grand honneur pour la Direction générale de l’action sociale d’accueillir des partenaires d’un autre pays qui viennent s’inspirer d’une expérience que nous avons développée au Sénégal et qui apparait chez eux comme innovation».
En plus de cette «innovation sociale», qui pousse les autres pays à venir s’inspirer de l’expertise sénégalaise dans ce domaine de la protection sociale, la Dgas n’a pas manqué d’annoncer que l’objectif de son service est d’accéder à l’autonomisation des personnes vivant avec un handicap. Dans cette optique, elle souligne : «Nous visons l’autonomisation, nous voulons que les personnes appuyées aillent vers l’autonomisation.»
Le Sénégal et la République du Congo mettront à profit cette visite pour passer en revue l’expérience de la carte d’égalité des chances, notamment dans ses aspects d’articulation avec les programmes Bourses de sécurité familiale, la Couverture maladie universelle, entre autres programmes.

Drissa Konaté, un albinos handicapé touche-à-tout, se débrouille à Abidjan

Drissa Konaté dit « Le blanc », un jeune albinos Ivoirien de 37 ans, résident à Abobo, une commune populaire dans le Nord d’Abidjan, est un véritable touche-à-tout qui s’adonne à toute sorte de petits-métiers de la débrouille pour s’occuper de son épouse et de ses quatre enfants. Chaque jour est un défi pour « Le Blanc ». Ce jeune homme qui n’émarge pas dans une entreprise de la place, ne manque pas de saisir des opportunités pour trouver sa pitance quotidienne et mettre sa famille à l’abri du besoin.

 Le Blanc qui dit ne pas considérer l’albinisme comme un véritable handicap, a su, au fil des ans, décomplexer ses relations avec son entourage et sa famille où il est le seul albinos. « Je fais un peu de tout, la plomberie, l’électricité et je suis souvent aide-maçon», confie-t-il.   

Auparavant commerçant au marché d’Adjamé, une cité dans le Nord d’Abidjan, abritant le plus grand centre commercial du pays, Le Blanc, continue de composer avec ses anciens clients qui sont pour la plupart dans son quartier. 

En dépit de son handicap, il assure ses charges familiales avec déférence. Fier de tenir le pavé haut, ce trentenaire épie les occasions pour s’attirer la manne financière. « Tout se passe bien avec mon épouse, mes enfants et mes frères et sœurs », lance-t-il. 

Poursuivant son histoire, il fait savoir, qu’au départ, il peinait à avoir des clients pour démontrer son savoir-faire. « Certains me sous-estimaient alors que d’autres m’encourageaient. Mais malgré tout ceci, je n’ai pas cédé au découragement. Ils ont fini par me faire confiance», rapporte-t-il, d’un air jovial.   

« Je suis membre d’une association de personnes handicapées. Mais depuis lors, les possibilités d’insertion offertes sont en faveur de ceux qui ont des diplômes. Or, moi mon cursus scolaire s’est achevé à l’école primaire (CP2) et après j’ai suivi des cours à l’enseignement islamique », dit-il.   

Drissa Konaté invite les albinos et autres handicapés à « ne pas écouter ceux qui les sous-estiment »  et à se « se battre car dans la vie on ne sait jamais ». Ses multiples activités lui permettent aujourd’hui de diversifier ses revenus.    

Environ 453.000 personnes en situation de handicap ont été dénombrées en Côte d’Ivoire avec 90% d’handicapés physiques et 10% d’handicapés psychiques selon le recensement général de la population et de l’habitat de 2014. A l’instar de Le Blanc, plusieurs personnes handicapées exercent à leur propre compte et gagnent leur vie.

Insertion et emploi : Seydi Gassama plaide une meilleure prise en charge des personnes handicapées

Le Secrétaire exécutif d’Amnesty international a plaidé une meilleure prise en charge des personnes handicapées au Sénégal, lors d’une rencontre à Tambacounda.

Le Secrétaire exécutif d’Amnesty international a plaidé une meilleure prise en charge des personnes handicapées au Sénégal, lors d’une rencontre à Tambacounda.

« Aujourd’hui, il n’y a pas de traduction du journal télévisé en langage des signes, même sur la chaîne publique, la RTS. Dans la construction des édifices publics, non plus, on ne prend pas en compte les personnes handicapées », a déploré Seydi Gassama.

Par ailleurs, a souligné le Secrétaire exécutif d’Amnesty International, « il faut une politique qui permette d’atteindre les 15% d’emplois pour les personnes handicapées. Je pense qu’en dehors du service public, l’Etat peut prendre des mesures incitatives, notamment l’exonération fiscale pour le privé, pour faciliter l’emploi de personnes handicapées », a encore dit Seydi Gassama.

Khadim TALLA, Président de Handicap.sn lauréat de la 2ème édition du Gala des Baobabs

Retour en images de la 2ème édition du Gala des Baobabs organisé par le centre de développement Solidaire et Inclusif d’Aïssatou Cissé, Conseillère Spéciale en charge des Couches Vulnérables et des personnes handicapées du Président de la République du Sénégal Macky SALL, qui s’est tenu ce samedi 29 juin 2019 à l’hôtel Radisson Blu de Dakar.

C’est en ces termes que s’est exprimé M. Khadimou Rassoul TALLA, Président de l’association handicap.sn et lauréat du Prix Macky SALL pour service rendus aux Personnes Handicapées dans le domaine de la formation, stage, l’emploi et l’entrepreneuriat.

« Merci aux Comités d’organisation, aux comités scientifiques, le choix porté sur ma personne parmi les lauréates et lauréats de cette édition.

Je dédie cette reconnaissance à Mes parents (Mon père, ma mère, mes frères, soeurs et toute la famille en générale) qui ont cru en moi, en me scolarisant dans des établissements qui prônent l’excellence et en me soutenant financièrement et moralement afin de réussir à avoir une vie socioprofessionnelle accomplie.

Merci au Ministère de la Culture et de la Communication du Sénégal, la Direction de la Cinématographie, Hugues DIAZ, qui ne cesse d’accompagner les initiatives dans le domaine du Handicap, les Directeurs et Chefs de Services du Ministère et de la Direction de la Cinématographie, mes collègues de la DCI etc.

Je remercie également l’association handicap.sn pour le choix porté sur ma personne pour la présidence de cette association depuis 2015 et les organisations des Associations de Personnes Handicapées.
Les présidentes et Présidents du Conseil National de la Jeunesse du Sénégal, mes amis physiques, mes amis virtuels (Réseaux sociaux).

