Appel à Candidatures d’un stage de 6 mois à British Council Dakar

Dans le cadre de la politique d’égalité des chances et d’inclusion.
Le British Council Sénégal, en partenariat avec l’Association Handicap.sn offre un stage de 6 mois rémunéré en finance pour un candidat /une candidate en situation d’handicap résidant à Dakar.

Pour plus d’informations, veuillez consulter ce lien suivant : Finance Intern.

La date de dépôt des candidatures est fixée jusqu’au 26 janvier 2020 à minuit.

NB : Les dépôts seront reçus exclusivement en ligne sur le lien finance Intern.

Protection Sociale : « La carte d’égalité des chances n’a aucune utilité pour les personnes en situation de handicap » (Baye Saliou Ndiaye, Président AMHT)

L’utilité de la carte d’égalité des chances, l’Association regroupant les personnes handicapées de Touba ne le ressent pas. Pourtant, ce document instauré par la loi d’orientation sociale afin de pouvoir offrir aux personnes vivant avec un handicap, divers services sociaux relatifs à la santé, la réadaptation, l’éducation, la formation, les transports et les finances, tarde à produire des effets sur les ayants droit à Touba, confie le président de l’Association des personnes en situation de handicap dans la ville sainte. 

« Les cartes ont été confectionnées mais ne servent à absolument rien du tout. La carte à elle seule ne suffit pas, car il y’a un ensemble de démarches qui doivent accompagner le document et c’est ce qui n’est toujours pas fait. Toutes les personnes touchées par un handicap qui en détiennent ne ressentent pas son intérêt. Allez dans les hôpitaux et présentez la carte qui devait dans les normes aider les infirmes à accéder aux soins sociaux, ils ne le reconnaissent pas », confie le représentant des infirmes de Touba, Baye Saliou Ndiaye. 

Le président de l’Association des personnes vivant avec un handicap à Touba déplore également plusieurs manquements liés à la distribution de la carte d’égalité des chances. « 50.000 cartes ont été distribuées depuis le lancement du programme, mais il nous est difficile de révéler ceux qui en ont reçu, ici à Touba. Le quota de 328 cartes qui nous est réservé n’est pas arrivé aux ayants droit, du moins nous ne les voyons pas », renseigne Baye Saliou Ndiaye qui pense que les autorités se sont pas empressées à lancer le programme. « Les autorités ont lancé le programme sans au préalable prendre les dispositions idoines. Le président de la République devait prendre ses responsabilités et étudier, davantage, le programme », croit-il. 

Pour Baye Saliou Ndiaye, le président Macky Sall se préoccupe de notre situation, mais certains des exécutants qui ont en charge ce dossier, ne font pas leur devoir. Ils ne remontent pas l’information vers le chef de l’Etat. « Nos représentants au niveau des institutions ne s’activent que pour leurs intérêts. Personne d’entre eux n’a jusqu’ici posé le pied à Touba pour s’enquérir de notre situation. En 2002, Laba Cissé Diop qui représentait les personnes en situation de handicap à la présidence de la République menait une coordination effective à travers tout le Sénégal et défendait la cause des handicapés. Aujourd’hui, c’est une certaine Aïssatou Cissé qui lui a succédé, mais je ne la connais même pas. Je ne l’aperçois qu’à travers les écrans télés. C’est anormal! », s’offusque le président des personnes en situation de handicap dans la ville sainte de Touba. 

Baye Saliou est néanmoins revenu sur le centre de réadaptation socioprofessionnelle des handicapés de Bambey inauguré depuis 2014 mais qui, jusqu’ici, tarde à être fonctionnel. 

« Le centre a été très bien construit, mais n’a toujours pas de budget de fonctionnement, il ne nous sert à rien. Les autorités n’ont qu’à l’utiliser pour d’autres fins, car il n’y a aucune activité », relève-t-il. Ce dernier s’est par ailleurs interrogé sur l’arrêt des financements du projet d’approche à base communautaire, dénommé RBC et qui permettait aux personnes vivant avec un handicap depuis 2012 de bénéficier de financement. « Nous ne savons pas pourquoi nous ne recevons plus les appuis du projet RBC qui nous aidait beaucoup dans nos besoins », affirme Baye Saliou. 

