Le Centre culturel offre des vacances de créations artistiques et de socialisation aux enfants en situation d’handicap

Le Directeur du Centre culturel régional de Tambacounda, M. Abdourahmane Diallo a organisé avec l’appui de son partenaire l’Ong Korsa, durant la période du 21 juillet au 05 aout 2018, un camp de créations artistiques et de socialisation au profit de 35 enfants en situation de handicap.

« Il s’agit d’un camp de création artistique au profit d’enfants vivant avec un handicap c’est-à-dire des sourds muets, des albinos, des handicapés moteurs…etc. Nous avons pris 35 enfants en situation de handicap et 35 autres enfants en situation normale pour créer une solidarité entre eux, s’épanouir et s’exprimer artistiquement à travers des ateliers de peinture, chorégraphie, théâtre…etc. ? Tous les objets d’arts fabriqués par ces enfants seront exposés le 05 août à travers une grande manifestation marquant la fin du camp » a expliqué M. Diallo.

Il a rappelé le thème de cette deuxième édition du camp artistique : « le handicap ne doit plus être un handicap » pour déconstruire un mythe et montrer le bon chemin à ces enfants un peu négligés dans nos sociétés. Et tous les enfants viennent de la commune de Tambacounda et la sélection a été faite par la Fédération régionale des personnes vivant avec un handicap.

Pour la mobilisation des ressources financières afin de réussir l’organisation de ce camp, le Centre culturel régional de Tambacounda a pu compter sur l’Ong Korsa. En plus, d’autres bonnes volontés ont apporté leur soutien. On peut citer Mlle Mamy Guèye, Mme Danfakha de la Gouvernance, Khadim TALLA, Responsable de l’informatique et des TICS à la Direction de la Cinématographie du Ministère de la Culture et président de l’association Handicap.sn et Laye KA,acteur culturel à Tamba sont les parrains de cette 2 ème édition.

« C’est une action d’entre aide, une action humanitaire que le Centre culturel est en train de mener. Tout ça est basé sur la création artistique avec ces enfants. Le camp se déroule sur 16 jours du 21 juillet au 05 août 2018. Je lance un appel aux potentiels partenaires à venir soutenir cette initiative. A voyant ces enfants tout souriants et très décontractés, on est habité par l’émotion. Il suffit de leur rendre visite dans le camp (08h à 13h) pour s’en rendre compte », a soutenu le Directeur Diallo

Et il a rappelé que le Centre culturel voulait organiser ce camp chaque deux ans mais ce sont les enfants eux-mêmes et leurs parents qui ont insisté cette année pour qu’il se tienne et heureusement l’Ong Korsa a accepté de les accompagner. M. Diallo pense que les collectivités locales notamment le Conseil départemental et la Mairie de Tambacounda peuvent soutenir cette initiative afin de la pérenniser.

Les personnes handicapées marchent sur Dakar

Le Collectif pour la défense des droits des handicapés entend manifester, ce mercredi. Ce, pour réclamer la publication des décrets d’application de la loi d’orientation sociale et la mise à disposition des cartes d’égalité de chance. Autre revendication: c’est l’instauration d’une haute autorité du fond d’appui pour lutter contre la mendicité.

Mais, pour le moment, la marche n’est pas encore autorisée. « On a informé le Préfet depuis le vendredi dernier mais jusqu’à présent (l’autorité) ne nous a pas encore donné d’autorisation. Mais, dans tous les cas, nous allons organiser la marche. On a choisi l’itinéraire de la Place de la Nation au Rond-point de la Rts », prévient Khadim Talla, membre du Collectif, au micro de Radio Sénégal.

Selon lui, rien n’a été fait après le vote de la loi d’orientation sociale en 2010.

« La loi d’orientation sociale est votée depuis 2010. Il y a dix décrets et quatre arrêtés. On n’a signé que deux décrets d’application, dénonce Talla. L’État du Sénégal avait organisé le Conseil interministériel sur le handicap le 13 février 2018. Le Premier ministre qui l’avait présidé, avait demandé l’application du décret avant le 30 juin. Aujourd’hui, nous sommes le 11 juillet 2018 ».

En face, le Directeur de la promotion et de la protection des personnes handicapées, Mamadou Lamine Faty, se veut rassurant.

