Deux athlètes sénégalais aux Jeux paralympiques de Rio

Deux athlètes sénégalais aux Jeux paralympiques de Rio

Le Sénégal sera représenté par deux athlètes (un homme et une femme) aux Jeux paralympiques qui s’ouvrent ce mercredi à Rio de Janeiro, au Brésil.

Il s’agit de la spécialiste du lancer de javelot et du poids Ndack Diop, qui a bénéficié d’une wild card (invitation) en raison de ses bonnes performances aux Jeux africains de Brazzaville (Congo) de l’année dernière, et de Youssoupha Diouf.

Ce dernier, établi en Italie et spécialiste du lancer de javelot, a obtenu sa qualification sur le terrain. Ce qui constitue une première pour un athlète paralympique sénégalais.

Médaillé d’or aux Jeux africains de Brazzaville, recordman d’Afrique et 4ème mondial, Diouf constitue une véritable chance de médaille dans la catégorie F57 en lancer de javelot.

Les Jeux paralympiques regroupent, dans le sillage des Jeux olympiques ayant pris fin le 21 août dernier, des athlètes vivant avec un handicap. Ils seront 4 300 athlètes en provenance de 159 pays à prendre part aux joutes qui prennent fin le 18 septembre prochain.

Retraits des talibés de la rue : Rafles de personnes handicapées à Dakar et en banlieue

Retraits des talibés de la rue : Rafles de personnes handicapées à Dakar et en banlieue

Dans la journée de ce jeudi 7 juillet, prenant prétexte du retrait des enfants talibés de la rue, les forces de sécurité ont procédé à des rafles et arrestations de personnes handicapées à Dakar et dans sa banlieue, notamment, à Thiaroye et à Guédiawaye. Un fait que dénonce la Fédération sénégalaise des associations de personnes handicapées (Fsaph).
Dans un communiqué publié, hier, en fin de soirée, Yatma Fall et ses camarades s’en sont offusqués : «ces rafles perpétrées contre des personnes démunies et sans soutien de l’Etat le lendemain de la Korité, fête de solidarité et de partage sont choquantes. Alors que la Délégation à la solidarité nationale et à la protection sociale, service dédié à ce soutien n’a jamais rien fait pour les personnes handicapées et, à ce jour ne fait aucune action en leur faveur»  «Malgré les centaines de milliards déclarés dépensés pour acheter des vivres (riz, sucre, huile…). Seuls certains politiciens véreux et chefs religieux souteneurs du parti au pouvoir en bénéficient au détriment des véritables ayants droit», souligne le communiqué qui parle d’une «énième opération de brutalités exercées sur des personnes sans défense et de surcroît porteuses de handicap est inacceptable dans un Etat qui se déclare de droit». Pour la Fsph, «si aujourd’hui des personnes handicapées en sont arrivées à la mendicité, c’est qu’elles sont des victimes vivantes et des produits d’un système d’exclusion mis en place au Sénégal. Un système qui les exclut de l’école, des centres de formation, de l’emploi et de tout soutien de l’Etat».
«Dans un contexte de mise en œuvre laborieuse de la Loi d’orientation sociale censée protéger et promouvoir les droits des personnes handicapées, la Fsaph s’attendait à une attitude plus responsable de la part de l’Etat qui doit garantir à tous ses enfants, y compris ceux porteurs de handicap, les meilleures conditions d’épanouissement et de quiétude», ajoute le document. Selon qui, «l’Etat ne peut donc se prévaloir de sa propre turpitude pour s’acharner sur les personnes handicapées dont, malheureusement, aucun de leurs droits reconnus n’est respecté».
La Fsph «condamne avec la dernière énergie les rafles contre les personnes handicapées et exige leur libération immédiate et sans condition. Aussi, elle dit se réserver le droit de saisir les juridictions nationales et internationales compétentes en vertu des dispositions pertinentes de la Convention des Nations unies relative aux droits des personnes handicapées déjà ratifiée par le Sénégal et qui sont ainsi violées».