Cette distinction m’exhorte et m’encourage à persévérer davantage dans le milieu professionnel, associatif etc.

Encore une fois merci à toutes et à tous pour votre soutien inconditionnel.

Dieuredieuf a Diarama !!! »

Lettre ouverte à son excellence Monsieur Macky Sall président de la République du Sénégal

Monsieur le Président de la République , je vous adresse cette  lettre pour vous assurer de l’intérêt tout particulier que nous, personnes vivant avec un handicap accordons au dialogue national.

Le dernier recensement général de la population et de l’habitat nous crédite de 6% environ de la population. En effet ,nous sommes  900 mille atteints par le handicap, avec nos parents et descendants obligatoirement affectés par ce handicap. 

Derrière chacun d’entre nous une histoire de vie, plus tragique que rayonnante du fait des multiples problèmes auxquels nous sommes confrontés. 

Et pourtant notre lutte pour les Droits Economiques Sociaux et Culturels remonte à des décennies mais hélas les solutions arrivent en mode   «  Very Slow Track. » Jugez-en  

1992 les associations de personnes handicapées posaient la nécessité d’une loi d’orientation sociale pour la promotion et la protection de leurs Droits Economiques, Sociaux et Culturels. C’était lors de  rencontres avec la Direction de l’Action Sociale, autour de Madame Sèye et de ses collaborateurs dont Monsieurr Coly, chef de la division des handicapés. La division qui avait en charge la solution à nos problèmes était alors logée en centre-ville, au deuxième étage d’un immeuble vétuste et sans ascenseur, qui a valu à plusieurs d’entre nous des chutes mémorables,  en tentant vaille que vaille de gravir les escaliers extrêmement raides. 

2001  Tenue d’un conseil interministériel sur le handicap et la nécessité d’élaboration et d’adoption d’une loi d’orientation sociale que tous les acteurs de la lutte pour la transformation qualitative des conditions des personnes vivant avec un handicap attendaient de tous leurs vœux et l’avaient exprimé lors de différentes rencontres. 

2010 Adoption de la loi d’orientation 2010 -15 du 6 juillet 2010 relative à la promotion des droits des personnes handicapées.

2012 Annonce de la signature du premier décret d’application de la loi d’orientation sociale, sur une dizaine attendue.

2014 Mise en place des commissions départementales chargées d’instruire les demandes de cartes d’égalité des chances 

Février 2018    Tenue d’un Conseil Interministériel  portant entre autres sur l’urgence à adopter un programme de réadaptation à base communautaire.

1992 /2018  soit plus de vingt-cinq années pour arriver à mettre en place une architecture institutionnelle pour la prise en charge des besoins essentiels des personnes handicapées. Ce n’est certainement pas ce qu’on peut considérer comme du « fast track »

Et pourtant des drames individuels sont vécus dans l’anonymat ou le dénuement complet. Combien de valeureux acteurs de la lutte s’en sont allés ? Bamba N’Diaye, Mamadou Wane, Youssou Diallo, Gatta Ba, Khady Guèye de Mbour, pour ne citer que ceux là. Mais certains de leurs amis sont encore debout pour continuer le combat et d’autres plus jeunes les ont rejoints car les problèmes sont loin d’être réglés et les défis toujours exaltants à relever. 

Toutes ces dates étaient supposées induire un mieux-être dans la vie des personnes handicapées, étape par étape. 

Comme le disait fort justement Madame Awa Marie Coll Seck ministre de la santé, « la loi d’orientation sociale constitue un cadre de référence de notre dispositif institutionnel en matière de prise en charge et d’intégration des personnes handicapées dans notre société » 

Dès l’article premier le législateur donne le ton en affirmant sans ambages que « la présente loi vise à garantir l’égalité des chances des personnes handicapées ainsi que la promotion et la protection de leurs droits contre toutes formes de discrimination »

Dès lors, tous les espoirs étaient permis pour les personnes vivant avec un handicap surtout au vu des domaines visités par la loi. Hélas depuis, l’euphorie commence à céder la place au désenchantement tant la mise en œuvre des programmes qui sous tendent la loi est d’une lenteur désespérante.

Pour s’en convaincre il suffit de passer en revue les domaines visités par la loi et de faire l’inventaire des réalisations. 

         Le droit d’accès aux soins de santé, les actions sociales et la prévention 

Les associations de personnes handicapées, toutes catégories confondues, ont fait de ce point la porte d’entrée de  toute politique visant à promouvoir l’égalité des chances. Dès qu’apparaît le handicap se pose la redoutable question de la prise en charge sanitaire, de l’appareillage entre autres. S’il est vrai que des maladies sont éradiquées ou en voie de l’être comme la polio ou la lèpre, d’autres tout aussi handicapantes font des ravages dans notre pays.il suffit de voir les séquelles de maladies cardiovasculaires, neurologiques du diabète par exemple. Les accidents du travail, de la circulation voire domestiques constituent des causes de handicap souvent très lourds. Ceci engendre des coûts de prise en charge élevés sans compter la perte de productivité qui en découle. De quoi initier des politiques agressives en matière de prévention. Or sur ce plan, comme sur le Droit d’accès aux soins, nul changement majeur n’est noté depuis l’adoption de la loi. La preuve la plus palpable réside dans les coûts toujours exorbitants des appareils, orthèses ou prothèses, l’indisponibilité des crèmes solaires pour les albinos, point n’est besoin d’être exhaustif. Les accidents de la circulation se multiplient, mais avec toujours une insuffisance notoire  de suivi et de permanence dans les politiques de prévention. 

La carte d’égalité des chances devait être un moyen de lutte contre les inégalités. Elle doit surtout permettre l’amélioration de  l’accès des personnes handicapées aux services sociaux de base comme la C.M.U.  La lenteur de distribution de telles cartes est exaspérante et va surtout à l’encontre de votre  volonté,  Mr le Président de la République, vous qui avez   tenu à présider personnellement la cérémonie de lancement. Toute personne bénéficiaire de la carte devrait automatiquement avoir la bourse de sécurité  familiale. C’était votre souhait, vous l’avez dit avec toute la solennité requise.  A ce jour, des milliers de personnes handicapées détentrices de la carte d’égalité n’y ont pas droit.  Alors,  négligence dans l’application des directives du Chef de l’Etat, ignorance ou mépris des dispositions de la loi ou alors sabotage pur et simple ? A moins que ce ne soit le « slow track » qui continue inexorablement.

