Amélioration des conditions des personnes handicapées : Abdoulaye Diouf Sarr donne des assurances

Les personnes vivant avec un handicap sont bien prises en charge dans de nombreux programmes de l’Etat, notamment dans la Cmu, la Bourse de sécurité familiale et la Carte d’égalité des chances. Mais, la Fédération sénégalaise des associations des personnes handicapées (Fsaph) a profité de la célébration de la Journée internationale des personnes handicapées, le 3 décembre, pour demander plus de la part de l’Etat.

Le ministre de la Santé et de l’Action sociale, Abdoulaye Diouf Sarr, a réaffirmé la volonté du gouvernement d’améliorer les conditions d’existence des personnes handicapées au Sénégal. Venu présider la 4ème édition de la Semaine nationale des personnes handicapées, célébrée, le 3 décembre, à Rufisque, il a fait ce rappel au président de la Fédération sénégalaise des associations des personnes handicapées (Fsaph), Yatma Fall. « La célébration de cette journée traduit la volonté du gouvernement d’améliorer les conditions d’existence de nos compatriotes handicapés et à supprimer toutes les formes de barrières qui peuvent limiter leur potentiel ou freiner leur marche vers l’autonomisation », a indiqué le ministre de la Santé. Il a répondu ainsi à l’interpellation du président de la Fsaph qui a invité le gouvernement à consolider les acquis des personnes handicapées, notamment dans le cadre de la Couverture maladie universelle (Cmu), de la Bourse de sécurité familiale et la Carte d’égalité des chances, des programmes initiés par le gouvernement. Un écho au thème de cette année de la Journée internationale des personnes handicapées, à savoir « Évaluation des politiques publiques relatives au domaine du handicap : éléments de bilan et perspectives ».

Pour Yatma Fall, cet appui est d’autant plus important que les personnes handicapées représentent 5,9% de la population selon les données statistiques issues du recensement de 2013. Il a aussi plaidé pour une meilleure prise en charge des soins sociaux de base axée sur le renforcement de la participation collective et citoyenne des personnes vivant avec un handicap. Pour lui, l’année 2018, déclarée « année sociale » dans le monde, doit être « un cadre idéal de mise en œuvre » permettant d’appréhender le handicap qui est à la fois « une question transversale, multisectorielle et pluridisciplinaire ».

Cette cérémonie, tenue au jardin public de Rufisque, a été l’occasion pour la Fédération sénégalaise des associations des personnes handicapées de signer, en présence du ministre de la Santé et de l’Action sociale, une convention de financement d’un montant de 500 millions de FCfa avec l’Ong Sightsivers étalée sur sept ans.

Maguette NDONG

Célébration de la Journée internationale des personnes handicapées ce 3 décembre : Les efforts sont immenses, mais il reste toujours des chantiers à ouvrir

« Vers une société durable et résiliente pour tous », tel est le thème choisi, cette année, par les Nations unies pour célébrer la Journée internationale des personnes handicapées. Cette journée, pour rappel, est célébrée le 03 décembre de chaque année, et ce, depuis 1992. Elle vise à promouvoir les droits et le bien-être des personnes handicapées dans toutes les sphères de la société et du développement et à accroitre la sensibilisation à leur situation particulièrement dans les aspects de la vie économique, sociale, politique et culturelle. Une telle journée qui mérite une attention particulière commande de pointer le curseur sur les grandes réalisations faites en matière de leur prise en charge et d’interpeller encore les différents segments de notre société sur leurs difficultés.

Par définition, le handicap désigne la limitation des possibilités d’interaction d’un individu avec son environnement, causée par une déficience qui provoque une incapacité, permanente ou non, et qui mène à des difficultés morales, intellectuelles, sociales et physiques.

Au Sénégal, la loi d’orientation sociale n°2010-15 du 6 juillet 2010, relative à la promotion et à la protection des droits des personnes handicapées, va dans le même sens et retient comme définition toutes les personnes qui présentent des incapacités physiques, mentales, intellectuelles ou sensibles durables dont l’interaction avec diverses barrières peut porter atteinte à leur pleine et effective participation à la société sur la base de l’égalité.