Rafles des personnes handicapées à Dakar et en banlieue: les associations dans l’indignation totale

Rafles des personnes handicapées à Dakar et en banlieue: les associations dans l’indignation totale

Dans le cadre de l’opération de retrait des enfants de la rue, plusieurs personnes vivant avec handicap ont été notamment interpellées à Dakar, Thiaroye et Guédiawaye. Une situation que déplorent les associations des personnes handicapées de la région de Dakar -Pikine, Guediawaye Grand Dakar etc.- Et l’association handicap.sn.

Réunies en urgence hier au siège l’Association nationale des handicapés moteur du Sénégal (ANHMS), ces associations exigent plus de respect aux personnes vivant avec un handicap et demandent la libération immédiate et sans condition de toutes ces personnes arrêtées au lendemain de la Korité.

« Nous sommes réunis en urgence pour dénoncer la rafle des personnes en situation de handica dans la journée de jeudi à Dakar et dans sa banlieue. C’est la deuxième fois en moins de 6 mois qu’on rafle ces personnes», a précisé Khadimou Rassoul Talla, président de l’association handicap.sn au micro de SeneNews.

Pour M. Talla, «il faut une politique sociale, des mesures d’accompagnements avant de leur interdire la mendicité». Car,  ces personnes vivant avec un handicap sont des citoyens à part entière».

Prenant la défense des siens, le président de handicap.sn a signifié que «ce sont des personnes en situation de handicap qui n’ont ni une éducation, ni une formation ni emplois ni accompagnement de leur projet ni une prise en charge de leur enfants. Ils sont obligés de mendier».

Ces associations des personnes vivant avec un handicap demandent plus de respect à égard des handicaps tout en notifiant aux autorités la libération de toutes les personnes arrêtées le jeudi dernier à Dakar et environs.

«Nous demandons plus de respect pour les personnes vivant avec un handicap. Nous demandons la libération immédiate de ses personnes le plus rapidement possible», a formulé le porte-parole du jour, Khadimou Rassoul Talla de  Handicap.sn.

Mamadou Sakho ouvre une école pour enfants handicapés au Sénégal

Mamadou Sakho ouvre une école pour enfants handicapés au Sénégal

Avec sa fondation Amsak, le défenseur de Liverpool Mamadou Sakho multiplie les actions visant à aider les jeunes. Comme avec l’ouverture d’une école spécialisée pour enfants handicapés au Sénégal.

Alors que certains footballeurs occupent leur été à voyager vers des destinations exotiques, d’autres utilisent cette période pour s’occuper de leurs associations comme Mamadou Sakho. Relaxé par l’UEFA, mais absent de l’UEFA EURO 2016™, le défenseur de Liverpool au grand cœur n’oublie pas où sont ses priorités. C’est pourquoi ce jeudi, il a inauguré cette fameuse école au Sénégal, le pays d’origine de ses parents, en compagnie de son épouse Majda.

L’ex-capitaine du PSG ne chôme pas ces derniers jours : il a rendu visite à un village ivoirien en distribuant des dons, il a rencontré des détenus mineurs de la prison d’Abidjan et surpris des élèves d’une école de sourds et muets de la même ville.

9 ème congrès mondial des personnes handicapées : Yatma Fall intègre le Comité Afrique

9 ème congrès mondial des personnes handicapées : Yatma Fall intègre le Comité Afrique

Le Sénégal vient d’être honoré en la personne de Yatma Fall. L’actuel président de la Fédération sénégalaise des associations de personnes handicapées intègre le Comité Afrique de l’Organisation mondiale handicapées pour l’Afrique (Omph Afrique). Cette nomination est intervenue, selon le quotidien national «Le Soleil», à l’occasion du neuvième Congrès de cette structure qui s’est tenu du 8 au 15 avril 2016 à New Delhi, en Inde. Selon le communiqué transmis au journal, chaque continent est dirigé par un comité de cinq membres choisis pour leur expertise et leur engagement au service des personnes handicapées.

