LANCEMENT DU CONCEPT « GALA DES BAOBABS » POUR LA PROMOTION DE L’INCLUSION SOCIALE



L’histoire retiendra que le Maire Mamadou Baydi Séye est le premier maire en banlieue Dakaroise à être investit pour l’indépendance totale des personnes en situation de handicap.
Le Mardi 03 Avril sera une date historique pour la Fédération départementale des personnes handicapées de la commune de Ndiaréme Limamoulaye. Cette date enregistrera la pose de première pierre d’un nouveau bâtiment dénommer ‘’ maison inclusive Ker Mamadou Baydi Seydi’’ pour rendre hommage au maire de la localité. Selon Djiby Pam président de la fédération. Le cout global total du projet est de quarante millions de francs Cfa (40.000.000) : « 25 millions pour la construction et 15 millions estimation du terrain 15/12. » soutien M.Pam. Ainsi cette maison aura pour mission d’appeler au développement, : « d’œuvrer aussi à la promotion inclusive pour une meilleur prise en charge en compte et prise en charge des personnes en situation de handicap de la commune. Elle est construite pour les personnes à mobilité réduite mais va servir à toute la population pour justifier sa raison d’être l’inclusion. » D’après toujours notre interlocuteur cette structure sera aussi un centre de formation, de rencontre ; de ressource et de plaidoyer : « A travers cette maison, la commune met en place en place une politique inclusive dont le point focal sera coordonner et dérouler par cet espace. A ce titre, elle (la maison) est chargée de promouvoir l’insertion socio-sanitaire et économique des groupes sociaux défavorisés de veiller à la protection des droits des personnes handicapées mais aussi de veiller à la promotion et à la protection des enfants en situation de handicap d’impulser et de coordonner les programmes de recherche en matière d’action sociale de veiller au survie et à l’accompagnement psycho-social des inadaptés sociaux. » Laisse entendre le président de la Fédération. Face à la presse ce dernier à fait savoir que cette maison va travailler en parfaite collaboration avec la commune et avec toutes les organisations communautaires de base en concert avec le service départementale de l’action social : « la direction de la promotion et de la protection des groupes vulnérables et de la direction de la protection des personnes handicapées. Sera le bras droit de la commune et se chargera de mettre en œuvre le programme communale de réadaptions des personnes handicapées de contribuer à l’amélioration du cadre de vie des populations en situation de handicap, de coordonner les activités avec les partenaires. » Promet M.Pam.

ENTRETIEN AVEC LE DOCTEUR VIEUX DEMBA CISSOKO « Le handicap devrait être l’affaire de tous »
1. Docteur Vieux Demba CISSOKO, pouvez-vous vous présenter en revenant sur votre parcours universitaire ?
Tout d’abord, permettez-moi de vous remercier pour m’avoir donné l’occasion de revenir sur mon parcours universitaire. Je suis un produit de la Section des Langues et Civilisations du Monde Anglophone (Section d’Anglais) où j’ai obtenu un Diplôme d’Etudes Universitaires Générale, une Licence / option Linguistique-Grammaire et une Maîtrise option Linguistique/Grammaire. Après la maîtrise, je suis allé au Département de Linguistique et des Sciences du Langage de l’Université Cheikh Anta DIOP de Dakar pour y suivre un Master en Sciences du Langage option Sociolinguistique. Après le Master, je me suis inscrit en Doctorat en juin 2012 à l’Ecole Doctorale Arts, Cultures et Civilisations. Une thèse que j’ai bouclée en 2015 mais je n’ai pu la soutenir qu’en 2018.
2. Vous venez effectivement de soutenir votre thèse unique de Doctorat de Troisième cycle en sociolinguistique. Est-ce-que vous pouvez revenir sur cette expérience intellectuelle ?
Ces années de recherches ont été pour moi des moments symboliques, de découverte du monde de la recherche. Elles ont également été pour moi des années de sacrifices ; car une thèse au Sénégal est très difficile surtout quand vous êtes en situation de handicap avec tout ce qu’il y a comme problème d’accessibilité des édifices universitaires, d’édifices publics généralement.