Cette couche vulnérable représente 5,9 % de la population de notre pays d’après les résultats du recensement général de 2014. C’est pourquoi l’Etat du Sénégal s’est, sans doute, dotée d’une volonté marquante pour appuyer les personnes handicapées. Le thème national, qui porte sur « L’évaluation des politiques publiques relatives au domaine du handicap : éléments et perspectives », permettra surement de faire un point.

Du côté des réalisations, l’adoption de la loi d’orientation sociale susmentionnée a permis la mise en place, dans les quarante cinq départements du pays, d’organes de gestion du handicap et accéléré la production de la Carte d’égalité des chances qui permet aux personnes handicapées de bénéficier de droits et avantages divers. Cette carte, que le chef de l’Etat a lancée lui-même en 2015, se matérialise de plus en plus grâce à la Direction générale de l’Action sociale par la production et la distribution de 35 921 cartes, l’enrôlement de 25 927 personnes handicapées dans le Programme national de Bourse de sécurité familiale et l’inscription de 17 192 bénéficiaires dans les mutuelles de santé.

Par ailleurs, on pourrait égrener, sur ce chapitre, les réalisations du Programme national de réadaptation à base communautaire qui, dans ses différents volets de formation professionnelle, financement de projet individuel, compte à son actif le financement de plus 1200 projets de 2012 à 2016 sur fonds propres de l’Etat. Les subventions aux organisations de personnes handicapées, l’appui en matériels techniques et orthopédiques et l’appui médical sont également constants dans la prise en charge. Prise en charge prise aussi à bras-le-corps par certaines collectivités locales qui en ont fait un sacerdoce. Il convient de citer le travail colossal que font les organisations des personnes handicapées dans le soutien de leurs membres par des renforcements de capacités, des appuis divers mais aussi de nombreuses organisations non gouvernementales. Côté insertion, il faut saluer les programmes comme le projet « Emphase » exécuté dans la région de Dakar, le recrutement de jeunes handicapés à Dakar Dem Dikk ou dans d’autres sociétés.

Ces différents succès ne doivent pas cacher certaines difficultés. La limite des financements et la faiblesse des partenaires dans le domaine du handicap freinent la satisfaction de nombreuses demandes de réalisation de projets des personnes handicapées. En outre, la prise en charge de l’appareillage de certaines catégories comme les sourds ou les albinos reste encore mesurée.
Quant aux organes de prise en charge du handicap, les Commissions d’éducation spéciale n’ont pas encore produit les fleurs escomptées.

Aujourd’hui encore, elles sont nombreuses les personnes handicapées qui continuent d’être victimes de stigmatisation ou qui continuent de mendier dans nos villes à cause des affres de la pauvreté.

La faiblesse du budget du sous-secteur de l’Action sociale et la dynamique organisationnelle des organisations des personnes handicapées ne sont pas pour régler tous les goulots d’étranglement. Sans compter les besoins de plus en plus croissants dans les domaines de la formation professionnelle, d’inclusion scolaire et d’insertion et réinsertion.

En tout cas, l’espoir est plus que permis pour plusieurs raisons : l’engagement sans faille des travailleurs sociaux, le nouveau souffle qui s’injecte dans plusieurs associations de personnes handicapées à travers le pays, la nomination de personnes handicapées à des postes (Présidence, Conseil économique, social et environnemental, Haut conseil des collectivités territoriales, Assemblée nationale, ministères, pour ne citer que ceux-là) .Cet espoir, le nouveau ministre de la Santé et de l’Action sociale l’a entretenu lors d’une réunion spéciale sur l’Action sociale, tenue le 30 Octobre dernier, en souhaitant soutenir le sous-secteur de l’Action sociale.

Enfin, last but not the least, l’espoir sera fondé sur l’année 2018, une année sociale. Cette dernière offrira certainement plus d’opportunités et de moyens à tous les acteurs pour doper la prise en charge des personnes handicapées dans tous les domaines vecteurs d’une autonomisation tous azimuts qui constitue le maitre mot de l’Action sociale.

Par Abdoulaye Mamadou MBOW
Conseiller en Travail
social/Dakar

Top 5 des célébrités du continent qui vivent avec un handicap!

Plusieurs célébrités vivent avec des handicaps. Certaines d’entre elles ont eu des accidents par contre d’autres sont nées avec. Pour beaucoup d’entre elles, leur handicap ne les a pas empêchés de réussir dans la vie.

