SAINT-LOUIS : L’INSPECTION D’ACADEMIE REMET DES FAUTEUILS ROULANTS A DES ELEVES HANDICAPES

Ils sont en tout cinq jeunes élèves issus des cinq inspections de l’éducation et de la formation (IEF) de l’Académie de Saint-Louis à avoir bénéficié de ce don de matériels. Il s’agit en effet de fauteuils roulants obtenus dans le cadre d’un partenariat avec le programme des Rencontres sur le Fleuve (RSF) initié par l’écrivain Sokhna Benga. Un geste que magnifie l’inspecteur Mafall Der en service au niveau de l’Inspection d’Académie de Saint-Louis.
Selon lui, ces fauteuils roulants vont servir à améliorer l’équité et à faciliter la mobilité à ces élèves vivant avec un handicap moteur. « Cette journée est forte en symboles parce que ces élèves issus de familles démunies pourront désormais avoir un confort et une certaine autonomie vis-à-vis de leur environnement immédiat. Cela soulagera aussi les parents de ces élèves vivant avec un handicap car ces derniers deviendront désormais plus compétitifs », a précisé l’inspecteur Mafall Der qui soutient que l’enjeu essentiel est de montrer toute l’importance de ce principe fondamental du Programme d’Amélioration de la Qualité, de l’Equité et de la Transparence du secteur de l’Education et de la Formation (PAQUET-EF).

Il s’agit, toujours selon lui, une manière pour l’Académie de promouvoir l’équité en milieu scolaire et de corriger l’égalité des chances. Une initiative qu’apprécie aussi l’inspectrice de l’éducation et de la formation de Saint-Louis Département, Ndèye Selbé Badiane. Ce don vient améliorer, selon elle, les performances des élèves. « Ces élèves-là étaient peut-être laissés en rade mais désormais ils pourront travailler confortablement et se déplacer chez eux sans problème avec ces fauteuils roulants”, a souligné Ndeye Selbé Badiane. Ce geste fut également apprécié par Henriette Fall, la présidente du Comité de Gestion de l’école Sor Daga 2, qui s’en est fortement réjouie estimant que ces fauteuils roulants amélioreront beaucoup la mobilité de ces élèves vivant avec un handicap moteur.

YVES TENDENG

L’ONLPL plaide la grâce présidentielle pour les personnes handicapées

L’Observateur national des lieux de privation de liberté (ONLPL) a salué la décision du Président de la République de gracier 804 personnes définitivement condamnées pour des infractions diverses. Dans un communiqué parvenu à notre rédaction, l’observatoire encourage l’Etat du Sénégal à davantage étendre ces mesures. « Notre institution encourage l’Etat du Sénégal à étendre davantage ces mesures aux personnes vulnérables et aux condamnés présentant des gages sérieux de resocialisation », a plaidé l’ONLPL dans un communiqué publié quelques jours après que le Chef de l’Etat a accordé la grâce à 804 personnes définitivement condamnées pour des infractions diverses et incarcérées dans les différents établissements pénitentiaires du Sénégal, à l’occasion du nouvel an. Il dit toutefois se féliciter du respect, par le Président de la République, de cette tradition qu’il perpétue à l’occasion de chaque grand événement comme la tabaski, le 4 avril et le nouvel an. « Ces mesures de clémence permettent, d’une part, de désengorger nos lieux de détention qui souffrent de surpopulation et, d’autre part, d’impacter les conditions de vie des personnes privées de liberté », a indiqué l’ONLPL. Selon ladite structure, en sacrifiant à cette tradition, l’Etat du Sénégal a pris en considération une des grandes préoccupations de l’Observateur national qui a eu à consacrer, avec des magistrats de différents ressorts des cours d’appel du Sénégal, plusieurs ateliers thématiques sur la question qui ont été tenus à Kaolack, Ziguinchor, Saint-Louis et Dakar. Pour mémoire, l’ONLPL est une autorité administrative indépendante qui s’emploie au respect de l’humanisation des lieux de privatisation de liberté et de la prévention de la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains et dégradants.

Cheikh Moussa SARR

Consultations avec les potentiels candidats à la présidentielle de 2019 : Les personnes handicapées veulent être au cœur des programmes électoraux.