L’éducation, la formation professionnelle et l’emploi

L’éducation est un droit garanti par la Constitution. Elle est gratuite, dans les textes, assurément. Mais la réalité révèle,  au quotidien,  que les mesures d’ordre public ne règlent pas toujours les problèmes spécifiques. Où va étudier le jeune handicapé visuel né à Kolda ou Bandafassy si l’on sait que le centre d’éducation qui lui est accessible se trouve à Thiès ? Les enfants déficients intellectuels, en dehors du CIFDI de grand Yoff doivent débourser des montants dissuasifs pour la plupart pour avoir le droit d’étudier. Une belle entorse au principe de gratuité et surtout d’égalité des chances. Aucune bourse, aucune allocation n’est offerte à ces enfants et pourtant comme le disait notre regrettée sœur Maitre Aminata M’Baye fondatrice de ASSEDEM « Dom Domla »

L’éducation inclusive qui fixe l’enfant handicapé en milieu ordinaire, dans les écoles de son quartier ou de son village est toujours en phase expérimentale, malgré toutes les études menées et l’incroyable ressource que constituent les enseignants déjà formés à cet effet. 

Faute d’accès à l’éducation, l’enfant handicapé peut difficilement faire valoir son droit  à la formation professionnelle. Le niveau d’instruction requis pour entrer dans les centres de formation de l’Etat exclut de fait bien des personnes atteintes de déficience. Il s’y ajoute les barrières architecturales, sans parler des préjugés. 

Sans diplôme, sans métier, comment le jeune sénégalais handicapé peut il prétendre à un emploi  décent? 

Il est vrai que 15% des emplois dans la Fonction Publique nous sont réservés, mais quid de la réalité ? Quelles sont les mesures pratiques et concrètes prises dans ce sens ? Quel est l’organe qui pilote ce dossier pour en faire une réalité ? 

l’accessibilité, l’habitat, le cadre de vie et l’accès à la terre

Les barrières architecturales constituent un cauchemar pour les personnes à mobilité réduite. C’était le cas en 1992 et avant, c’est encore d’actualité de nos jours. Rares sont les bâtiments publics qui respectent les normes en matière d’accessibilité. 

En matière d’habitat et d’accès à la terre, les personnes vivant avec un handicap sont, pour l’écrasante majorité dans une précarité endémique. Comment s’en étonner lorsqu’on sait qu’elles sont sous scolarisées, très peu qualifiées et plus atteintes par le chômage que le sénégalais lambda ? Ainsi le droit au logement est pour le moment presque chimérique si toutes choses restent égales. Comment constituer un apport, faire face à des mensualités si l’on n’a pour dénominateur commun que  l’absence de revenus fixes ?  

Droit aux sports, loisirs, art et culture

Les personnes handicapées du Sénégal ont fini de montrer leurs capacités en ces matières. Le Sénégal, en la personne de Youssoupha Diouf, a remporté  la médaille d’or de lancer de javelot aux Jeux Africains de Brazzaville, record d’Afrique à la clef. Des efforts importants ont été faits pour faire du droit au sport une réalité. Néanmoins les politiques publiques ne tiennent pas compte de la spécificité du sport pour personnes handicapées. Les centres d’éducation spécialisés n’ont pas d’infrastructures sportives, encore moins de professeurs d’éducation physique. Le matériel du sportif handicapé est d’un coût prohibitif. La pratique, bien évidemment, s’en ressent. 

Il n’y a pas de politique culturelle  visant spécifiquement les personnes handicapées. 

L’écrasante majorité des lieux de loisirs est inaccessible, ce qui veut dire en langage clair que les handicapés n’y sont pas attendus.   

Qui peut oser dire que les handicapés ont des chances égales à celles des valides dans le Sénégal d’aujourd’hui ? Qui peut oser dire que l’Etat, les Sociétés du secteur privé, la Société Civile, les Mécènes ont fait leur part du job pour que l’objectif soit atteint ? Il nous faut admettre que seule l’implication de tous les secteurs de la Nation peut garantir l’efficacité des politiques publiques en matière de handicap. Au-delà des Droits, l’Egalité des Chances ressortit de la Solidarité Nationale. 

 Mais l’efficience nécessite une prise en charge spécifique. 

La tutelle des personnes handicapées change au gré des remaniements ministériels sans que les problèmes rencontrés ne trouvent de solutions durables.  Il ne saurait en être autrement vu leur caractère transversal. Les domaines touchant le handicap sont multiples et variés, leur solution dépendant de plusieurs ministères sans aucune structure de contrôle et de coordination. 

C’est la raison pour laquelle l’article 48 de la loi d’orientation sociale   dispose « Il est créé à la Présidence de la République une Haute Autorité chargée de la promotion et de la protection des Droits des Personnes Handicapées, ayant pour objectif d’appuyer les efforts de l’Etat dans l’élaboration des politiques nationales et les stratégies sectorielles dans tous les domaines touchant le handicap. » 

La Haute Autorité n’est pas un luxe, ce n’est pas une structure de plus ni une structure parmi tant d’autres. Elle ne dépouille pas le ministère en charge du handicap de ses prérogatives régaliennes. Elle peut faire avancer la politique de promotion et de protection des personnes handicapées car ce sera sa seule raison d’exister. En tous lieux et tous temps la Haute Autorité aura une force d’interpellation de tout acteur ayant la moindre responsabilité dans ce domaine. Elle tirera surtout sa légitimité et ses prérogatives de vous-mêmes Mr le Président. Elle vous rendra compte directement. L’enjeu vaut bien que vous l’installiez pour juger des résultats et de l’avancée de la cause. 

A l’examen des problèmes prioritaires déclinés depuis longtemps par les associations de personnes handicapées, force est de reconnaitre que nous sommes très loin  du fast trak dans la réalisation des D.E.S.C. des personnes vivant avec un handicap. Le dialogue national, auquel il vous plaira certainement nous convier, permettra de marquer une étape nouvelle dans la matérialisation des mesures pratiques qui feront bouger les lignes. Nous remettons notre sort entre vos mains. Avec beaucoup d’espoir !

Santi Sène HAGNE

Député Maire

Président de la Fédération Nationale Paralympique Handisports

Membre du Bureau de la F.S.A.P.H.

Coordinateur du Mouvement « FORCES EN ROUTE »

Dakar le 13 /05/2019

Environ 453 000 personnes handicapées dénombrées en Côte d’Ivoire

Environ 453 000 personnes en situation de handicap ont été dénombrées en Côte d’Ivoire avec 90% d’handicapés physiques et 10% d’handicapés psychiques, a appris APA sur place dans la capitale économique ivoirienne.