Qui était Yoni Rassoul Diongue, peintre tétraplégique

Artiste peintre tétraplégique, Yoni Rassoul Diongue est une référence pour les personnes à mobilité réduite. Toujours souriante et à 19 ans, cette jeune fille native de Ziguinchor qui peint avec la bouche constitue l’un des espoirs de l’art sénégalais. La peinture de Yoni porte essentiellement sur la femme et la paix.

Artiste peintre tétraplégique, Yoni Rassoul Diongue est une référence pour les personnes à mobilité réduite. Toujours souriante et à 19 ans, cette jeune fille native de Ziguinchor qui peint avec la bouche constitue l’un des espoirs de l’art sénégalais. La peinture de Yoni porte essentiellement sur la femme et la paix. Des thèmes universels qui donnent aux tableaux de l’artiste une dimension planétaire.

Ses œuvres, en exposition depuis le 05 avril à la mairie de Yoff, sont à voir jusqu’au 19 de ce mois. Yoff, en cette fin d’après-midi, un vent frais engourdit les ruelles sablonneuses menant à la mairie. Sur place, la cour piquée par quelques arbres verdoyants accueille depuis le 5 avril l’exposition des œuvres de l’artiste tétraplégique Yoni Rassoul Diongue. Une partie des tableaux de cette jeune peintre, qui sont à découvrir jusqu’au 19 avril, ornent les murs blancs de l’édifice. Le thème choisi pour cette exposition, « Xaragne », cadre parfaitement avec le talent de cet artiste qui peint avec la bouche

. La peinture de Yoni Rassoul Diongue, qui se singularise par la mosaïque des couleurs et les thèmes abordés, est exceptionnelle. Comme l’est d’ailleurs la vie du peintre. Son expérience particulière y est forcément pour quelque chose, après seulement 19 ans d’existence… Née dans une famille modeste en avril 1995, l’horreur commence assez tôt pour cette jeune tétraplégique qui vient à peine de frapper à la porte du monde de l’art. Son histoire se tient en quelques lignes ; quitte à arracher des larmes aux émotifs. Studieuse jusqu’à dix ans, Yoni Rassoul Diongue ne présentait aucun signe d’anomalie encore moins de maladie. Mais, tout bascula un jour, le temps d’une soirée.

Histoire atypique

« J’ai eu une enfance normale. C’est à l’âge de 10 ans, alors que j’étais à l’école élémentaire, que je suis soudainement tombée malade. Mon père qui avait l’habitude de nous ramener des fruits et autres sucreries est revenu un soir avec du lait caillé, j’en ai bu un verre et j’ai eu une crise au milieu de la nuit… », raconte-t-elle, dans une voix à peine audible. Transportée à l’hôpital Nabil Choucair puis au Centre hospitalier universitaire de Fann, elle y restera dans le coma pendant 1 mois 15 jours.

Yoni qui souffre du neuro-palu, perd l’usage de ses membres plus tard. Avec le temps, le potache qui nourrissait pourtant le rêve de marcher et de jouer comme les enfants de son âge, voit son espoir fondre comme du beurre sous le soleil. Elle devient définitivement paralysée sous le regard impuissant de ses parents. Commence alors une nouvelle vie pour la gamine. Depuis cet épisode, le temps a passé… Yoni qui vient de fêter ses 19 ans a trouvé une consolation auprès de son créateur. Sans être trop fataliste, elle estime remettre tout sur le compte de la volonté divine même si au départ elle se sentait un peu gênée. Aujourd’hui, c’est avec émotion qu’elle évoque le souvenir d’une enfance vivace où l’espoir laisse place à la souffrance. « Je crois en Dieu et c’est grâce à la religion, avec l’aide de mon guide spirituel, Cheikh Alassane Sène, que j’ai su surmonter ces mauvais souvenirs pour ne plus voir que la volonté du Seigneur. Je n’ai jamais considéré mon handicap comme une frustration », souffle-t-elle.