Il s’agit entre autre de l’Ivoirien Joss Kezo, du couple malien Amadou et mariam, de Sidiki Diabaté, de Gohou Michel et Ismël Isaac, ces stars qui ont bravé leur handicap pour briller.

1-Joss Kezo

Joss Kezo est un artiste reggae des années 90. Son père, à cause de son handicap, s’était opposé à sa carrière d’artiste. Mais au fil des années, il a réussi à se faire une place au soleil.

2-Amadou et Mariam

Amadou et Mariam est un duo de chanteurs qui a une renommée internationale. Amadou a perdu la vue à l’âge de 16 ans à cause d’un trachome mal soigné, et sa compagne Mariam à 5 ans suite à la rougeole. Néanmoins, ce handicap n’a pas été un obstacle dans leur carrière.

3- Sidiki Diabaté

Cet homme vit avec un handicap que beaucoup de fans ignorent, il lui manque un doigt sur sa main droite. Plusieurs fois indexé pour ça, aujourd’hui il fait la fierté de l’Afrique via l’héritage que son père lui a légué, la kora.

4-Gohou Michel

Gohou Michel est né avec une malformation physique. Du fait de son handicap, il a vécu son handicap en marge de la société. Pour vaincre son mal, il a intégré un groupe théâtral à Abidjan.

Aujourd’hui Gohou Michel est l’un des comédiens les plus appréciés d’Afrique pour avoir tourné plusieurs films avec des comédiens reconnus sur la scène internationale.

5-Ismaël Isaac

Ismaël Isaac est un artiste chanteur ivoirien reconnu sur le plan international. A l’âge de deux ans, ismaël est terrassé par la polio, d’où son handicap qui ne l’empêche pas de faire ses prouesses partout dans le monde.

Troubles du langage : Une appli pour vous exprimer

CommunicoTool lance un nouvel outil de communication intuitif pour défier les troubles du langage : Advanced

Après avoir conçu les applications mobiles « CommunicoTool » versions 1 et 2, la société CommunicoTool s’est lancée un nouveau défi et vient de mettre en ligne « Advanced », une nouvelle application cette fois-ci dédiée aux personnes sans difficultés cognitives qui ont des troubles du langage, et qui ne peuvent pas, ou plus, s’exprimer par la voix. Nous sommes allés à la rencontre de Nathalie Duchastel, responsable commerciale de CommunicoTool.

Pouvez-vous nous rappeler en quelques mots en quoi consiste CommunicoTool ?
CommunicoTool est une application qui a pour but de faciliter le quotidien des personnes ayant des troubles du langage et de les aider dans leurs apprentissages. Nous sommes sur une seconde version de cet outil de communication, qui s’appelle désormais CommunicoTool 2.
Avec CommunicoTool 2, on travaille sur un son avec une image représentative ou un pictogramme, et on va associer des pictogrammes pour former des phrases. Cette application peut être utilisée par des personnes ayant des problèmes cognitifs, et donc ne vise pas le même public que l’application Advanced, qui elle est destinée à des personnes ne pouvant pas parler mais ayant toutes leurs facultés cognitives.

CommunicoTool 2 qui s’adresse aux personnes ayant des troubles du langage et plus particulièrement :

– Aux personnes aphasiques : Des personnes qui ont su parler et qui certaines raisons ne savent plus parler ou ont des difficultés pour le faire. Par exemple suite à un AVC (Accident vasculaire cérébral), des lésions cérébrales, des tumeurs cérébrales, des opérations du cerveau…

– Aux personnes dysphasiques : Des personnes qui n’ont jamais pu parler et qui vont pouvoir apprendre plus facilement à utiliser le langage grâce à l’application. Cela peut concernant des enfants ou adultes avec autisme, des personnes déficientes intellectuelles ou avec une trisomie 21, et de nombreuses autres pathologies.

CommunicoTool 2 est accessible sur App Store et Android, sur tablette ou sur un grand téléphone car il faut suffisamment de surface pour l’aspect tactile de l’application. Elle est téléchargeable pour le prix de 99 euros, avec la possibilité de l’essayer gratuitement pendant un mois, sans obligation d’achat.