L’information a été donnée vendredi par Victorien Koné, le directeur de la protection des personnes handicapées  au ministère de l’emploi et de la protection sociale qui s’exprimait sur le thème de la protection des handicapés dans un panel de la première édition des Journées de la prévoyance et des actions sociales (JPAS).

« Si nous nous référons au Recensement général de la population et de l’habitat de 2014 (RGPH 2014), on a dénombré environ 453 000 personnes handicapées en Côte d’Ivoire. Environ 90% sont des handicapés physiques et 10% des handicapés psychiques. Dans cette population, nous avons 58% d’hommes et 42% de femmes et environ 70% de ces personnes handicapées vivent en milieu rural », a révélé M. Koné parlant de la représentation statistique des handicapés en Côte d’Ivoire.

Par ailleurs, il a indiqué qu’une enquête effectuée en 2013, a dénombré 517 personnes en situation de handicap inscrites dans les grandes écoles et universités en Côte d’Ivoire dont 130 handicapés sensoriels.

«Les personnes handicapées sont classées en deux grands groupes que sont les handicapés physiques et les handicapés psychiques. En Côte d’Ivoire, nous avons adjoint d’autres catégories de personnes que sont les personnes de petites tailles ( nains, moins de 1m40), les personnes bègues et les personnes vivant avec l’albinisme », a-t-il, fait savoir, soulignant que cela est une « exception ivoirienne ».

Poursuivant, il a égrené une série de difficultés auxquelles sont  confrontées ces personnes dites handicapées dans le pays. Il a cité  entre autres, des problèmes d’état-civil, l’accès difficile au transport  et le difficile accès à la formation et à l’emploi.

Malgré ces  difficultés, M. Koné a salué les réponses  du gouvernement ivoirien face  aux problèmes des personnes handicapées. Selon lui, cette réponse de  l’État se situe à quatre niveaux.

« En matière d’éducation, la Côte d’Ivoire a mis l’accent sur l’éducation des handicapés… 1165 personnes handicapées ont fait leurs entrée à la fonction publique depuis 1997 à ce jour. L’État de Côte d’Ivoire a aussi ratifié toutes les conventions relatives aux droits des personnes handicapées », s’est-il félicité, estimant que « les perspectives sont bonnes, mais beaucoup reste à faire ».

Plusieurs autres panels ont été animés au cours de cette deuxième journée des JPAS dont celui de Madelaine Oka-Balima, la responsable des programmes à ONU Femmes sur le thème de la protection des femmes. De son avis, l’égalité des droits entre homme et femme est une « grosse contrainte à l’atteinte de l’émergence » qu’ambitionne la Côte d’Ivoire.

La première édition des Journées de la prévoyance et des actions sociales (JPAS) s’est ouverte jeudi à Abidjan autour du thème : « quelle politique de prévention pour la protection des personnes ? ».

Ces assises qui s’achèvent ce vendredi ont pour objectif général de réunir tous les acteurs du secteur de la prévoyance sociale (Caisse générale de retraite des agents de l’État, CGRAE), Caisse nationale de prévoyance sociale (CNPS), Office national de la protection civile (ONPC), experts en assurances…afin d’échanger et sensibiliser les personnes et les entreprises sur les risques auxquels elles sont exposées et leur présenter les différentes offres de service proposées.

Plusieurs communications ont également meublé la première journée de ce conclave dont celle sur la protection sociale des travailleurs du secteur public faite par l’institution de prévoyance sociale- Caisse générale de retraite des agents de l’État ( IPS-CGRAE) dirigée par  Abdrahamane Berthé.

LB/ls/APA

Koussanar : pour une histoire de sandales, elle tue son jeune frère handicapé d’un coup de bâton

Les faits se sont déroulés le lundi 13 mai dernier, au village de Touba Thiapo, dans la commune de Koussanar, dans le département de Tambacounda. Une dame de 50 du nom de Aldiouma Ba était à la recherche des sandales de sa fille. Ces recherches la mèneront jusqu’au domicile de son jeune frère de 38 ans, Sadio Ba, handicapé à la suite d’un accident de la circulation. Sur place, la dame a voulu s’emparer d’une paire de sandales noires, ce à quoi son cadet s’est imposé, soutenant que les chaussures appartiennent à son fils, rapporte L’Observateur.

S’en suit une vive altercation. La dame s’arme alors d’un bâton, alors que son frère tenait une cravache. Aldiouma Ba asséna un violent coup de bâton à Sadio Ba, lui occasionnant la fracture du 7ème vertèbre. Il succombera à ses blessures lors de son transfert à l’hôpital.
Aldiouma Ba sera arrêté le 15 mai dernier et déférée au parquet de Tamba le lendemain. Devant la barre, elle a nié les faits, mais sera confondue par tous les témoins. Le procureur a requis 2 d’emprisonnement ferme pour coups et blessures ayant entraîné la mort sans intention de la donner. Le délibéré est attendu le 29 mai prochain.

Handicap.sn : khadimou Rassoul TALLA réélu à l’unanimité

L’association handicap.sn a organisé son Assemblée Générale Extraordinaire ce samedi 20 avril 2019 conformément à l’article IX du statut, stipulant que les membres du bureau sont élus pour une durée de 3 ans.

La séance de lancement des travaux de cette assemblée a eu lieu à 13 h 00 mn.

En effet, sous la présence effective de Monsieur Abdoulaye Mamadou MBOW, chef du Service Régionale de l’Action Sociale de Dakar, représentant de la Direction Générale de l’Action Sociale du Ministère de la Santé et de Madame Fatou Bintou BARRY, Animatrice du projet Emploi & Handicap,  représentante de l’ONG Humanité & Inclusion anciennement appelée Handicap International qui a déjà eu à accompagner handicap.sn.

Monsieur TALLA a présenté le rapport d’activités de l’association Handicap.sn durant la période allant de 2015 à 2018, ainsi qu’une présentation des rapports financiers des activités organisées par ladite association.

L’assemblée a adopté les rapports du bureau sortant en félicitant Monsieur Khadimou Rassoul TALLA pour les efforts consentis de 2015-2018. Notamment, avec la création du portail de l’association www.handicap.sn, l’organisation de l’événement Inclusion’Art dans le cadre de la Biennale de 2018, la formation des membres, les stages dans les banques et les institutions étatiques, les financements de l’ANPEJ et l’insertion socio professionnelle des membres de handicap.sn, le cas de l’hôtel Pullman du groupe ACCOR.