3. Que représente pour vous cette consécration scientifique ?
Cette consécration scientifique représente pour moi une grande fierté car cela permet de montrer que le handicap n’est nullement un obstacle à la réussite mais devrait plutôt constituer une source de motivation. Je veux dire par là que si vous êtes en situation de handicap vous devrez vous battre comme tout le monde pour réussir et participer au développement de votre pays et construire votre vie. N’acceptez jamais qu’on vous réduise à votre handicap.
4. Quelle est ton opinion sur l’état actuel de la recherche à l’UGB, et au Sénégal en général ?
La recherche à l’UGB pour moi connaît une avancée significative pour la simple et bonne raison que la nouvelle génération de doctorants est de plus en plus consciente de la mission dont elle est investie. Ce constat est pratiquement général à l’échelle nationale, j’en veux pour preuve le nombre important d’étudiants qui s’inscrit en thèse augmente d’année en année. Ainsi, on enregistre un nombre important de docteurs ce qui n’était pas le cas il y a quelques années.
5. Docteur CISSOKO. Nous savons que vous faites partie des personnes en situation de handicap. Quelles ont été les sources de vos motivations ?
La scolarité faisant partie de la vie de la société, je me suis dit qu’il faut se battre pour réussir dans les études et y trouver ma place. Aussi, j’ai pu côtoyer, à travers les OPHs (Organisations de Personnes Handicapées) des personnes qui m’ont toujours fait comprendre que je peux réussir dans les études malgré mon handicap. Et, donc, ces propos étaient pour moi une source de motivation.
6. Quel est le message que voudriez émettre en direction des étudiantes et étudiants qui vivent dans la même situation et qui ont l’ambition de poursuivre une carrière universitaire ?
Le message que je veux lancer à l’endroit des frères et sœurs en situation de handicap est qu’il faut continuer de se battre comme tout le monde malgré les difficultés dans lesquelles vous êtes. Je parle des difficultés parce que pour moi, la première difficulté à laquelle nous sommes confrontés, est celle relative à l’accès aux édifices universitaires. Une situation qui accentue le handicap. Je pense qu’aujourd’hui l’Université Gaston BERGER de Saint-Louis devrait constituer une sorte de laboratoire de recherche dans le domaine du handicap. Mais également, une référence pour les autres universités du pays dans le champ du handicap.
7. Docteur Vieux Demba CISSOKO, nous voici au terme de notre entretien. Quel serait votre mot de la fin ?
Je remercie les autorités universitaires pour tout leur soutien et tous les professeurs de la section d’anglais pour avoir guidé mes pas dans la recherche. Je crois qu’aujourd’hui avec le vote de la Loi d’Orientation Sociale de 2010, relative à la promotion et à la protection des droits des personnes handicapées, les universités se voient confier de nouvelles responsabilités en matière d’accueil des étudiants en situation de handicap. Elles doivent créer et mettre en œuvre des dispositifs adéquats afin de favoriser l’accès de tous à l’université, et de faciliter le parcours de l’étudiant en situation de handicap.
Pour terminer, je voudrai lancer un appel solennel à l’endroit des autorités universitaires sur l’importance d’une politique transversale et intégrée du handicap en adoptant une politique sociale forte pour faciliter le séjour des personnes vivant avec un handicap dans ce temple du savoir. Le rôle de l’université est de remplir son obligation d’accessibilité aux savoirs, par le biais d’aménagements adaptés.

Assaillis par les difficultés, les personnes vivant avec un handicap espèrent que la mise en œuvre prochaine du plan d’action nationale sur le handicap, doté d’une enveloppe de 47,3 milliards de francs Cfa, leur permettra de voir l’autre bout du tunnel.