« L’État du Sénégal a atteint l’objectif de production des 50 mille cartes d’égalité des chances annoncées (par le président Macky Sall). Dont 17 mille 192 personnes handicapées enrôlées dans les mutuelles de santé, 25 mille 507 bénéficiaires de la bourse de sécurité familiale conformément à la directive présidentielle de 2015. Et, 652 personnes handicapées ont accès aujourd’hui gratuitement au réseau Dakar Dem Dikk », informe-t-il.

Avant de poursuivre : « Le ministère de la Santé et de l’Action sociale a invité toutes ces associations autour d’un atelier pour faire valider et partager ces textes. Aujourd’hui, tous ces textes ont été soumis à l’appréciation du ministre. Certains ont été transmis au Secrétariat général du gouvernement. Les dispositions sont prises pour la transmission du décret relatif au fond d’appui aux personnes handicapées. Mais également du projet de décret relatif au haut conseil à l’égalité des chances des personnes handicapées. »

« Au courant de ce mois de juillet, promet Faty, interrogé par Radio Sénégal, tous ces textes parviendront au Premier ministre conformément à la directive ».

Le patronat sénégalais pour l’insertion professionnelle des personnes handicapées

Le Conseil national du patronat sénégalais (CNP) a plaidé, vendredi à Dakar, pour l’insertion professionnelle des personnes en situation de handicap.

« Le Conseil national du patronat (CNP) est d’avis qu’au-delà des textes législatifs et réglementaires, nous devons apporter une réponse à la question de l’éducation et la formation qualifiante des personnes handicapées afin de renforcer l’égalité des chances d’accès à l’emploi et à l’entreprenariat », a déclaré Racky Wane, la vice-présidente du CNP.

S’exprimant à la rencontre de concertation sur l’avant-projet de décret rendant obligatoire la réservation de postes de travail aux personnes handicapées dans les entreprises, elle a souligné que « la réalité est complexe et toute solution durable exige de s’attaquer à la racine du mal » qui se résume à l’éducation et à la formation.

« Quand un enfant handicapé est non scolarisé ou un adolescent handicapé n’a pas l’avantage d’avoir une formation professionnelle, cela accroît leurs risques de devenir des adultes confrontés à de multiples difficultés d’insertion dans la vie active », a-t-elle soutenu.

De l’avis de Karim Cissé, le Directeur général du Travail et de la Sécurité sociale, c’est « un moment historique pour les efforts consentis par le Sénégal afin d’assurer une meilleure inclusion sociale et une insertion professionnelle des personnes vulnérables notamment celles vivant avec un handicap ».

Après avoir plaidé pour « l’organisation d’une Conférence sociale nationale sur l’égalité des chances d’accès à l’emploi public-privé et à l’entreprenariat », le patronat sénégalais n’a pas manqué de proposer un dispositif d’accompagnement incitatif à l’insertion des personnes handicapées dans les entreprises.

Ce dispositif est constitué de quatre points, à savoir l’allocation d’un pourcentage du budget de la Contribution forfaitaire à la charge des employeurs (CFCE) aux besoins de formation qualifiante et diplômante des personnes handicapées, la mise en place d’une plateforme d’offres de compétences des professionnels handicapés par les départements ministériels en charge du Travail, de l’Enseignement supérieur, de la Formation professionnelle et de l’Emploi, la favorisation des stages pour les handicapés en milieu professionnel public et privé par divers mécanismes de soutien et l’exonération de certaines charges patronales notamment la cotisation à la Caisse de Sécurité Sociale pour les entreprises qui s’engagent au recrutement de handicapés.

L’avant-projet de décret rendant obligatoire la réservation de postes de travail aux personnes handicapées dans les entreprises « est le fruit d’un long processus engagé par le Sénégal qui a ratifié en 2009 la Convention des Nations Unies sur les droits des personnes handicapées », a souligné Karim Cissé.

Cet avant-projet prévoit que tout employeur ayant un effectif de 20 à 50 travailleurs se doit de réserver un poste de travail à une personne handicapée, 2 postes de travail pour un effectif de 51 à 100 personnes, 4 postes pour un effectif de 101 à 250 personnes, 6 postes pour un effectif de 251 à 500 personnes et 10 postes pour un effectif de 501 à 1000 personnes.