Ce dernier n’a pas manqué de saluer les efforts de certaines bonnes volontés qui ne cessent de poser des actions pour leur cause. C’est le cas notamment du ministre Amadou Ba et de Doudou Diagne Diecko qui, selon le président des personnes en situation de handicap de Touba, posent des actes concrets en faveur de cette couche de la société. ‘’Nous attendons des efforts conséquents des autorités, notamment du ministre de la santé et de l’action sociale, Abdoulaye Diouf Sarr, mais aussi du maire de Touba, Abdou Lahad Ka qui ne se préoccupe jamais de notre sort au niveau de la commune où nous sommes. Les personnes vivant avec un handicap souffrent et c’est du ressort de l’État de les soutenir’’, a conclu Baye Saliou Ndiaye, le président de l’Association des personnes handicapées de Touba qui regroupe pas moins de 1500 membres dans le département. 

www.dakaractu.com

Politique sociale : Les personnes handicapées « déchirent » la RAC 2019 et parlent de diffusion de fausses données

En marge de l’atelier technique de validation de la revue annuelle conjointe pour l’année 2019, l’évolution de la politique économique et sociale du Sénégal a été à l’ordre du jour. Toutes les parties prenantes ont formulé, chacune en ce qui la concerne, des observations sur l’exercice de l’année civile 2018.  Ledit rapport a tout aussi reçu des amendements par les représentants des personnes handicapées. Yatma Fall qui est le président de la fédération sénégalaise des associations de personnes handicapées, ne cache pas du tout sa déception en jetant un coup d’œil à cette revue périodique.  « Il y a eu beaucoup de confusions et de fausses données. Cela fausse le jeu dans ce sens que  le  rapport devrait  aider les décideurs à avoir les bonnes informations pour pouvoir intervenir », se désole-t-il. 

À l’en croire, on ne peut envisager l’émergence du Sénégal tout en ignorant les personnes souffrant de handicaps. « On doit mener une politique inclusive », martèle le président de la Fsaph. 

Dans le même registre, Yatma Fall marque toute sa désolation de constater qu’au Sénégal seul 50.000 cartes d’égalité des chances ont été produites sur une cible estimée à 5,9%, soit un million de personnes au moins, conformément aux données de l’Agence nationale de la statistique et de la démographie.   

« Quand est-ce qu’on va résorber ce gab ? En 2019, aucune carte n’a été produite », fustige-t-il. 

S’agissant de l’éducation, le même constat qui a été fait sur le volet social  ressurgit. Yatma Fall regrette que  l’exclusion sociale continue de prévaloir au niveau du système scolaire. 

« Nos écoles, nos centres de formation n’ont pas été préparés à prendre en charge des apprenants handicapés. Les enseignants n‘ont pas aussi été préparés dans leur curricula de formation. Le matériel didactique utilisé à l’école également n’est pas toujours adapté aux handicapés ». 

Autant de manquements graves qui, selon le président de la Fsaph, ne seront pas prises en compte dans les mesures correctives. « Les mesures de correction vont occulter nos recommandations comme celle relatives  à la mise en œuvre effective de la loi d’orientation sociale. Pour que les décideurs puissent savoir où orienter leurs actions, il faut partager les bonnes informations ». 

Rwanda : Mise en circulation de bus adaptés aux handicapés

Les autorités rwandaises ont mis en place de nouveaux autobus jugés plus pratiques pour les personnes handicapées qui peuvent monter à bord et débarquer sans se faire aider, a appris APA, mardi à Kigali, auprès du ministère des Infrastructures.

Le communiqué ministériel publié à Kigali a indiqué que la Fédération rwandaise des coopératives de transport (RFTC) a acheté 11 bus en provenance de la Chine et qui ont été conçus pour permettre aux personnes handicapées de monter à bord.

La RFTC a investi environ 1,1 million de dollars pour piloter ce projet, dont l’objectif ultime est d’allouer plus de ressources et de desservir l’ensemble du pays.

« Nous voulons que les personnes handicapées commencent à bénéficier de transports en commun conviviaux et accessibles dans l’ensemble du système de transports en commun », a déclaré Louis Dodo Twahirwa, président du conseil d’administration de Jali Holdings Ltd, promoteur du projet.