Advanced est donc votre toute nouvelle application. De quoi s’agit-il plus précisément ?
Advanced est une application destinée aux personnes souffrant de syndrome d’enfermement dans leur corps ou locked-in syndrome, de sclérose latérale amyotrophique également appelée maladie de Charcot en phase débutante. Advanced peut aussi convenir à certaines personnes ayant fait des AVC (Accident Vasculaire Cérébrale).
Cette application s’adresse donc à des personnes qui ont d’importantes difficultés pour s’exprimer avec leur voix, des troubles du langage, mais qui ont toutes leurs facultés cognitives. Ce sont des gens qui savent lire et écrire, et qui comprennent les choses tout à fait normalement.

Comment ça marche concrètement ?
Nous proposons deux modes à travers cette application : un mode parlé et un mode écrit.

– Un mode parlé pour communiquer en direct. Vous choisissez des mots et l’application les prononce. C’est un moteur de prédiction intelligent qui va, en fonction de ce que vous écrivez, apprendre de vos habitudes de langage. Il va aussi apprendre des mots que vous utilisez le plus fréquemment. Au fil de l’utilisation de l’application, il va ainsi devenir de plus en plus intelligent – c’est ce qu’on appelle du Learning-machine – pour être au plus près de ce que vous avez l’habitude de dire et de votre façon de vous exprimer, dans le langage et le vocabulaire choisi. C’est un plus par rapport à ce que l’on peut avoir aujourd’hui sur les Smartphones : un système qui s’adapte à la majorité des gens. Advanced s’adapte à chaque personne individuellement à partir de ses habitudes observées. Si par exemple j’écris plusieurs fois à l’aide de l’appareil : « Bonjour Monsieur Paul », le moteur de prédiction a appris cette expression et va par la suite me proposer automatiquement « Monsieur Paul » dans les choix de mots. Après vous avez la possibilité, pour minimiser les gestes que vous allez faire pour taper sur l’écran, d’utiliser l’historique et de retrouver les phrases que vous avez déjà émises et de les réémettre en un clic. Vous pouvez aussi de choisir des phrases favorites. Par exemple on emploie souvent l’expression : « Comment allez-vous ? ». Il suffit d’aller dans les réglages pour l’inscrire en phrase favorite.

L’application comporte aussi un mode « Urgence » qui permet d’émettre un son pour signaler qu’il y a un souci aux gens qui vous entourent. Il est également possible d’écrire des phrases d’urgence. Par exemple : « Attention, je suis allergique à l’arachide » lorsqu’on vous apporte quelque chose à manger.

– Un mode écrit : Vous pouvez écrire un texte, qu’il vous est ensuite possible soit de copier dans un presse-papier pour pouvoir l’ajouter à un autre que vous avez écrit par ailleurs ; soit d’envoyer par email ; soit d’envoyer par sms. Ou éventuellement simplement lire à voix haute le texte qui a été écrit.

Comment les mots « anticipés » par le moteur de prédiction arrivent-ils sur l’écran ?
Vous pouvez « feuilleter » le contenu de l’application en glissant de droite à gauche sur la tablette. Si c’est un mot courant vous le trouverez en principe rapidement, de même si c’est un mot que vous utilisez souvent. Si c’est un mot moins courant, vous pourrez le trouver en tapant sa première lettre, puis les lettres suivantes si besoin. Si le mot n’existe pas ou n’existe pas encore dans la base de données, vous pourrez le taper directement dans la barre créée à cet effet.
Concernant les verbes, ils vont se conjuguer automatiquement, donc il prononcera bien « j’arrive ».

Peut-on choisir la voix utilisée ?
Bien sûr. Vous pouvez choisir la voix utilisée parmi des voix de femmes et des voix d’hommes, et régler la vitesse de diction de ces voix.

Beaucoup d’autres paramètres de réglages sont disponibles : l’apparition des mots par ordre de pertinence ou par ordre alphabétique. Vous pouvez leur donner un fond coloré pour que ce soit plus visible, changer la taille de la police, afficher plus ou moins de nombres sur la grille en fonction de vos capacités de vision notamment. Vous pouvez aussi changer de langue : l’application propose le français, l’anglais et l’allemand.

