Archives août 2017

Val-de-Marne : malade et handicapé, il risque d’être expulsé vers le Sénégal

Arrivé en France il y a trois ans, Diadié Ba est atteint de poliomyélite et se déplace en fauteuil roulant. Depuis le début du mois de juillet, il fait l’objet d’une obligation de quitter le territoire français. Il est défendu par l’APF.

Claude Boulanger en est certain : «Les gens qui ont pris cette décision n’ont jamais posé leurs fesses dans un fauteuil». Pour le responsable régional de l’Association des Paralysés de France, l’obligation de quitter le territoire français (OQTF) dont fait l’objet Diadié Ba, sénégalais de 46 ans et membre associé du conseil départemental de la même association, n’a pas lieu d’être.

«Il l’a reçue le même jour que l’autorisation de suivre une formation financée par l’Agefiph*, s’indigne-t-il. C’est-à-dire que nous nous trouvons face à un pays, la France, qui accepte de le laisser se construire un avenir sur place tout en lui demandant de partir.» Atteint de poliomyélite et se déplaçant en fauteuil roulant électrique, Diadié Ba est arrivé en France il y a trois ans, «pour raisons médicales». Le non-renouvellement de son titre de séjour, au début de l’été, a entraîné la suspension du versement de l’allocation adulte handicapé qu’il percevait jusque-là. Sans revenu, il loge actuellement dans un hôtel situé à Ivry.

«Mes frères sont en France, mes cousins sont en France»

«L’OQTF que j’ai reçue stipule que les soins médicaux dont j’ai besoin existent dans mon pays d’origine, et qu’il n’y a donc pas de raisons de me faire rester, explique-t-il. Mais au Sénégal, les bâtiments ne sont pas accessibles aux personnes handicapées. Et puis mes frères sont en France, mes cousins sont en France… Là-bas, il ne me reste que mon père, malade, et ma mère, très âgée. Ils ne pourront pas s’occuper de moi.»

Espérant voir l’état français réviser son jugement, Diadié Ba a demandé à bénéficier de l’aide juridictionnelle. «Dès qu’il l’aura obtenue, je déposerai deux recours, annonce son avocat, maître Arnaud Adélise. L’un, contentieux, auprès du tribunal administratif de Melun (Seine-et-Marne, NDLR). L’autre, gracieux, auprès de la préfecture.»

Cette dernière n’est, pour l’heure, pas encline à revoir sa position. «C’est l’avis médical qui prévaut, déclare l’un de ses représentants. Les médecins connaissent l’accessibilité des différents pays. S’ils disent que la maladie de ce monsieur est traitable au Sénégal, c’est qu’elle est traitable au Sénégal.»

*Association de gestion du fonds pour l’insertion professionnelle des personnes handicapées.

 

Les personnes handicapées réclament l’adoption du Système braille sur les bulletins

Dimanche 30 juillet 2017 dans le centre de vote « Tanor Dieng», établissement scolaire public sis au quartier Passoirs Ndorong à Kaolack, les personnes vivant avec un handicap ont réclamé l’utilisation du bulletin unique au Sénégal et de surcroît, l’adoption du système braille sur les bulletins de vote afin de leur faciliter le droit au vote. Leur accès aux bureaux de vote était en effet quasi impossible.

En dehors des fortes précipitations qui se sont abattues la veille du scrutin dans la ville de Kaolack  et qui rendait l’accès difficile dans ce grand centre de vote, beaucoup de personnes handicapées peinaient à franchir la cour de cet établissement pour s’exprimer. Une situation qui du reste, était partagée par Gora Gaye, un des mandataires de la commission d’observation des personnes vivant avec un handicap venu superviser pour la première fois le scrutin législatif 2017. Même si l’objectif dans cet exercice est de préparer le scrutin présidentiel de 2019, la commission qu’il représentait constate que dans le centre de vote «Tanor Dieng» il n’y avait ni rampe pour handicapés moteurs, ni système d’indication permettant aux handicapés visuels de pouvoir exercer convenablement leur devoir civique.