Les personnes handicapées veulent une prise en compte de leur préoccupations et besoin spécifiques dans les programmes électoraux. Pour ce faire, elles ont organisé des séances d’audition avec les candidats à la présidentielle.
Il n’est pas question d’oublier les handicapées dans les programmes des potentiels candidats à la prochaine présidentielle. La fédération Sénégalaise des associations de personnes handicapées du Sénégal ( FSAPH) organise à cet effet des consultations avec leaders politiques. Après avoir reçu Omar SARR du PDS, les plénipotentiaires du candidat Khalifa SALL, Abdoul MBAYE, entre autres, samedi, l’association a exposé ses doléances à Pierre GOUDIABY Atépa. Son président, Yatma FALL, soutient que très souvent les politiques oublient les préoccupations et besoins spécifiques des personnes handicapées dans les politiques et programmes publics. « Nous saluons le train express régional, mais est ce q que le handicap a été pris en compte dans la réalisation de ces infrastructures que les personnes handicapées utilisent », s’interroge M. FALL.
Astou SARR, directrice des programmes à Sightsavers, partenaire de la FSAPH dans ce projet, évoque le caractère non inclusif des bureaux de vote. « Comment est-ce qu’on peut aménager des bureaux de vote en hauteur, alors qu’on a 15% de handicapés dans sa population », se demande-t-elle. Elle estime également que pour plus d’inclusion, l’Etat devrait solliciter les services d’un interprète pour la diffusion des programmes de campagne. Une façon pour elle de ne laisser personne en rade et de permettre à tout le monde, quel que soit son handicap, de pouvoir participer à l’élection de 2019.

Le candidat Sénégal REK, se dit très concerné par ces questions «  je suis architecte et nous manquons de vigilance dans la conception de nos infrastructures et oublions souvent le handicap. Ce n’est pas normal », admet Pierre Goudiaby Atépa. Pour lui, les « villes intelligents » n’excluent personne. Il a ainsi promis des emplois aux jeunes handicapés, soulignant qu’« avec les technologies de l’information et de la communication, on peut créer des milliers d’emploi pour ces personnes, car ce genre d’emplois ne nécessite pas des capacités physiques »

EIFFAGE-SÉNÉGAL S’ENGAGE À PROMOUVOIR L’INCLUSION DES PERSONNES EN SITUATION DE HANDICAP

Dakar, 4 décembre 2018 – Eiffage-Sénégal a signé une convention de partenariat avec Humanité et Inclusion (Ex Handicap international) pour favoriser l’intégration des personnes vivants avec un handicap au sein de l’entreprise.

Eiffage-Sénégal s’est engagé à ‘’mettre le siège aux normes afin d’améliorer les accessibilités des personnes vivant avec un handicap, embaucher et/ou prendre en stage 10 personnes vivant avec un handicap d’ici 2020 et former et sensibiliser le personnel de l’Entreprise au niveau de l’inclusion’’.

Le document précise que la signature de cette convention s’inscrit dans le cadre de la politique de ’’diversité » initiée par l’entreprise et qui met l’accent sur les séniors, l’insertion des jeunes, les personnes en situation de handicap, et la promotion des femmes.

Eiffage Sénégal a signé la Charte de la diversité des entreprises sénégalaises le 16 octobre 2016. Cette charte vise, à travers six grands axes, à « favoriser le pluralisme et rechercher la diversité au travers des recrutements et de la gestion des carrières (…) pour améliorer son efficacité et la qualité de ses relations sociales ».
Le communiqué souligne que dans le cadre de sa politique de responsabilité sociétale, l’entreprise a offert une voiture accompagnée d’une carte prépayée Rapido au Samu Social Sénégal, en collaboration de la Sénégalaise de l’automobile.
La remise de ce don a eu lieu mardi dans les locaux d’Eiffage Sénégal, en présence de Gérard Sénac, PDG d’Eiffage Sénégal et d’Isabelle de Guillebon, Directrice du Samu Social et de Frédéric Dagher directeur de la Sénégalaise de l’automobile.
La mission du Samusocial Sénégal consiste à ‘’intervenir selon les principes de l’urgence auprès des enfants des rues au Sénégal ou en grand danger dans la rue’’. Son objectif est de ‘’contribuer à améliorer la situation des enfants de la rue à Dakar, dans le respect de la dignité humaine et de manière solidaire avec les personnes les plus vulnérables’’.