Le ministre rwandais des Infrastructures, Claver Gatete a expliqué que la politique et la stratégie de transport public sont conçues pour assurer des services de transport public universels à tous les citoyens, sans distinction d’âge, de sexe, de caste, de croyance et de capacité à exercer des activités dans la société.

« Ces efforts devraient également garantir l’accès à tous les modes de transport pour les personnes infirmes, handicapées et âgées », a déclaré le ministre rwandais.

Actuellement, le secteur des transports représente environ 7% du PIB rwandais et 15% de la prestation totale de services, selon les estimations officielles.

Des rapports indiquent que la plupart des infrastructures de transport dans l’économie du pays ont connu une croissance continue depuis 1995 et que leur développement devrait se poursuivre avec la mise en place de programmes et de projets stratégiques.

Insertion et emploi : Seydi Gassama plaide une meilleure prise en charge des personnes handicapées

Le Secrétaire exécutif d’Amnesty international a plaidé une meilleure prise en charge des personnes handicapées au Sénégal, lors d’une rencontre à Tambacounda.

Le Secrétaire exécutif d’Amnesty international a plaidé une meilleure prise en charge des personnes handicapées au Sénégal, lors d’une rencontre à Tambacounda.

« Aujourd’hui, il n’y a pas de traduction du journal télévisé en langage des signes, même sur la chaîne publique, la RTS. Dans la construction des édifices publics, non plus, on ne prend pas en compte les personnes handicapées », a déploré Seydi Gassama.

Par ailleurs, a souligné le Secrétaire exécutif d’Amnesty International, « il faut une politique qui permette d’atteindre les 15% d’emplois pour les personnes handicapées. Je pense qu’en dehors du service public, l’Etat peut prendre des mesures incitatives, notamment l’exonération fiscale pour le privé, pour faciliter l’emploi de personnes handicapées », a encore dit Seydi Gassama.

Khadim TALLA, Président de Handicap.sn lauréat de la 2ème édition du Gala des Baobabs

Retour en images de la 2ème édition du Gala des Baobabs organisé par le centre de développement Solidaire et Inclusif d’Aïssatou Cissé, Conseillère Spéciale en charge des Couches Vulnérables et des personnes handicapées du Président de la République du Sénégal Macky SALL, qui s’est tenu ce samedi 29 juin 2019 à l’hôtel Radisson Blu de Dakar.

C’est en ces termes que s’est exprimé M. Khadimou Rassoul TALLA, Président de l’association handicap.sn et lauréat du Prix Macky SALL pour service rendus aux Personnes Handicapées dans le domaine de la formation, stage, l’emploi et l’entrepreneuriat.

« Merci aux Comités d’organisation, aux comités scientifiques, le choix porté sur ma personne parmi les lauréates et lauréats de cette édition.

Je dédie cette reconnaissance à Mes parents (Mon père, ma mère, mes frères, soeurs et toute la famille en générale) qui ont cru en moi, en me scolarisant dans des établissements qui prônent l’excellence et en me soutenant financièrement et moralement afin de réussir à avoir une vie socioprofessionnelle accomplie.

Merci au Ministère de la Culture et de la Communication du Sénégal, la Direction de la Cinématographie, Hugues DIAZ, qui ne cesse d’accompagner les initiatives dans le domaine du Handicap, les Directeurs et Chefs de Services du Ministère et de la Direction de la Cinématographie, mes collègues de la DCI etc.

Je remercie également l’association handicap.sn pour le choix porté sur ma personne pour la présidence de cette association depuis 2015 et les organisations des Associations de Personnes Handicapées.
Les présidentes et Présidents du Conseil National de la Jeunesse du Sénégal, mes amis physiques, mes amis virtuels (Réseaux sociaux).

Cette distinction m’exhorte et m’encourage à persévérer davantage dans le milieu professionnel, associatif etc.

Encore une fois merci à toutes et à tous pour votre soutien inconditionnel.