Comment peut-on se procurer cette application ?
Pour le moment cette application est disponible uniquement sur App Store (pas sur Android). Vous pouvez la télécharger gratuitement pour un mois, le temps de l’essayer, et au terme de ce délai, vous pourrez l’acquérir définitivement pour le prix de 99 euros. Actuellement nous sommes en prix de lancement à 59,99 euros.

Souhaitez-vous ajouter quelque chose ?
L’intérêt d’Advanced, c’est qu’elle va vraiment être le reflet de vous-même à partir de votre vocabulaire et ce de manière intuitive. Derrière ce travail-là, c’est un docteur en traitement automatique des langues (Docteur TAL) qui a mis au point cette application par le biais d’algorithmes : il s’agit de Charlotte Rose.

Stephen Hawking, professeur mondialement connu, aujourd’hui presque totalement paralysé à cause d’une sclérose latérale amyotrophique (SLA), a développé avec Intel un système lui permettant de communiquer grâce à la détection des mouvements de son visage, transmis ensuite à un ordinateur d’assistance. Cela lui a longtemps permis de continuer à donner des conférences sur des sujets scientifiques très pointus. Or ce système, qui est en cours de développement, vaut environ un million d’euros. À notre échelle, nous avons réfléchi à une manière de créer un système approchant mais qui reste très abordable.

Nous pourrions peut-être approcher un peu plus de ce qu’a fait Stephen Hawking, dans le sens où Advanced peut apprendre votre vocabulaire. Donc si vous avez été médecin autrefois, vous rencontrez beaucoup d’amis et confrères médecins, vous utilisez des mots de médecine… le moteur de prédiction va progressivement apprendre tous ces mots-là. Et cela peut s’appliquer à n’importe quel autre domaine spécifique, scientifique ou non.

Plus d’infos sur : http://communicotool.com/fr/advanced/

En photo : Nathalie Duchastel, responsable commerciale de CommunicoTool – Troubles du langage.

France : un haut fonctionnaire « handicap » dans chaque ministère

Parce que le gouvernement réaffirme que le handicap est l’une des priorités de son quinquennat, il organisait dès le 20 septembre 2017 son premier Comité interministériel du handicap (article en lien ci-dessous). Edouard Philippe lançait à l’occasion un travail approfondi qui doit déboucher sur des plans d’action ministériels d’ici le début de l’année 2018. Il affirme vouloir en assurer le suivi en « réunissant le CIH chaque année et en évaluant l’impact des actions sur les indicateurs d’inclusion des personnes en situation de handicap ». Il a demandé à Sophie Cluzel, secrétaire d’État chargée des Personnes handicapées, de coordonner la préparation du plan d’action interministériel pour 2018-2022.

Un haut fonctionnaire dans chaque ministère

Pour ce faire, le Premier ministre, via une circulaire datée du 23 octobre 2017 (en lien ci-dessous), demande à chaque ministre de désigner au sein de son secrétariat général un« haut fonctionnaire en charge du handicap et de l’inclusion », qui aura pour responsabilité de définir et de mettre en œuvre la politique en matière d’accessibilité universelle et de handicap. Il « doit être en mesure d’animer des échanges au sein du comité des directeurs de votre ministère et de vous rendre compte personnellement », précise Édouard Philippe à l’intention de Sophie Cluzel. Pour l’exercice de cette mission, « doivent être privilégiés les fonctionnaires dont l’autorité et la compétence seront reconnues, et notamment les membres relevant des corps d’inspection ».

Avant le 10 novembre 2017

Ce haut fonctionnaire coordonnera les travaux permettant de dresser l’état des lieux en matière de prise en compte du handicap dans l’ensemble des politiques, et, au sein de son propre ministère, la préparation et le suivi des décisions des comités interministériels du handicap. Il sera également chargé, pour chaque projet de loi, de réaliser de manière systématique la fiche « diagnostic-handicap » prévue en 2012 par Jean-Marc Ayrault mais jamais mise en oeuvre. Le Premier ministre fixe un délai pour cette désignation : avant le vendredi 10 novembre 2017. La liste des fonctionnaires sera rendue publique.