Loi d’orientation sociale: Un bilan amer, 8 ans après

Pour la 27e année consécutive, le Sénégal célèbre, ce lundi 03 décembre 2018, la Journée internationale des personnes handicapées, conformément à la résolution 47/03 de l’Assemblée générale de l’Onu. Ce sera sous le thème : «Participation citoyenne et politique des personnes handicapées». Une occasion pour «évaluer les politiques destinées aux personnes handicapées» ; «réaffirmer certains principes de base trop souvent oubliés et liés au respect des droits fondamentaux et de la dignité humaine» et revoir le Plan d’actions handicap, afin que tous les ministères sectoriels concernés fassent le point sur leurs différentes initiatives en direction du handicap, notamment, sur le niveau de mise en œuvre de la «Loi d’orientation sociale». Belle opportunité de rappeler que ces personnes doivent pleinement vivre leur citoyenneté et jouir de leurs droits de participation aux affaires publiques et politiques.

La «Loi d’orientation sociale relative à la promotion et à la protection des droits des personnes handicapées» a été votée le 6 juillet 2010, sous le régime libéral du président Abdoulaye Wade. Mais c’est sous le règne de Macky Sall que l’application est devenue effective. Huit bougies d’anniversaire sur le gâteau. Et toujours ce même sentiment d’un verre à moitié vide ou à moitié plein. Cette loi qui s’inspire de la Convention internationale relative aux droits des personnes handicapées, ratifiée par le Sénégal le 7 septembre 2010, connait des obstacles. D’abord, les textes d’application. En effet, sur les 10 décrets d’application et 4 arrêtés ministériels prévus, seuls 2 décrets sont signés.

«Il y a un ensemble de 13 à 14 textes à prendre, mais on n’en a pris que deux. Il reste deux autres textes importants qui permettraient de faire des pas importants en avant. Deux seuls décrets ont jusque-là été signés. Le premier est le décret portant création des commissions techniques départementales qui doit instruire la carte d’égalité des chances et qui a été signé en octobre 2012. Le deuxième sur le Programme national de réadaptation à base communautaire (Pnrc) l’a été dans ce sens le 5 juillet 2018», informe Yatma Fall, président de la Fédération sénégalaise des associations de personnes handicapées (Fsaph).

Des textes d’application toujours en attente

Lors du Conseil interministériel sur la Loi d’orientation sociale du 13 février 2018, le Premier ministre avait pourtant pris la ferme résolution que tous les textes d’application allaient être signés au plus tard le 30 juin de l’année en cours. Mais l’initiative n’est toujours pas suivie d’effets car, malgré ses engagements, le gouvernement traîne les pieds. Ce blocage empêche, notamment, la mise en place de la Haute autorité pour les droits des personnes handicapées. «Cette autorité a toute son importance en ce sens qu’elle gère la question transversale du handicap qui est multisectoriel et pluridisciplinaire.

La Haute autorité pour les droits des personnes handicapées sera aussi le mécanisme national de suivi de la convention», précise le président de la Fsaph. Le Fonds d’appui aux personnes handicapées connait également une lenteur. «Ce fonds vise à accompagner les handicapées mendiantes dans la rue, formation rudimentaire en matière de gestion, financement d’activités génératrices de revenus pour dignité», soutient encore M. Fall.

Le Fonds d’appui et la Haute autorité pour les droits des personnes handicapées

La Carte d’égalité des chances semble engendrer plus de problèmes qu’elle n’en résolve. Elle est un système de production sociale pour les personnes handicapées offrant des avantages dans tous les domaines. Mais celle-ci est bloquée par plusieurs contraintes décriées par les acteurs. D’abord, la «lenteur dans la production» jugée «insuffisante». Entre 2014 et 2017, les services de l’Etat n’ont produit que 50 006 cartes. En l’espace de trois ans, seules 50 000 sont produites au bénéfice d’une population estimée à deux millions d’habitants. Seulement, il y a un nouvel objectif du gouvernement de produire 40 000 autres cartes d’ici 2021. Ce qui fera un total de 90 000 en 2021, du moins si l’Etat respecte ses prévisions.