Dieuredieuf a Diarama !!! »

Lettre ouverte à son excellence Monsieur Macky Sall président de la République du Sénégal

Monsieur le Président de la République , je vous adresse cette  lettre pour vous assurer de l’intérêt tout particulier que nous, personnes vivant avec un handicap accordons au dialogue national.

Le dernier recensement général de la population et de l’habitat nous crédite de 6% environ de la population. En effet ,nous sommes  900 mille atteints par le handicap, avec nos parents et descendants obligatoirement affectés par ce handicap. 

Derrière chacun d’entre nous une histoire de vie, plus tragique que rayonnante du fait des multiples problèmes auxquels nous sommes confrontés. 

Et pourtant notre lutte pour les Droits Economiques Sociaux et Culturels remonte à des décennies mais hélas les solutions arrivent en mode   «  Very Slow Track. » Jugez-en  

1992 les associations de personnes handicapées posaient la nécessité d’une loi d’orientation sociale pour la promotion et la protection de leurs Droits Economiques, Sociaux et Culturels. C’était lors de  rencontres avec la Direction de l’Action Sociale, autour de Madame Sèye et de ses collaborateurs dont Monsieurr Coly, chef de la division des handicapés. La division qui avait en charge la solution à nos problèmes était alors logée en centre-ville, au deuxième étage d’un immeuble vétuste et sans ascenseur, qui a valu à plusieurs d’entre nous des chutes mémorables,  en tentant vaille que vaille de gravir les escaliers extrêmement raides. 

2001  Tenue d’un conseil interministériel sur le handicap et la nécessité d’élaboration et d’adoption d’une loi d’orientation sociale que tous les acteurs de la lutte pour la transformation qualitative des conditions des personnes vivant avec un handicap attendaient de tous leurs vœux et l’avaient exprimé lors de différentes rencontres. 

2010 Adoption de la loi d’orientation 2010 -15 du 6 juillet 2010 relative à la promotion des droits des personnes handicapées.

2012 Annonce de la signature du premier décret d’application de la loi d’orientation sociale, sur une dizaine attendue.

2014 Mise en place des commissions départementales chargées d’instruire les demandes de cartes d’égalité des chances 

Février 2018    Tenue d’un Conseil Interministériel  portant entre autres sur l’urgence à adopter un programme de réadaptation à base communautaire.

1992 /2018  soit plus de vingt-cinq années pour arriver à mettre en place une architecture institutionnelle pour la prise en charge des besoins essentiels des personnes handicapées. Ce n’est certainement pas ce qu’on peut considérer comme du « fast track »

Et pourtant des drames individuels sont vécus dans l’anonymat ou le dénuement complet. Combien de valeureux acteurs de la lutte s’en sont allés ? Bamba N’Diaye, Mamadou Wane, Youssou Diallo, Gatta Ba, Khady Guèye de Mbour, pour ne citer que ceux là. Mais certains de leurs amis sont encore debout pour continuer le combat et d’autres plus jeunes les ont rejoints car les problèmes sont loin d’être réglés et les défis toujours exaltants à relever. 

Toutes ces dates étaient supposées induire un mieux-être dans la vie des personnes handicapées, étape par étape. 

Comme le disait fort justement Madame Awa Marie Coll Seck ministre de la santé, « la loi d’orientation sociale constitue un cadre de référence de notre dispositif institutionnel en matière de prise en charge et d’intégration des personnes handicapées dans notre société » 

Dès l’article premier le législateur donne le ton en affirmant sans ambages que « la présente loi vise à garantir l’égalité des chances des personnes handicapées ainsi que la promotion et la protection de leurs droits contre toutes formes de discrimination »

Dès lors, tous les espoirs étaient permis pour les personnes vivant avec un handicap surtout au vu des domaines visités par la loi. Hélas depuis, l’euphorie commence à céder la place au désenchantement tant la mise en œuvre des programmes qui sous tendent la loi est d’une lenteur désespérante.

Pour s’en convaincre il suffit de passer en revue les domaines visités par la loi et de faire l’inventaire des réalisations. 