Monsieur MBOW, représentant de la Direction Générale de l’Action Sociale a félicité les membres de l’association Handicap.sn d’avoir eue le courage, la force et la hardiesse d’organiser l’assemblée Générale de renouvellement des instances de décision, en précisant que cela n’est pas du tout évident surtout dans les organisations des associations de personnes handicapées.

Madame BARRY, de l’ONG Humanité & Inclusion félicite handicap.sn pour son travail remarquable dans le cadre du projet EMPHAS et du nouveau projet Emploi et Handicap, Madame DIOP, cheffe du projet empêché lui a demandé de lui représenter dans cette assemblée.

Après la démission du bureau sortant Monsieur Abdoulaye Mamadou MBOW a présidé au  renouvellement des membres du bureau et de son comité.

Les membres du Bureau élus :

  1. Président : Khadimou Rassoul TALLA
  2. Vice-présidente : Khadija DEME
  3. Secrétaire Général : Attinding Pascal David DIATTA
  4. Secrétaire Général Adjoint : Khadidiatou SOUMARE
  5. Trésorier Général : Maderby NIANG
  6. Trésorier Général adjoint : Insa DIOUNKOU

 En guise de discours de clôture de cette Assemblée Générale Extraordinaire, Madame Khadija DEME, vice-présidente a exhortée les membres nouvellement élus à consolider les acquis afin de mieux faire que le bureau sortant.
La séance de clôture des travaux de cette assemblée a eu lieu à 17 h 30 mn.

Rencontre d’échange et de partage au British Council Sénégal

L’association handicap.sn a répondu, ce mercredi 10 avril 2019  à l’invitation du British Council, situé à la Rue AAB-68, Zone B.

La délégation présente sur les lieux était composée de Mme Khadija DEME (Conseillère Commerciale Automobile chez Japan Motors Senegal), M. Cherif KA (Master 2 en Ressources humaines, stagiaires dans plusieurs structures et services bancaires),  et de Monsieur Attinding Pascal David DIATTA (Responsable Conception Suivi et Evaluation) et de M. Khadimou Rassoul TALLA (Responsable Informatique et des TIC à la Direction de la Cinématographie du Ministère de la Culture et de la Communication).

Khadimou Rassoul TALLA, Président de l’association handicap.sn, au nom de la délégation qui l’accompagnait saisi l’occasion qui lui était faite en remerciant chaleureusement le British Council pour cette invitation en poursuivant : « Normalement, c’était à nous de venir vers vous parce que depuis longtemps, nous avions eu des échos sur les opportunités de formation gratuite envers les personnes handicapées. Mais c’est le moment temps attendu, et toutes choses arrivent à son temps ».

Au cours de cette rencontre, Monsieur TALLA a présenté les missions, les objectifs et la vision de l’association handicap.sn.

Cette rencontre a été l’occasion pour le Président et de sa délégation de montrer l’engagement et la volonté de notre association à changer le regard et la vision négative de la société Sénégalaise en vers les personnes handicapées.

Monsieur DIOUF, Responsable des Examens au British Council Sénégal et l’Afrique de l’Ouest Francophone s’est quant à lui réjouit de l’organisation de notre association, qui est un modèle et une référence en termes d’informations spécifiques à la problématique du handicap au Sénégal. C’est par la présence web, les réseaux sociaux et les activités déroulées durant des années par handicap.sn que le British Council de Dakar serait ravi de collaborer avec handicap.sn.

Le Responsable des Examens nous a également précisé que le British Council, en termes d’accessibilité au sein de ses locaux travaillait avec des normes britanniques qui facilitent et rendent les différents compartiments de ces lieux accessibles aux personnes en fauteuils roulants.

Lors de cette rencontre, nous avons également été informé qu’au sein du British Council des politiques d’inclusion sociales dans le domaine de l’entreprenariat et l’emploi étaient mises en place et que des cours d’anglais étaient offerts aux personnes handicapées. En bref, nous avons été invités à saisir le plateau d’opportunités pour permettre à notre projet associatif de grandir et progresser.

Madame Dawn Long, la Directrice Nationale du British Council Sénégal nous a rejoint un peu plus tard pour non seulement nous féliciter de notre déplacement qui n’était pas dut tout évident, en nous encourageant et en nous félicitant du travail remarquable déjà accompli depuis un certain temps.

Dans la foulée, avec beaucoup d’enthousiasme elle nous a assuré de son plein engagement à collaborer avec nous afin de bénéficier de notre expertise et de rendre visible les politiques d’inclusion et d’égalités des chances des personnes handicapées au niveau du British Council Sénégal.

Khadim Talla / Handicap.sn

Le Comité des Droits des Personnes Handicapées examine le Rapport du Sénégal

Le Comité des droits des personnes handicapées a examiné, hier après-midi et ce matin, le rapport du Sénégal sur la mise en œuvre des dispositions de la Convention relative aux droits des personnes handicapées.

Le rapport a été présenté par le Directeur des affaires juridiques et consulaires au Ministère des affaires étrangères et des Sénégalais de l’extérieur, M. Martin Pascal Tine, qui a déclaré qu’au lendemain de la ratification de la Convention, le Sénégal a adopté la loi d’orientation sociale en 2010 relative à la promotion et la protection des personnes handicapées.  Le Sénégal a par ailleurs mis en place différents mécanismes de promotion et de protection des droits de l’homme.  Le chef de la délégation a souligné que la prise en charge du handicap était une question étroitement liée au développement en raison de sa connexité avec la lutte contre la pauvreté.  Le Sénégal a adopté en 2016 un instrument de mesure du handicap aligné sur les normes internationales.  La participation des personnes handicapées est prise en compte dans le processus d’évaluation du handicap et dans l’octroi d’une carte d’égalité des chances qui est un véritable système de protection sociale favorisant l’accès des personnes handicapées à des avantages multiples relatifs à la santé, la réadaptation fonctionnelle, l’éducation, la formation, les transports et les finances.