«Le niveau de production reste, à ce jour très insuffisant. Cela ne signifie rien car c’est très peu. Le niveau de production n’est pas bon et c’est pourquoi nous préconisons que la carte d’égalité des chances soit érigée en un programme national comme le sont la Cmu (Couverture maladie universelle) ou encore la Délégation générale aux bourses de sécurité familiale», fait en outre remarquer le président Yatma Fall.

Du côté de l’Etat, cette lenteur dans la délivrance de la Carte d’égalité des chances est liée à un problème d’état civil. «Beaucoup de personnes handicapées n’ont pas été déclarées à leur naissance», renseigne une source proche du ministère de la Santé. Outil pour l’émancipation des personnes handicapées, la Carte d’égalité des chances, c’est aussi ce sésame dont l’obtention est conditionnée au dépôt d’un dépôt auprès de la Commission de délivrance du ministère de la Santé et de l’Action sociale, lequel est composé de plusieurs pièces à fournir, dont le certificat d’invalidité. Mais disposer de ce document médical n’est pas chose aisée pour les personnes handicapées.

Seules 50 000 Cartes d’égalité des chances produites en 3 ans

En théorie, les détenteurs de la Carte en question peuvent bénéficier des sept avantages suivants : santé, réadaptation (appareillage), éducation, formation, emploi, transports et finances. Seulement, voilà : pour le moment, la santé et les finances sont les seuls avantages disponibles, d’où le «retard dans l’effectivité des services». Un diagnostic fait ressortir l’existence de problèmes liés à la santé, à l’appareillage et à l’accès aux services de réadaptation pour les personnes handicapées ainsi que des problèmes liés à l’éducation et à la formation.

Selon les chiffres officiels, on compte aujourd’hui à peu près 25 000 bénéficiaires des bourses familiales et 17 000 personnes handicapées éligibles à la Mutuelle de santé. «Le détenteur de la carte d’égalité des chances doit se faire enrôler auprès de la Mutuelle de santé de sa commune, avant de pouvoir bénéficier des soins de santé gratuits. Certains détenteurs de ladite carte bénéficient également, sous certaines conditions, de l’avantage Finances grâce à la bourse familiale», précise-t-on du côté de la Direction générale de l’Action sociale.

Le traité de Marakech toujours pas ratifié par le Sénégal

Le Sénégal n’a pas encore ratifié le traité de Marakech (adopté le 27 juin 2013) qu’il a pourtant signé. Or, celui-ci vise à faciliter l’accès des personnes mal voyants, des déficients visuels et des personnes ayant d’autres difficultés de lecture des textes imprimés aux œuvres publiées. Selon Moussa Thiaré, coordonnateur pour l’Afrique francophone du traité de Marakech, celui-ci prévoit aussi une «démocratisation de l’accès au savoir» à travers notamment le format accessible. La «territorialité de la loi sur le droit d’auteur et les droits voisins», selon M. Thiaré, par ailleurs président d’Amitié des aveugles du Sénégal.

Communiqué du conseil des Ministres du 28 novembre 2018, Le Président Macky SALL, réitère son engagement à accompagner les personnes handicapées.

En effet consécutivement aux directives de son Excellence, le Président de la République Monsieur Macky SALL,évoquant le soutien et la solidarité à l’endroit des personnes handicapées, à l’occasion de la célébration le 03 décembre, de la Journée internationale des Personnes handicapées, le Chef de l’Etat rappelle au Gouvernement la place primordiale qu’il leur accorde dans sa politique de protection et d’inclusion sociales.

A ce titre, le Président de la République rappelle au Gouvernement, l’impératif de veiller au respect scrupuleux des droits fondamentaux des personnes handicapées, qui doivent davantage jouer un rôle majeur dans le développement national, à travers une insertion socio-économique meilleure, et à la prise en compte prioritaire dans la formation et la répartition des financements et appuis de la DER de nos compatriotes vivant dans les villages de reclassement social.