         Le droit d’accès aux soins de santé, les actions sociales et la prévention 

Les associations de personnes handicapées, toutes catégories confondues, ont fait de ce point la porte d’entrée de  toute politique visant à promouvoir l’égalité des chances. Dès qu’apparaît le handicap se pose la redoutable question de la prise en charge sanitaire, de l’appareillage entre autres. S’il est vrai que des maladies sont éradiquées ou en voie de l’être comme la polio ou la lèpre, d’autres tout aussi handicapantes font des ravages dans notre pays.il suffit de voir les séquelles de maladies cardiovasculaires, neurologiques du diabète par exemple. Les accidents du travail, de la circulation voire domestiques constituent des causes de handicap souvent très lourds. Ceci engendre des coûts de prise en charge élevés sans compter la perte de productivité qui en découle. De quoi initier des politiques agressives en matière de prévention. Or sur ce plan, comme sur le Droit d’accès aux soins, nul changement majeur n’est noté depuis l’adoption de la loi. La preuve la plus palpable réside dans les coûts toujours exorbitants des appareils, orthèses ou prothèses, l’indisponibilité des crèmes solaires pour les albinos, point n’est besoin d’être exhaustif. Les accidents de la circulation se multiplient, mais avec toujours une insuffisance notoire  de suivi et de permanence dans les politiques de prévention. 

La carte d’égalité des chances devait être un moyen de lutte contre les inégalités. Elle doit surtout permettre l’amélioration de  l’accès des personnes handicapées aux services sociaux de base comme la C.M.U.  La lenteur de distribution de telles cartes est exaspérante et va surtout à l’encontre de votre  volonté,  Mr le Président de la République, vous qui avez   tenu à présider personnellement la cérémonie de lancement. Toute personne bénéficiaire de la carte devrait automatiquement avoir la bourse de sécurité  familiale. C’était votre souhait, vous l’avez dit avec toute la solennité requise.  A ce jour, des milliers de personnes handicapées détentrices de la carte d’égalité n’y ont pas droit.  Alors,  négligence dans l’application des directives du Chef de l’Etat, ignorance ou mépris des dispositions de la loi ou alors sabotage pur et simple ? A moins que ce ne soit le « slow track » qui continue inexorablement.

L’éducation, la formation professionnelle et l’emploi

L’éducation est un droit garanti par la Constitution. Elle est gratuite, dans les textes, assurément. Mais la réalité révèle,  au quotidien,  que les mesures d’ordre public ne règlent pas toujours les problèmes spécifiques. Où va étudier le jeune handicapé visuel né à Kolda ou Bandafassy si l’on sait que le centre d’éducation qui lui est accessible se trouve à Thiès ? Les enfants déficients intellectuels, en dehors du CIFDI de grand Yoff doivent débourser des montants dissuasifs pour la plupart pour avoir le droit d’étudier. Une belle entorse au principe de gratuité et surtout d’égalité des chances. Aucune bourse, aucune allocation n’est offerte à ces enfants et pourtant comme le disait notre regrettée sœur Maitre Aminata M’Baye fondatrice de ASSEDEM « Dom Domla »

L’éducation inclusive qui fixe l’enfant handicapé en milieu ordinaire, dans les écoles de son quartier ou de son village est toujours en phase expérimentale, malgré toutes les études menées et l’incroyable ressource que constituent les enseignants déjà formés à cet effet. 

Faute d’accès à l’éducation, l’enfant handicapé peut difficilement faire valoir son droit  à la formation professionnelle. Le niveau d’instruction requis pour entrer dans les centres de formation de l’Etat exclut de fait bien des personnes atteintes de déficience. Il s’y ajoute les barrières architecturales, sans parler des préjugés. 

Sans diplôme, sans métier, comment le jeune sénégalais handicapé peut il prétendre à un emploi  décent? 

Il est vrai que 15% des emplois dans la Fonction Publique nous sont réservés, mais quid de la réalité ? Quelles sont les mesures pratiques et concrètes prises dans ce sens ? Quel est l’organe qui pilote ce dossier pour en faire une réalité ? 

l’accessibilité, l’habitat, le cadre de vie et l’accès à la terre

Les barrières architecturales constituent un cauchemar pour les personnes à mobilité réduite. C’était le cas en 1992 et avant, c’est encore d’actualité de nos jours. Rares sont les bâtiments publics qui respectent les normes en matière d’accessibilité. 