Pour Gora Gaye, « depuis ce matin, nous avons parcouru quatre centres de vote, mais nous avons constaté que beaucoup d’entre nous ont circulé de centre en centre sans trouver le lieu désigné pour effectuer leur devoir citoyen. Ce que nous avons d’ailleurs énergiquement déploré. Aussi nous avons constaté que ces lieux n’ont pas offert un accueil adéquat pour nous. Car en marge de la stagnation des eaux, nous peinons à accéder aux bureaux de vote ». Toutefois dans le cahier de leurs revendications, ces personnes suggèrent l’adoption d’un bulletin unique au Sénégal, mais surtout l’utilisation de la méthode braille sur les bulletins de vote afin d’aider les personnes handicapées à surseoir les efforts à fournir sur le choix de la pléthore de bulletins, mais surtout l’identification des bulletins.

COOPERATION – Appui aux handicapés : L’Inde redonne espoir à 200 personnes

C’est une vraie révolution pour les handicapés, bénéficiaires d’appareils et d’autres aides. Ils vont pouvoir marcher et améliorer leurs conditions de vie. Cela grâce à l’Inde qui a offert gracieusement des prothèses, des fauteuils roulants, des béquilles et autres appareils à 200 personnes handicapées pour une valeur de 32,5 millions de francs Cfa.

Le gouvernement indien redonne de l’espoir à 200 personnes handicapées. Les bénéficiaires ont reçu des prothèses, des fauteuils roulants, des béquilles et d’autres aides et appareils aux handicapés au cours d’une cérémonie organisée dans l’enceinte du Centre national d’appareillage orthopédique (Cnao). Un geste de haute portée pour ces jeunes et personnes âgées qui avaient perdu l’espoir de marcher un jour et d’être autonomes. Parmi les bénéficiaires, il y a le jeune Idrissa. Cet enfant, âgé aujourd’hui de 5 ans, est né avec une malformation au niveau des deux pieds. Il a subi plusieurs opérations pour pouvoir marcher.
Aujourd’hui grâce aux Indiens, il a essayé une prothèse qui, avec des séances de rééducation, va lui permettre de marcher confortablement à l’image de ses autres camarades. Sa mère, reconnaissante, s’est réjouie de cet acte de solidarité du Peuple indien à l’égard des Sénégalais. La directrice du Cnao, très ravie de ce partenariat entre l’Inde, l’Ile Maurice et le Sénégal, se dit consciente de l’importance de ce projet. «Nous savons que bénéficier de prothèses ou d’autres moyens d’améliorer son handicap permet d’être mieux armé pour se prendre en charge», soutient la directrice du Cnao, Bineta Diabel Dia.
Le handicap n’est pas une fatalité mais un problème auquel il faut apporter une solution, selon le ministre de la Santé et de l’action sociale. Tout de même il faut reconnaître qu’au Sénégal, l’appareillage constitue un problème majeur. Or, «on ne peut pas rêver d’autonomie et d’inclusion sans appareillage», souligne Yatma Fall, président de la Fédération nationale des associations des handicapées. Ce projet d’appareillage, financé à hauteur de 32,5 millions de francs Cfa et exécuté par l’ambassadeur de l’Inde au Sénégal, est piloté par le Centre national orthopédique (Cnao). En effet, annonce la directrice du Cnao, les 200 appareils disponibles sont le début d’un programme qui, selon elle, va prendre en charge 500 handicapés. Le projet promeut la mobilité des handicapés et travaille à aider les personnes vivant avec un handicap à aspirer à des lendemains meil­leurs, dans la dignité.
Au-delà de cette aide, le partenariat vise plus loin. L’Inde prévoit un transfert de technologie au Sénégal. L’Inde est un pays qui a acquis des compétences avérées dans le domaine de l’appareillage. Il a développé un modèle spécial de soins de santé pour la mobilité du handicapé. Grâce à son Ong Bhagwan Mahaveer Viklang Sahayata Samiti (Bmvss), il fournit des appareils à près de 70 mille handicapés par an. Un modèle à suivre pour le Centre national d’appareillage orthopédique, qui  a pour missions la rééducation et la réadaptation fonctionnelle des personnes en situation de handicap.