Les élus se mobilisent

Il répond ainsi en partie à la demande de l’Association nationale pour la prise en compte du handicap dans les politiques publiques et privées (APHPP) qui réclamait, entre autres, pour assurer l’inter ministérialité effective sur cette question, de nommer un référent handicap-accessibilité dans chaque ministère mais également dans chaque  collectivité territoriale (article en lien ci-dessous). Créée en septembre 2017, elle réunit élus et membres de la société civile sensibilisés à cette question avec l’objectif de faire bouger les lignes…

Lire la circulaire du 23 octobre :   circulaire du 23 octobre 2017

« Ce volontariat auprès des enfants en situation de handicap a transformé ma vision de l’éducation »

Alexandra est volontaire de Solidarité Internationale au centre Estel au Sénégal, une structure qui accueille une trentaine d’enfants en situation de handicap. Elle nous raconte son quotidien et les raisons de son engagement.

Pourquoi t’es tu engagée ?

Ce n’était pas du tout au programme mais c’est une opportunité que j’ai saisie. Après avoir décidé de changer de carrière, j’ai choisi de faire du bénévolat. C’est là que j’ai décidé de partir au Sénégal pour 3 mois au sein du Centre Estel qui accueille aujourd’hui près de 34 enfants en situation de handicap mental : autisme, trisomie 21, psychose et déficiences mentales profondes. A l’issue de ces trois mois en tant que chargée administrative et financière, j’ai décidé de poursuivre. J’aime le côté polyvalent de cette mission : je fais de l’administratif, du management de projet, des ressources humaines… C’est bien de faire des choses transversales. On a plus de capacité à promouvoir la tolérance. On porte la vision d’une éducation plus inclusive.

Pourtant, tu n’avais jamais travaillé dans le domaine du handicap auparavant.

Oui mais je n’y étais pas insensible. Au contact de l’équipes d’éducateurs, j’ai d’abord beaucoup observé comment les éducateurs s’y prenaient, j’ai vu la qualité de leur accompagnement, cette attention portée à chacun. Petit à petit on apprend à connaître chaque jeune, leurs besoins, leurs problématiques, la prise en charge spécifique dont ils ont besoin. C’est une expérience très riche qui apprend à être patient, tolérant.

Est-ce que cette expérience a changé ton regard sur le handicap ?

Quand on est en immersion chaque jour dans une structure, on prend conscience de l’exclusion à laquelle font face ces enfants et l’absence de prise en charge qui en découle. Qu’on soit en France ou au Sénégal, le handicap mental est mal accepté par la société. Mais au Sénégal, il y a beaucoup de croyances qui entourent le handicap : on considère que c’est une malédiction. L’exclusion est très marquée et donc il y a un manque criant de structures adaptées. A Dakar, il doit y avoir une dizaine de structures seulement. Les structures publiques n’ont pas assez de moyens. De nombreux enfants en situation de handicap se retrouvent donc isolés sans prise en charge.

En bref, comment décrirais-tu le centre Estel ?

Le Centre Estel offre un espace de socialisation. Les enfants participent à diverses activités : apprentissage de base, alphabétisation et numération, activités artistiques, sports et autres activités ludiques. On s’adapte aux besoins de chaque enfant. Certains parents sont surpris des progrès accomplis. Au-delà de l’apport pour l’enfant, c’est une vision de l’éducation qu’on défend au quotidien, où chacun a sa place.

 

Images d’une activité réalisée en octobre au Centre Estel : Découverte de l’Escalade avec le partenaire « Le mur des Lézards » :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