Le forum du département de Rufisque est inclusif, selon certains participants ayant pris part, hier, au panel consacré à la situation des personnes vivant avec un handicap, sous le thème : “La citoyenneté de cette couche vulnérable de la population.’’ Le président des associations des personnes handicapées du Sénégal est de ceux-là. Yatma Fall estime que “si le plan national sur le handicap est appliqué, la souffrance des personnes handica- pées sera allégée”.
Le directeur des personnes handicapées, au ministère de la Santé et de l’Action sociale, Mamadou Lamine Faty, lui répond que ce n’est plus pour longtemps. Il annonce la prochaine mise en application du plan d’action nationale sur le handicap avec 47,3 milliards de francs Cfa. Le directeur d’ajouter que les bénéficiaires ont accès à des bourses familiales et à la CMU. Et que le dernier recensement général a répertorié environ 800 000 personnes handicapées, soit 5,9 % de la population sénégalaise.
Mais Yatma Fall a du mal à se fier à ces chiffres. De ce fait, il est d’avis que la prise en charge des personnes vivant avec un handicap est faussée par l’absence de données statistiques fiables, du fait qu’il y a une différence de chiffres entre ceux fournis par la Banque mondiale et ceux donnés par les autorités étatiques. Au moment où, alors que les services nationaux parlent de 5,9% de prévalence, l’organisation mondiale de la santé (Oms), elle, table sur un chiffre de 15,5 %. Ce qui ne permet pas, à l’en croire, de cerner concrètement le problème lié à la prise en charge des handicapés au Sénégal.
Ainsi, malgré les efforts de l’Etat du Sénégal pour satisfaire les personnes handicapées, il demeure le problème d’accès aux soins de santé. “L’appareillage reste toujours cher. Et il est très difficile pour un handicapé moteur de se déplacer sans ces outils”. Faisant toujours le diagnostic des maux auxquels sont confrontés ses mandants, le président de l’associa- tion des handicapés moteurs du Sénégal renseigne que la prise en compte sur le plan éducatif et de la formation laisse à désirer. Même cas de figure pour ce qui concerne les infrastructures publiques qui sont ne pas, selon lui, pour la plupart adaptées pour permettre un meilleur accès.
Pis, fait remarquer Yatma Fall, l’emploi et l’insertion sociale sont une denrée rare chez ses camarades qui, pour la plupart, se résignent à s’adonner à la mendicité qui devient, par conséquent, leur unique recours pour vivre. Cependant, fait-il remarquer, depuis un certain temps, les personnes handicapées bénéficient de certains avantages. Et le plus décisif a été la carte d’égalité des chances. Malheureusement, poursuit-il, “les services qu’elle est censée octroyer ne sont pas encore effectifs”.
PAPE MOUSSA GUÈYE (RUFISQUE)



En 7 minutes, Sidiki Kaba, ministre des Affaires étrangères et des Sénégalais de l’extérieur, a tenu, en haleine, hier, la grande salle des droits de l’Homme et des civilisations, à l’occasion de sa participation à la 37ème session du Conseil des droits de l’Homme des Nations-Unies, à Genève.
GENEVE-(Suisse) – «Le Sénégal, fidèle à une longue tradition puisée dans sa culture de tolérance, de respect de la différence, continuera de rester dans le peloton de tête des pays les plus respectueux des droits de l’homme. C’est dans ce cadre d’ailleurs que notre pays soumettra son rapport à la 31ème session de l’Epu (Ndlr Examen périodique universel), en novembre 2018», a martelé le ministre des Affaires étrangères et des Sénégalais de l’extérieur, Maître Sidiki Kaba. Il a ainsi réaffirmé l’ancrage du Sénégal dans le concert des nations respectueuses des droits de tous les humains. C’est, dit-il, l’esprit de la politique menée par le chef de l’Etat Macky Sall et son gouvernement avec le concept d’un Sénégal pour tous, un Sénégal de tous» qui a pour ambition d’améliorer, chaque jour, davantage, les conditions de vie des concitoyens.
