Archives octobre 2019

Protection Sociale : « La carte d’égalité des chances n’a aucune utilité pour les personnes en situation de handicap » (Baye Saliou Ndiaye, Président AMHT)

L’utilité de la carte d’égalité des chances, l’Association regroupant les personnes handicapées de Touba ne le ressent pas. Pourtant, ce document instauré par la loi d’orientation sociale afin de pouvoir offrir aux personnes vivant avec un handicap, divers services sociaux relatifs à la santé, la réadaptation, l’éducation, la formation, les transports et les finances, tarde à produire des effets sur les ayants droit à Touba, confie le président de l’Association des personnes en situation de handicap dans la ville sainte. 

« Les cartes ont été confectionnées mais ne servent à absolument rien du tout. La carte à elle seule ne suffit pas, car il y’a un ensemble de démarches qui doivent accompagner le document et c’est ce qui n’est toujours pas fait. Toutes les personnes touchées par un handicap qui en détiennent ne ressentent pas son intérêt. Allez dans les hôpitaux et présentez la carte qui devait dans les normes aider les infirmes à accéder aux soins sociaux, ils ne le reconnaissent pas », confie le représentant des infirmes de Touba, Baye Saliou Ndiaye. 

Le président de l’Association des personnes vivant avec un handicap à Touba déplore également plusieurs manquements liés à la distribution de la carte d’égalité des chances. « 50.000 cartes ont été distribuées depuis le lancement du programme, mais il nous est difficile de révéler ceux qui en ont reçu, ici à Touba. Le quota de 328 cartes qui nous est réservé n’est pas arrivé aux ayants droit, du moins nous ne les voyons pas », renseigne Baye Saliou Ndiaye qui pense que les autorités se sont pas empressées à lancer le programme. « Les autorités ont lancé le programme sans au préalable prendre les dispositions idoines. Le président de la République devait prendre ses responsabilités et étudier, davantage, le programme », croit-il. 

Pour Baye Saliou Ndiaye, le président Macky Sall se préoccupe de notre situation, mais certains des exécutants qui ont en charge ce dossier, ne font pas leur devoir. Ils ne remontent pas l’information vers le chef de l’Etat. « Nos représentants au niveau des institutions ne s’activent que pour leurs intérêts. Personne d’entre eux n’a jusqu’ici posé le pied à Touba pour s’enquérir de notre situation. En 2002, Laba Cissé Diop qui représentait les personnes en situation de handicap à la présidence de la République menait une coordination effective à travers tout le Sénégal et défendait la cause des handicapés. Aujourd’hui, c’est une certaine Aïssatou Cissé qui lui a succédé, mais je ne la connais même pas. Je ne l’aperçois qu’à travers les écrans télés. C’est anormal! », s’offusque le président des personnes en situation de handicap dans la ville sainte de Touba. 

Baye Saliou est néanmoins revenu sur le centre de réadaptation socioprofessionnelle des handicapés de Bambey inauguré depuis 2014 mais qui, jusqu’ici, tarde à être fonctionnel. 

« Le centre a été très bien construit, mais n’a toujours pas de budget de fonctionnement, il ne nous sert à rien. Les autorités n’ont qu’à l’utiliser pour d’autres fins, car il n’y a aucune activité », relève-t-il. Ce dernier s’est par ailleurs interrogé sur l’arrêt des financements du projet d’approche à base communautaire, dénommé RBC et qui permettait aux personnes vivant avec un handicap depuis 2012 de bénéficier de financement. « Nous ne savons pas pourquoi nous ne recevons plus les appuis du projet RBC qui nous aidait beaucoup dans nos besoins », affirme Baye Saliou. 

Ce dernier n’a pas manqué de saluer les efforts de certaines bonnes volontés qui ne cessent de poser des actions pour leur cause. C’est le cas notamment du ministre Amadou Ba et de Doudou Diagne Diecko qui, selon le président des personnes en situation de handicap de Touba, posent des actes concrets en faveur de cette couche de la société. ‘’Nous attendons des efforts conséquents des autorités, notamment du ministre de la santé et de l’action sociale, Abdoulaye Diouf Sarr, mais aussi du maire de Touba, Abdou Lahad Ka qui ne se préoccupe jamais de notre sort au niveau de la commune où nous sommes. Les personnes vivant avec un handicap souffrent et c’est du ressort de l’État de les soutenir’’, a conclu Baye Saliou Ndiaye, le président de l’Association des personnes handicapées de Touba qui regroupe pas moins de 1500 membres dans le département. 

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Politique sociale : Les personnes handicapées « déchirent » la RAC 2019 et parlent de diffusion de fausses données

En marge de l’atelier technique de validation de la revue annuelle conjointe pour l’année 2019, l’évolution de la politique économique et sociale du Sénégal a été à l’ordre du jour. Toutes les parties prenantes ont formulé, chacune en ce qui la concerne, des observations sur l’exercice de l’année civile 2018.  Ledit rapport a tout aussi reçu des amendements par les représentants des personnes handicapées. Yatma Fall qui est le président de la fédération sénégalaise des associations de personnes handicapées, ne cache pas du tout sa déception en jetant un coup d’œil à cette revue périodique.  « Il y a eu beaucoup de confusions et de fausses données. Cela fausse le jeu dans ce sens que  le  rapport devrait  aider les décideurs à avoir les bonnes informations pour pouvoir intervenir », se désole-t-il. 

À l’en croire, on ne peut envisager l’émergence du Sénégal tout en ignorant les personnes souffrant de handicaps. « On doit mener une politique inclusive », martèle le président de la Fsaph. 

Dans le même registre, Yatma Fall marque toute sa désolation de constater qu’au Sénégal seul 50.000 cartes d’égalité des chances ont été produites sur une cible estimée à 5,9%, soit un million de personnes au moins, conformément aux données de l’Agence nationale de la statistique et de la démographie.   

« Quand est-ce qu’on va résorber ce gab ? En 2019, aucune carte n’a été produite », fustige-t-il. 

S’agissant de l’éducation, le même constat qui a été fait sur le volet social  ressurgit. Yatma Fall regrette que  l’exclusion sociale continue de prévaloir au niveau du système scolaire. 

« Nos écoles, nos centres de formation n’ont pas été préparés à prendre en charge des apprenants handicapés. Les enseignants n‘ont pas aussi été préparés dans leur curricula de formation. Le matériel didactique utilisé à l’école également n’est pas toujours adapté aux handicapés ». 

Autant de manquements graves qui, selon le président de la Fsaph, ne seront pas prises en compte dans les mesures correctives. « Les mesures de correction vont occulter nos recommandations comme celle relatives  à la mise en œuvre effective de la loi d’orientation sociale. Pour que les décideurs puissent savoir où orienter leurs actions, il faut partager les bonnes informations ».