ID/te/APA

Lettre d’une handicapée niée dans sa dignité au Président de la République

Monsieur le Président de la République du Sénégal

Le pasteur Martin Luther KING a dit un jour, que l’injustice quelque part, est une menace pour la justice partout… Et il est vrai qu’au Sénégal, nous, sommes blasés par moult injustices auxquelles la pauvreté et la déstructuration nous a habitué.
Mais tout de même, me semble t’il qu’existe une limite dans le supportable ; l’image de ces pauvres dames, Adama NDOUR, Rougui THIAM et Awa GAYE, sans défense, malmenées par ce triste sieur, ASP de son état, devant ses collègues affables, est une limite pour moi.
Moi atteint de handicap comme elles, et qui éprouve par indentification les affres de leur martyr. Je vous somme d’en faire vôtre ; de cette limite et d’user de votre puissance pour protéger mon intégrité; moi et tous les gens qui me ressemblent.

Monsieur le Président, je gage que Luther KING, à la vue de ces horribles images de ces dames en fauteuil, molestées par ce (s) sinistre(s) individu(s) en tenue, censé(s) les protéger, dirait aujourd’hui que : Partout où la dignité est piétinée comme ça, c’est l’humanité qui est niée.

Monsieur le Président, ces images sont à vomir; j’en suis meurtri ; et je veux croire que vous aussi… Et elles en disent beaucoup sur notre Sénégal. Comment ces actes aussi ignobles ont ils pu être commis par cet homme qui se croit autorisé par son uniforme ? Pire, comment ses collègues présents, peuvent-ils cautionner ces actes sans nom de par leur passivité, de par leur agressivité, qu’on devine à l’image, sur ces personnes fragiles. Ces personnes qui, toutes les civilités du monde surprotègent. Ces personnes fragiles dont toutes les religions du livre consacrées au Sénégal, rappellent l’égard particulier qui leur est dû;

Monsieur le Président, beaucoup trop souvent dans mon Sénégal, est omis cet égard. Cet égard, que Allah subhanahu wa ta’ala lui même consacre dans son Saint Coran, descendu dans ce mois béni du ramadan, où, à la sourate 80 versets 1 à 16, il rappela à son prophète MOHAMAD (SAW) le manquement de cet égard vis à vis de l’aveugle Ibn Um Maktum qui sembla l’importuner, dans cette assemblée de noble où il était en prêche.
Notre prophète, depuis ce jour, toujours, accueilli cet aveugle Ibn Um Maktum par cette formule consacrée depuis : « Bienvenue à celui pour lequel mon Seigneur m’a réprimandé ».

Monsieur le Président, parce que je le vis dans ma chair, je veux vous indiquer deux choses que vous ignorez du fait d’être handicapé ;
1°)- Etre atteint de handicap est un rappel de tout instant pour le « frappé » de la conscience d’être vivant. Les rapports au temps et à l’espace sont aussi transformés quand vous êtes handicapé. Le temps fractionné de la montre cède le pas au « temps psychique » qui est celui des représentations intérieures. L’espace lui-même n’est pas seulement fait pour la mobilité, il est d’abord menaçant ou impossible à vivre pour de multiples raisons. Ce sont les « affects » qui prennent ici le pas sur les possibilités de l’espace. L’espace et le temps d’une personne handicapée emportent toujours plus loin.
Humainement parlant, la personne handicapée nous (vous) met dans l’épreuve de la différence. Chaque instant de la vie de son corps et de son esprit manifeste cette différence. L’entourage lui-même y est affronté. Oser vivre différent est un combat avec soi-même et avec les autres. C’est un combat qui nous (vous) porte souvent très loin.