Native de Ziguinchor, l’artiste a presque fait tout son cursus scolaire à Dakar. A l’école, rappelle son père, elle s’est toujours illustrée, en faisant partie des meilleurs de sa classe. Déjà, à cet âge, elle rêve de devenir avocate, ministre ou fonctionnaire. Une grande célébrité tout simplement. Ambition précoce pour un enfant du primaire ! Mais, c’était sans compter avec le destin. Voix douce, sourire pétillant sur un visage de beauté qui contraste avec le reste du corps, Yoni Rassoul Diongue vit avec son handicap et récuse la fatalité. Modèle de courage et de foi, elle refuse de capituler devant la maladie. L’artiste tétraplégique préfère se battre quotidiennement pour donner du sens à sa vie. Et pour ce faire, elle n’a que la mobilité de son cou et de sa bouche. Hors de question pour la jeune fille de faire le tour des rues pour tendre la main comme le fait bon nombre de ses semblables. « Je ne suis pas un handicapé mais un « handicapable » », dédramatise-t-elle, arguant que l’état de son corps ne l’empêche pas de faire beaucoup de choses. L’artiste utilise les Technologies de l’information et de la communication (Tic) avec une habilité qui étonne.

« Pinceau de la paix »

D’un père plasticien, la peinture est entrée naturellement dans la vie de Yoni Rassoul Diongue. Pourtant au début, elle ne pensait pouvoir y réussir. « Un jour, alors que mon père était en train de peindre, je lui ai demandé d’essayer. Il n’y croyait pas. A force d’insister, il m’a laissé faire. J’ai échoué à la première tentative. Mais, au fur et à mesure, j’ai fini par réussir », se souvient-elle. Chez l’artiste tétraplégique, la peinture est un mode d’expression privilégié. Une activité qui lui permet d’oublier son handicap et d’entrer en communication avec les autres. La paix et la femme sont des sujets qui la touchent particulièrement. D’où tout le sens de son slogan : « Pinceau de la paix ». Et s’il y a une paix qui hante ses rêves artistiques et fertilise son inspiration, c’est bien celle de la Casamance. C’est pourquoi, nombreux sont les tableaux qu’elle y consacre. L’objectif du peintre est de jouer pleinement son rôle dans la stabilisation de cette partie du Sénégal en proie à un conflit qui a duré plusieurs décennies. L’univers virtuel de Yoni, c’est aussi les animaux, la nature, son entourage…

Aînée d’une fratrie de 6 personnes, Yoni Rassoul Diongue dont les études s’arrêtent à la classe de cinquième secondaire, n’a pu continuer faute de moyens. C’est dans ce sens qu’elle demande l’appui des autorités. Son ambition ? Devenir un grand artiste et faire rayonner l’image de son pays partout dans le monde. Faire des expositions à l’étranger fait partie aujourd’hui de ses projets phares. Aussi, comme tout jeune, Yoni ambitionne d’avoir dans un futur proche sa propre maison et une voiture qui la permettra de se déplacer régulièrement ; histoire de mieux partager ses idées et ses sentiments à travers son « pinceau de la paix »…

 

Egalité des chances: Dakar Dem Dikk emploie des personnes handicapées

Les personnes vivant avec un handicap ont répondu massivement à l’invitation du directeur de la société Dakar Dém Dikk. Me Moussa Diop procédait à une signature de convention entre sa boite et Handicap international. L’entreprise de transport va désormais employer des personnes handicapées comme receveurs dans les bus.

S’inscrivant dans la dynamique d’appliquer la politique d’égalité des chances du gouvernement, le directeur général de Dakar Dém Dikk a décidé d’intégrer dans son personnel cette couche parfois marginalisée dans le monde de l’emploi.

Présentes en masse à la rencontre, les personnes handicapées ont apprécié à sa juste valeur cette décision de Me Moussa Diop. A Djibril DIENG  de témoigner de sa reconnaissance envers cet acte en ces termes, «les handicapés ont un espoir avec les chances que cette boite leur offre. Nous remercions le directeur et saluons l’initiative».