Me Kaba a assuré que le Sénégal continuera d’accorder une attention particulière aux droits de l’enfant, des femmes et des personnes âgées, des personnes handicapées mais aussi à l’élargissement des espaces de libertés et la promotion des droits économiques et sociaux.
S’agissant des enfants, le Sénégal est alarmé par le dernier rapport de l’Unicef qui indique que plus de 250.000 enfants sont impliqués dans les conflits armés. « La place de ces enfants est dans les écoles ou dans les centres de formation. Il nous faut donc trouver des solutions pour mettre un terme à l’enrôlement des enfants dans les conflits », a plaidé Maître Kaba. La question des enfants dans les conflits armés, sera abordée d’ailleurs par la présente session.
Concernant les personnes handicapées, le Sénégal, en tant qu’Etat partie à la Convention sur les droits des personnes handicapées, a pris d’importantes mesures pour renforcer les droits de cette couche vulnérable, a souligné le ministre.
A côté de la loi d’orientation sociale, n° 2010-15 du 6 juillet 2010, cadre de référence du dispositif institutionnel en matière de prise en charge et d’intégration des personnes handicapées, le gouvernement du Sénégal a aussi institué la Carte d’égalité des chances qui est une mesure à fort impact social. «Elle consiste en un système de protection sociale qui leur offre des avantages multiformes dans les domaines de la santé, de l’appareillage, du transport, de l’éducation, de la formation, des financements, de l’emploi, entre autres. A ce jour, 50.000 cartes ont été établies au profit des personnes handicapées», a précisé Maître Kaba.
Protéger les migrants et les refugiés
S’agissant des migrants et autres réfugiés, «notre devoir est de protéger ces personnes confrontées à de nombreuses difficultés qui ont pour nom xénophobie, négation de leurs droits, discrimination, bref toutes sortes de pratiques jugées inhumaines et dégradantes qui contribuent à les fragiliser et à les rendre vulnérables», a -t-il martelé. En vue de mettre un terme à ces difficultés, le Sénégal encourage l’ensemble des parties prenantes à finaliser, courant 2018, les deux Pactes en cours de négociation portant sur la migration et les réfugiés. Ceux-ci viendront renforcer les instruments internationaux déjà en place sur ces deux problématiques.
La coïncidence entre la 37ème session du Conseil des droits de l’homme et le 70ème anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’homme (Dudh) ainsi que le 25ème anniversaire de la Déclaration de Vienne et du Programme d’action (Vdpa), constate Sidiki Kaba «interpelle la conscience de la Communauté internationale sur les engagements pris à l’occasion de l’adoption de ces deux grands instruments, qui sont des références de portée universelle en droits de l’homme». Ainsi, a-t- il appelé la communauté internationale à «travailler ensemble pour préserver le caractère indivisible, universel et interdépendants des droits de l’homme». Il avait fait état de l’importance de l’éducation qui «libère» et du multilatéralisme. «Continuons de refuser le repli identitaire, les discours populistes, xénophobes et extrémistes», pour ne pas éteindre l’espoir né de la création, en juin 2006, du Conseil des droits de l’Homme sur les cendres de la Commission. Rappelons par ailleurs que le Conseil des droits de l’homme incarne le 3ème pilier fondamental des Nations unies, aux côtés de la paix et de la sécurité internationales et du développement.
Notons que le Sénégal, par la voix de Me Kaba, a eu le privilège de s’adresser, dans la matinée, au Segment de haut niveau du Conseil des droits de l’Homme de l’Onu. Une place de choix bien mérité au vu de la brillante élection de ce pays, en octobre dernier, pour la période 2018-2020.
El Hadji Gorgui Wade NDOYE

En effet, l’auteur de la traditionnelle émission à succès, ‘’le marackech du rire’’ souffre d’un handicap à la main. Plusieurs fois interrogé à ce sujet, Jamel n’a jamais réagi.
Mais aujourd’hui, l’humoriste a décidé de sortir de sa réserve faisant face à un passé sombre et douloureux.