2°)- Comme chacun de nous (vous), la personne handicapée est un être de désir, de parole et de liberté, mais ces trois mots, qui définissent l’existence humaine, s’inscrivent pour elle dans des limites qui ne sont pas temporaires, mais structurelles. Du coup, les moments les plus simples de la vie sont inévitablement marqués par le manque ; le désir trébuche, la parole est courte ou absente, la liberté fort réduite. Et pourtant, du fait même de ces manques, le désir, la parole et la liberté n’en sont pas moins forts et souvent extrêmes.
Essayer de faire comprendre ces notions à la fois simples et complexes au Sénégal, s’apparente aux travaux de Sisyphe, tant nous avons fini de ne consacrer que de la pitié, et son revers le mépris pour ces personnes handicapées. Ce mépris auquel toute la société soumet dans la banalité quotidiennement, ces personnes ; et qui ont finit d’intégrer qu’elles n’auraient droit qu’à cette pitié. Ecoutez-les, vous entendrez  ça de leur bouche.
Monsieur le Président, quid de la compassion ; est-ce que le sénégalais ne mérite pas pour son propre salut d’être guidé dans cette voie qui dictera le respect ; cette voie qui appelle à une projection du sort de la personne en face, sur son propre possible. Cette voie qui fait prendre en charge une partie de la douleur de la personne en face pour l’en décharger un peu; cela en conformité avec nos croyances aux saintes écritures ; ou alors à cette culture de l’universel, dont il est vrai que le bas niveau d’instruction chez nous, a cessé depuis fort longtemps d’alimenter.
C’est pourquoi je veux croire que la question qui s’ouvrira pour vous, sera ce rappel fort à votre devoir de protection envers plus de 20% de la population ; un rappel à cette impérieuse nécessité de vous inspirer des enseignements du prophète, pour le, aussi musulman que vous êtes, ou à défaut, de cette culture dont vous ne manquez pas et qu’on vous sait gré, eu égard à votre rang et votre instruction.

Monsieur le président ; Serions-nous frappés de malédiction ? Pourquoi faudrait-il toujours que nous trainions avec ténacité ces affres et maux de toutes les sociétés, avec les jalons que nous posons chaque jour ; sans que jamais une once de lumière ou et de lucidité ne nous fasse nous corriger.

Monsieur le Président, que faire de ce mal qui touche autant l’intime que le social ?

Monsieur le Président, n’avons nous pas collectivement le besoin de ce message, que les personnes atteintes de handicap sont avant tout des personnes ; et qu’à ce titre, la promotion de représentants visibles à des postes d’honneur, comme Ministre et Député, auraient la double vertu de permettre l’identification de ces personnes en des modèles, tout en distillant dans les esprits que cette dignité due à tous, est indivisible pour tous. Traduire du vécu dans les dispositifs qui organisent notre vivre ensemble ne se délègue pas toujours.
Monsieur le président, où sont les ministres ou les députés issus de ces 20% de cette population handicapée ?
Me semble t’il là est votre chantier que vous nous devez.
En attendant des actes forts pour corriger ce gros déficit, je requiers votre protection de ces personnes immondes, en tenues, qui face à nos corps complétement à leur merci avec un fauteuil roulant pour seul support; cause de ce destin sans appel qui nous oblige à une tète de moins par rapport à eux ; à vous, à tous … Ces hommes et ces femmes atteints de handicap que nous sommes qui ont été niés dans leur dignité par ceux là en tenue qui ont agi en votre nom. Je veux dire mon horreur devant ces images qui m’ont fait mal comme rarement…. Je suis cette femme handicapée Adama NDOUR, Rougui THIAM, Awa GAYE et toutes les autres, frappées par cet ASP devant ses collègues qui le couvrent par leur passivité ; et qui en appelle à vous Monsieur le Président de la République pour que vous me restituez cette dignité qui m’a été niée par ces hommes en tenue que l’Etat a missionné.
Oui Monsieur le Président, rendez ma dignité en proclamant haut et fort que j’ai droit aussi à la protection de l’Etat et à son respect.

Une personne atteinte de handicap qui prête sa plume à Adama NDOUR, Rougui THIAM, Awa GAYE etc…

Afrique: le cri de détresse des personnes handicapées, abandonnées à leur sort

Des diplômés maliens en situation de handicap manifestent à Bamako pour leur intégration dans la fonction publique.© Capture d’écran du site maliactu

Ils veulent être considérés comme des citoyens à part entière et dénoncent leur exclusion. Dans plusieurs capitales africaines, les personnes handicapées manifestent pour réclamer leurs droits. Pour ne plus faire figure de parias, stigmatisés par le reste de la population.

«Nous sommes des handicapés et non des incapables.» C’est le cri de détresse des diplômés maliens en situation de handicap. Ils étaient des centaines le 12 juin à observer un sit-in devant le ministère du Travail à Bamako. Ils réclament une meilleure intégration dans la fonction publique, conformément à une décision prise par le gouvernement depuis 2012 et qui n’a pas été appliquée.

Les manifestants accusent les pouvoirs publics de les avoir totalement abandonnés: «On n’a pas de travail, on n’a rien dans ce pays. Et puis on nous dit de ne pas mendier»… «Ce n’est pas parce que tu es boiteux, parce que tu es manchot. Ce n’est pas parce que tu es aveugle que tu dois être considéré comme un morceau de malien», lancent-ils au micro de la BBC.