La délégation était également composée, notamment, du Directeur des droits humains au Ministère de la justice, M. Moustapha Ka; du Conseiller du Premier ministre chargé des questions de droits de l’homme, M. Mamadou Khouma; du Directeur des personnes handicapées au Ministère de la santé et de l’action sociale, M. Mamadou Lamine Faty; ainsi que de représentants de la Cellule d’appui à l’enfance et d’autres fonctionnaires du Ministère de la santé et de l’action sociale et du Ministère des affaires étrangères et des Sénégalais de l’extérieur.  La délégation a répondu aux questions des membres du Comité s’agissant notamment de l’appui aux associations de personnes handicapées; de la formation des enseignants et de l’inclusion des enfants handicapés dans le système éducatif; de la protection des femmes et des filles handicapées contre la violence; de l’accès des personnes handicapées aux soins de santé; de leur accès à la justice; des efforts menés pour favoriser l’autonomisation; de lutte contre la mendicité; de la protection de l’intégrité physique; de l’accès au marché du travail; de la situation des personnes atteintes d’albinisme.

Le rapporteur pour l’examen du rapport du Sénégal, M. Danlami Umaru Basharu, qui est également le Président du Comité, a exprimé des préoccupations concernant les formes multiples de discrimination, notamment le harcèlement sexuel à l’encontre des femmes et des filles handicapées, le manque d’accès à l’école, aux divertissements, et aux soins de santé pour les personnes handicapées.  Il a par ailleurs regretté l’absence de mention des personnes handicapées dans la Stratégie nationale pour l’équité et l’égalité des sexes ainsi que dans la loi d’orientation sociale.  Le Comité estime qu’il est nécessaire que le Gouvernement prenne des mesures immédiates et concrètes pour lutter contre les graves violences et les abus commis à l’encontre des femmes et des enfants handicapés et à adopter des mesures pour lutter contre la stigmatisation.

Le Comité adoptera, dans le cadre de séances privés, des observations finales sur le rapport du Sénégal qui seront rendues publiques après la clôture de la session, qui se termine le 5 avril prochain.

Le Comité entamera cet après-midi, à 15 heures, l’examen du rapport initial de l’Arabie saoudite (CRPD/C/SAU/1).

Présentation du rapport du Sénégal

Le Comité est saisi du rapport initial du Sénégal (CRPD/C/SEN/1), ainsi que de ses réponses (CRPD/C/SEN/Q/1/Add.1) à une liste de points à traiter que lui avait adressée le Comité.

M. MARTIN PASCAL TINE, Directeur des affaires juridiques et consulaires au Ministère des affaires étrangères et des Sénégalais de l’extérieur, a déclaré qu’au lendemain de la ratification de la Convention, le Sénégal a adopté la loi d’orientation sociale en 2010 relative à la promotion et la protection des personnes handicapées.  Le Sénégal a par ailleurs mis en place différents mécanismes de promotion et de protection des droits de l’homme.  La prise en charge du handicap devient, dès lors, une question étroitement liée au développement en raison de sa connexité avec la lutte contre la pauvreté.  Par ailleurs, le Sénégal a adopté en 2016 un instrument de mesure du handicap aligné sur les normes internationales.  La participation des personnes handicapées est prise en compte dans le processus d’évaluation du handicap et dans l’octroi d’une carte d’égalité des chances.  La « carte d’égalité » est un véritable système de protection sociale favorisant l’accès des personnes handicapées à des avantages multiples relatifs à la santé, la réadaptation fonctionnelle, l’éducation, la formation, les transports et les finances.  La Fédération départementale des associations des personnes handicapées est membre de jure de la Commission technique habilitée à apprécier les demandes individuelles d’octroi de ladite carte.

M. Tine a par ailleurs fait valoir que le Chef de l’État avait nommé des personnes handicapées à des postes de conseillers dans les institutions de haut niveau du pays.

Les mécanismes juridiques d’enregistrement des plaintes pour discrimination tiennent compte des droits des plaignants handicapés, a poursuivi le représentant.  Il a aussi souligné que la situation de handicap de la victime était considérée comme une circonstance aggravante en matière de sanctions prononcées contre les auteurs de violations des droits de l’homme.

Le chef de la délégation a par ailleurs attiré l’attention sur la création du Comité des femmes handicapées au sein de la Fédération sénégalaise des Associations des femmes handicapées qui est le principal mécanisme de promotion des droits et de participation des femmes handicapées à la conception et à la mise en œuvre des politiques publiques.  Par ailleurs, les femmes handicapées reçoivent une subvention de la Direction générale de l’action sociale et célèbrent chaque année la Journée internationale de la femme.

S’agissant des enfants handicapées, le recensement général de la population de 2013 manque de précision en ce qui concerne les données désagrégées sur la scolarisation des enfants handicapées, a reconnu M. Tine.  Les difficultés liées au recueil de statistiques sont en train d’être résorbées par la base de données générée par la production de la carte de l’égalité des chances.  Le chef de la délégation a par ailleurs reconnu l’absence de mesures spécifiques relatives à la participation des enfants handicapés aux processus décisionnels et aux politiques publiques qui s’inscrivent dans une approche globale.

Le Gouvernement déploie des efforts considérables dans la sensibilisation au handicap et plusieurs journées sont dédiées aux personnes handicapées, a poursuivi M. Tine.  La sensibilisation est accompagnée de mesures d’accessibilité applicables au cadre bâti, aux transports et aux technologies de l’information et de la communication.

Enfin, M. Tine a rappelé que le Sénégal restait ouvert à toute forme de coopération dans le domaine de la promotion des droits des personnes handicapées, en particulier avec les détenteurs de mandats dans le cadre des procédures spéciales, dont les demandes de visites recevront, incontestablement, une réponse favorable du Gouvernement, a conclu le chef de la délégation.

Examen du rapport

Questions et observations des membres du Comité

M. DANLAMI UMARU BASHARU, rapporteur du Comité pour l’examen du rapport du Sénégal, a félicité le Sénégal pour avoir répondu à la liste de points que le Comité lui avait présentée et a exprimé ses remerciements à toutes les organisations représentant les personnes handicapées et les organisations de la société civile sénégalais pour leur contribution aux rapports alternatifs.

Le rapporteur a exprimé des préoccupations concernant les formes multiples de discrimination, notamment le harcèlement sexuel à l’encontre des femmes et des filles handicapées, ainsi que les difficultés d’accès à l’école, aux divertissements, et aux soins de santé pour les personnes handicapées.  Il a par ailleurs regretté l’absence de toute mention des personnes handicapées dans la Stratégie nationale pour l’équité et l’égalité de genre et dans la loi d’orientation sociale.  Le Comité estime qu’il est nécessaire que le Gouvernement prenne des mesures immédiates et concrètes pour lutter contre les graves violences et les abus commis à l’encontre des femmes et des enfants handicapés alors qu’il s’est engagé à respecter l’objectif 5.2 (éliminer toutes les formes de violence faite aux femmes et aux filles, y compris la traite et l’exploitation sexuelle) du Programme de développement durable à l’horizon 2030 et à adopter des mesures pour lutter contre la stigmatisation.