En matière d’habitat et d’accès à la terre, les personnes vivant avec un handicap sont, pour l’écrasante majorité dans une précarité endémique. Comment s’en étonner lorsqu’on sait qu’elles sont sous scolarisées, très peu qualifiées et plus atteintes par le chômage que le sénégalais lambda ? Ainsi le droit au logement est pour le moment presque chimérique si toutes choses restent égales. Comment constituer un apport, faire face à des mensualités si l’on n’a pour dénominateur commun que  l’absence de revenus fixes ?  

Droit aux sports, loisirs, art et culture

Les personnes handicapées du Sénégal ont fini de montrer leurs capacités en ces matières. Le Sénégal, en la personne de Youssoupha Diouf, a remporté  la médaille d’or de lancer de javelot aux Jeux Africains de Brazzaville, record d’Afrique à la clef. Des efforts importants ont été faits pour faire du droit au sport une réalité. Néanmoins les politiques publiques ne tiennent pas compte de la spécificité du sport pour personnes handicapées. Les centres d’éducation spécialisés n’ont pas d’infrastructures sportives, encore moins de professeurs d’éducation physique. Le matériel du sportif handicapé est d’un coût prohibitif. La pratique, bien évidemment, s’en ressent. 

Il n’y a pas de politique culturelle  visant spécifiquement les personnes handicapées. 

L’écrasante majorité des lieux de loisirs est inaccessible, ce qui veut dire en langage clair que les handicapés n’y sont pas attendus.   

Qui peut oser dire que les handicapés ont des chances égales à celles des valides dans le Sénégal d’aujourd’hui ? Qui peut oser dire que l’Etat, les Sociétés du secteur privé, la Société Civile, les Mécènes ont fait leur part du job pour que l’objectif soit atteint ? Il nous faut admettre que seule l’implication de tous les secteurs de la Nation peut garantir l’efficacité des politiques publiques en matière de handicap. Au-delà des Droits, l’Egalité des Chances ressortit de la Solidarité Nationale. 

 Mais l’efficience nécessite une prise en charge spécifique. 

La tutelle des personnes handicapées change au gré des remaniements ministériels sans que les problèmes rencontrés ne trouvent de solutions durables.  Il ne saurait en être autrement vu leur caractère transversal. Les domaines touchant le handicap sont multiples et variés, leur solution dépendant de plusieurs ministères sans aucune structure de contrôle et de coordination. 

C’est la raison pour laquelle l’article 48 de la loi d’orientation sociale   dispose « Il est créé à la Présidence de la République une Haute Autorité chargée de la promotion et de la protection des Droits des Personnes Handicapées, ayant pour objectif d’appuyer les efforts de l’Etat dans l’élaboration des politiques nationales et les stratégies sectorielles dans tous les domaines touchant le handicap. » 

La Haute Autorité n’est pas un luxe, ce n’est pas une structure de plus ni une structure parmi tant d’autres. Elle ne dépouille pas le ministère en charge du handicap de ses prérogatives régaliennes. Elle peut faire avancer la politique de promotion et de protection des personnes handicapées car ce sera sa seule raison d’exister. En tous lieux et tous temps la Haute Autorité aura une force d’interpellation de tout acteur ayant la moindre responsabilité dans ce domaine. Elle tirera surtout sa légitimité et ses prérogatives de vous-mêmes Mr le Président. Elle vous rendra compte directement. L’enjeu vaut bien que vous l’installiez pour juger des résultats et de l’avancée de la cause. 

A l’examen des problèmes prioritaires déclinés depuis longtemps par les associations de personnes handicapées, force est de reconnaitre que nous sommes très loin  du fast trak dans la réalisation des D.E.S.C. des personnes vivant avec un handicap. Le dialogue national, auquel il vous plaira certainement nous convier, permettra de marquer une étape nouvelle dans la matérialisation des mesures pratiques qui feront bouger les lignes. Nous remettons notre sort entre vos mains. Avec beaucoup d’espoir !

Santi Sène HAGNE

Député Maire

Président de la Fédération Nationale Paralympique Handisports

Membre du Bureau de la F.S.A.P.H.