Des avancées technologiques au service des handicapés
Le Mali compte deux millions de handicapés, soit 15% de la population. Une loi destinée à les protéger et à leur accorder une assistance adaptée vient d’être adoptée par l’Assemblée nationale le 10 mai 2018. Le président de la Fédération malienne des personnes handicapées, Moktar Bah, espère que cette loi ne restera pas qu’un chiffon de papier.

«Les avancées technologiques récentes représentent un atout. Elles pourraient faciliter l’aménagement des lieux de travail accessibles et faciliter la communication pour les personnes ayant une incapacité auditive liée à la parole ou au langage, à réduire l’incapacité intellectuelle, à faciliter la lecture ou l’utilisation d’un ordinateur pour les personnes ayant une incapacité visuelle», plaide-t-il.

Stop aux actes de maltraitance contre les handicapés
Au Sénégal, une vidéo mise en ligne le week-end du 9 juin a provoqué de nombreuses réactions de colère sur la toile sénégalaise. On y voit une dame handicapée malmenée par un agent de sécurité. Cette affaire a suscité l’indignation jusqu’à la présidence du Sénégal. Le président Macky Sall a demandé à son gouvernement de déployer un plan spécial de lutte contre la maltraitance des personnes vivant avec un handicap.

Les handicapés de Conakry: des «porte-malheurs»
En Guinée, ils sont considérés comme une malédiction. Condamnées à mendier pour subvenir à leurs besoins, les personnes handicapées sont obligées de vivre dans la rue, en marge de la société.

«En Guinée, l’image de la personne handicapée est systématiquement associée à celle du mendiant. Par manque de trottoirs appropriés, ils sont obligés d’emprunter les mêmes voies que les véhicules avec tous les risques. Aucun système n’est mis en place pour leur permettre de se déplacer»,témoigne Fatoumata Chérif sur le site des Observateurs de France 24.

Pour elle, les sourds-muets sont parmi les plus vulnérables face aux problèmes de sécurité qui les guettent, confie-t-elle à l’AFP.

«Avec toutes les histoires de vols et de kidnapping que l’on connaît, les sourds-muets sont d’autant plus vulnérables qu’ils peuvent difficilement décrire ce qui leur est arrivé, puisque beaucoup de personnes handicapées sont analphabètes et peu de gens connaissent la langue des signes en Guinée», déplore Fatoumata Chérif. Elle espère qu’un projet de loi soumis à l’Assemblée nationale permettra aux personnes handicapées d’être identifiées et d’être enfin prises en charge.

«Il y a aussi le regard des autres. C’est compliqué»
Qu’ils soient Maliens, Guinéens, Ivoiriens… les handicapés redoutent une chose: le regard d’autrui.

«Le regard des autres, c’est compliqué, même dans nos familles. Certains nous rejettent parce que nous sommes handicapés», se désole Victoire Yao, une étudiante ivoirienne à l’université de Yamoussoukro. Handicapée gravement à la colonne vertébrale depuis sa naissance, elle vit toujours la tête penchée.

«C’est vraiment difficile en Afrique. Par exemple dans nos universités, les infrastructures ne sont pas construites en fonction de nous», explique-t-elle. Mais Victoire Yao est très enthousiaste ce jeudi 24 mai 2018. Pour la première fois, elle a assisté à un spectacle formidable: le concours de Miss Handicap Côte d’Ivoire. Une première.

Premier concours concours Miss Handicap Côte d'Ivoire à Abidjan en mai 2018
Accompagnée par un guide, une candidate malvoyante défile sur le podium lors du premier concours Miss handicap Côte d’Ivoire en mai 2018. © Photo AFP/Sia Kambou

Dix jeunes femmes, handicapées, défilent sur le podium. L’une, malvoyante, est accompagnée par un guide. Une autre marche avec une béquille. Une autre encore se déhanche avec des chaussures orthopédiques et une semelle compensée de 15 cm. Leur courage suscite l’admiration des spectateurs qui les acclament.

«La beauté du monde, c’est la différence. On fait partie d’une minorité et on doit se faire entendre de la majorité… Beaucoup de handicapés ne sont pas scolarisés. Ils restent enfermés à la maison. On laisse ces gens sans formation, sans études», déplore la chanteuse Nuela, l’organisatrice de cet événement. Née avec une malformation congénitale aux jambes, elle a été opérée 36 fois et marche toujours avec douleur.