LES UNIVERSITAIRES APPELÉS À UN RENFORCEMENT DE CAPACITÉS SUR LA QUESTION DU HANDICAP

Saint-Louis, 20 oct (APS) – Le personnel universitaire doit davantage se familiariser avec la question du handicap en vue d’intégrer cette problématique dans les enseignements, a laissé entendre, vendredi, à Saint-Louis, le directeur de l’UFR des Sciences juridiques et politiques de l’Université Gaston Berger (UGB), le professeur Mbissane Ngom.
Dans cette perspective, il a souligné l’importance du renforcement des capacités académiques et institutionnelles du personnel universitaire en matière de droits des personnes en situation de handicap.
De cette manière, la situation de cette catégorie de la population sera mieux prise en compte dans les enseignements dispensés, a-t-il indiqué lors d’un atelier de sensibilisation et de renforcement des capacités du personnel de l’UGB.
Des responsables de l’ONG OSIWA et de l’antenne sénégalaise de Handicap International participaient à cet atelier, de même que des enseignants, médecins et magistrats, entre autres.
De l’avis du professeur Ngom, cet atelier devrait permettre aux enseignants-chercheurs d’acquérir « des connaissances et compétences pratiques et les inciter à travailler sur les questions relatives aux droits des personnes vivant avec un handicap’’.
Selon lui, il s’agira ainsi de préparer les enseignants à prendre en charge un enseignement des droits des personnes vivant avec un handicap à l’Université Gaston Berger.
A l’issue de la rencontre, des productions scientifiques sont attendues sur cette problématique, en vue d’approfondir la compréhension des droits des personnes vivant avec un handicap, pour mieux sensibiliser la communauté universitaire à la problématique des personnes vulnérables.
Cet atelier, qui prend fin samedi, vise à renforcer l’engagement de l’UFR des Sciences juridiques et politiques de l’UGB sur cette question, pour à terme développer et introduire un module de formation sur les droits des personnes vivant avec un handicap dans les programmes d’études universitaires.
BD/BK

Avec 799 466 personnes vivant avec un handicap : le Sénégal loin de résoudre l’équation de l’inclusion sociale

L’inclusion sociale n’est pas effective au Sénégal. C’est le constat de la spécialiste principale en développement de la Banque mondiale, Safiétou Djamila Guèye. Cette dernière qui s’est penchée sur le sujet lors de la Journée internationale pour l’élimination de la pauvreté a conclu que, malgré les discours engagés, le Sénégal a du chemin à faire, surtout concernant les couches les plus vulnérables de la société.

Malgré la promulgation en 2010 de la loi d’orientation sociale, le Sénégal a du mal à résoudre l’équation de l’inclusion sociale. En effet, les observations soulevées par Safiétou Djamila Guèye pointent le doigt sur les carences de notre pays en matière de prise en charge des personnes les plus vulnérables de la société.
En effet, la spécialiste qui note des avancées notoires dans ce domaine,  notamment avec le lancement des bourses familiales, la carte d’égalité des chances, l’école des aveugles, entre autres, beaucoup de chemin reste à faire.
A en croire Mme Guèye, le recrutement dans la fonction publique des personnes vivant avec un handicap se fait attendre alors que 15% des recrutements étaient alloués à cette catégorie. S’y ajoutent les retards notés dans la distribution de la carte d’égalité des chances qui ne bénéficie, pour l’instant, qu’à 35 000 personnes en lieu et place des 50.000 initialement retenues.
Dans la création des structures pour cette couche vulnérable de la société, notre pays n’a pas encore réussi à atteindre la norme des standards internationaux car, les établissements existant au Sénégal ont du mal à jouer pleinement leur rôle à cause du manque de financement et/ou de main d’œuvre.
Pour Mme Guèye, «le handicap ne doit pas être considéré comme une variable sociale dont la résolution reste confinée au principe de solidarité et d’entraide mais plutôt comme une variable de développement de réduction de la pauvreté, dans la justice et l’équité».

Plus de 2000 malades mentaux dans les hôpitaux sénégalais (psychiatres)

La célébration, ce mardi 11 octobre 2017, de la journée dédiée à la maladie mentale, a permis d’en savoir plus sur le nombre de malades mentaux que comptent les hôpitaux du pays.

Aida Sylla, professeur de psychiatrie et chef de division de la santé mentale, a saisi l’occasion pour inviter les familles à « intégrer et accepter les malades en leur sein ». Car, « il y a un nombre important de malades mentaux au Sénégal. Nous comptons plus de 2000 patients au niveau des différents hôpitaux et avec des cas différents », souligne la spécialiste dans le quotidien L’Observateur.

Toutefois,  maladie mentale peut ne pas être synonyme de violence et d’agression. Ainsi donc, « les malades mentaux qui sont calmes peuvent rester dans leurs familles car ils sont victimes de dépression qui ne les pousse pas à faire des dégâts, ils peuvent prendre des traitements à la maison », recommande Aida Sylla.

« Il y a des moments où le malade a besoin de sa famille », fera-t-elle constater à l’endroit des proches qui encadrent les malades mentaux dans les familles.