Moustapha Guirassy, PDG de l’IAM, offre une bourse d’excellence à Seydou Gueye, bachelier laveur de voitures et à Sokhna Kâ, bachelière handicapée motrice

Le Président de l’IAM, M. Moustapha Guirassy, annonce sa décision d’octroyer une bourse d’études de trois ans, dans la filière de son choix, au jeune Seydou Gueye, bachelier arrivé troisième de son centre d’examen, par ailleurs laveur de voitures. Cette décision a été prise en concertation avec l’intéressé. Après deux échecs, Seydou Gueye, laveur de voiture au quotidien, a décroché son premier diplôme universitaire en sortant 3ème de son centre d’examen du lycée Charles de Gaulle de Saint-Louis. Le PDG de l’IAM a également octroyé une bourse d’études de trois ans en Gestion des Ressources Humaines ( choix de l’intéressée) à la bachelière Sokhna Kâ, handicapée motrice, élève du lycée John Fitzgerald Kennedy habitant à la zone B, à Dakar. Sokhna Kâ a réussi au baccalauréat après quatre tentatives. Avec l’octroi de ces deux bourses, M. Guirassy, par ailleurs Président du parti Sénégalais Unis pour le Développement, a voulu d’une part réaffirmer sa conviction forte en une l’excellence qui ne doit pas être élitiste mais plutôt inclusive et d’autre part « magnifier le culte de l’effort et l’esprit de persévérance. »

La République a le devoir de veiller au strict respect de l’égalité des chances des citoyens et de s’assurer que l’ascenseur social est le même pour tous.

Par cet acte, l’IAM met en œuvre sa politique d’inclusion économique des classes sociales les plus défavorisées et donne ainsi sens à sa vision de la prospérité collective . «  Il est important de montrer aux élèves issus de familles modestes ou ayant des handicaps moteurs, que l’enseignement supérieur de qualité leur est accessible, y compris dans les filières et établissements les plus réputés, et que, pour eux, la course n’est pas perdue d’avance. Ils peuvent aller au-delà du plafond de verre que leur impose souvent notre société marquée par l’inéquité sociale et territoriale» a déclaré Moustapha Guirassy.

Les bourses octroyées aux bacheliers Seydou Gueye et Sokhna Kâ sont d’une valeur cumulée de douze millions de FCFA sur trois ans. Ils intégreront le campus d’IAM Dakar à la rentrée prochaine d’octobre 2018. Le Directeur général de l’IAM Dakar, M. Zacharia Tiemtoré, par ailleurs spécialiste en sciences pédagogiques et ancien ministre en charge de l’enseignement de base au Burkina Faso, ainsi que les personnels de l’IAM, se sont dit « très réjouis et très fiers » de l’octroi de ces bourses et ont adressé une lettre de félicitations à M. Moustapha Guirassy, pour cette « décision audacieuse, patriotique et généreuse ».

Au Sénégal, une catéchèse pour les personnes vivant avec un handicap

Conscients de la situation des personnes « nées avec un handicap » très souvent « cachées » à la maison, les catéchistes des sept diocèses du Sénégal leur proposent désormais une formation catéchétique.

La Commission nationale des catéchistes du Sénégal a décidé de prendre en charge l’instruction chrétienne des personnes nées « avec un handicap » et de les aider à mieux comprendre la Parole de Dieu. Cette décision a été prise au cours de sa rencontre annuelle tenue au Centre de promotion religieuse et sociale (CPRS) de Ngaring, dans le diocèse de Thiès, du 9 au 13 juillet dernier.

« Il y a des sourds-muets, des aveugles, des paralytiques, des gens qui souffrent d’hydrocéphalie qu’on cache à la maison, alors qu’ils ont besoin de la parole de Dieu », explique Raphaël Faye, catéchiste à la paroisse Notre Dame des Anges de Ouakam, dans le diocèse de Dakar.
La commission s’est notamment engagée dans cette voie parce que très souvent, ces personnes « meurent sans presque jamais avoir reçu un sacrement, avec un enterrement qui cause parfois des problèmes ».

Spécialisation

Mais l’Église du Sénégal n’est pas forcément outillée pour concrétiser cette initiative. Pour pallier ce manque, les catéchistes ont pris contact avec des structures spécialisées dans la prise en charge des handicaps. C’est le cas du Centre verbo-tonal de Dakar, un établissement qui accueille enfants sourds ou malentendants. L’objectif est de voir dans quelle mesure des catéchistes peuvent y être envoyés pour une formation. Les sœurs hospitalières de la Congrégation Saint Thomas de Villeneuve, spécialisées dans la prise en charge de personnes avec handicap, figurent également parmi les structures capables de former les catéchistes.
Toujours dans le désir de bien faire leur travail, les membres de la commission dirigée par le père François Ousmane Diouf tiennent à la « crédibilité » des personnes qui seront choisies pour dispenser la catéchèse à cette catégorie de catéchumènes.