La Côte d’Ivoire est le deuxième pays africain à organiser le concours après le Cameroun qui en est à sa troisième édition. Les organisateurs ont promis d’initier un concours Miss Handicap Afrique. Il s’agit, espèrent-ils, de lutter contre «une double discrimination», contre les femmes et contre le handicap.

Conseil des ministres: Macky invite au respect des personnes handicapées

L’affaire des femmes handicapées tabassées par un ASP et dont la vidéo a fait le tour de la toile, s’est invitée hier à la réunion du Conseil des ministres. Même s’il ne l’a pas évoqué spécifiquement, le Président Macky Sall a déclaré avoir relevé une «recrudescence manifeste d’actes de maltraitance des personnes vivant avec un handicap ».

Dans la foulée, le chef de l’Etat a rappelé au Gouvernement, « l’impératif de veiller au respect scrupuleux des droits des personnes vivant avec un handicap et de leur assurer un traitement adéquat dans les espaces publics et au niveau des services de l’Etat ». Le Chef de l’Etat a indiqué aux membres du Gouvernement, « dans la perspective de l’application intégrale de la loi d’orientation sociale qui doit être évaluée dans toutes ses composantes, l’urgence de déployer un Plan spécial de lutte contre la maltraitance des personnes vivant avec un handicap ».

Emploi : petite lueur chez les déficients visuels, ils en veulent plus

 Beaucoup de malvoyants communément appelés déficients visuels se sont battus pour étudier et acquérir des diplômes. Mais, ils peinent à trouver un emploi. Ceux qui ont pu obtenir une occupation se plaignent d’un manque d’adaptation tandis que d’autres sont parvenus à s’épanouir dans leur travail.

Une voix féminine robotisée émerge à chaque fois que Djibril Pam tape sur le clavier de son ordinateur, doté d’un logiciel pour malvoyant.

Agé d’une trentaine d’années, Djibril Pam est un handicapé visuel et agent à la direction de l’action sociale, un organe du ministère sénégalais de la Santé.

Une prouesse dans un pays où pendant longtemps, les malvoyants ont été assimilés à des  cas sociaux. D’ailleurs beaucoup de déficients visuels se retrouvent encore dans les rues des grandes villes à faire la manche.

Drapé dans un boubou traditionnel, M. Pam nous explique les débuts difficiles de son entrée dans le monde du travail.

«Ce n’est pas un système assez huilé pour un déficient visuel. Certains de mes camarades aveugles qui travaillent dans la fonction publique n’ont pas tous les outils requis pour qu’un aveugle puisse bien faire son travail», explique-t-il.

Pour bien mener son travail au quotidien, un ordinateur a été mis à sa disposition par son service. Mais c’est grâce à ses propres moyens qu’il s’est procuré un lecteur d’écran (Jaws) et d’un scanner en braille. Sans ces outils additionnels, il lui serait impossible de travailler.

Mais tout le monde n’a pas la chance de Djibril. Nombre d’handicapés qui ne disposent pas d’un tel équipement travaillent dans des conditions difficiles.

Pape Gaye est kinésithérapeute depuis 2000. Il travaille au Centre Talibou Dabo, une structure publique spécialisée dans la réadaptation des enfants handicapés, sise dans le quartier populaire de Grand Yoff à Dakar.

«La kinésithérapie ne requiert pas beaucoup d’exigences, mais malgré cela les moyens ne sont pas réunis. Il n’y a aucun matériel, aucune prédisposition pour un aveugle, c’est à moi de m’adapter», déplore-t-il calmement.

Ne disposant d’aucun outil pour lire ses documents, M. Gaye est obligé de faire appel aux collègues pour la lecture de ses fiches.

Le privé traîne le pas

Malgré leur handicap et les préjugés sociaux, les déficients visuels refusent de baisser les bras. Certains d’entre eux ont décidé de se battre pour gagner une place dans la société.

Grace à l’éducation spécialisée qu’offre l’Institut national de l’éducation et de formation des jeunes aveugles (INEFJA, basé à Thiès), beaucoup d’entre eux, ont eu la chance de faire des études jusqu’au Bac, puis à l’université.

Selon Djibril Pam, qui est aussi le président de l’association des anciens pensionnaires de l’INEFJA, il y a aujourd’hui 15 membres de son organisation qui travaillent dans la fonction publique. L’association compte 132 membres dont 75 titulaires du baccalauréat, précise M. Pam.