Le rapporteur chargé du rapport du Sénégal a enfin souligné que le suivi et la mise en œuvre des dispositions de la Convention étaient des obligations de l’État partie et qu’un mécanisme de suivi indépendant, répondant aux exigences des principes de Paris, devrait, dans ce contexte, être mis en place.  M. Basharu a aussi invité le Sénégal à ratifier le Protocole à la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples, relatif aux droits des personnes handicapées en Afrique, qui prévoit la protection des personnes handicapées, y compris des personnes atteintes d’albinisme.

D’autres membres du Comité ont demandé si la Constitution du Sénégal reprenait tous les droits inscrits dans la Convention.  Une question a aussi été posée sur les mécanismes de suivi des recommandations des organes de traité et notamment du suivi des recommandations du Conseil des droits de l’homme.  Quelles mesures sont-elles prises pour sensibiliser la population et les fonctionnaires aux dispositions de la Convention ?

Les experts ont demandé des informations sur l’accès à la justice pour les personnes handicapées, ainsi que sur les mécanismes de plainte en cas de violations des droits des personnes handicapées.  Des membres du Comité se sont enquis de la mise en œuvre d’une approche axée sur les droits de l’homme dans le domaine du handicap.

Des experts ont voulu savoir si les personnes ayant un handicap mental avait leurs propres organisations.  Ils ont aussi demandé si le pays avait engagé un processus de désinstitutionalisation pour les personnes atteintes de handicap psychosocial.

Des membres du Comité ont demandé quelles étaient les obligations du Sénégal vis-à-vis des personnes handicapées en matière d’accessibilité, plusieurs questions ont été posées en particulier sur l’accessibilité des différents lieux publics, notamment les bâtiments scolaires, les attractions touristiques, les centres sportifs et culturels.

Qu’en est-il de la mise en œuvre d’aménagements raisonnables dans le pays, ont voulu savoir les experts, qui ont demandé si le refus de ces aménagements est considéré comme une forme de discrimination.

Quelles mesures sont prises pour lutter contre les formes multiples de discrimination à l’encontre des femmes et des filles ? Il a aussi été demandé à la délégation quelles dispositions étaient en place afin de protéger les femmes handicapées contre la maltraitance et à la violence et, lorsque ces violences ont lieu, quels sont les appuis ou les structures d’urgences qui peuvent accueillir les victimes.  Il a aussi été demandé au Sénégal quelles mesures étaient prises pour lutter contre les châtiments corporels à l’encontre des personnes handicapées.

Des experts ont demandé des informations sur les mesures visant à améliorer l’accès au marché du travail et à la formation technique et professionnelle des personnes handicapées, ainsi que sur le respect des quotas de personnes handicapées au sein du secteur public et privé.  Les personnes handicapées ont-elles accès à une aide personnelle afin d’avoir accès au marché du travail, aux transports ou à d’autres services notamment en zone rurale.

Des membres du Comité ont demandé des informations sur la promotion de la langue des signes dans le pays.  Ils ont aussi demandé si des mesures avaient été prises pour permettre aux personnes handicapées d’avoir accès à des documents administratifs en braille.

Les membres du Comité ont voulu savoir si le Sénégal avait une stratégie pour la mise au point d’un protocole pour la protection de la vie des personnes, dans le cas de crises humanitaires par exemple, qui soit approprié pour les personnes handicapées et décidé avec leur participation.

Les experts ont demandé quelles mesures avait pris le Sénégal pour permettre l’intégration des enfants handicapés.  Ils ont voulu savoir si les enfants handicapés bénéficiaient de services adaptés pour leur permettre de suivre les cours dans les écoles avec les élèves non handicapés.  Des informations ont été demandées sur les budgets et les programmes qui doivent permettre l’inclusion des enfants handicapés dans les écoles classiques et des informations sur les aménagements raisonnables dans les écoles.  Certains experts ont demandé d’autres informations s’agissant de la formation des maîtres dans le contexte de l’école inclusive.

Un expert a demandé quelles mesures avaient été prises pour offrir une offre large de services d’appui de qualité aux personnes handicapées, notamment les enfants, au sein de leur foyer.  Des experts ont demandé quelles mesures avaient été adoptées pour offrir une aide financière aux familles des personnes handicapées.  Des experts ont souhaité savoir si les personnes handicapées pouvaient choisir leur lieu de vie et avec qui elles voulaient vivre.

Quelles mesures avaient prises pour permettre l’accès à la santé sexuelle et reproductive ? Des experts ont demandé des informations sur les mesures mises en œuvre s’agissant de l’assentiment préalable et éclairé des femmes handicapées à l’occasion d’une césarienne.  Plusieurs membres du Comité se sont inquiétés de la prévalence très élevée du VIH/sida chez les personnes handicapées au Sénégal, notamment chez les femmes handicapées.  Ils ont demandé quelles mesures étaient prises dans le domaine de la prévention du VIH/sida chez les personnes handicapées.  Davantage d’informations ont été demandés sur le programme de santé communautaire et si ce programme vise à l’autonomisation des personnes handicapées.

Réponses de la délégation

En réponse aux questions des membres du Comité s’agissant du cadre général d’application, la délégation a notamment indiqué que le Sénégal avait mis en œuvre, dans le recensement des personnes handicapées, les principes du Groupe de Washington sur les statistiques du handicap, le pays étant l’un des rares pays africains ayant mis en œuvre cette méthodologie dans le cadre du dernier recensement.  De plus, le système de la carte de l’égalité permet d’avoir une idée bien précise de la situation des personnes handicapées au Sénégal.  Au Sénégal, il y a deux programmes spécifiques pour les personnes handicapées, le Programme national de réadaptation à base communautaire et le Programme de la carte de l’égalité des chances.  Ces programmes fournissent un appui au niveau individuel et collectif à l’ensemble des personnes handicapées.  Ils prévoient aussi des bourses et des aides financières pour les enfants et les étudiants handicapés afin qu’ils puissent continuer leur scolarité et obtenir leur diplôme.