Coordinateur du Mouvement « FORCES EN ROUTE »

Dakar le 13 /05/2019

Environ 453 000 personnes handicapées dénombrées en Côte d’Ivoire

Environ 453 000 personnes en situation de handicap ont été dénombrées en Côte d’Ivoire avec 90% d’handicapés physiques et 10% d’handicapés psychiques, a appris APA sur place dans la capitale économique ivoirienne.

L’information a été donnée vendredi par Victorien Koné, le directeur de la protection des personnes handicapées  au ministère de l’emploi et de la protection sociale qui s’exprimait sur le thème de la protection des handicapés dans un panel de la première édition des Journées de la prévoyance et des actions sociales (JPAS).

« Si nous nous référons au Recensement général de la population et de l’habitat de 2014 (RGPH 2014), on a dénombré environ 453 000 personnes handicapées en Côte d’Ivoire. Environ 90% sont des handicapés physiques et 10% des handicapés psychiques. Dans cette population, nous avons 58% d’hommes et 42% de femmes et environ 70% de ces personnes handicapées vivent en milieu rural », a révélé M. Koné parlant de la représentation statistique des handicapés en Côte d’Ivoire.

Par ailleurs, il a indiqué qu’une enquête effectuée en 2013, a dénombré 517 personnes en situation de handicap inscrites dans les grandes écoles et universités en Côte d’Ivoire dont 130 handicapés sensoriels.

«Les personnes handicapées sont classées en deux grands groupes que sont les handicapés physiques et les handicapés psychiques. En Côte d’Ivoire, nous avons adjoint d’autres catégories de personnes que sont les personnes de petites tailles ( nains, moins de 1m40), les personnes bègues et les personnes vivant avec l’albinisme », a-t-il, fait savoir, soulignant que cela est une « exception ivoirienne ».

Poursuivant, il a égrené une série de difficultés auxquelles sont  confrontées ces personnes dites handicapées dans le pays. Il a cité  entre autres, des problèmes d’état-civil, l’accès difficile au transport  et le difficile accès à la formation et à l’emploi.

Malgré ces  difficultés, M. Koné a salué les réponses  du gouvernement ivoirien face  aux problèmes des personnes handicapées. Selon lui, cette réponse de  l’État se situe à quatre niveaux.

« En matière d’éducation, la Côte d’Ivoire a mis l’accent sur l’éducation des handicapés… 1165 personnes handicapées ont fait leurs entrée à la fonction publique depuis 1997 à ce jour. L’État de Côte d’Ivoire a aussi ratifié toutes les conventions relatives aux droits des personnes handicapées », s’est-il félicité, estimant que « les perspectives sont bonnes, mais beaucoup reste à faire ».

Plusieurs autres panels ont été animés au cours de cette deuxième journée des JPAS dont celui de Madelaine Oka-Balima, la responsable des programmes à ONU Femmes sur le thème de la protection des femmes. De son avis, l’égalité des droits entre homme et femme est une « grosse contrainte à l’atteinte de l’émergence » qu’ambitionne la Côte d’Ivoire.

La première édition des Journées de la prévoyance et des actions sociales (JPAS) s’est ouverte jeudi à Abidjan autour du thème : « quelle politique de prévention pour la protection des personnes ? ».

Ces assises qui s’achèvent ce vendredi ont pour objectif général de réunir tous les acteurs du secteur de la prévoyance sociale (Caisse générale de retraite des agents de l’État, CGRAE), Caisse nationale de prévoyance sociale (CNPS), Office national de la protection civile (ONPC), experts en assurances…afin d’échanger et sensibiliser les personnes et les entreprises sur les risques auxquels elles sont exposées et leur présenter les différentes offres de service proposées.

Plusieurs communications ont également meublé la première journée de ce conclave dont celle sur la protection sociale des travailleurs du secteur public faite par l’institution de prévoyance sociale- Caisse générale de retraite des agents de l’État ( IPS-CGRAE) dirigée par  Abdrahamane Berthé.