Le représentant du ministre des Infrastructures et des Transports terrestres, Elimane Mansour KANE a également salué l’initiative. «Auparavant, nous avions des problèmes pour satisfaire les personnes à mobilité réduite dans le secteur du transport. Il faut que les gens comprennent que la modernité d’un système est importante. Aujourd’hui, sur les 400 bus de Dakar Dém Dikk, les 1/3 sont favorables aux transports des handicapés. Grâce à cette boite le recrutement de ces personnes est réalisé dans le secteur du transport. Les firmes doivent prendre exemple  sur le transport pour faire réduire le chômage», a-t-il laissé entendre.

Madame Catherine, représentante de Handicap International, a affirmé que «le problème des handicapés sur l’emploi descent est une réalité» et qu’elle «souhaite une collaboration fructueuse et pérenne entre les deux structures».

Le président fédération des handicapés du Sénégal, Monsieur Yatma Fall, décrit ce moment historique par ces mots: « Je lance un appel à tous les handicapés recrutés de faire un effort pour donner la chance aux autres. Après des années de lutte et de revendication, il faut que les gens comprennent que les handicapés font partie de la société. Nous formons 15% de la population sénégalaise, donc nous avons notre part à accomplir sur le développement de notre pays.»

Assistance aux enfants handicapés mentaux : Le Centre de Thiès confronté à une insuffisance de moyens

Situé en plein cœur de la ville de Thiès, sur la rue 16, Avenue Birame Bèye, au quartier Escale Sud, le Service d’éducation, de rééducation et de formation d’appareillage (Serfa) s’emploie, tous les jours, à offrir la joie de vivre à des enfants atteints d’infirmité motrice cérébrale (Imc) et leur assurer une prise en charge médicale.

La conviction et la compassion insufflent de l’énergie au Service d’éducation, de rééducation et de formation d’appareillage (Serfa) de Thiès. Les agents sont au chevet des enfants handicapés et atteints d’insuffisance motrice cérébrale. C’est une prise en chargé spécifique. Aux agents, il leur faut de la patience. « Ici, nous accueillons une vingtaine d’enfants par jour dans la crèche. Mais, près de 200 enfants handicapés ou atteints d’insuffisance motrice cérébrale ont été recensés et suivis régulièrement par nos équipes de relais », dévoile l’une des éducatrices, Béatrice Bebga. Elle assure l’intérim de la coordonatrice du Projet de promotion et de développement de la rééducation des enfants Imc. C’est l’un des rares espaces de prise en charge de cette catégorie de population. L’accès à l’éducation, à la santé et particulièrement aux soins spécialisés et la lutte contre la discrimination sont le crédo de cet établissement. « Des enfants souffrent de marginalisation du fait des troubles de psychomotricité qui limitent ou retardent les apprentissages sociaux (troubles des sens, du langage, de la motricité, perte de contrôle sphinctérien…) », fait remarquer André Demba Wade, le coordonnateur du Groupe de recherche et d’appui aux initiatives mutualistes (Graim), porteur du projet appuyé par l’organisation belge Plan Bobath.

Il est impossible de visiter ce service et de ne pas être envahi par la compassion et la tristesse. Les plus fragiles versent des larmes, selon l’animatrice Béatrice Bebga. Ici, dit-elle, on trouve « des enfants qui ont perdu leur autonomie et se trouvent dans une situation de dépendance totale qui leur enlève toute possibilité de satisfaire eux-mêmes leurs propres besoins dont se nourrir, s’habiller, se déplacer, parler ». Aussi, tous les jours sont ouvrables dans ce service pour les 10 femmes relais, d’après Aïssatou Ndiaye. C’est l’assistance en permanence, car les enfants ont perdu toute autonomie. « Ce n’est pas une chose aisée de prendre en charge des enfants atteints de motricité. Cela demande beaucoup de moyens et de temps », confesse Mme Bebga. L’enfant atteint d’infirmité motrice cérébrale, énumère-t-elle, a besoin de s’asseoir, se tenir debout, se coucher, se déplacer, du matériel orthopédique adéquat et une alimentation appropriée, ainsi que des interventions en cas de crise. Ces besoins ont un coût que toutes les familles ne peuvent pas supporter. Au Serfa, la participation symbolique par ménage est de 5.000 FCfa par mois, voire 3.000 FCfa pour les familles démunies.