Khadimou Rassoul Talla, président de l’Association Handicap.sn « Nous voulons qu’on donne la carte d’égalité des chances à tout le monde »

Le Sénégal a célébré hier la Journée internationale pour l’élimination de la pauvreté. Sur ce, Mame Safiétou Djamil Gueye, spécialiste principale en développement social de la Banque mondiale, a animé à Dakar un panel sur le thème : « Inclusion sociale des personnes vivant avec un handicap ».

« Nous avons noté des progrès mais  il reste beaucoup de choses à faire, surtout la loi d’orientation sociale sur les personnes vivant avec  un handicap », a déclaré le président de l’association handicap.sn,  Khadimou  Rassoul Talla. Pour lui, si on ne vote pas  cette loi, le décret  ne peut pas être effectif. Sur les dix décrets d’application, il y en a seulement deux qui ont été signés, à savoir la carte d’égalité de chances.  A l’en croire, sur ce dernier point, il y a des problèmes car lors du lancement de la carte d’égalité  des chances le 30 avril 2015, le Président de la République avait dit que 50.000 cartes seront  données d’ici 2017. Actuellement, moins  de 36. 000  ont  été  distribuées. Se basant  sur  le rapport  de l’ANSD, Khadimou  Rassoul a indiqué que  le taux de personnes vivant avec un handicap est de 5,9%, environ 850.000, voire  900.000 handicapés. « Si on donne seulement à 50.000 personnes, c’est une autre forme de discrimination. Nous voulons qu’on donne la carte à tout le monde », a-t-il martelé. Pour ce dernier,  il faut que l’on revoie « nos » stratégies car il y a un manque de volonté politique vis-à-vis des personnes handicapées. Concernant le recrutement dans la fonction publique de 2013, M. Talla  a avancé  que  sur les 5592 personnes recrutées, il y avait environ 20 handicapés. Actuelle, dans la base de données du projet sur l’emploi des personnes  handicapées de l’ONG handicap international, il y a plus de 500 personnes handicapées qui sont à la recherche d’une fonction.

5,9% souffrent d’handicap au Sénégal

D’après Mame Safiétou Djamil Gueye, spécialiste principale en développement social de la Banque mondiale, animatrice  du panel sur le thème : « Inclusion sociale des personnes vivant avec un handicap », le sens de l’innovation et l’esprit d’entreprise peuvent aussi contribuer à aider les personnes vivant avec un handicap à sortir de la pauvreté et de l’exclusion. Ainsi, elle a noté qu’au Sénégal, sur une population de 13 508 715 habitants (ANSD, RGPHAE, 2013), la prévalence du handicap est de 5,9%, ce qui signifie que 59 Sénégalais sur 1000 souffrent d’un handicap quelconque. Les femmes sont plus concernées. Les handicaps moteur et visuel étant les plus répandus avec 1,5%. Toutefois, dira Mme Gueye, l’exclusion sociale basée sur des attributs peut entrainer une diminution du statut social, l’accès à l’emploi et aux services de participation à la prise de décision aux niveaux local et national. La société actuelle crée de nouveaux exclus et surtout de nouveaux vulnérables en fonction des conditions de vie, d’apprentissage et d’éducation qui entourent les plus jeunes. Et d’ajouter que cette vulnérabilité accrue affecte ceux qui étaient auparavant intégrés, mais aussi ceux qui n’ont pas encore commencé leur processus d’insertion sociale et professionnelle. Au-delà de la volonté politique affichée par le Chef de l’Etat et son gouvernement, l’applicabilité demeure toujours problématique avec la non-prise en compte effective de la personne vivant avec un handicap dans les différentes politiques élaborées et mises en œuvre par l’État. Selon  elle, le sens de l’innovation et l’esprit d’entreprise peuvent  contribuer à aider les personnes vivant avec un handicap à sortir de la pauvreté et de l’exclusion. « Au Sénégal, les personnes handicapées se sont organisées en différentes associations. Elle revendiquent une plus grande participation aux processus politiques et à la prise de décision, a une meilleure inclusion et considération de leurs droits », a conclu la spécialiste principale en développement social.

Zachari BADJI (www.rewmi.com)