L’humoriste français a fait son retour sur scène avec Maintenant ou Jamel, malgré son absence dans sa ville d’origine, Il est invité dans l’émission Au Tableau ! sur la chaîne C8.
L’émission ‘’Au Tableau’’ accueille des personnalités qui répondent à des questions d’enfants de 8 à 12 ans.
Jamel Debbouze est quelque peu désorienté lorsqu’on lui demande de parler de la perte de son bras. Il révèle les détails de son accident pour la première fois à la télévision.
« Je me suis retrouvé sur le quai d’une gare, assez tard. Je voulais gagner un peu de temps. J’ai vu le bus passer. Et j’ai traversé les rails en pleine nuit sans regarder, ni à gauche, ni à droite. Je voulais juste gagner un peu de temps », explique l’humoriste aux enfants. Il leur demande de se mettre dans sa peau l’espace de quelques minutes et de mettre une main dans leur poche, pour ressentir les effets du handicap. C’est l’occasion pour Jamel de rappeler aux enfants d’écouter leurs parents, et de ne pas l’imiter. Il avoue son erreur et regrette son imprudence qui a également coûté la mort de son ami Jean-Paul, renversé par le même train. Il avait 14 ans quand il a perdu son bras. L’émission a été diffusée le mercredi 7 février à 21h.

Le chef du gouvernement, Mahammed Boune Abdallah Dionne, s’est réuni ce mardi 13 février 2018, à l’occasion d’un conseil interministériel, avec les personnes vivant avec un handicap. Au cours des discussions, les différentes parties ont listé les progrès réalisés pour s’en féliciter. Cependant, elle se sont aussi accordées sur la nécessité d’adopter un certain nombre de mesures urgentes.
« Quelques orientations fortes ont été dégagées, notamment l’urgence de procéder à l’adoption du programme de réadaptation à base communautaire qui permet de décliner toute la politique d’inclusion sociale, destinée aux personnes vivant avec un handicap. Il en est de même de l’urgence d’adopter le plan national handicap qui est doté d’un budget de plus de 40 milliards que le gouvernement devra endosser et inscrire dans le cadre du programme d’actions prioritaires du Pse II qui est en cours d’élaboration », a indiqué le porte-parole du Gouvernement, Seydou Guèye, qui faisait le compte rendu de la rencontre.
« Les autres textes sont relatifs à la mise en œuvre des dispositions de la loi d’orientation. De ce fait, un échéancier a été établi et qui va jusqu’à la fin du mois de juin pour que tous les textes soient pris. Notamment, les textes relatifs à l’inclusion des personnes vivant avec un handicap dans le cadre de notre système avec la mise à disposition d’un point d’appui pour le démarrage de leurs propres activités en termes de création d’emploi, d’aide à l’installation, d’exonération, mais également de garantie pour accéder aux crédits », ajoute le porte-parole du gouvernement.
Durant la rencontre, il a aussi été évoqué la préoccupation portant sur les mesures indiquées par la loi d’orientation qui fixe un niveau de quota d’à peu près 15% devant être réservé aux personnes vivant avec un handicap dans les recrutements. Le Premier ministre a aussi décidé de la mise en place d’un mécanisme de suivi de la mise en œuvre effective de la loi d’orientation pour avoir des revues périodiques.

Monsieur le ministre,
Cela fait cinq mois que vous avez été nommé à ce poste. Quelle est la durée de votre période de grâce ?
Un ministre de la santé d’un régime qui est là depuis six ans a-t-il droit à un délai de grâce ?
Les syndicats y ont répondu en déterrant la hache de la lutte. Si les syndicats éternuent c’est que leurs membres, les travailleurs du secteur de la santé et de l’action sociale pris individuellement sont enrhumés depuis longtemps. Tel est mon cas. Monsieur le ministre, la politique de santé et de l’action sociale au Sénégal est malade. Conséquence, les structures sanitaires et sociales sont malades.