C’est pour cette raison que le service sollicite l’appui du Programme des bourses de sécurité familiale et l’attribution des cartes d’égalité des chances. Le Serfa n’importe plus les appareils de la Belgique. Il fait confiance à l’expertise des artisans locaux. Mais, l’apport de l’organisation belge a été toujours déterminant au fil des années. La rééducation à domicile, l’information et la sensibilisation des enfants, la promotion de leurs droits, la formation des agents et l’équipement du service sont à verser dans le compte des interventions de Plan Bobath. Toutefois, la poursuite de cette difficile mission requiert, aujourd’hui, l’intervention de l’Etat, des collectivités locales, de la communauté et des partenaires

Carte d’égalité des chances : des mendiants détenteurs crient leur ras-le-bol

«Une vie de misérables». C’est le titre qui barre la «Une» du journal EnQuête. Dans un dossier paru ce mercredi, nos confrères donnent la parole aux mendiants vivant avec un handicap.

Estimés à plus de 15% de la population, ces laissés pour comptes assis sur des fauteuils roulant pour les «mieux» lotis, sur des béquilles ou trainant sur les trottoirs de la capitale, mènent une vie de misère.

Et ce n’est pas la carte pour l’égalité des chances qui démentira nos confrères. En effet, si le président de la Fédération sénégalaise des associations des personnes vivant avec un handicap (Fsap), Yatma Fall pense que la cause des personnes vivant avec un handicap est en train de connaitre des avancées importantes», Mamoune Dia dit tout à fait le contraire.

Bénéficiaire de la carte d’égalité des chances, ce cinquantenaire habitant Rufisque, crie son ras-le-bol. «Je ne tire pas profit de ma carte d’égalité des chances», a-t-il alerté nos confrères sur la loi d’orientation sociale mise en place par le président Macky Sall. Pour lui, les personnes vivant avec un handicap ne sont véritablement prises en comptes par la nouvelle politique sanitaire de l’Etat.

«On ne s’y retrouve pas à 100% notamment dans la construction des infrastructures sanitaires», regrette Mamoune Dia, père de famille.

Société: les députés appelés à plaider pour la cause des personnes handicapées

Sightsavers-Sénégal, en partenariat avec le ministère de la Santé et de l’Action sociale a organisé un atelier qui vise à sensibiliser les députés sur la situation des personnes vivants avec un handicap, pour une meilleure insertion sociale de ces dernières.

Au Sénégal, les personnes handicapées rencontrent pas mal de difficultés dans la vie quotidienne. Même si l’Etat, à travers les cartes d’égalité des chances, veut améliorer leurs conditions de vie, beaucoup reste à faire.

Un atelier a été organisé sous l’initiative de Sightsavers (une organisation internationale pour traiter et prévenir la cécité évitable et promouvoir l’égalité pour les personnes ayant une déficience visuelle et autres handicaps). Il a pour objectif de sensibiliser les députés et les élus locaux sur les problèmes que rencontrent les personnes handicapées et qui sont liés à l’accessibilité comme droit socio-économique, la non-discrimination et la participation aux activités sociales ainsi qu’à l’accession aux droits politiques.

Selon Moussa Thiaré, secrétaire général de la Fédération sénégalaises des associations de personnes handicapées, pour une meilleure prise en charges des personnes handicapées il faut :
-l’effectivité de la loi d’orientation sociale ;
-la mise en place de la Haute entité pour les personnes handicapées ;
-un fonds d’appui et de financement pour personnes handicapées et en fin ;
-la ratification par l’Etat du traité de Marrakech visant à faciliter l’accès des aveugles, des déficients visuels et des personnes ayant d’autres difficultés de lecture des textes imprimés.

Présent à la rencontre, l’honorable député Samba Démba Ndiaye, président de la Commission des lois, de la décentralisation, du travail et des droits humains à l’Assemblée nationale, a promis qu’il y aura un suivi au niveau de l’Hémicycle, pour un meilleur accompagnement des personnes vivant avec un handicap.