Sensibilisation

Les catéchistes qui estiment qu’il y a forcément un langage pour instruire ces personnes de la Parole de Dieu, misent sur la sensibilisation. Elle se fera, à travers « les parents, les paroissiens, autour des notables et les prêtres ». Car, « sans une bonne compréhension » des objectifs, ce sera difficile, croient les catéchistes.

Pour ces catéchistes, l’Évangile porteur d’espérance peut améliorer la vie des personnes handicapées car dans la Bible de nombreuses personnes vivant avec un handicap ont été guéries en raison de leur foi en Jésus-Christ. C’est le cas de l’aveugle-né dont la guérison à Siloé a été rapportée dans Jean 9.1-41, et celle de la guérison du paralytique contée dans Marc 2 : 1-12.

Charles Senghor (à Dakar)

POUR UNE NOUVELLE VISION DU HANDICAP

«LE PARCOURS D’UN HANDICAP VOCAL A L’ASSAUT DES MOUVEMENTS SYNDICAUX», UN OUVRAGE SIGNE MOUHAMADOU BACHIROU DIENG

« Le parcours d’un handicap vocal à l’assaut des mouvements syndicaux », c’est le titre de l’ouvrage de Mouhamadou Bachirou Dieng sorti aux Editions Elites. Dans cet ouvrage, le président des handicapés vocaux du Sénégal dénonce une certaine forme de discrimination dont les personnes vivant avec un handicap sont souvent victimes et appelle à plus de considération à leur égard.

Qu’ils soient handicapés moteurs, visuels ou encore vocaux, les personnes vivant avec un handicap sont souvent victimes de discrimination dans notre société. Et c’est ce fléau que le logisticien de formation Mouhamadou Bachirou Dieng qui est aussi handicapé vocal cherche à combattre. Dans un ouvrage intitulé « Le parcours d’un handicap vocal à l’assaut des mouvements syndicaux » sorti aux Editions Les Elites, le natif de Yeumbeul (4 décembre 1993) explique les tenants et les aboutissants du bégaiement et dénonce le manque de considération à l’égard des personnes vivant avec un handicap.

« Des actes sont posés chaque jour pour nous décourager dans notre quête de  bonheur social mais on parvient malgré tout à résister à cette forme de haine sans scrupule, il est difficile pour le handicapé que je suis, d’espérer  trouver  un travail dans certaines structures administratives dans mon pays, au  motif que je ne remplis pas toutes les conditions pour être à cette position, ce qui me semble absurde », se désole Mouhamadou Bachirou Dieng. Pis, ajoute-t-il, « cette tendance à diaboliser le sort de l’handicapé ne participe pas à l’apaisement du climat social ».

Dans son ouvrage préfacé par le chroniqueur littéraire El Hadj Thiam, l’auteur cherche à redonner confiance à ses « frères et sœurs ». « Croire en soi est un de mes principes dans le cadre de mon orientation personnelle, j’ai ainsi essayé d’apporter la preuve de mon implication active dans les clubs et structures de base dans ma commune en dépit de tout ce qu’on a prononcé sur ma personne et j’ai voulu donner un signal fort a tous les jeunes ou qu’ils soient que la réussite sociale dépend de leur abnégation et de leur volonté à pouvoir faire un choix dans la vie», a fait savoir Mouhamadou Bachirou Dieng. Lui qui est le président des handicapés vocaux du Sénégal et ancien préside du rassemblement des élèves et étudiants de Yeumbeul Sud. « J’invite par ailleurs à plus de considération et de respect envers les handicapés, voire une bonne prise en charge de leurs préoccupations  car je constate avec regret le fait que ces mêmes citoyens n’aient pas accès  à des postes de responsabilité ou tout simplement n’arrivent à décrocher un emploi  dans les services », dit-il.