Carence importante en structures et travailleurs
Le Sénégal compte 35 hôpitaux, 98 centres de santé, 1.257 postes de santé. L’OMS recommande un (01) hôpital pour 150.000 habitants. Autrement dit, les 35 hôpitaux couvrent 5.250.000 habitants sur les 15 millions d’habitants que compte notre pays. Que deviennent alors les 9.750000 habitants ? Ils vont dans ces structures de santé et du coup la charge de travail est trop importante pour les sages-femmes sénégalaises dont chacune s’occupent de 2500 à 2684 femmes en âge de procréer au lieu des 300 recommandées par l’OMS. Ainsi au 19 février 2017, la région de Tambacounda, avait besoin de 70 sages-femmes, 72 infirmiers et des médecins dans toutes les spécialités médicales. Au samedi 6 janvier 2018, il n’y avait ni chirurgien, ni pédiatre, ni anesthésiste ni gynécologue à l’hôpital régional de Tambacounda.
Au 04 Octobre 2017, l’hôpital de Matam était sans cardiologue, pédiatre, réanimateur et pharmacien. Au 04 Août 2017, Kaffrine, Fatick, Foundiougne et Passy évacuaient leurs cas pédiatriques à Kaolack qui est la seule à avoir un pédiatre. La situation est la même dans la majeure partie des régions et départements. Au 14 Octobre 2016, le Sénégal était resté 5 ans sans recruter de médecins ophtalmologues. Au Sénégal le ratio est d’un (01) médecin dentiste pour 100.000 habitants ce qui est loin de la norme OMS de 1 médecin pour 10.000 habitants.
Comment ne pas imputer les 361 décès néonataux sur les 694 enregistrés à Kaolack en 2015 et en provenance de Passy, Foundiougne, Kaffrine et Fatick à cette absence de pédiatre ? Comment accabler Dieu des 48 décès maternels enregistrés dans les structures sanitaires en 2017 à Kolda, du taux de mortalité de 89 pour 1000 naissances à Sédhiou, des 80 décès maternels recensés à Thiès en 2016, des 4 femmes qui décèdent chaque jour en donnant la vie et des 30 autres qui souffrent d’affections handicapantes, des plus de 25.000 enfants (je dis bien vingt cinq mille ) qui meurent chaque année avant leur 5e anniversaire ?
Monsieur le Ministre, pourquoi au lieu de 1500 à 3000 médecins n’avons-nous que 789 médecins soit un déficit de 711 à 2.211 médecins?
Cartes d’insuffisance des chances
Monsieur le ministre, récemment vos services ont crié victoire pour avoir « distribué » 50.006 cartes d’égalité des chances sur un objectif de 50.000 cartes. Pouvez-vous rassurez que la délivrance au faciès que l’on a noté au niveau des cartes d’identité biométrique n’a pas cours au niveau des cartes d’égalité des chances ? Avec 10.500 albinos au Sénégal, 165.000 aveugles…885.000 de nos concitoyens atteints de handicap, pourquoi le Sénégal ne peut faire que 50.000 cartes ? Pourquoi, avec un nombre si réduit, ces cartes sont données indistinctement aux plus vulnérables des personnes atteintes de handicap comme aux personnes handicapées qui sont moins vulnérables que des personnes dites valides ?