Le Sénégal a adopté un plan national pour le handicap à l’horizon 2021 qui est évalué chaque année et qui prévoit des actions au sein de tous les Ministères pour les personnes handicapées avec la consultation des organisations de personnes handicapées.  La délégation a aussi fait valoir qu’à l’occasion de chaque journée nationale sur un thème lié au handicap, les associations de personnes handicapées participent à l’organisation des activités.  Elle a par la suite indiqué que le projet de loi sur la haute-autorité chargée du handicap faisait partie des 14 textes qui devaient encore être adoptés dans le domaine du handicap.

La délégation a déclaré que la protection de l’intégrité physique de la personne est assurée par plusieurs textes législatifs et que les plaintes déposées par les personnes handicapées pour des cas de violence, de discrimination ou de violation de leurs droits, sont recevables devant toutes les juridictions et sont traitées avec une diligence particulière.  Toutes les personnes handicapées ont le droit de jouir de leur personnalité juridique.  Le législateur sénégalais tient compte de la vulnérabilité des personnes handicapées, ce qui a pour conséquence que la peine peut être doublée pour les auteurs de violations à l’encontre de personnes handicapées.

Le Sénégal met en œuvre un plan innovant de participation citoyenne des personnes handicapées handicapés en partenariat avec la Fédération sénégalaise des organisations des personnes handicapées.  Ce plan doit favoriser permettre l’accessibilité de toutes les personnes handicapées au vote.   Elle a par la suite ajouté que les personnes handicapées, quel que soit leur handicap, ont le droit de participer aux élections, de manière assistée si nécessaire.

La délégation a déclaré que certains textes imposent la sensibilisation dans toute une série de domaines liés au handicap, notamment la loi d’orientation sociale du Sénégal.

Deux associations de la société civile ont en charge la protection des personnes atteintes d’albinisme, a indiqué la délégation.  Elle a ajouté que les autorités soutenaient les actions des associations qui visent à la protection et la promotion des droits des personnes atteintes d’albinisme.  Des campagnes de distribution de crèmes solaires sont régulièrement organisées dans le pays, a-t-elle fait valoir.

La délégation a dit qu’il y avait trois types d’écoles: les écoles ordinaires, les écoles spéciales et les écoles inclusives.  Les écoles spéciales se trouvent principalement dans la capitale.  Dans les écoles ordinaires en zone rurale se retrouvent aussi des élèves avec différents handicaps, comme des enfants atteints d’albinisme.  Les familles de ces enfants reçoivent une aide sous forme de kit scolaire qui contient une enveloppe financière.

La délégation a reconnu qu’il manquait des formations spécialisées pour les enseignants qui encadrent l’enseignement des élèves handicapés.  Elle a néanmoins souligné que les enseignants n’attendaient pas d’être formés spécifiquement à cette question pour qu’ils obtiennent de très bons résultats dans l’accompagnement des enfants handicapés.

La délégation a expliqué qu’actuellement, un processus de codification de la langue des signes était en cours afin qu’elle soit reconnue dans tout le pays.  Elle a précisé que certains enseignants ont été formés au braille et à la langue des signes.

La délégation a indiqué que plusieurs programmes soutiennent les personnes handicapées, notamment le programme de réadaptation à base communautaire pour les personnes handicapées et d’autres programmes qui visent l’autonomisation.  La délégation a par ailleurs expliqué que le Gouvernement était passé au paradigme de l’autonomisation plutôt que de l’assistanat dans le domaine du soutien aux personnes handicapées, ce que vise par exemple la carte de l’égalité.

La délégation a déclaré que le Ministère chargé des femmes, des familles et du genre est en charge notamment de la protection des femmes handicapées.  Il n’y a pas de femmes handicapées parlementaires mais elles sont présentes dans différentes fonctions de haut rang dans l’administration.

La délégation a expliqué qu’il y avait plusieurs mécanismes pour protéger les femmes et les filles victimes de violences et prévenir ce type de violences.  Des centres communautaires informent les femmes et les filles sur leurs droits et sur la manière de porter plainte en cas de violation ou d’abus.  De même, des employés dans ces centres sont spécialement formés pour accompagner les victimes de violence, notamment les filles et les femmes handicapées.

La délégation a déclaré que, par le passé, on pouvait établir un lien entre handicap et mendicité.  Depuis, les autorités ont « bataillé ferme pour mettre fin à ce paradigme » et ont créé un centre à Dakar pour former les enfants avec un handicap physique.

La délégation a indiqué que la Protection civile était en charge de la protection de toutes les personnes en cas d’urgence ou de catastrophe naturelle, précisant qu’une diligence particulière est apportée dans ses interventions aux personnes handicapées.

Répondant à des questions sur l’accès à la santé, la délégation a expliqué que la carte de l’égalité était accessible facilement pour les personnes handicapées une fois qu’elles ont été diagnostiquées par un médecin avec un certificat médical de déficience.  La délégation a expliqué que la césarienne était gratuite pour les personnes handicapées et que le consentement éclairé était pris en compte en fonction de l’urgence médical compte tenu des risques pour la mère ou pour l’enfant.  Le Sénégal a un projet de distribuer des autotests dans le cadre de la prévention du VIH/Sida qui permettra aux personnes handicapées de faire ce test et de prévoir un plan d’accompagnement dans le cas où le résultat serait positif.  La délégation a déclaré que les associations des personnes handicapées bénéficient des fonds des programmes de lutte contre le VIH/sida.  Une plateforme VIH/sida-Handicap a par ailleurs été créée pour apporter un soutien aux personnes handicapées touchées par le virus.

Au Sénégal, il n’existe aucune procédure permettant de pratiquer une stérilisation sur une personne handicapée ou non handicapée.  Cette pratique est un crime reconnu dans le code pénal.  Le droit à l’intégrité physique des personnes handicapées est largement protégé dans le droit sénégalais.

La délégation a déclaré qu’il existait des centres psychiatriques au Sénégal mais leur capacité d’accueil est limitée et la priorité est donnée à l’accueil communautaire des personnes avec un handicap psychosocial.

La délégation a déclaré que le Premier ministre avait donné des instructions pour que l’État adopte le décret qui prévoit les quotas des personnes handicapées pour l’emploi dans la fonction publique.  Les personnes handicapées ont été consultées sur ce projet de décret.

Parmi les autres questions abordées par la délégation en réponse aux questions des membres du Comité, la délégation sénégalaise a notamment attiré l’attention sur une organisation membres de la Fédération sénégalaise des organisations des personnes handicapées qui veille à l’accès au sport pour les personnes handicapées; sur un atelier de fabrication de matériel orthopédique et de prothèses; sur l’absence dans le pays de toute discrimination à l’encontre des migrants.

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