Au niveau du privé, l’intégration des déficients visuels et des handicapés en général est à un niveau encore primaire.

«Les entreprises n’ont pas une politique d’inclusion, il y a une incompréhension du plan de travail de la personne déficiente visuelle», déplore Ali Dia, un instructeur pour personne déficiente visuelle.

Egalité des chances

Au Sénégal, la politique de l’Etat en matière d’insertion socio-professionnelle des handicapés se fait par le biais de la «carte d’égalité des chances».

Cette carte permet à son titulaire de «bénéficier des droits et avantages en matière d’accès aux soins de santé, de réadaptation, d’aide technique, financière, d’éducation, de formation, d’emploi, de transport, ainsi qu’à tout autre avantage susceptible de contribuer à la promotion et à la protection des droits des personnes handicapées», indique-t-on dans la loi d’orientation sociale qui remonte à juillet 2010.

Dans cette lois d’orientation sociale, il est aussi indiqué que «l’Etat, les organismes publics et privés réservent, autant que possible, aux personnes handicapées, les emplois qui leur sont accessibles dans la proportion de 15 % au moins.»

Toutefois, regrette Djibril Pam, cette disposition n’est pas encore entérinée par un décret présidentiel et donc, les déficients visuels diplômés attendent leur insertion.

«L’Etat doit mettre en œuvre les dispositions de la loi d’orientation sociale notamment l’article 29 deuxième alinéa qui met en exergue les 15%. Il faudra que l’Etat puisse d’abord donner l’exemple et prendre des mesures incitatives pour le secteur privé», plaide M. Pam

La loi d’orientation parle non seulement, de la carte d’égalité mais aussi fixe des facilités pour la création d’emplois chez tous les handicapés dotés de prérequis comme la formation professionnelle.

Awa Gueye, fait partie de ceux qui attendent encore que les promesses de l’Etat se réalisent pleinement.

«J’ai suivi une formation professionnelle en tissage en deux ans, mais je peine à trouver un travail. A chaque fois qu’il y a des financements pour des projets, je dépose un dossier, mais en vain», nous confie-t-elle.

«Tout ce que nous pouvons faire, c’est d’alerter l’autorité », ajoute M. Pam.

A la Direction de l’emploi et de l’insertion sociale, aucun interlocuteur n’a voulu répondre à nos questions malgré plusieurs tentatives.

Selon les résultats du dernier recensement général de la population publiés en 2013, le taux de prévalence du handicap au Sénégal s’établit comme suit : sur chaque 1.000 habitants, les 59 souffrent d’un handicap.

En 2013, la population du Sénégal s’élevait à 14,12 millions selon l’ANSD, ce qui donne après calcul effectué 826.000 handicapés. Dont les 1,5% soit 12.390 sont des handicapés visuels.

FS/mn

Bastonnade d’une handicapée par un Asp: Handicap.sn interpelle Macky Sall

Les réactions fusent de partout après l’agression d’un Agent de Sécurité de Proximité (ASP) sur des femmes en situation de handicap en fauteuil roulant (handicap lourd) des noms de Rougui Thiam, Adama Ndour avec son bébé, Awa Gaye, Ndoura Ndiaye etc. Les membres de l’association handicap.sn condamnent « fermement » et jusqu’à la dernière énergie l’acte « ignoble » de cet agent qui « atteint à l’intégrité physique, la dignité humaine de ces personnes handicapées ».

Dans un communiqué parvenu à Senego et signé par son président Khadim  Talla, handicap.sn précise que cette protestation n’a rien contre le corps des ASP « qui est un service de soutien de l’ordre », mais plutôt contre les agissements d’un de leurs éléments « qui le souille de la façon la plus détestable qui soit car aucun comportement de la sorte n’est tolérable dans les autres corps tels que la police et la gendarmerie ».

Par ailleurs, l’association handicap.sn demande au président Macky Sall, « qui est un fervent défenseur des droits des personnes handicapées et vulnérables » de suivre ce dossier afin que justice soit rendue.