Gestion anti démocratique des structures de santé
Monsieur le ministre, le 27 mars 2013, se tient à partir de 10 heures 25 minutes, une réunion du conseil d’administration (CA) de l’hôpital régional de Sédhiou. Le Président du Conseil d’Administration donne la parole au nouveau directeur (le deuxième de l’hôpital régional de Sédhiou) qui n’est là que depuis le 19 février 2013. Celui-ci pétrifie les administrateurs de l’établissement public de santé hospitalier de Sédhiou présents avec les révélations qu’il fait sur la gestion du deuxième directeur de l’hôpital. Aucune comptabilité matière pour la gestion du carburant trouvée sur place. Une dette de carburant de 999.506F CFA (le prix de 20 kits de césarienne qui à l’époque coûtaient 45.000F CFA l’unité ; c’est l’équivalent de 666 consultations en médecine
découverte et contractée de manière nébuleuse alors que l’ancien directeur disait n’avoir laissé aucune dette en partant. L’ancien et premier directeur et le Chef de Service Administratif et Financier (CSAF) auraient eu chacun un carnet qui leur permettait de prendre du carburant comme bon leur semblait. Du matériel de l’hôpital n’a pas été trouvé sur place. Par exemple, du matériel médical de l’EPS1 de Sédhiou a été trouvé à Dakar dans une entreprise dénommée DRP. Patrimonialisation par l’ancien directeur de l’ordinateur portable de la direction. Il a même fallu que le nouveau directeur aille le reprendre chez l’ancien directeur à Dakar. Deux rapports des ventes de la pharmacie sont produits pour une même situation. Un premier rapport faisant état de 18 millions de francs CFA de chiffres d’affaires avec des prix de l’ancien directeur. Un second rapport, remettant en cause le premier, de 8 millions de francs CFA de chiffres d’affaires. Entre les deux, un fossé de 125% ! Existence d’une dette sociale (IPRES et CSS) d’un montant de 2.700.000F CFA. « Même le discours dur de l’ordinateur avait été vidé ! » Rien n’avait été budgétisé ! Qu’a-t-on découvert d’autre ? Que nous a-t-on caché ?
Après avoir dénoncé cela, le deuxième directeur, durant le premier trimestre de l’an 2014, restera pendant plus de 10 jours sans verser les recettes de l’hôpital au compte de la Caisse Nationale de Crédit Agricole (CNCAS). Soit un montant compris entre 2 et 4 millions de francs CFA. Ce deuxième directeur, pendant 16 mois ne présentera aucun rapport financier trimestriel (art 23 décret n° 98-702 du 26 août 1998 portant organisation administrative et financière des établissements publics de santé) aux travailleurs dans un contexte de polémique sur l’utilisation du carburant de l’hôpital.
Ce deuxième directeur lancera le « Projet : Travaux de réhabilitation des bâtiments de l’EPS de Sédhiou pour le compte de la direction ». Le budget de la réhabilitation de trois bâtiments de l’hôpital régional de Sédhiou (d’un (01) bâtiment Administratif et soins bucco-dentaires ; d’un (01) bâtiment Hospitalisation et d’un (01) bâtiment Maternité) s’élève à 9 521 002 FCFATTC.
L’ordre de service « prend effet à partir du 03 juin 2013 ». Les travaux démarrent par une fausse note. Un déjeuner et des prières payés par l’hôpital sont organisés. Certains diront que cet argent dépensé c’est des vétilles et en parler c’est pinailler. Mais il y a un hic. Quelques mois après, en novembre 2013, on vient demander un avenant de plus de 5 millions. En lieu et place d’une réception définitive ou provisoire.
Le plus gros problème est que le Code des marchés publics n’a pas été respecté en matière d’avenant. Ce code, à son 5e chapitre et en son article 24 stipule que : « « -1. L’augmentation ou la réduction des fournitures, services ou travaux résultant d’un ou plusieurs avenants ne doit en aucun cas dépasser 30% du montant du marché initial après application des éventuelles clauses d’actualisation et de révision. 2. Lorsque la modification envisagée porte sur des quantités de travaux, fournitures ou services supérieures à celles fixées au paragraphe 1 du présent article, il doit être passé un nouveau marché. Il en est de même lorsqu’en cas d’avenants successifs, le montant du dernier avenant à conclure doit porter le total cumulé des avenants au-delà desdites limites. ».
Dans le cas de la réhabilitation de l’hôpital de Sédhiou, nous avons à faire à plus de 50% (beaucoup plus que les 30% prévus) du montant du marché initial. Pourquoi le directeur de l’hôpital de Sédhiou n’a pas passé un nouveau marché ?
Qu’en est-il dans les autres structures hospitalières ?