« Le parcours d’un handicap vocal à l’assaut des mouvements syndicaux », c’est aussi les expériences scolaires et les passages dans certaines organisations à caractère syndical de l’auteur qui y sont retracés. Et à travers cela, l’auteur dit : « Mon passage dans les clubs et autres organisations traduisent ainsi l’orientation de ma vision qui est toujours d’assister les gens de ma commune sans commune mesure, je me rappelle quand j’ai postulé pour être  le président du rassemblement des élèves et étudiants de Yeumbeul sud ,la quasi- totalité  des gens n’avaient pas  confiance en moi du fait de mon bégaiement, beaucoup de gens m’ont écarté disant que suis un handicapé vocal. C’est fort de ce constat que j’ai décidé de prendre ma plume pour être l’écho sonore de ces derniers afin qu’ils puissent mieux saisir le sens de mon combat, certes nous sommes dans un monde de communication mais la communication n’a rien à voir avec la compétence, nous devons croire à nos capacités ». Mouhamadou Bachirou Dieng appelle ainsi à la promotion de l’entreprenariat de tous les jeunes.

 

Mariame Djigo (www.sudonline.sn)

Intégration du handicap dans les politiques en Afrique : Le Sénégal, pays pilote de la phase 2 du programme Auda

Dans le cadre de la stratégie d’intégration du handicap dans les politiques et programmes publics des pays de l’Union africaine (Ua), le Sénégal est choisi comme pays pilote de la phase 2 du projet de l’architecture de l’Ua relatif au domaine du handicap (Auda). Dakar a abrité dans ce sens un atelier de renforcement de capacités pour 25 pays africains.

Prendre en compte les personnes vivant avec un handicap dans l’élaboration des politiques et programmes des pays africains, est l’objectif du projet de l’architecture de l’Union africaine relatif au domaine du handicap (Auda). Compte tenu des résultats du Sénégal « qui excelle » dans ce sens, notre pays a été choisi comme Etat membre pilote pour l’exécution de la phase 2 du projet Auda avec la Namibie pour tout le continent. Dans ce cadre, Dakar a abrité, du 21 au 25 mai 2018, un atelier de renforcement des capacités des représentants de 25 Etats africains sur les stratégies d’intégration du handicap. Pendant 5 jours, indique Thomas Ongolo, conseiller technique en matière de handicap à la Commission de l’Ua, les fonctionnaires, venus de ces pays africains, ont été sensibilisés sur l’intégration du handicap dans les politiques publiques. « Cela est devenu une nécessité », dit-il exhortant à s’assurer que tous les pays de l’Ua intègre cette donne.

Le Sénégal, pays pilote, peut constituer un exemple selon les responsables de ce programme de l’Ua. La directrice générale de l’Action sociale, au ministère de la Santé et de l’Action sociale du Sénégal, Khadiassatou Gaye Alainchar, a rappelé que cet atelier régional sera capitalisé dans la mise en œuvre du projet Auda dont le Sénégal est le pays pilote. Elle pense que ce choix est un grand honneur, car le Sénégal a, à son actif, plusieurs réalisations dans ce sens avec la loi d’orientation sociale. Elle a estimé que le Conseil interministériel, présidé par le Premier ministre récemment sur la question, démontre aussi l’importance accordée aux personnes handicapées pour qu’elles puissent apporter leur contribution au développement du pays. Elle a aussi souligné les efforts fournis par le Sénégal avec notamment la carte d’égalité des chances qui assure aux bénéficiaires des avantages dans le domaine de la santé, de l’éducation, du transport, des finances et de la réadaptation.

Pour échanger les expériences réussies, le Sénégal va travailler avec la Guinée comme pays partenaire d’exécution.

Du côté des responsables de l’Ua, on estime que ce programme de formation concerne l’ensemble des pays africains. Lefhoko Kesamang de la Commission de l’Ua a félicité le Sénégal pour ses efforts dans ce domaine. « Le Sénégal va être un partenaire de choix pour développer ce programme dans les pays de l’Ua. On a besoin davantage de ressources pour l’intégration du handicap dans les politiques publiques », a-t-il soutenu. Même avis pour la directrice de la Giz (coopération allemande) au Sénégal qui finance ce programme. Friederike Von Stieglitz a confirmé que l’intégration du handicap est une question de droits humains. Elle a rassuré quant à la continuité de l’appui de l’Allemagne pour le Sénégal et pour la réussite de ce programme africain.

O. KANDE