Violence faite aux femmes handicapées, le Président de handicap.sn réprouve cet acte ignoble

C’est avec une grande tristesse et un coeur plein de mépris que nous avons appris,  ce vendredi 09 juin 2018 en plein centre ville de Dakar à la rue carnot, le comportement irresponsable, une attitude indigène d’un Agent de Sécurité de Proximité (ASP) sur des femmes en situation de handicap en fauteuil roulant (handicap lourd) des noms de Rougui THIAM, Adama NDOUR avec son bébé, Awa GAYE, Ndoura NDIAYE etc.

En effet , au travers d’une courte séance, nous avons eu connaissance de la gravité des faits qui démontrent la virulence et la bestialité avec laquelle cet ASP a agréssé et violenté Mme Awa GAYE à coups de pieds, lui arrachant et l’empêchant même de remoneter sur son fauteuil roulant qu’il éloigna d’elle, cette vidéo a fait le tour de la toile et n’honore en rien le Sénégal de par cet acte de sauvagerie et de barbarie qui consiste à s’en prendre à plus faible que soi et de surcroît sur une personne handicapée.

Les membres de l’association handicap.sn condamnent fermement et jusqu’à la dernière énergie l’acte ignoble de ce agent qui atteint à l’intégrité physique, la dignité humaine de ces personnes handicapées que nous allons accompagnées en vue d’avoir recours en lieu et place à une procédure de poursuite judiciaire. Cette protestation n’a rien contre le corps des ASP qui est un service de soutien de l’ordre, mais plutôt contre les agissements d’un de leur élément qui le souille de la façon la plus détestable qui soit car aucun comportement de la sorte n’est tolerable dans les autres corps tels que la police et la gendarmerie.

Nous demandons aussi la libération immédiate et sans condition de Madame Rougui THIAM qui est actuellement au commissariat Centrale de Dakar.

Nous demandons respectueusement à Son Excellence Macky SALL, Président de la République du Sénégal qui est un fervent défensseur des droits personnes handicapées et vulnérables. Que justice soit rendue.

Veiller à ce que nous ne soyons pas malmené !

Cela ne doit plus se reproduire !

Nous sommes de surcroît des humains, handicapés et fier de l’être !

 

 

Khadim  TALLA

Président de l’ association Handicap.sn

Exposition off « inclusion’art »- Les personnes en situation de handicap exposent leurs talents

«Inclusion’art», c’est le thème de l’exposition initiée par l’association Handicap.sn au Magic Land dans le cadre du Off de la 13ème édition de la Biennale africaine de l’art contemporain Dak’Art. Ils sont au total 14 personnes vivant avec un handicap à exposer des œuvres d’art composées de tableaux de peinture, du textile, des sacs, des portraits etc.

Cette exposition dont le vernissage a eu lieu hier, lundi 14 mai, vise à «promouvoir le talent des personnes en situation d’handicap à travers les arts», a fait savoir le président de l’association Handicap.sn. Selon Khadim Talla, l’exposition a montré la «capacité et le talent des handicapés».

Venu présider la cérémonie, le ministre de la Culture, Abdou Latif Coulibaly a magnifié les œuvres trouvées sur place. «J’ai espoir qu’en regardant ce qui s’est passé aujourd’hui, nous sommes en droit de dire que notre Biennale s’inscrit dans une dynamique de progrès réel et d’humanisation surtout», dit-il. Poursuivant son propos, il a fait savoir «qu’on peut vivre avec un handicap sans être handicapé» avant de «considérer l’éventualité d’une exposition nationale pour mettre en compétition les personnes vivant avec un handicap pour que leurs œuvres soient encore mieux vues».

Au vu de la création des artistes, le ministre de la Culture  a affirmé «qu’il n’est pas non plus exclu que nous puissions envisager une exposition rétro où nous allons célébrer du côté des autres les handicapés».

«Je suis impressionné par la dextérité de ses mains qui offrent à notre vue une esthétique remarquable », a dit Abdou Latif Coulibaly s’adressant à un des exposants du nom d’Ibrahima Boh. Il a, en effet, profité du vernissage pour se féliciter des expositions Off de la Biennale.

Quant au député Santi Sène Hagne, «la présence d’Abdou Latif Coulibaly démontre que le gouvernement s’est inscrit dans une politique volontariste et de protection des personnes handicapées». A la fin de la cérémonie qui a vu la participation de plusieurs autorités de la culture, les artistes ont offert deux tableaux en leurs portraits le ministre de la Culture et la Secrétaire générale de la Biennale Marième Bâ qui est leur marraine.

Les artistes handicapés ont également ravivé le public de leurs prestations.