LB/ls/APA

Koussanar : pour une histoire de sandales, elle tue son jeune frère handicapé d’un coup de bâton

Les faits se sont déroulés le lundi 13 mai dernier, au village de Touba Thiapo, dans la commune de Koussanar, dans le département de Tambacounda. Une dame de 50 du nom de Aldiouma Ba était à la recherche des sandales de sa fille. Ces recherches la mèneront jusqu’au domicile de son jeune frère de 38 ans, Sadio Ba, handicapé à la suite d’un accident de la circulation. Sur place, la dame a voulu s’emparer d’une paire de sandales noires, ce à quoi son cadet s’est imposé, soutenant que les chaussures appartiennent à son fils, rapporte L’Observateur.

S’en suit une vive altercation. La dame s’arme alors d’un bâton, alors que son frère tenait une cravache. Aldiouma Ba asséna un violent coup de bâton à Sadio Ba, lui occasionnant la fracture du 7ème vertèbre. Il succombera à ses blessures lors de son transfert à l’hôpital.
Aldiouma Ba sera arrêté le 15 mai dernier et déférée au parquet de Tamba le lendemain. Devant la barre, elle a nié les faits, mais sera confondue par tous les témoins. Le procureur a requis 2 d’emprisonnement ferme pour coups et blessures ayant entraîné la mort sans intention de la donner. Le délibéré est attendu le 29 mai prochain.

Handicap.sn : khadimou Rassoul TALLA réélu à l’unanimité

L’association handicap.sn a organisé son Assemblée Générale Extraordinaire ce samedi 20 avril 2019 conformément à l’article IX du statut, stipulant que les membres du bureau sont élus pour une durée de 3 ans.

La séance de lancement des travaux de cette assemblée a eu lieu à 13 h 00 mn.

En effet, sous la présence effective de Monsieur Abdoulaye Mamadou MBOW, chef du Service Régionale de l’Action Sociale de Dakar, représentant de la Direction Générale de l’Action Sociale du Ministère de la Santé et de Madame Fatou Bintou BARRY, Animatrice du projet Emploi & Handicap,  représentante de l’ONG Humanité & Inclusion anciennement appelée Handicap International qui a déjà eu à accompagner handicap.sn.

Monsieur TALLA a présenté le rapport d’activités de l’association Handicap.sn durant la période allant de 2015 à 2018, ainsi qu’une présentation des rapports financiers des activités organisées par ladite association.

L’assemblée a adopté les rapports du bureau sortant en félicitant Monsieur Khadimou Rassoul TALLA pour les efforts consentis de 2015-2018. Notamment, avec la création du portail de l’association www.handicap.sn, l’organisation de l’événement Inclusion’Art dans le cadre de la Biennale de 2018, la formation des membres, les stages dans les banques et les institutions étatiques, les financements de l’ANPEJ et l’insertion socio professionnelle des membres de handicap.sn, le cas de l’hôtel Pullman du groupe ACCOR.

Monsieur MBOW, représentant de la Direction Générale de l’Action Sociale a félicité les membres de l’association Handicap.sn d’avoir eue le courage, la force et la hardiesse d’organiser l’assemblée Générale de renouvellement des instances de décision, en précisant que cela n’est pas du tout évident surtout dans les organisations des associations de personnes handicapées.

Madame BARRY, de l’ONG Humanité & Inclusion félicite handicap.sn pour son travail remarquable dans le cadre du projet EMPHAS et du nouveau projet Emploi et Handicap, Madame DIOP, cheffe du projet empêché lui a demandé de lui représenter dans cette assemblée.

Après la démission du bureau sortant Monsieur Abdoulaye Mamadou MBOW a présidé au  renouvellement des membres du bureau et de son comité.

Les membres du Bureau élus :

  1. Président : Khadimou Rassoul TALLA
  2. Vice-présidente : Khadija DEME
  3. Secrétaire Général : Attinding Pascal David DIATTA
  4. Secrétaire Général Adjoint : Khadidiatou SOUMARE
  5. Trésorier Général : Maderby NIANG
  6. Trésorier Général adjoint : Insa DIOUNKOU

 En guise de discours de clôture de cette Assemblée Générale Extraordinaire, Madame Khadija DEME, vice-présidente a exhortée les membres nouvellement élus à consolider les acquis afin de mieux faire que le bureau sortant.
La séance de clôture des travaux de cette assemblée a eu lieu à 17 h 30 mn.