Après avoir interpellé, alerté et dénoncé à l’interne en vain, j’ai informé l’opinion publique nationale de ces faits de gestion anti démocratique. Mon salaire ? Le ministère de la santé, par votre prédécesseur, m’a affecté 3 fois en un mois. Depuis je suis dans un service sans eau, ni électricité, ni toilette salubre dans un bâtiment déclaré « menaçant de ruine » par les services de l’Etat. Et au même moment, le premier directeur de l’hôpital de Sédhiou est directeur de l’hôpital de Saint-Louis et le deuxième directeur de l’hôpital de Sédhiou est directeur de l’hôpital de Kolda où ils peuvent continuer leur besogne. Comment s’étonner alors de la grave crise qui prévaut dans nos hôpitaux ? Monsieur le ministre vous devez dire si mon rapport sur la gestion de l’hôpital de Sédhiou est conforme à la vérité ou non.
Une action sociale politicienne
Monsieur le ministre, l’actuelle directrice de la direction générale de l’action sociale (DGAS) et son prédécesseur sont des médecins. Ceci est la cerise sur le gâteau du mépris gouvernemental en direction du travail social et de ses travailleurs sur lequel je reviendrai. Le gouvernement du Sénégal veut-il nous faire croire que depuis 1960 il n’a pas formé de travailleurs sociaux ayant les compétences pour diriger cette direction ? De la même manière que cela ferait désordre de voir des gendarmes dirigés par un douanier et des policiers par un agent des eaux et forêts de la même manière cette injustice dont sont victimes les travailleurs sociaux heurte à tout point de vue.
Que faire : gestion démocratique en lieu et place de la « bonne gouvernance » du FMI et de la Banque mondiale
Monsieur le ministre, tant qu’il n’y aura pas de gestion démocratique de nos structures de santé avec les travailleurs et les populations comme premier rempart en tant que vigies, sentinelles, sonnettes d’alarme…le Sénégal ne sortira pas de ce système sanitaire et social profondément malade. Le peuple, celui qui n’a ni double nationalité, ni passeport diplomatique doit être au cœur – d’amont en aval – du système par un contrôle populaire.
La gestion démocratique c’est aussi celle du personnel. Au nom de quoi tel ou tel autre agent est affecté ou nommé à telle station ? Les enseignants ont leur miroir, les magistrats se battent légitimement pour l’indépendance de la justice avec des critères objectifs pour pouvoir affecter les magistrats. Le président de la république a dit être prêt à aller le plus loin possible dans la prise en charge des préoccupations des magistrats. Il est inacceptable que cette gestion anti démocratique des travailleurs de la santé et de l’action sociale qui ne bénéficient qu’aux politiciens et aux syndicalistes affairistes et carriéristes perdure.
Monsieur le ministre, quand on donne 9 milliards de fonds politiques chaque année au président de la république, au président de l’assemblée nationale, au président du haut conseil des collectivités locales, qu’on attribue des salaires aux conjoint(e)s des diplomates, qu’on laisse l’impérialisme piller nos ressources…il n’en restera pas suffisamment pour avoir suffisamment de structures et de travailleurs de la santé et de l’action sociale, de cartes d’égalité des chances, de budgets pour les différents programmes de votre ministère… Voilà pourquoi il y’aura toujours très peu de ressources pour financer la santé. Et à partir de là on peut dire que les 27.740 enfants de moins de 5 ans et les 1460 femmes qui meurent chaque année au Sénégal d’infection respiratoire aigue, de diarrhée, de grossesse ou de suite de grossesse ne meurent pas de la volonté divine. Ils meurent assassinés !
Dans l’espoir d’une prise en compte de mes avis et suggestions, veuillez agréer Monsieur le Ministre de la Santé et de l’Action Sociale l’expression de mes encouragements patriotiques.
En savoir plus sur https://www.senegaldirect.net/agent-ministere-de-sante-de-laction-sociale-dire-mal-quil-pense-de-politique-sanitaire-sociale-de-letat/